« La confiance dans les institutions s’est effondrée. Aux États-Unis on ne se fait même plus confiance les uns les autres. Les grandes entreprises doivent se mobiliser, car elles représentent la démocratie, en particulier dans un pays comme le nôtre, et elles la protègent. Je pense plus que jamais que nous les multinationales nous devons nous efforcer de construire un monde meilleur.«
Scott Bedbury – Directeur du marketing de Starbucks Corporation (1995-1998), Seattle
Starbucks sans filtre, le doc de Luc Hermann et Gilles Bovon. France, 2017, 1h34 : « La compagnie Starbucks est devenue en peu de temps l’un des symboles d’un monde globalisé. Mais comment s’est-elle imposée partout? Quelle est sa stratégie? Comment ses employés sont-ils traités? Enquête au cœur d’une multinationale qui se pare d’un discours humaniste et progressiste. »Diffusion RTS, Le Doc du Lundi, 20.08.2018
LeLéopard d’or au 71e Festival de Locarnoa été décerné au film « A Land Imagined« , (« Un Territoire Imaginaire ») du réalisateur singapourien Yeo Siew Hua.
Un polar qui nous plonge dans l’univers des travailleurs immigrés des chantiers de Singapour.
« Singapour gagne chaque année plusieurs mètres sur l’océan en important des tonnes de sable des pays voisins – ainsi que de la main d’œuvre bon marché. Dans un chantier d’aménagement du littoral, l’inspecteur de police LOK enquête sur la disparition d’un ouvrier chinois, WANG, jusqu’alors chargé de transporter des ouvriers. C’est ainsi qu’il est devenu ami avec AJIT, ouvrier bangladais. Insomniaque, Wang fréquentait la nuit un cybercafé, nouant une étrange relation virtuelle avec un gamer qui semble le manipuler. Quand Ajit disparaît sans prévenir, Wang soupçonne une machination et fait sa propre enquête… avant de s’évaporer à son tour. Lok finira par retrouver la trace de ces personnages déboussolés dans un pays où aucun repère n’est stable, pas même ses limites géographiques. »
« A lonely construction worker from China goes missing at a Singapore land reclamation site, and a sleepless police investigator must put himself in the mind of the migrant to uncover the truth beneath all that sand.
Set in industrial Singapore, police investigator Lok must find missing migrant worker Wang. Wang suffers a worksite accident and is anxious about repatriation. Unable to sleep, Wang starts frequenting a dreamy cybercafé in the dead of the night. Hoping to look for some form of human connection in this foreign land he feels alienated from, Wang forms a virtu al friendship with a mysterious gamer that takes a sinister turn. When Wang suddenly disappears, Lok digs deep into the trail leading to a land reclamation site, in order to uncover the truth beneath all that sand.
DIRECTOR’S STATEMENT
Singapore has garnered itself a reputation as a modern economic miracle, turning itself from a fishing village to a thriving modern economy over the short period of only a few decades.
Such a feat is possible due to its ability to systematically engineer a land designed through land reclamation and endless construction projects. By perpetually reshaping itself, it negates natural geographical formations, rendering them into perfectly straight and angular shorelines – a land as though imagined up by some geometrical mind.
Even the people on this imaginary land are at the same time equally imagined. As a country of immigrants, its demography is wholly dependent on migration policies and economic considerations. New migrants are brought into the fold to reinvigorate the i
magination of this economic miracle – a success story that is built upon the backs of low wage migrant labourers from the region who are hired to build a nation they can never become a part of. »
En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français… « J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. » Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie. Site Editions Grasset
Les Mots
« Il m’obsède ce retour. Pas un jour sans que le pays ne se rappelle à moi. » (13)
« Je n’habite plus nulle part. Habiter signifie se fondre charnellement dans la topographie d’un lieu, l’anfractuosité de l’environnement. Ici, rien de tout ça. Je ne fais que passer. Je loge. Je crèche. Je squatte. Ma cité est dortoir et fonctionnelle. » (13)
« Aucune d’entre elle n’oublie de me poser la même question lancinante (…) « De quelle origine es-tu ? » (…) Ma peau caramel est souvent sommée de montrer patte blanche en déclinant son pedigree. « Je suis un être humain ». Ma réponse les agace. Pourtant, je ne cherche pas à les provoquer. Ni même à paraître pédant ou philosophe. Quand j’étais haut comme trois mangues, j’avais déjà décidé ne ne plus jamais me définir. » (14)
« A l’OCAF, les voisins étaient surtout des Rwandais qui avaient quitté leur pays pour échapper aux tueries, massacres, guerres, pogroms, épurations, destructions, incendies, mouches tsé-tsé, pillages, apartheids, viols, meurtres, règlements de comptes et que sais-je encore. Comme maman et sa famille, ils avaient fui ces problèmes et en avaient rencontré de nouveaux au Burundi – pauvreté, exclusion, quotas, xénophobie, rejet, boucs émissaires, dépression, mal du pays, nostalgie. Des problèmes de réfugiés. » 64-65)
« La guerre, sans qu’on lui demande, se charge toujours de nous trouver un ennemi. Moi qui souhaitais rester neutre, je n’ai pas pu. J’étais né avec cette histoire. Elle coulait en moi. Je lui appartenais. » (136)
« La souffrance est un joker dans le jeu de la discussion, elle couche tous les autres arguments sur son passage. En un sens, elle est injuste. » (171)
« – Et si on ne veut pas choisir de camp ? j’ai demandé. – On n’a pas le choix, on a tous un camp, a dit Gino, avec un sourire hostile. » (171)
« Grâce à mes lectures, j’avais aboli les limites de l’impasse, je respirais à nouveau, le monde s’étendait plus loin, au-delà des clôtures qui nous recroquevillaient sur nous-mêmes et sur nos peurs. » (173)
« Mais la guerre était maintenant chez nous, elle nous menaçait directement (…) je n’avais plus le choix. Il n’existe aucun sanctuaire sur terre. Je vivais ici, dans cette ville, dans ce pays. Je ne pouvais plus faire autrement. J’ai avancé avec les copains. » (205)
» (…) je relis le poème de Jacques Roumain offert par Mme Economopoulos le jour de mon départ : « Si l’on est d’un pays, si l’on y est né, comme qui dirait : natif-natal, eh bien, on l’a dans les yeux, la peau, les mains, avec la chevelure de ses arbres, la chair de sa terre, les os de ses pierres, le sang de ses rivières, son ciel, sa saveur, ses hommes et ses femmes… »
Je tangue entre deux rives, mon âme a cette maladie-là. Des milliers de kilomètres me séparent de ma vie d’autrefois. Ce n’est pas la distance terrestre qui rend le voyage long, mais le temps qui s’est écoulé. J’étais d’un lieu, entouré de famille, d’amis, de connaissances et de chaleur. J’ai retrouvé l’endroit mais il est vide de ceux qui le peuplaient, qui lui donnaient vie, corps et chair. Mes souvenirs se superposent inutilement à ce que j’ai devant les yeux. Je pensais être exilé de mon pays. En revenant sur les traces de mon passé, j’ai compris que je l’étais de mon enfance. Ce qui me paraît bien plus cruel encore. » (216)
Citoyen du Monde
Aujourd’hui Gaël Faye vit principalement au Rwanda et contribue, à l’instar de la magnifique héroïne d’Americanah, à faire fructifier et éclore toutes les richesses d’une terre d’Afrique.
Gaël Faye lui a quitté la France pour le Rwanda il y a deux ans. Pour lui, « Faire pays c’est voir ce qui nous lie entre nous et le porter.« Et la France ne fait plus trop pays en ce moment. Exilé une fois exilé toujours, depuis l’âge de 13 ans et sa fuite du Burundi, l’artiste n’a jamais retrouvé un endroit où il avait l’impression qu’il habitait véritablement le lieu. Il a donc décidé d’errer jusqu’à retrouver un lieu où il trouve sa place. Opter pour une errance qui lui convient car il se sent citoyen du monde. En attendant, il essaie de faire de ses écrits des pays dans lesquels il se repose l’espace d’un instant. Gaël Faye nous dit aussi que l’appétence pour la mondialisation est question de perception. La jeunesse du Rwanda croit en l’avenir, en contraste avec une riche France désillusionnée. Il compare leur foi en l’avenir avec la façon dont est dépeinte la France pendant cette campagne présidentielle. Une foi qui engendre des idées qui font avancer les choses. (Emission Boomerang, France Inter, 29 mars 2017).
« Un jour enfin, nous sommes entrés dans la baie de New York. Le paquebot se dirigeait lentement vers la petite île d’Ellis Island. La joie de ce jour, don Salvatore, je ne l’oublierai jamais. Nous dansions et criions. Une agitation frénétique avait pris possession du pont. Tout le monde voulait voir la terre nouvelle. (…)
Lorsque enfin le bateau fut à quai, nous descendîmes dans un brouhaha de joie et d’impatience. La foule emplit le grand hall de la petite île. Le monde entier était là. Nous entendions parler des langues que nous prîmes d’abord pour du milanais ou du romain, mais nous dûmes ensuite convenir que ce qui se passait ici était bien plus vaste. Le monde entier nous entourait. Nous aurions pu nous sentir perdus. Nous étions étrangers. Nous ne comprenions rien. Mais un sentiment étrange nous envahit, don Salvatore. Nous avions la conviction que nous étions ici à notre place. Là, au milieu de ces égarés, dans ce tumulte de voix et d’accents, nous étions chez nous. Ceux qui nous entouraient étaient nos frères, par la crasse qu’ils portaient au visage. Par la peur qui leur serrait le ventre, comme à nous. Don Giorgio avait eu raison. C’est ici qu’était notre place. Dans ce pays qui ne ressemblait à aucun autre. Nous étions en Amérique et plus rien ne nous faisait peur. Notre vie à Montepuccio nous semblait désormais lointaine et laide. Nous étions en Amérique et nos nuits étaient traversées de rêves joyeux et affamés. » (pages 92-93)
Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé, Actes Sud, 2004
« Il était devenu passeur et ne faisait plus que cela. De la côte albanaise à la côte des Pouilles, sans cesse, il prenait et déposait des étrangers venus tenter leur chance : des jeunes gens, maigres d’avoir trop peu mangé, qui fixaient la côte italienne avec un regard d’affamé. Des jeunes gens dont les mains tremblaient, impatientes de travailler. Ils allaient aborder une terre nouvelle. Ils vendraient leur force de travail à qui en voudrait. (…)
Le monde se déversait dans sa barque. C’était comme des saisons. Il voyait venir à lui les habitants des pays sinistrés. Il lui semblait prendre le pouls de la planète. Il voyait les Albanais, les Iraniens, les Chinois, les Nigériens. Tous passaient par sa barque étroite. »(pages 237-238)
Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé, Actes Sud, 2004
Une cité europhile, des plaques bilingues, une identité alsaco-franco-frontalo-européenne, un paradis du vélo, des réhabilitations audacieuses, des trams derniers cri, une immersion dans un appartement communautaire,…
Strasbourg, son dynamisme, son ouverture et son identité régionale marquée, s’inscrit dans la tendance de ces métropoles secondaires françaises dont l’énergie ramène au bercail une jeunesse repue de son aventure parisienne.
« Le jardin des Deux Rives est un parc public transfrontalier entre la ville de Strasbourg en France et la ville de Kehl en Allemagne. Il est situé de part et d’autre du Rhin avec une passerelle pour relier les deux parties. » Wikipédia
Les « membres » de ma communauté néo-post-moderne éphémère semblent n’avoir qu’un mot à la bouche et ce mot c’est communauté justement. En mode socio-écologique dans un vieux moulin réhabilité au coeur de la Creuse pour Guillaume, en mode chrétienne au coeur d’un quartier résidentiel urbain pour Maxime. Chacun bricolant la sienne. Et moi, butineuse diplômée, vais-je fatalement finir par succomber au trend ?
« Depuis la fin 2015, l’afflux de migrants s’est considérablement accru dans le nord de la France. Le maire de Grande-Synthe, soutenu par Médecins Sans Frontières et contre l’avis de l’État, a ouvert au lieu-dit La Linière, un camp « humanitaire et provisoire » pour 2 500 réfugiés.
Documentaire d’Antarès Bassis, 2018, 105′, diffusé sur France 3 21/7/2018
Mais selon Cyrille Hanappe, architecte utopiste, le provisoire devient parfois définitif. Il faut, selon lui, envisager cette construction éphémère comme un nouveau quartier de la ville, qui ouvrirait un champ des possibles tant pour les réfugiés qui s’y installent, que pour les habitants qui accueillent.
Quelle inspiration peut naître d’une volonté de changer le monde, quand l’urgence emporte toutes les énergies ? » (stenola)
« Pendant longtemps on s’est dit que les camps, les bidonvilles les habitats informels étaient un impensé (…), pourquoi on n’y pensait pas parce qu’on se disait toujours que c’était temporaire, que ça devait pas exister, que les choses allaient s’améliorer (…). Et puis on s’aperçoit que ça dure plus longtemps qu’on croit; et puis on s’aperçoit qu’il y en a de plus en plus sur la planète, et qu’on a l’impression que tout le monde peut-être y sera confronté un jour. Les chiffres de l’ONU Habitat c’est que incessamment y’aura 2 milliards de personnes qui y habiteront, qu’il y aura 30% de la population mondiale qui habiteront la-dedans et il est temps de commencer à réfléchir ces choses-là et d’en faire quasiment une discipline à part entière qui doit s’analyser. La Linière c’est une forme particulière de ces camps. (…) Ici les mafias sont très fortes. D’ailleurs ce qui est intéressant c’est que l’ordre républicain est en train d’essayer de revenir (…) y’a une volonté de restaurer l’ordre républicain. »Cyrille Hanappe
« Dire « je veux construire ou faire quelque chose ici », c’est juste pour les gens qui vont rester ici. Mais tous les gens ici veulent quitter cet endroit. Aujourd’hui ou demain. Donc tu n’as pas envie de construire quelque chose ici, parce que tu ne rêve que de partir. Et le gros problème de ce camp c’est qu’il est contrôlé par les trafiquants. » « Beaucoup de choses ne vont jamais marcher. » Kosar, habitant provisoire
« Y’a plein de gens hors des systèmes de droit, dans d’autres statuts, qui sont dans l’attente. C’est pas un camp, ce sont des quartiers d’accueil qu’il faut imaginer »Cyrille Hanappe
« Nous souhaitons reprendre la main sur le camp, car je le redis ici à ceux qui pourraient être emportés par un certain romantisme naïf : un camp ne peut pas être un horizon durable, acceptable et désirable. »Emmanuelle Cosse, ministre du logement et de l’habitat durable
Quelle forme face à l’échec de ce camp « C’est la merde ici » « Obligeons toutes les villes à faire x% de logements pour les migrants et les réfugiés et l’État doit mettre en place le dispositif (…) La forme ? Pas un type d’habitat particulier, ils seront diffus, ils seront comme les autres »Damien Carême, Maire de Grande-Synthe
A la recherche d’autres formesUn village grec avec des rues, des quartiers : quartiers afghans, africain, le quartier syrien, irakien, yézidi.
L’huile d’olive exemplaire du Village de Kara Tepe« C’est fantastique, c’est exactement là que je voulais en venir. Je pense vraiment que ces villages d’accueil peuvent s’insérer dans une nouvelle manière de penser la ville, car ce sont des villes qui se construisent très vite, sur un modèle différent, très écologique. « Cyrille Hanappe
« La Ville accueillante« , le projet de Cyrille Hanappe, Architecte et ingénieur, président de l’association Actes et Cités, et directeur pédagogique du DSA risques majeurs de l’Ecole nationale supérieure d’architecture Paris-Belleville.« La Ville accueillante« , la penser c’est penser la ville de demain.
Le « Non.Stop Circus« , de la science-fiction, vraiment ?
« Nous allons mettre en place un certain nombre de repas mobiles, pour qu’il n’y ait pas de fixation » (Gérard Collomb, Ministre de l’Intérieur, Calais, février 2018)
Perdants de la mondialisation économiques, ces migrants ont été ensuite condamnés par le politique. Ils sont devenus les sous-hommes condamnés aux « non-lieux » (Marc Augé). Ils sont les « exilés de l’externalisation » condamnés au « Non.Stop Circus », à l’errance éternelle (Paul Virilio). Ils sont les réfugiés de « l’Exurbia », condamnés à « l’exterritorialisation », et survivant dans une « circulation habitable », parce que nul ne peut les reloger, eux et le milliard à venir. Ceux qui échouent dans des camps, dans les espaces de transit organisés, construisent des « zones grises d’une extraterritorialité », condamnés à être « enfermés dehors », (Michel Agier). Sumus Ombres, Le Projet Cosmopolis
A voir aussi
Un Monde de Camps de Michel Agier, ouvrage collectif, 2014
Slums: Cities of TomorrowDocumentaire de Jean-Nicolas Orhon, 2013
« Je suis venu au Liban, voir ce qu’il en était de ces hordes de crevards qui prenaient d’assaut nos frontières, pour nous voler nos emplois et cramer nos allocs. J’ai décollé mon cul de mon divan, éteint ma télé après 59 mois passés à regarder le peuple syrien se faire écraser dans un silence vertigineux. J’ai vu la lumière au milieu de cette misère… »
Editions Don Quichotte, 2018, 240 pages
« Un jour d’été 2015, après le choc éprouvé à la diffusion d’un documentaire sur les enfants d’Alep assiégée, Bernie décide de se rendre au Liban, avec une équipe de tournage, et d’aller à la rencontre des jeunes Syriennes et Syriens réfugiés au pays du Cèdre.
Dans les camps et les squats de fortunes où les exilés forcés survivent dans un dénuement extrême, le long de la frontière, il veut recueillir les mots d’une enfance volée par la guerre et le terrorisme, dont l’innocence anéantit tous les discours politiques. Là, il rencontre une génération sacrifiée à la maturité spectaculaire, le futur de la Syrie.
Marwan, 13 ans, réfugié dans un camp, ramasse des pommes de terre pour deux euros par jour, et nourrit sa famille dans un pays qui interdit aux adultes étrangers de travailler.
Sally, 12 ans, est sûre qu’une fois la guerre finie, elle deviendra la prochaine Rihanna ; ses pas de danse, d’une grâce irréelle, émeuvent Bernie aux larmes.
Chayma, du haut de ses 11 ans, écrit au secrétaire général de l’ONU : dans sa lettre, elle raconte comment on a détruit sa maison, tué ses amis, brûlé son école. Qu’elle a dû s’enfuir et tout laisser, comme tant d’autres êtres de chair, de sang, et non de simples chiffres au bas des rapports des puissances occidentales. Si on lui rend sa terre, assure-t-elle, elle nous laissera nos chiffres… »
Mais quand même mon lac comme je me languis de goûter à la caresse de tes eaux.
Existe-t-il plus délicieuse sensation de liberté, de plénitude que de chasser le coucher du soleil enveloppée par les eaux chaudes de son image d’enfance ?
A lire « 2017 Errance en enclave Épisodes 1/2 & 2/2
« M’étant installé, je pars dans les rues, étonné du mélange de religions, de coutumes et de langues flottant dans l’air. Je tombe sur des musiciens tziganes,
des voyageurs arabes, des pèlerins chrétiens, des commerçants juifs, des prêtres bouddhistes, des troubadours francs, des artistes persans, des acrobates chinois, des charmeurs de serpents indiens, des magiciens zoroastriens et des philosophes grecs. (…)
J’entends des gens parler vénitien, franc, saxon, grec, farsi, turc, kurde, arménien, hébreu et de nombreux dialectes que je ne peux même pas distinguer les uns des autres.
Malgré leurs différences apparemment innombrables, tous ces gens me donnent un sentiment similaire d’imperfection, de travail en cours. Chacun est une oeuvre d’art inachevée.
Cette ville est une véritable Tour de Babel. Ici, tout ne cesse de bouger, de se séparer, de venir à la lumière, de transpirer, de s’épanouir, de se dissoudre, de se décomposer et de mourir. » (150-151)
« Bagdad est une ville remarquable, mais aucune beauté sur terre ne dure à jamais. Les villes sont érigées sur des colonnes spirituelles. Comme des miroirs géants, elles reflètent le coeur de leurs habitants. Si ces coeurs sont noircis et perdent la foi, les villes perdront leur lustre. C’est arrivé; ça arrive tout le temps. » (72)
« Cette ville est un joyau, on ne peut en douter, (…), mais il ne faut pas oublier que les villes sont comme des êtres humains. Elles naissent, traversent l’enfance et l’adolescence, vieillissent et finissent par mourir. (…) centre de commerce, d’artisanat et de poésie incomparable. Mais qui sais à quoi ressemblera la ville dans mille ans ? » (68)
Extraits de Soufi, mon amour de Elif Shafak, 2010
A écouter : Les identités successives de Bagdad, La Fabrique de l’Histoire par Emmanuel Laurentin, France Culture (lien)
Visite des expositions Les Routes de la Traduction & Jazz & Lettres proposées par la Fondation Bodmer à Cologny
L’occasion de se rappeler que la bonne cohabitation d’un Monde en mouvement est une histoire de Traduction… L’occasion aussi de glaner quelques inspirations parallèles. Comme cette exposition sur le jazz, qui rappelle le goût pour une époque dont on parle beaucoup, une époque aux relents très…actuels…
L’occasion aussi de redécouvrir le mythe de la Tour de Babel ou la punition des hommes pour leur audace d’avoir voulu créer ensemble une tour qui tutoie les cieux. Des hommes dispersés par un Dieu en colère. Des hommes qui ne parlent plus la même langue et ne se comprennent plus. L’exposition montre que ce n’est pas la multiplicité des langages qui pose problème, mais l’absence de traduction. Un manque qu’ont tenté de combler grands passeurs de la Route de la traduction, Bibliothèque d’Alexandrie ou autres passionnés dont l’empreinte et les traductions ont parfois modifié jusqu’aux lieux d’origine eux-mêmes…
Babel – Cohabitation paisible ou cité explosive ?
Deux versions
du Mythe de Babel
A droite la version d’Abel Grimmer (1604), à gauche une vision contemporaine inspirée par Dubaï et sa Burj Khalifa.
Alors quelle « traduction », Villes-Monde carrefour de l’humanité ou Villes-Monde trop arrogantes, Villes-Monde uniformisantes, villes en feu ?
Genève Babel sereine…
« Martin Bodmer a construit sa collection autour de l’idée de Weltliteratur. La traduction est au fondement même de cette idée. Les cinq piliers de son édifice, Homère, la Bible, Dante, Shakespeare et Goethe, sont autant d’aventures de traduction. Les routes de la traduction sont les routes de la culture, mais aussi les routes du pouvoir – grec, latin, arabe, langues vernaculaires. C’est de politique qu’il s’agit avec la pratique des traducteurs, un savoir-faire avec les différences, qui accueille la langue de l’autre et se transforme en retour. La Suisse, Genève sont des Babel qui parlent quotidiennement plus d’une langue – à moins que ne triomphe une seule, plus pauvre, l’anglais mondialisé… »
Peut-être que l’anglais mondialisé appauvrit mais enfin il reste un pont pour le monde… à l’image de ce week-end à Genève.
Deuxième escale – Projet FrontièreS
Petite saut à la frontière, à Veyrier…
Le Projet: « Depuis plusieurs décennies, les communes françaises et suisses du Bas-Salève se rencontrent pour échanger sur leurs problématiques transfrontalières commune. Le 7 octobre 2015, les nouveaux élus du Bas-Salève (Veyrier, Bossey, Troinex, Collonges-sous-Salève, Bardonnex et Archamps se sont retrouvés à Archamps. De cette rencontre est né le souhait d’organiser une réflexion citoyenne territoriale et une célébration de nos « FrontièreS ». Les communes se sont regroupées de part et d’autre de la frontière pour vous proposer différents événements autour de cette thématique. »
… pour découvrir une initiative des communes du Grand Genève qui proposent expositions, rencontres et documentaires (portraits de travailleurs et familles frontaliers, Frontières mouvantes, etc.). Chaque commune présente également sa variante (g)locale d’une exposition autour des frontières conçue par le Musée national français de l’Histoire de l’Immigration.
« Le premier, qui ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargné au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant les fossés, eût crié à ses semblables : « Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus si vous croyez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne » » Discours sur l’origine de l’inégalité, Jean-Jacques Rousseau, 1755
Troisième escale – St Patrick’s day
Il est temps de communier, de s’aérer les idées avec un petit détour au Grand-Saconnex, commune genevoise à la population internationale qui propose de célébrer Saint-Patrick avec la communauté anglo-saxonne expatriée… Avec au menu danses folkloriques, concerts de cornemuse, stands de spécialités culinaires, et… personnalités politiques locales en campagne…
Une manifestation organisée par l’association Sac O’nnex, qui œuvre à développer la culture et la musique celte, promouvoir ses traditions animer la vie locale avec divers événements (cours, compétitions de musique et d’histoire ; conférences sur la culture celte ; joutes sportives celtiques; événements festifs).
Les motivés pourront poursuivre avec la version nocturne et festoyer tout de vert vêtus dans l’un des nombreux Irish Bars de la cité. Santé !
Quatrième escale – Soirée de l’égalité
On termine la journée par cette soirée de concerts donnés dans le cadre de la Journée internationale pour les droits des femmes, qui met le multiculturalisme à l’honneur.
Cinquième escale – Exposition Exil
Le lendemain, dans le cadre du FIFDH on visite l’exposition Exilau Musée international de la Croix Rouge. Conduite par une réfugiée syrienne émue aux larmes alors qu’Afrin est assiégée et qu’elle est sans nouvelles de ses parents depuis plusieurs jours. Elle nous parle de son exil en deux temps, avec une première étape en Irak. De ses enfants, dont elle veut qu’ils se sentent chez eux à Genève. Du bonheur de vivre dans une paix qu’on croit acquise… De la colère contre un monde qui donne plus d’humanité aux chiens qu’aux exilés. De l’humanité des familles en route et du drame du doudou qu’on a oublié d’emporter…
L’exposition est conçue comme un flux, avec des photos qu’on peut déplacer, à l’image des exilés dont les histoires sont contées. Des exilés d’hier et d’aujourd’hui. Et une trouble similarité des situations…
« L’exil est rond : un cercle, un anneau : tes pieds en font le tour, tu traverses la terre et ce n’est pas ta terre, le jour t’éveille et ce n’est pas le tien, la nuit arrive : il manque tes étoiles, tu te trouves des frères : et ce n’est pas ton sang. Tu es comme un fantôme qui rougit de ne pas aimer plus ceux qui t’aiment si fort, et n’est-il pas vraiment étrange que te manquent les épines ennemies de ta patrie, l’âpre détresse de ton peuple, les ennuis qui t’attendent et qui te montreront les dents dès le seuil de la porte. » Exil – Pablo Neruda
Mer Méditerranée – Lac Léman. L’eau qui nous sépare ou qui nous unit…
Après avoir arpenté les expositions Frontièreset Exil, je me dis que malgré les résistances au Grand Genève, peut-être avons-nous plus de chances de voir émerger prochainement une Communauté lémanique qu’une Communauté méditerranéenne…
Désir de villes… en feu ?
Tout résonne, tout le temps… Si Frontièreset Exil s’entrechoquent, War in Cities, l’autre exposition que je visite au CICR fait elle écho aux Routes de la Traduction et ses visions de villes en feu…
Alors quelle traduction, Villes-Monde carrefour de l’humanité ou Villes-Monde trop arrogantes, Villes-Monde appauvrissantes, villes en feu et…
… villes en démulticulturalisation dans un monde interdépendant ?
« Cela venait réellement de se passer. En Amérique. Dans une ville du nom de New York. (…) Dans les trois mois qui suivirent, le Vieux Dehli fut submergé par une marée de réfugiés afghans qui fuyaient les avions de chasse (…) Le reste de la population, quant à elle, ne comprenait pas très bien le rapport entre ces pauvres gens et les hauts bâtiments d’Amérique. Comment l’aurait-elle pu ? (…) Les avions qui avaient été précipités dans les gratte-ciel d’Amérique servirent les intérêts d’un bon nombre d’individus, en Inde également. Le Premier-Ministre-et-Poète du pays ainsi que plusieurs des membres âgés de son Gouvernement appartenaient à une organisation qui croyait que l’Inde était essentiellement une nation hindoue. Selon elle, l’Inde devait se proclamer République hindoue de la même façon que le Pakistan s’était déclaré République islamique. Certains de ses partisans et idéologues admiraient ouvertement Hitler et comparaient les musulmans d’Inde aux juifs d’Allemagne. Soudain, tandis que l’hostilité allait croissant envers les musulmans, il semblait à l’Organisation que le monde entier se ralliait à son point de vue. (58-60) Extrait Le Ministère du Bonheur suprêmed’Arundhati Roy
Rubrique Et pendant ce temps-là…
Une Inde en mode division des « civilisations » ? A voir… car pendant ce temps-là Emmanuel M. en revient d’un voyage économico-triomphal, et affirme que le Maître des lieux, issu du BJP, aurait maintenant qu’il est aux commandes apparemment pris en compte de la richesse de la Diversité de sa Nation… Rhétorique vs Pragmatisme vous dites ?
Affaire à suivre donc.. car pendant ce temps-là on vote en Italie… où on porte les populistes au pouvoir… Et pendant ce temps-là les derniers bastions de Syrie sont assiégés et on découvre une nouvelle série télé…
Et pendant ce temps-là aussi juste « à côté », on vote en Russie…
Ambassade russe quartier des Nations à Genève
Et pendant ce temps-là, on lit des histoires d’ingérences transnationales… Une histoire d’espion russe assassiné en Grande Bretagne, une ingérence d’un autre Etat, turc cette fois, en Suisse, et un journal qui titre « La diaspora turque en danger », un Président chinois désormais rééligible à vie…
Et pendant ce temps-là en fait, le Territoire devient fou et le Réseau s’en fout ?
En tout cas subsiste la certitude que plus les États se durciront, plus les exilés se compteront par millions…
En tout cas pendant ce temps-là, il y en a un qui est très critiqué pour sa politique migratoire...
… en contexte. Car Emmanuel M. a une grande obsession : faire barrage au retour des années 30′. Une obsession qui guide ses actions. Dans le contexte actuel de démondialisation, reconduire les arpenteurs du Réseau (les « migrants économiques ») et protéger les réfugiés du Territoire (les « migrants politiques »), une contradiction ? du pragmatisme ?
Je ne saurais trancher. En attendant, la remondialisation idéologique commence en chacun de nous. Principe du Bottom-Up, un mouvement du bas vers le haut. Le citoyen donne le ton, le politique s’inscrit dans une nouvelle donne et s’adapte. ABE.
Car pendant ce temps-là, les déçus de ces mêmes villes, de cette mondialisation, les Green et les populistes se retrouvent et s’entendent sur les plateaux télé pour louer le « local »…
Meilleure option : la Babel internationale ?
Un désir de villes intactes et des villes en feu... Pour mes prochaines errances, devrais-je délaisser les Villes pour la Route ? me tourner vers les Routes de la Soie ? J’hésite, car si les anciennes Routes de la Soie, celles des voyageurs, ont depuis longtemps été épuisées par d’autres, les Nouvelles Routes de la Soie semblent elles dévolues surtout… au fret. Alors quoi demain ? Des Routes créées par des États surpuissants et réservées aux marchandises ? Conjonction d’un Territoire et d’un Réseau paroxysmiques ?Alors quoi, m’engager sur des Nouvelles Routes de la Soie qui au lieu de finir à Shanghai, la Ville-Monde du Réseau, aboutiront à Pékin, la capitale du Territoire ? Tant pis, partir quand même, comme Ella Maillart, avec la même obsession de fuir cette Europe sous tension.
Et si, LA VILLE SOLUTION, c’était Genève, LA VILLE INTERNATIONALE ? Celle qui conjugue RÉSEAU ET TERRITOIRE ? Laisse s’exprimer de concert États et Mondialisation ?
En tout cas, sereinement ancré à l’Avenue de la Paix, y’en a un que rien ne semble pouvoir ébranler et m’aide à trancher…
Alors vive Genève moi je dis… Où j’achève ce week-end par une visite d’un charmant camping lacustre de la région, futur refuge pour les amis et autres communautés éphémères… Après tout chacun se créé sa propre utopie. La mienne serait d’accueillir tout mon ptit monde ici…
Oui la mise à distance des exilés résulte de la conjonction du pire du Territoire et du pire du Réseau… Mais Babel, la Ville-Monde, c’est aussi autre chose. Mythe de Babel, folklore multiculturel, frontières, exil,… A Genève, ce week-end, toutes ces thématiques étaient explorées. Tout de confond et se répond. Dans un Grand Jazz.
… Mais pendant ce temps-là dans cette même Genève-Pont célébrée tout le week-end durant pour ses vitrines de métissage, des milliers de personnes défilaient pour le « Droit à la Ville »… Allez, see you en avril, pour la Chronique d’une gentrification…
Séquence Agenda
Festivals de films, reflets et pouls du Monde. Pouls, mouvement, monde en mouvement… Alors on s’ancre à Genève pour…
Avant de s’envoler pour… une autre cité glocale et sa
Berlinale
Dont l’édition 2018 fait la part belle aux voix nomades et routes de l’exil. Avec :
After/Life, route du désert mexicain vers un eldorado américain.
Eldorado, parallèle entre le cimetière méditerranéen et une ancienne réfugiée italienne en Suisse. Histoire en mouvement.
Transit, Marseille, DGM, parallèle avec aujourd’hui, des réfugiés des nazis attendant un visa avec …
Fortunaou la solitude d’une « mineure non accompagnée » éthiopienne réfugiée dans les montagnes suisses.
Zentralflughafen THF, l’ironie d’un lieu de mouvement désaffecté devenu lieu d’assignation invisible pour des réfugiés qui en ont fait leur maison de fortune.
Pour le dernier volet de ses précis de Mondialisation, après l’eau, le coton ou encore les moustiques, M. Orsenna s’emploie à (re)donner le goût de la Ville de la (Néo)Mondialisation, en constante ré-invention…
« A ce jour, mars 208, cinquante agglomérations dépassent, sur notre planète, les dix millions d’humains. Soixante-cinq millions à Hong Kong et dans les alentours de la rivière des Perles ; quarante-deux millions pour Tokyo et son proche voisinage; trente-cinq millions pour Jakarta…
D’ores et déjà, la moitié de nos compatriotes vivent en ville. Bientôt, dans quinze ans, dans vingt ans, ce seront les deux tiers…
Et si la ville était le creuset de toutes les inventions, le plus formidable des réservoirs de la vie ? Voilà pourquoi, en pestant, en ronchonnant, en rêvant de campagne, on se précipite pour y vivre. Alors, bienvenue dans deux cents villes d’aujourd’hui, dont trente françaises, de Paris à Guéret, de Lyon à Montfermeil. Bienvenue dans la vie moderne. » Erik Orsenna
Au Menu des Voyages d’Erik Orsenna et Nicolas Gilsoul
La ville Lego Taiheiyo Belt (Japon) – Monaco – Ramallah (Cisjordanie)
La ville Terrier Helsinki – Tokyo – Paris
La ville Flottante Kiribati (Océanie) – Hulissat et Nuuk (Groenland)
L‘île qui s’en va toute seule Le Port – Saint-Denis et Sainte-Marie de la Réunion (France, DOM-TOM)
Green Factor Bordeaux Métropole – Versailles
La ville Canopée Montréal – Barcelone – Abu Dhabi
La ville qui nous transporte Cinq chemins de traverse de Liuzhou (Chine) à Kibuye (Rwanda)
Adieu aux autoroutes urbaines Séoul et sept escales rapides : Milwaukee, Portland, New York, San Francisco, Montréal, Miami et Vancouver
La ville Potager Détroit (Michigan)
La gloire des poubelles San Francisco
Des fleurs sur vos décharges New York – Caen – Tel-Aviv – Rio de Janeiro – Alger – Saida (Liban) – Tokyo – Buenos Aires
La ville des chiffonniers Nouakchott (Mauritanie)
Vive la Colombie Medellin
Aux urnes citoyens ! Madrid
La leçon des Solar Mamas Bangalore, Tilona (Inde) – Ortaffa, Sainte-Marie (France) – Brooklyn
La ville Love Doll Songdo (Corée du Sud)
Les portes du Pacifique Seattle – San Francisco
Les bords de l’eau Rochetaillée-sur-Saône – Metz – Velenj – Moscou – Jinhua – Paris – Berlin – Rouen et Petit-Quevilly – Madrid – New York
Au travail, les joncs Shanghai – Riyad
Opération Sponge Cities Copenhague
La soif des éléphants Jaipur (Inde)
Rien de plus simple que la ville Alambic Los Angeles
Les paris branchés de Paris
Quoi, vous en voulez voulez encore ? Alors n’hésitez pas à suivre mes errances en Villes-Monde 🙂
… de la « France Black-Blanc-Beur » de 1998. D’un monde en métissage qu’elle prenait pour acquis. Nostalgie d’une génération née dans un monde post-moderne et post-national et qui se retrouve, 15 ans après le « choc des civilisations », au… Néo-Middle-Ages.
Une génération qui porte en elle non pas la nostalgie de l’Histoire ou d’un Lieu, nostalgie, mais celle d’un espoir… celle d’une cohabitation harmonieuse en gestation, à l’aube des années 2000.
Génération d’ados de l’ère de l’éclatement de la mini-cellule. Génération d’ados consolée par le Monde. Génération d’adultes qui assiste au retour en force des cellules. Blues de la Génération Mondialisation.
En ce début de février 2018, EVEN FACEBOOK devient local !!!!! Prônant un tournant vers réseau local & infos locales. Alors au nouveau mythe hégémonique du THINK LOCAL et son grand pouvoir de séduction…
… Avant que le mythe ne s’impose en nouvelle idéologie … Je vous propose le mien…
Think global, national, régional, local, think tout ça à la fois, THINK GLOCAL !
EN TRANSIT A GENEVE : DEMAIN GENEVE
A chaque époque son hymne
Les Années 2000 c’était le trio europhilo-urbain de Cédric Klapisch
Les Années 2010 c’est … Demainet ses rejetons…
« Demain Genève », c’est l’histoire d’un groupe de jeunes qui, fascinés par ce qu’ils ont appris dans le film DEMAIN, se demandent si de telles solutions existent près de chez eux.
Ne connaissant ni les défis environnementaux et sociaux auxquels leur ville est confrontée, ni les initiatives de la région, les amis décident de rencontrer des experts et des porteurs de projet durable, et vous invitent à partager leur aventure.
Fortement inspiré du documentaire de Mélanie Laurent et Cyril Dion sorti en 2015, « Demain Genève » propose une vision positive de l’avenir, un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler notre région demain. » Lien
« Demain prend ses racines aujourd’hui ! « liste déclinée en thématiques (Agriculture & Alimentation, Energie, Economie, Urbanisme, Démocratie et participation, Education et formation) des associations, entreprises, projets, initiatives qui proposent des actions concrètes et des solutions dans la région genevoise.
Le Léman, monnaie locale transfrontalière
Regarder Demain Genève et repartir avec un plein d’idées : faire ses emplettes à la Ferme de Budé, s’installer dans une coopératives d’habitations, payer en Léman, cultiver un potager au Jardin de Beaulieu, placer ses bambins dans une crèche en plein air, s’inscrire au projet Zero Waste, … et prendre l’apéro avec son ami G qui m’annonce qu’il emménage justement dans une nouvelle coopérative de banlieue au sein de laquelle il compte bien s’investir personnellement…
THINK LOCAL… THINK GLOCAL 😉
A l’avant-première de Demain Genève, me voilà traversé d’une révélation : et si finalement le localisme était un glocalisme ?
Pas de contradiction –> Le localisme ? Phénomène, Idéologie, Mythe glocal, parce que Phénomène, Idéologie, Mythe global à chaque fois décliné localement.
A l’image de Demain Genève, la version locale = plus parlante pour les locaux, une version locale qui fait plus de sens.
Conclusion : non le global ne s’oppose pas au local !!! Ces deux-là se conjuguent aisément. C’est l’esprit glocal. Leur reste à trouver comment intégrer le national…
EN TRANSIT DANS LA GENEVE GLOCALE : JOURNEE ANTIGEL
Dans une Genève glocale, on trouve le Monde aussi, forcément. Dans son quartier des Pâquis sûrement, dans ses Festivals évidemment. La glocalisation est un phénomène d’inclusion. Et pour Demain (à) Genève, on veillera à ce que le Monde ait sa place, assurément.
Laissons-nous en convaincre avec le Festival Antigel, nouveau fleuron de la Cité de Calvin. On commence avec une déambulation dans les Pâquis, quartier métissé, aux nombreuses couches d’identités, vivant, pièce de théâtre authentique pas pièce folklorique figée pour touristes. Quartier où sévit aussi la gentrification. Les anciens squatteurs sont devenus des bobos, les anciens squats des coopératives.
« On va là d’où l’on vient« . Déambulation performative conçue par Maëlle Gross
« Une marche, une oeuvre sonore et des visites impromptues dans des lieux insolites ou chez les habitants des Pâquis, où des oeuvres de la plasticienne suisse d’origine grecque Maëlle Gross se dévoilent et vivent avec leurs hôtes. Issu d’un travail relationnel dans le quartier initié par la plasticienne, le concept voyage d’Athènes à Genève et porte un regard singulier sur les thèmes du travail, de l’identité et de l’altérité en milieu urbain. Le spectateur se voit remettre un lecteur audio et parcourt l’espace-temps de l’exposition seul, suivant un guide, l’invitant à traverser des histoires tout en traversant le quartier.
Pour le deuxième volet d’On va là d’où l’on vient, Maëlle Gross en continuant le concept de la marche performative développé à Athènes, dans le quartier populaire de Kypseli, au printemps 2017, crée une oeuvre sonore afin de faire entendre l’invisible. Pendant la déambulation dans le quartier Pâquisard, dans ses contours fluides, les visiteurs s’exposent aux problématiques de l’identité, de l’immigration, et de la sexualité.
Ce qui frappe en premier lieu, aux Pâquis, c’est la vie. Il y a du bruit, des odeurs, des couleurs qui émanent des gens, des restaurants, des salles de jeux, des bars à champagne, des bagnoles de police. Quand on est jeune on aime le bruit, mais plus quand on vieillit. On sait qu’on évolue quand on appelle les flics pour régler les problèmes de nuisances sonores. Il y a les prostituées dans la rue, qui côtoient les rondes de police. Elles occupent cet immeuble, qui devient un squat, qui devient une coopérative. Les choses et les gens changent. On est du bon ou du mauvais côté. Le mal a changé et s’est sans doute complexifié. Sur son modèle, Maëlle Gross mêle les symboles nostalgiques aux régimes des activités contemporaines convoqués pour combler le sentiment de perte : les lieux de consommation de fête, sexe et drogues, la circulation et la rapidité des échanges, des mouvements et des transactions. Accumulation d’images, de sons et évocations d’odeurs composent ses vidéos, où nostalgie et modernité sont ainsi étroitement corrélées, puisque l’une découle nécessairement de l’apparition de l’autre. Il y a les gens, les genres, la gentrification, des « gen » du latin « genus » (du genre, sorte, espèce, race, famille, origine). Les Pâquis « gen » et gênent parfois dans la Genève internationale. Mais il y a de l’ambiance, c’est le mélange, le joyeux chaos de la vie contemporaine. Il y a les bains, l’Utopie d’un quartier occupé par les grands hôtels luxueux, parfois corrompus, mais où le privilège qu’est celui de côtoyer le jet d’eau de Genève au plus près est donné à tous. Petit quartier au coeur gros, la nuit comme seul défouloir.
Avec un exercice de style, et à travers ses oeuvres sonores et visuelles, l’artiste participe à une « géographie émotionnelle » extrapolant les courants artistiques et les recherches anthropologiques récentes autour du Nord et du Sud. Elle invente une écriture du monde en prenant pour point fixe le quartier des Pâquis, ses émotions et ses relations. Dans les rues, les contradictions se multiplient, arrivant des quatre coins du monde avant de repartir dans toutes les directions. Les Pâquis regroupent nos regards en un seul point de perspective, puisqu’ici, personne n’est né suisse mais tous sont Pâquisards. Le quartier des Pâquis est avant tout une portion de ville qui transforme le mal individuel en un bien collectif.
A travers un processus relationnel, l’artiste échange avec les mères étrangères de l’école de Pâquis-Centre, des habitants du quartier prêtant leur domicile, les travailleuses des salons de beauté et de coiffure, les travailleuses du sexe… Une éthique surgit des expériences communes, des histoires du quotidien, des souvenirs qui nous renvoient à une responsabilité de l’un envers les autres : de l’écoute des voix. Ces voix se demandent comment pouvons-nous vivre ensemble dans l’amour et la violence ? Comment pouvons-nous créer des utopies de proximité ?
Tels des artisans, les habitants du Pâquis vivent leurs oeuvres dans une relation d’échange symbolique, s’échappant de la loi de la valeur et de la finalité à tout prix en se permettant de se « dépenser », de se perdre dans la fête et la défaite. Ici la richesse se trouve dans l’échange.
Olivia Fahmy & Eleni Riga
« On va là d’où l’on vient« , un texte so PG spirit. Et une expérience sensorielle, pas sociologique.
Mais c’est pas tout ça mais il fait faim 😉 Après une longue marche des Pâquis au PAV, friche industrielle en réhabilitation, centre urbain de demain pour un souper au Syria Diorama.
« Dans le cadre du projet Antidote, passerelle entre culture et intégration sociale, le festival confie les clés du restaurant panoramique situé au sommet de la tour Pont-Rouge à TALAL RANKOUSSI, un grand chef syrien immigré à Genève. Une collaboration avec le restaurant genevois Où bien encore. De quoi combler les amoureux de saveurs orientales! »
En collaboration avec le restaurant Ou bien encore : « Cuisine pour rendre les gens heureux; produits issus de l’agriculture locale et légumes du marché; spécialités du terroir, souvent avec une touche d’ailleurs. »
En résumé 1 cuisinier syrien + 1 bistrot exo-local = 1 mix local global = une expérience glocale
Déco sobre, repas simple et goutu. Sobriété vs folklore. Un regret cependant : rencontre manquée avec le cuisinier, dont on ne connaîtra pas l’histoire, pas de récit créé autour de la manifestation.
Autres événements Antigel PG spirit
Glocal oui BoCal non merci !
Fin du mois, soirée chez des amis, l’occasion de débattre de l’avenir des mythiques Fêtes de Genève, LE rassemblement annuel des touristes et des locaux, annulé cette année et sur lequel nous sommes appelés à nous prononcer lors des prochaines votations. La mort de la manifestation s’avère être une bonne chose pour quelques locaux de notre assemblée. Je ne me rallie pas à leur indifférence, j’aimais cette occasion annuelle de rencontrer le Monde de passage à Genève. Soit, en rejoignant les Greeters, j’ai trouvé une autre voie pour faire découvrir ma cité aux visiteurs.
Cette soirée fut l’occasion de débriefer sur le le Festival Antigel aussi, très prisé des locaux pour le coup, et l’amoureux palestinien de M de passage à Genève de s’amuser de l’à priori incompatibilité du menu syrien végé qui nous a été proposé avec la cuisine orientale 😉 ce qu’a confirmé une des amies de notre hôte, une végétarienne qui a eu un mal fou à se sustenter lors d’un séjour à travers les racines libanaises de sa meilleure amie.
Si le glocalisme version Antigel consiste à adapter la cuisine syrienne à ce qu’elle croit être le goût des palais locaux, ou du moins celui de son à priori public cible, les amoureux du local ont de quoi se réjouir ce mois-ci avec l’ouverture à Genève du Bocal Local et du Nid, deux nouvelles épiceries participatives, bio, tout ça tout ça.
Au Sommaire de cette Gazette, une initiative anti-Identité Nationale, Mr. Poutine dans la Minute Réconciliation, du chagrin et de la dénonciation, une question de Migrations, un Forum pour une Nouvelle Mondialisation, des Nouvelles Routes de la Soie, des chiffres en berne, un Festival Hybride anti-gel, une overdose, …
Une initiative anti-Identité Nationale
Depuis 15 ans qu’on entend plus qu’Identité nationale par-ci, Identité nationale par-là…
Parce que « No Billag » ne fait que des perdants !
La disparition programmée des chaînes suisses laissera le champ libre aux médias étrangers qui ne parleront jamais de l’actualité suisse.
Et sinon, des regrets ?
La Minute Réconciliation : Introduction à Mr. Poutine
Et si c’était ça aussi, la Réconciliation, donner la parole à des princes du Territoire présentés constamment comme Evil ? Donner la parole à l’accusé, faire connaissance avec lui et se forger notre propre avis ? C’est en tout cas ce que propose Oliver Stone à travers les quatre volets de ses entretiens intimes avec le Président Poutine. Au travers desquels se dévoile non pas un autre populiste vulgaire mais un nationaliste redoutablement posé. Un tactique réaliste qui prône un certain autoritarisme politique pour la Russie, plus largement la « glocalisation » du modèle démocratique occidental.
Un souverain qui se dit attentif à la cohabitation interculturelle au sein d’un Royaume qui le rappelle-t-il, compte une grande part de musulmans natifs et non pas issus de l’immigration, à l’instar des pays occidentaux.
Mon gros bémol : Mr. Poutine s’épanche essentiellement sur les rapports de pouvoir avec l’Europe, l’OTAN, les États-Unis,… Et moi encore une fois, je me dis : mais en quoi ces histoires de budget militaire, d’anti-missiles, de lance missiles nous concernent-t-elles, nous citoyens ? Alors le monde de Mr. Poutine, géopolitique d’abord ?
Sorties culturelles de la semaine
Ok la Réconciliation c’est notre combat premier. Mais le chagrin, on en parle du chagrin ? La sidération, la peur et le chagrin. Qui dans le monde de Mr. T ont du mal à passer. Le chagrin progressiste… Outre-Atlantique mais pas seulement. Pour les artistes américains la réconciliation ok, la dénonciation sûrement. Cohabitation… Du coup toute tournée promo, toute oeuvre produite même avant la présidence T. devient miroir contemporain. L’occasion pour les artistes de dénoncer, d’alerter, de lutter. Ainsi le « 4 3 2 1 » de Paul Auster parle des années 60′ mais nous parle d’aujourd’hui. Ainsi Pentagone Papers le dernier Spielberg traite d’un événement de 1971 et se présente comme une nouvelle occasion de parler de liberté de la presse muselée par le pouvoir d’aujourd’hui. Les artistes sont des citoyens courageux. Nombre d’entre eux choisissent la lutte local à l’exil, préférant transnationaliser le combat depuis « là-bas ».
Projet de loi contesté, visite à Calais, nouveau duo « Humanité & Fermeté« … L’Hybridité, toujours la solution ? Quelle marge de manoeuvre quand le droit universel à la Mobilité devient politique migratoire étatique ? Quel axe adopté avec pour décor l’idéologie anti-mobilité néo-post-moderne mondiale ? Quelle solution quand le droit de passage géographique se transforme en prise en charge politique ? Combien d’élus quand la mobilité transnationale devient « intégration nationale » ? Quand la place dans la société supplante la place dans la géographie ? Quand des nécessairement futurs citoyens d’Un unique Territoire ont supplanté les arpenteurs du Réseau amateurs du transit ? Comment faire avaler aux nationaux précarisés les deniers étatiques pour les transnationaux dans un Monde qui ne compte pas s’arrêter et des États qui entendent/prétendent pouvoir assumer l’absolue souveraineté sur la Mobilité ? Quand on doit faire gober qu’une politique migratoire à l’échelle Intérieur a la moindre chance de se substituer à une nécessaire solution à échelle supranationale ? …
Good Luck Emmanuel M. !
Les Brèves du Territoire &… du Réseau
Emmanuel Macron en Chine. Va soutenir le projet des Nouvelles Routes de la Soie
Macron défend une nouvelle Route de la soie partagée avec la Chine
(Les Echos)
7 janvier
En Suisse too, publication le 22 janvier des chiffres de demande d’asile pour 2017. Diminution d’un tiers par rapport à 2016. Chiffres au plus bas depuis 2010.
22 janvier. Suisse : deuxième pays le plus mondialisé de la planète selon l’indice du Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) pour 2015.
22 janvier. Emmanuel Macron réunit les maîtres du Réseau mondial à Versailles, siège de l’Empire, pour un sommet « Choose France« . Le combo Empire – Réseau pour se substituer au combo Territoire – Réseau ? A méditer
Janvier c’est aussi…
Le Forum de Davos où Emmanuel M. vient défendre la Nouvelle Mondialisation. Seule alternative pour un Monde qui ne verra plus triompher les nationalismes guerriers.
Festival Hybride Antigel c’est parti !
Antigel, c’est la vitrine artistique internationale genevoise de ces derniers années. Un festival Hybride s’il en est, qui ambitionne mélange des styles, des disciplines et… des gens. Un Festival décentralisé dont le deuxième créneau est la découverte des Territoires et qui met en lumière les communes du Grand Genève. Oui désormais le Festival se veut transfrontalier. Antigel, Le Festival d’un territoire transfrontalier dont j’apprends lors de son vernissage politique que son coeur, Genève, mini-ville monde, compte un turnover annuel de ses résidents de 12% !!! Genève ville en mouvement assurément !!! Antigel, un Festival que j’avais jugé jusqu’ici trop élitiste et conceptuel à mon goût, mais dont le programme cette année me séduit…
Avec au « menu PG » Syria Diorama – Maëlle Gross – Un samedi terroir-repas du monde – Une programmation musicale métissée, égyptienne ou sud-africaine. Bref, je vous en reparlerai en février. En attendant, vous pouvez retrouver toute la programmation (ici)
OVERDOSE !!!!
On a eu l’occasion dans ces Gazettes d’aborder à plusieurs reprises le phénomène des oeuvres de tous poils consacrés aux deux grandes guerres et la périodes de l’entre-deux-guerres qui foisonnent depuis quelques temps. Oui mais là trop c’est trop, SA-TU-RÉE !! Pour vous donner un aperçu de notre quotidien médiatico-culturel, nous sommes mercredi 24 janvier, je prends ma voiture pour me rendre au travail et jvais vous la faire courte, mais en gros France Inter = La Douleur(film consacré à l’histoire de l’arrestation de Marguerite Duras durant la DGM), France Culture = Couleurs de l’Incendie de Pierre Lemaitre (récit de l’entre-deux guerres), je zappe désespérément sur Espace 2, qui débat autour d’un roman sur… nazis ! non mais sérieux, je vis en 2018 ou en 1914-1945 ?!?
Le Choix Hybride de la semaine
J’ai choisi deux oeuvres à priori aux antipodes mais en réalité pas tant que ça. D’un coté la sortie du troisième volet du phénomène Les Tuche, avec Jean-Paul Rouve et Isabelle Nanty qui expliquent ce que je défends à longueur de Gazettes. Les Tuche ne sont pas une caricature, n’ont pas le projet d’opposer les élites urbaines aux bofs sympathiques. Non les Tuche ce sont eux, l’enfance de Jean-Paule Rouve, l’accent qu’Isabelle Nanty retrouve avec bonheur…
Et pour le deuxième hybride de la semaine, et c’est lui qui le dit, l’auteur Mohsin Hamid, dont la traduction de son roman sur une histoire d’amour sur fond d’exil, Exit West sort en ce moment, se revendique comme un hybride culturel. Américano-Pakistanais ou l’inverse, il a refusé de se rétrécir lorsque dans l’ère post 11 septembre, on lui a sommé de faire un choix.