HIGHLIGHTS 2020

Au fil de cette année qui aura vu le monde basculer, butinons (dans) le monde d’avant… Avant qu’il ne se fige, avant que le grand mouvement ne soit entravé. Avant qu’on ne rentre chacun chez Soi, assignés à domicile, enfermés dans nos nano-univers, condamnés à n’être plus que Territoire et privés du Réseau. Plongeons dans les productions de la mobilité, ces exils sans fin, ces quêtes identitaires, hybridités singulières, désirs de retours aux racines, critiques du monde « vivant », odes à la mobilité… Un monde où on se rendait les uns chez les autres, un monde « jazzy » à la recherche de son harmonieuse partition. Alors que se passait-il dans le monde mouvant avant que tout ne s’arrête brutalement ? Quelques propositions d’évasion…

L’EXIL DE LA BEAUTÉ. Essai de Rudy Ricciotti. Editions Textuel, 2019, 96 pages

ExilBeauté

 » Rudy Ricciotti, fidèle à sa réputation de pamphlétaire, livre dans cet entretien une dénonciation de la culture officielle de la beauté. De la célébration de l’art contemporain à l’esthétique de supermarché en passant par le culte obligatoire de la nature, cette doxa est pour Rudy Ricciotti un étouffoir de la pensée critique et un masque pour toutes les beautés singulières qu’il entend défendre. Car Rudy Ricciotti veut croire à la beauté comme une présence capable d’intensifier nos désirs. Devant l’échec du projet d’émancipation de la culture au profit des loisirs et de la consommation, Rudy Ricciotti revendique une beauté « non conforme ».
« Ce n’est pas du tout à l’ordre du jour de parler de beauté. L’époque est plutôt aux ordres de la terreur et de ses promesses. Ce sont les anathèmes qui tiennent en haleine les affaires du monde et coupent la chique aux débats. Les faits sont là, alimentant quotidiennement nos craintes, nous préparant insidieusement à courber l’échine. La beauté ne s’exile pas volontairement. Son départ est conditionné par une fatigue généralisée des curiosités. Invisible à force d’être ignorée, nos comportements la chassent. Et nous seuls portons la responsabilité de sa disparition.
J’ai pris goût à rechercher avec persévérance la beauté qui émancipe, à prendre le risque de me fourvoyer. C’est une démarche individuelle. Elle récuse la désillusion esthétique totale en cours dans les milieux culturels.
Sans effort, rien ne vient, sinon l’impérialisme obscène de valeurs omniprésentes imposant aux consommateurs de manger des yaourts en regardant le packaging d’une esthétique de pacotille. Se soustraire au matraquage des codes de la consommation réveille en douceur le désir. Mais la quête de la beauté ne délivre pas un certificat d’impunité. Il y a des coups à prendre… » Editeur

REFUGE – DANS L’INTIMITÉ DE L’EXIL. Projet photographique de Bruno Fert. 2019, Autrement

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« Habiter est ce que nous avons tous en commun. Que nous soyons nomades ou sédentaires, nous habitons tous. Les abris temporaires des populations migrantes reflètent leur personnalité, tout comme nos appartements et nos maisons parlent de nous. C’est à partir de ce point commun que je veux amener le public à s’identifier, à se mettre à la place de l’autre en observant son lieu de vie. » Bruno Fert

Depuis 2016, Bruno Fert parcourt les camps de réfugiés de Grèce, d’Italie, de France, pour y photographier l’habitat provisoire – abris de fortune, chambres, appartements – où ceux qui ont fui leur pays recréent une intimité, une attache, une identité. Un travail documentaire exceptionnel, témoignage de ce moment charnière de l’exil, où la reconstruction de soi passe par l’appropriation de son propre intérieur. Lien éditeur

MIROIR DE NOS PEINES. Roman de Pierre Lemaître. Albin Michel, 2020, 544 p. La France sur la route

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Avril 1940. Louise, trente ans, court, nue, sur le boulevard du Montparnasse. Pour comprendre la scène tragique qu’elle vient de vivre, elle devra plonger dans la folie d’une période sans équivalent dans l’histoire où la France toute entière, saisie par la panique, sombre dans le chaos, faisant émerger les héros et les salauds, les menteurs et les lâches… Et quelques hommes de bonne volonté.
Il fallait toute la verve et la générosité d’un chroniqueur hors pair des passions françaises pour saisir la grandeur et la décadence d’un peuple broyé par les circonstances.
Secret de famille, grands personnages, puissance du récit, rebondissements, burlesque et tragique… Le talent de Pierre Lemaitre, prix Goncourt pour Au revoir là-haut, est ici à son sommet. Lien éditeur

PAVILLON SUISSE 17E BIENNALE VENISE 2020. Exploration de la frontière par les architectes et artistes M. Ayoub, V. Lacaille, F. Aragno, P. Szczepski

FRONTIERE

Projet sélectionné par Pro Helvetia pour réaliser le Pavillon suisse de la 17e Biennale internationale de Venise 2020.

Avec son projet, l’équipe romande (Mounir Ayoub et Vanessa Lacaille, du Laboratoire d’architecture de Genève, ainsi que le cinéaste Fabrice Aragno et l’artiste Pierre Szczepski) explore la frontière comme phénomène spatial. L’originalité de sa proposition ? Aller à la rencontre des habitants aux confins des frontières du territoire suisse, pour mieux recueillir et souligner la dimension subjective du concept. Une étude préliminaire avait mis en évidence 29 lieux dont la topographie, l’histoire, la loi ou les infrastructures confèrent à leurs usagers une lecture singulière du territoire. Après avoir sillonné les quatre régions linguistiques de la Suisse, l’équipe du Pavillon suisse a mené des entretiens avec les usagers de ces frontières et les a accompagnés dans l’élaboration d’une maquette mentale de leur représentation du territoire. À partir de ces représentations, l’équipe a fabriqué des croquis 3D à base de mousse polystyrène. Actuellement, elle démarre la seconde phase du projet: des entretiens avec une dizaine d’experts, dont le préposé à la frontière nationale. Lien Espazium

L’équipe gagnante se penche sur la «frontière» en tant que phénomène spatial, un thème des plus présents dans le contexte politique actuel. Elle pose la question de la perception concrète de la frontière suisse par les personnes qui vivent à sa proximité. Quelles sont les dimensions spatiales et physiques d’une frontière? À quel point la percevons-nous de manière différente? Quelle est notre relation avec elle? Afin de trouver des réponses à ces questions, les habitantes et habitants du territoire du côté suisse de la frontière seront associés au projet de manière participative. Sur la base de ces recherches, l’équipe développera une exposition pour le Pavillon suisse à Venise qui racontera des histoires concrètes provenant de la frontière suisse, mais ouvrira également la discussion autour du thème de la «frontière» dans son caractère universel. Lien ProHelvetia

L’ADIEU – THE FAREWELL. Film de Lulu Wang, 2020, 1h40

L'ADIEU

Lorsqu’ils apprennent que Nai Nai, leur grand-mère et mère tant aimée, est atteinte d’une maladie incurable, ses proches, selon la tradition chinoise, décident de lui cacher la vérité. Ils utilisent alors le mariage de son petit-fils comme prétexte à une réunion de famille pour partager tous ensemble ses derniers instants de bonheur. Pour sa petite fille, Billi, née en Chine mais élevée aux Etats-Unis, le mensonge est plus dur à respecter. Mais c’est aussi pour elle une chance de redécouvrir ses origines, et l’intensité des liens qui l’unissent à sa grand-mère. Lien Allo Ciné

MANIFESTO(NS) ! TROIS FORMES ENGAGÉES. Théâtre de Poche, Genève, 02.2020

manifestons

Texte_Fouza Al-Youssef, Judy Brady, Pauline Boudry, Nicoleta Esinencu, Julie Gilbert, Jean-Luc Lagarce, Bruno Latour, Renate Lorenz, Alexandre Ostrovski, Paul B. Preciado, Marguerite Yourcenar
mise en scène_Sarah Calcine & Joséphine de Weck

L’envie de vivre à tout prix, secouer tout ça, toute cette peur qui craque dans nos gorges, tout ce malaise qui colonise nos poumons, nos histoires d’amour, nos rêves, crier, perdre la voix, occuper des ronds-points, ne rien lâcher et puis aussi s’arrêter pour rassembler nos esprits.

Notre dernière arme : penser. Ensemble.

Sarah Calcine & Joséphine de Weck s’emparent d’une sélection de textes-manifestes, de cris, de réflexions d’auteures mortes et vivantes. Le manifeste devient manifestation, devient réunion, devient rituel. Deux propositions qui se font écho, que l’on pourra parfois entendre le même soir, qui s’emparent de nous et de nos questions.

Les deux metteures en scène proposent chacune leur montage, version (J. de Weck / S. Calcine), portées par les trois comédiennes comme on livre une pensée en mouvement. C’est sur la brèche, doux-amer, et parfois drôle. Lien Théâtre de Poche

IT MUST BE HEAVEN. Film de Elia Suleiman, 2019. 1h42. Mention spéciale du jury Festival Cannes 2019 – Comique de Fuite

heaven

« Elia Suleiman vit à Nazareth, seul dans une grande maison. Son voisin s’occupe avec dévotion de son citronnier. Même s’il le fait sans qu’on le lui ait demandé, et qu’en plus il empoche les citrons. Mais le réalisateur va de toute façon partir à l’étranger pour la promotion de son nouveau projet de film… que nous sommes justement en train de regarder. Il va à Paris et New York, visite ces mégapoles étrangères et observe avec attention ce qui s’y passe. Mais le fait est là: son origine le suit comme une ombre à chaque pas qu’il fait.

Dix ans après son dernier film, le réalisateur palestinien Elia Suleiman a présenté son nouvel opus en compétition du Festival de Cannes où il a reçu une Mention spéciale. Cette fois, il dirige son regard politique par-delà les frontières de son pays d’origine – pour comprendre, comme il le dit dans ses interviews, que le monde est en fait un «microcosme de la Palestine». Partout l’État policier gagne du terrain, partout l’absurde gagne en force. Ainsi, Suleiman se transforme en observateur muet et étonné. La force comique de ce film émane de cette source. Ce n’est pas pour rien que le réalisateur palestinien est souvent comparé à Buster Keaton et Jacques Tati. Une comédie politique sur l’identité, la nationalité et la patrie qui combine divertissement, intelligence et poésie. » Lien

LE PARLEMENT DES ÉCRIVAINES FRANCOPHONES. Écrivaines sans frontières. Pour un « écrire-ensemble » transnationalécrivaines francophones

« Une littérature réinventée au féminin, qui entend être au rendez-vous de l’Histoire. le Parlement des écrivaines francophones a pour objectif de faire entendre la voix des écrivaines sur le monde. »

Les objectifs qu’il se fixe :

  • rendre distincte la voix des femmes écrivaines
  • affirmer qu’il existe un « écrire-ensemble » capable de renforcer les liens des écrivaines où qu’elles se trouvent
  • travailler à faire reconnaître la place de l’écrivaine dans son pays et réaffirmer son rôle dans le dialogue civilisationnel
  • constituer un trait d’union entre le Nord et le Sud et faire circuler les idées et les auteures
  • s’exprimer sur ce qui porte atteinte à l’intégrité morale ou physique des écrivains contre les menaces
  • défendre la liberté et le droit des hommes et des femmes partout où ils se trouvent attaqués
  • offrir un espace de prise parole destiné à donner le point de vue des femmes sur les débats ou les crises de nos sociétés.

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MERVEILLES A MONTFERMEIL. Film de Jeanne Balibar. 2020. 1h49

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Joëlle et Kamel font tous deux partie de l’équipe municipale de la nouvelle Maire de Montfermeil, Emmanuelle Joly, mais ils sont en instance de divorce. Toute l’équipe travaille à la mise en œuvre d’une nouvelle et très surprenante politique, dont la pierre angulaire est la création de la « Montfermeil Intensive School of Languages ». Tandis que la ville change et prospère, Joëlle et Kamel se chamaillent…. Mais à l’occasion de la Fête de la Brioche, leur amour peut-il renaître ? Lien

TERRA MIGRA. PEF – Marc-Olivier Dupin. Gallimard-Jeunesse, 2020

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« Je suis Terra Migra, mes sourires sont faits de fleurs, de chants d’oiseaux. Mes larmes sont de sel dans des rives lointaines. » Ainsi s’adresse notre planète à deux personnages que le hasard a fait se rencontrer. L’un est fataliste, l’autre ouvert au monde. Ce monde-là est celui des migrants vivants ou en grand danger d’oubli. De quelle Histoire présente ou disparue viennent-ils ? Superbement mis en musique par Marc-Olivier Dupin, le texte et les illustrations de Pef évoquent de manière extrêmement sensible et juste la peur de l’autre, le racisme, les guerres, les migrations, la Terre-Mère. Lien éditeur

LESBOS, LA HONTE DE L’EUROPE. Essai de Jean Ziegler. 2020, Seuil, 144 p

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 » En mission pour l’ONU, Jean Ziegler s’est rendu en mai dernier à Lesbos, cette île grecque qui abrite le plus grand des cinq centres d’accueil de réfugiés en mer Égée. Sous la haute autorité de l’Union européenne, plus de 18 000 personnes y sont entassées dans des conditions inhumaines, en violation des principes les plus élémentaires des droits de l’homme. Le droit d’asile y est nié par l’impossibilité même dans laquelle se trouvent la plupart des réfugiés de déposer leur demande ; le droit à l’alimentation, quand la nourriture distribuée est notoirement avariée ; le droit à la dignité, quand les rats colonisent les montagnes d’immondices qui entourent le camp officiel, quand les poux infestent les containers dans lesquels les familles doivent s’entasser ; les droits de l’enfant, quand la promiscuité livre les plus vulnérables aux violences sexuelles et les prive, bien sûr, de tout accès à l’éducation. La honte de l’Europe.

Pour la plupart, ces réfugiés sont venus d’Irak, de Syrie, d’Afghanistan, d’Iran. Ils évoquent ici leur long calvaire : la torture, l’extorsion, le pillage, les passeurs infâmes, les naufrages, les familles décimées, les tentatives de refoulement de Frontex et des garde-côtes grecs et turcs. Les responsables du camp disent leur point de vue, les militants des organisations humanitaires expliquent les obstacles qu’il leur faut lever au quotidien pour sauver des vies. Le dossier est accablant. Jean Ziegler s’indigne, alerte et exige.

Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation entre 2000 et 2008, vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme jusqu’en 2019, Jean Ziegler est aujourd’hui conseiller du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Il a publié de nombreux essais à succès, traduits en plusieurs langues, et notamment, au Seuil en 2018, Le Capitalisme expliqué à ma petite-fille (en espérant qu’elle en verra la fin). »

Lien éditeur

BERLIN ALEXANDERPLATZ. Film de Burhan Qurbani. 2020, 183′

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Francis has survived his escape from West Africa. When he wakes up on a beach in the south of Europe, he is determined to live a regular, decent life from now on. But he winds up in present-day Berlin where a stateless person without a work permit is treated just as mercilessly as the labourer Franz Biberkopf in Döblin’s classic novel of German modernism. Francis initially resists an offer to deal drugs in Hasenheide park, but then comes under the influence of Reinhold, his neurotic, sex-addicted pal who takes him in. When Francis meets club owner Eva and, after several dramatic experiences, the escort girl Mieze, he feels he’s found something for the first time, something he’s never known before: a little bit of happiness – which is precisely what Reinhold begrudges him. Like the literary source material, this contemporary version of Berlin Alexanderplatz is also about society and outsiders, desire and travesty. Not unlike Fassbinder’s version, Qurbani’s epic is a gloomy journey through the “dark night of the soul” – not least on account of its authentic, atmospheric images of Francis’ city of exile: Berlin. Lien Berlinale

BAGHDAD IN MY SHADOW. Fiction de Samir, 2019, 105′

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Un auteur échoué, une femme cachée et un gay travailleur-IT illégale se rencontrent au Café Abu Nawas, un lieu de rencontre populaire pour les Irakiens en exil à Londres. Incité par l’Imam d’une mosquée salafiste, le neveu de l’auteur, un jeune fanatiquement religieux, attaque son oncle et bouleverse la vie de tout le monde. Lien Swiss Films

404. Roman de Sabri Louatah. Flammarion, 2020, 368 pages

404

« »Rentre dans ton pays. Entendre ça alors que ça fait soixante-dix ans qu’on vit en France ! Mon petit Rayanne c’est la quatrième génération, il va falloir combien de générations pour que vous nous foutiez la paix ? Combien ? « , s’emporte un des personnages de mon roman. Avec 404, j’ai voulu regarder la brèche, sans ciller, et raconter cette tragédie française de la partition et de la séparation ethnique à travers le destin d’une poignée de personnages réunis dans une petite commune de l’Allier. Pile au centre de la France et de toutes les tensions qui la traversent… »

Sabri Louatah signe un puissant thriller politique et rural. En explorant ce que l’on décide collectivement de ne pas voir, il raconte un pays qui se creuse dans le pays et ajoute à notre roman national un chapitre plein de bruit et de fureur. Lien éditeur

OSKAR & LILY. Film de Arash T. Riahi. 2020, 1h42,

OSKARLILY

Oskar et Lily, deux enfants tchétchènes sont sur le point d’être expulsés d’Autriche avec leur mère. Suite à une tentative désespérée de leur maman pour les protéger, l’expulsion est suspendue mais Oskar et Lily sont séparés et chacun placés dans une famille d’accueil. L’espoir des enfants de retrouver leur mère se nourrit de leur amour réciproque et met au défi tous les obstacles de la bureaucratie avec passion et poésie... Lien Allo Ciné

LE PAYS DES AUTRES. Roman de Leila Slimani. Gallimard, 2020, 367 p.

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L’EXIL VAUT LE VOYAGE. Roman dessiné par Dany Laferrière. Grasset, mars 2020, 408 p.

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 » Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l’âge de 23 ans sous les aboiements d’une meute de chiens, il entame une vie d’exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir jamais vraiment quitté Montréal.
Après l’Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L’Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l’exil : est-ce une expérience aussi terrible qu’on le dit ? En revenant sur ce qu’on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l’esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! Le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : « Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage ».
Si les exils ont leur part d’arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. De Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l’Amérique à l’Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d’autres. » Lien éditeur

CHINESE DREAM. Web serie d’ARTE en 7 épisodes

CHINESEDREAM

« L’Afrique est en plein « rêve chinois ». Depuis plusieurs années, des entreprises chinoises sont présentes dans pratiquement tous les pays d’Afrique. Aujourd’hui, de nombreux migrants africains tentent leur chance en Chine. Certains quartiers de la ville de Canton sont d’ores et déjà majoritairement habités par des Africains. Quelles sont les conséquences de ce phénomène sur la société chinoise ? Comment les Chinois accueillent-ils ces étrangers à la culture si différente de la leur ? Notre web-série « Chinese Dream » observe le ressenti et les réactions des Chinois face aux immigrants africains. » Lien ARTE

FORTUNA. Fiction de Germinal Roaux. CH/BEL, 2018, 106′

FORTUNA

« Fortuna, jeune Éthiopienne de 14 ans, est accueillie en Suisse avec d’autres réfugiés dans un hospice à plus de 2000 m d’altitude pour passer l’hiver. Une communauté de religieux catholiques les héberge en attendant que leur sort soit régularisé par les institutions. C’est là que Fortuna rencontre Kabir, un jeune Africain, dont elle tombe éperdument amoureuse. Leur relation se construit à l’abri des regards jusqu’au jour où Kabir disparaît. » Lien Swiss Films

 

Grande Librairie autour du nomade J.M.G. LE CLÉZIO. France 5, 11.03.2020

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UTOPIES RÉALISTES. Essai de Rutger Bregman. Seuil, 2017, 256 p
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« Ouvrir grand les frontières, une semaine de travail de quinze heures, le revenu de base universel… Des idées naïves et dépassées ou bien la force de l’utopie renouvelée ? Résolument anti-décliniste, Utopies réalistes tombe à pic et nous explique comment construire un monde idéal aujourd’hui et ne pas désespérer ! D’une ville canadienne qui a totalement éradiqué la pauvreté à l’histoire d’un revenu de base pour des millions d’Américains sous Richard Nixon, Rutger Bregman nous emmène dans un voyage à travers l’histoire et, au-delà des divisions traditionnelles gauche-droite, défend des idées qui s’imposent par la force même de l’exemple et le sérieux de la démarche historique. Tout progrès de la civilisation – des débuts de la démocratie à la fin de l’esclavage – fut d’abord considéré comme un fantasme de doux rêveurs.

À la fois stimulant et passionnant, appuyé sur les travaux d’Esther Duflo, Thomas Piketty, David Graeber, etc., cet essai vif, pédagogique et amusant rouvre plusieurs perspectives : la réduction du temps de travail, le revenu universel, plus largement la lutte contre la pauvreté et la réduction des inégalités, la taxation des flux financiers, et enfin l’ouverture des frontières. Alors laissons l’enthousiasme de l’auteur, à contre-courant du pessimisme ambiant, nous convaincre que de nouvelles propositions utopiques peuvent être envisageables à court terme.

Historien, journaliste pour le magazine en ligne De Correspondent, Rutger Bregman a publié quatre livres sur l’histoire, la philosophie et l’économie. Formidable succès aux Pays-Bas, Utopies réalistes est en cours de traduction dans 17 pays et depuis sa sortie au Royaume-Uni est dans la liste des meilleures ventes.

« SI VOUS NE SUPPORTEZ PLUS LES PROPHÈTES DU MALHEUR, VOUS DEVEZ LIRE CE LIVRE ! » Evening Standard » Lien Éditeur

 
 

BREXIT et LA MIGRATION DES MURS. De James Noël. Au Diable Vauvert. 2020

brexit« En pleine actualité de la sortie possible du Royaume-Uni de l’Union européenne, James Noël nous livre une véritable ballade anglaise sur le Brexit. « Le Brexit m’excite c’est incroyable c’est la première fois qu’une nation se jette par la fenêtre en plein orgasme ». Cette chronique puissante du Brexit est suivi de La Migration des murs, un pamphlet poétique et philosophique, texte d’intervention et d’engagement, que James Noël a commencé à rédiger en mémoire des ravages provoqués par le séisme de 2010, est très vite devenu une invitation universelle à faire table rase de tous les murs qui font ruines du monde. » Lien éditeur

CE QUI NOUS LIE. Fiction de Cédric Klapisch, 2017, 1h53
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« Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces 3 jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent. » Lien Allo Ciné
 
ET AU MILIEU COULE LE DOUBS. Documentaire de Claude Schauli. 2013, 87′
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« Ce road movie au fil de l’eau nous emmène à la découverte d’une des plus mystérieuses rivières d’Europe : le Doubs. Tour à tour sauvage, secrète, poétique, elle marque profondément le caractère de ses habitants. Jurassiens, Neuchâtelois ou Français semblent façonnés par «leur rivière» qui les rend tout à la fois rudes, inventifs, imprévisibles et mystiques. Le film va à la rencontre de personnages charismatiques qui se racontent avec pudeur et fierté. Le Doubs les incite à la confidence, parfois même à la confession. » Lien Swiss Films

LES LUMIERES DE TEL AVIV. Roman de Alexandra Schwartzbrod. Rivages Noir. Mars 2020, 300 pages

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« Les ultrareligieux ont pris le pouvoir à Jérusalem pour former le Grand Israël. Les Résistants, composés de laïcs juifs et arabes, se sont regroupés à Tel-Aviv pour vivre selon les préceptes des premiers kibboutzim. Signe de la division, un nouveau mur a fait son apparition, entre Jérusalem et Tel-Aviv cette fois. Un mur surveillé par des robots tueurs fournis par la Russie, le parrain du Grand Israël. Ils sont six à devoir franchir cette frontière au péril de leur vie : Haïm, un ultra-orthodoxe en cavale ; Moussa et Malika, deux jeunes Palestiniens en exil ; Ana, la femme d’un religieux éprise de liberté ; Isaac, un conseiller du Premier ministre en proie au doute ; et Eli Bishara, un ex-commissaire de police à la recherche de son amour perdu. Tous n’y parviendront pas.
Alexandra Schwartzbrod est romancière, essayiste, spécialiste du Moyen Orient et directrice adjointe de la rédaction de Libération. Elle a reçu le Prix SNCF du polar en 2003 pour Balagan et le Grand prix de littérature policière en 2010 pour Adieu Jérusalem, deux romans qui composent, avec Les Lumières de Tel-Aviv, un cycle consacré à Israël. » Lien éditeur

EN TRANSIT. Projet photographique de Lluc Queralt 

 
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L’oeuvre de Lluc Queralt évoque les voyages, la photographie et une manière particulière de voir le monde. A la façon d’un documentaire, il nous dévoile le quotidien à travers des images à la composition classique et avec une grande maîtrise de la lumière et du noir et blanc. Mais on y trouve également une forte composante expressive, avec un langage intimiste et une poésie très particulière. Les images expriment une sérénité et une implication personnelle, une proximité et une grande sensibilité. Dans son travail, ce sont les mêmes thèmes qui reviennent, comme des obsessions : des portraits, des routes et des reflets. L’auteur trouve dans les routes et les reflets le plaisir de regarder d’une autre façon, comme si des réalités parallèles émergeaient de l’eau ou de la noirceur de l’asphalte. Instituto Cervantes

Page de l’artiste

NOMADLAND. Film de Chloé Zhao. Road-trip immersif dans l’Amérique des « Van dwellers ». Lion d’Or Mostra Venise 2020

« Après l’effondrement économique de la cité ouvrière du Nevada où elle vivait, Fern décide de prendre la route à bord de son van aménagé et d’adopter une vie de nomade des temps modernes, en rupture avec les standards de la société actuelle. De vrais nomades incarnent les camarades et mentors de Fern et l’accompagnent dans sa découverte des vastes étendues de l’Ouest américain. » Lien AlloCiné

AUTOBIOGRAPHIE DE L’ÉTRANGER. Roman de Marie-Eve Lacasse, 2020, Flammarion, 192 pages

« Je n’ai jamais compris cette expression de « chez soi », se sentir bien « chez soi ». En France, je suis étrangère ; mais je suis étrangère où que j’aille et je n’ai trouvé, hélas, aucun lieu ni même aucun être auprès desquels je puisse entrevoir une forme de repos. La maison, ce lieu utopique tant espéré, ce sont les livres des autres et peut-être un peu les miens. J’invite le lecteur à entrer dans ce livre comme dans ma maison, car c’est ici que j’habite, dans une langue qui est la mienne. » Depuis son arrivée en France il y a presque vingt ans, Marie-Ève Lacasse s’interroge sur les raisons pour lesquelles elle s’est sentie bien souvent « à côté ». Ces marges, c’est à travers l’écriture qu’elle les investit, en explorant son passé et en étudiant de manière sensible cet universel sentiment d’étrangeté. Vibrant hommage à la littérature, à son pouvoir d’émerveillement et de consolation, Autobiographie de l’étranger sonde nos territoires intérieurs et nos liens aux êtres qui tantôt nous protègent, tantôt nous condamnent ». Lien éditeur

HORS-SOL. Récit-exploration du « sentiment d’appartenance », Isabelle Guisan, 2018, Éditions de la Marquise

Lorsqu’on passe sa vie en mouvement, que signifient les fluctuations de l’identité, pressenties en soi comme chez tant d’autres ? Comment capter ce sentiment insaisissable de ne se sentir appartenir nulle part, que l’on soit migrant ou non ?
La narration erre ici parmi des individus, interroge des cultures, s’attarde là où les règnes humain, végétal et animal se frôlent, se rencontrent, se rejettent, s’apprivoisent ou se croisent.
Fragmenté comme souvent la vie elle-même, le récit est illustré par des phrases relevées sur des flipcharts, ces feuilles de papier où des mots sont notés durant des cours de français. Tout comme ces mots ne sont pas toujours compris par l’élève, tout comme le sens que chacun leur donne diffère souvent sensiblement, ce livre est pour le lecteur l’occasion de sentir quel sens « hors-sol » a pour lui.
Les interrogations restent ouvertes, dans un livre qui est avant tout une ode au questionnement.
Lien auteure

LES FLEURS AMERES. Film de Olivier Meys, 2019, 1h36

« Lina, une jeune femme ambitieuse, laisse son mari et son fils en Chine pour partir à Paris afin de leur assurer un avenir meilleur. Mais une fois en Europe rien ne se passe comme prévu et elle s’enferme dans un monde de mensonges pour ne pas abandonner son rêve. » Lien Urban Distribution

L’IDENTITÉ. Dictionnaire encyclopédique. Ouvrage collectif, sous la direction de Jean Gayon. Éditions Folio Essais. 2020

« À un moment où les revendications identitaires sont légion, il faut revenir en amont d’une tendance qui galvaude un concept philosophique pour le mobiliser sur le seul terrain idéologique et politique.
Qui suis-je ? Aucune discipline scientifique n’oserait à elle seule penser, affronter et circonscrire cette vieille question métaphysique… et enfantine. En mettant en œuvre une interdisciplinarité effective, les auteurs ont pour ambition d’éclairer l’énigme de l’identité personnelle, mais pas seulement. En effet, l’identité est à la fois le caractère de ce qui est même et de ce qui est unique, qu’importe l’objet.
Pensée comme individuelle, elle serait tour à tour personnelle, psychologique, génétique ou narrative ; pensée comme collective, elle serait sociale, ethnique, familiale, genrée, linguistique ou encore nationale. À travers les différents regards exposés ici, le lecteur tracera son propre chemin dans les méandres de cette notion.Le comité scientifique, composé d’Alain Berthoz, Virginie Courtier, Vincent Descombes, Jean Gayon, Béatrice Godart-Wendling, Marc Hersant, Cyril Lemieux, Antonine Nicoglou, Alexandre Peluffo, Gaëlle Pontarotti, Sarah Troubé, François Villa et Jonathan Weitzman, a encadré le travail de 120 contributeurs.
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Lien éditeur

TSCHUSCHISTAN. Projet musical de ESRAP

« Tschuschistan ist überall, wo die Diaspora zu Hause ist

https://www.musicaustria.at/tschuschistan-ist-ueberall-wo-die-diaspora-zu-hause-ist-esrap-im-mica-interview/

Aufgewachsen im alten Wiener Arbeiterbezirk Ottakring haben die Geschwister Esra und Enes Özmen im Hip Hop das perfekte Medium gefunden, um Gehör zu finden und der eigenen Lebenswelt mit all ihren Konflikten Anerkennung zu verschaffen. Gemeinsam bilden die beiden das Duo EsRAP und beschäftigen sich in ihren gemischt deutsch/türkischen Texten mit Fragen der Identität, dem Fremdsein im eigenen Land als Kinder der dritten Generation, die am eigenen Leib erfahrene Notwendigkeit des Aufbegehrens, Rap als Widerstand und auch dem Frausein in der männerdominierten Hip Hop Welt. Im Gegensatz zur üblichen Rollenaufteilung in dieser steuert Esra die harten und schnellen Reime bei, während ihr Bruder Enes mit seiner feinfühligen Stimme die melodischeren Vokalparts übernimmt. Musikalisch finden EsRAP Inspiration im türkisch- orientalischen Genre Arabeske, das sie gerne mit modernen Beats verbinden. Nach mehreren Mixtapes und vielen auf digitalen Kanälen veröffentlichten Tracks erscheint 2019 ihr Debut-Album « Tschuschistan ».

ADN. Film de Maïwenn, France, 2020, 1h31

« Neige, divorcée et mère de trois enfants, rend régulièrement visite à Émir, son grand-père algérien qui vit désormais en maison de retraite. Elle adore et admire ce pilier de la famille, qui l’a élevée et surtout protégée de la toxicité de ses parents. Les rapports entre les nombreux membres de la famille sont compliqués et les rancœurs nombreuses… Heureusement Neige peut compter sur le soutien et l’humour de François, son ex. La mort du grand-père va déclencher une tempête familiale et une profonde crise identitaire chez Neige. Dès lors elle va vouloir comprendre et connaître son ADN. » Lien Le Pacte

EXILS INTÉRIEURS. Pièce mise en scène par Amos Gitai, 2020

« Conversation imaginaire entre Albert Camus, Rosa Luxembourg et Thomas Mann. Associant extraits musicaux, projection d’images et lecture de textes, Exils intérieurs est un dialogue imaginaire entre Thomas Mann et sa femme Katia, Rosa Luxemburg et Albert Camus au sujet de la position de l’artiste lorsqu’il est confronté à l’oppression. Quand un artiste prend position face à un régime autoritaire, quelles sont les conséquences sur sa vie et sur son œuvre ? En 1936, Thomas Mann vit en Suisse en exil volontaire depuis maintenant trois ans. Mais il n’a absolument rien dit publiquement concernant la politique. Il a même refusé de participer au Congrès des écrivains pour la défense de la culture, bien que son frère Heinrich y ait joué un rôle important. Parce qu’il est sans doute l’écrivain alle¬mand le plus éminent de son époque, il a été soumis à des pressions des deux camps pour prendre position. Les nazis ont insisté pour qu’il rentre en Allemagne et ont laissé entendre que ses idées inconcevables sur la liberté seraient ignorées s’il disait un mot aimable sur le Führer. Les antifascistes l’ont supplié de se joindre à eux. En 1936, il décide de s’exprimer au sujet de l’antisémitisme nazi. Le lendemain, il est déchu de la nationalité allemande et il devient apatride. » Lien Théâtre de La Ville

HUMAN TERRITORIALITY. Projet photographique de Roger Eberhard, publié en 2020, Éidtion Patrick Frey

« Vivant dans un petit pays entouré d’autres États, les frontières font partie de la vie quotidienne de nombreux Suisses et sont devenues un point névralgique lorsqu’elles ont fermé à cause de la pandémie de coronavirus. Le photographe suisse Roger Eberhard a capturé des images des frontières dans le cadre d’un projet qui a duré plus de trois ans, et dont l’aboutissement est un livre qui s’avère aujourd’hui particulièrement pertinent. L’artiste et éditeur zurichois a déclaré qu’il voulait faire un livre sur les frontières pour montrer «un puzzle cartographique tangible et en constante évolution de notre monde». Roger EberhardLien externe considère les frontières des pays comme «fluides» et liées à la politique, illustrant son propos par la fluctuation du nombre de pays dans le monde depuis les années 1960. Les interdictions d’entrée, les murs et la migration de masse sont régulièrement à l’ordre du jour de l’actualité mondiale. Roger Eberhard a voulu que sa photographie renforce «le caractère éphémère de ces marquages créés par l’homme». Pour réunir les images qui composent «Human TerritorialityLien externe», publié en mars 2020, il a voyagé de pays en pays. Son but était de montrer comment les lignes tracées sur les cartes s’effacent, se déplacent ou se superposent parfois à la réalité. Il n’a donc pris en photo que des endroits où les frontières ont changé, disparu ou même où les pays qui se trouvaient de part et d’autre ont cessé d’exister. » Lien article

LA COMMODE AUX TIROIRS DE COULEURS. Roman d’Olivia Ruiz, éditions JC Lattès, 2020, 200 pages

« Un roman d’amour et de femmes, qui entremêle secrets de famille et tourments de l’Histoire pour offrir le portrait de quatre générations de femmes indomptables et un livre bouleversant sur la filiation et le souvenir. À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l’intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d’une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.« 

La commode aux tiroirs de couleurs signe l’entrée en littérature d’Olivia Ruiz, conteuse hors pair, qui entremêle tragédies  familiales et tourments de l’Histoire pour nous offrir une fresque romanesque flamboyante sur l’exil. Lien éditeur

A (re)découvrir également Volver, comédie musicale, 2016, comédie musicale de Jean-Claude Gallotta et Olivia Ruiz. « Il y sera question, à travers l’histoire d’une jeune fille issue d’une famille d’immigrés, de la richesse d’appartenir à deux cultures, mais aussi de la curiosité parfois douloureuse de se sentir deux fois étrangère. Quand la danse de Jean-Claude Gallotta croise l’univers musical d’Olivia Ruiz, jaillit une danse caracolante et galopante tissant des liens avec les rythmes espiègles et délicieusement entraînants d’une musique malicieuse et fougueuse. Une complicité harmonieuse, un bariolage détonnant, pour neuf danseurs et danseuses, cinq musiciens et une chanteuse. »

TOUT SIMPLEMENT NOIR. Film de Jean-Pascal Zadi et John Wax, 2020, 1h30

« JP (Jean-Pascal Zadi), 38 ans, fait des vidéos humoristiques traitant de l’esclavage sur les réseaux sociaux. Un jour trop noir pour un rôle, l’autre pas assez, peut-être que JP n’a aucun talent, quoi qu’il en soit, l’acteur n’est pas débordé. Alors il lui vient une idée, organiser une grande marche de contestation pour les hommes noirs. Taxé de communautarisme primaire par sa compagne (Caroline Anglade), il active néanmoins son réseau, partant à la rencontre de celles et ceux qui pourraient donner de l’élan à sa démarche. Une équipe de télévision le suit pour les besoins d’un documentaire. Sur son chemin, il rencontre Fary, Claudia Tagbo, JoeyStarr, Ramzy, Fabrice Eboué… Mais très vite la communauté se retourne contre JP. » Lien Cineman

UNE TERRE PROMISE. Récit de Barack Obama, 2020, Fayard, 890 pages, traduit par Pierre Demarty, Charles Recoursé et Nicolas Richard

« Un récit fascinant et profondément intime de l’histoire en marche, par le président qui nous a insufflé la foi dans le pouvoir de la démocratie. Dans le premier volume de ses mémoires présidentiels, Barack Obama raconte l’histoire passionnante de son improbable odyssée, celle d’un jeune homme en quête d’identité devenu dirigeant du monde libre, retraçant de manière personnelle son éducation politique et les moments emblématiques du premier mandat de sa présidence – une période de transformations et de bouleversements profonds.
Barack Obama nous invite à le suivre dans un incroyable voyage, de ses premiers pas sur la scène politique à sa victoire décisive aux primaires de l’Iowa, et jusqu’à la soirée historique du 4 novembre 2008, lorsqu’il fut élu 44e président des États-Unis, devenant ainsi le premier Afro-Américain à accéder à la fonction suprême.
En revenant sur les grandes heures de sa présidence, il nous offre un point de vue unique sur l’exercice du pouvoir présidentiel, ainsi qu’un témoignage singulier sur les ressorts de la politique intérieure et de la diplomatie internationale. Il nous entraîne dans les coulisses de la Maison-Blanche, du Bureau ovale à la salle de crise, et aux quatre coins du monde, de Moscou à Pékin en passant par Le Caire. Il nous confie les réflexions qui l’ont occupé à certains moments cruciaux.
Une terre promise  est aussi un récit introspectif – l’histoire du pari qu’un homme a lancé à l’Histoire, d’un militant associatif dont la foi a été mise à l’épreuve sur la scène internationale. Barack Obama parle sans détour du défi colossal qu’il lui a fallu relever : être le premier candidat afro-américain à la présidence, incarner « l’espoir et le changement » aux yeux de toute une génération galvanisée par la promesse du renouveau, et devoir à chaque instant prendre des décisions d’une gravité exceptionnelle. Il évoque la façon dont sa vie à la Maison-Blanche a pu affecter sa femme et ses filles, et parle sans fard des moments où il s’est retrouvé en proie au doute et à la déception – sans pour autant renoncer à croire qu’en Amérique le progrès est toujours possible.
Ce livre puissant et magnifiquement écrit est l’expression de la conviction profonde de Barack Obama : la démocratie n’est pas un don du ciel, mais un édifice fondé sur l’empathie et la compréhension mutuelle que nous bâtissons ensemble, jour après jour.
 » Lien éditeur

ON EST ENSEMBLE. Documentaire de Stéphane de Freitas, Netflix, 2020, 1h26

« Des militants du monde entier luttent contre l’injustice et agissent pour le changement social dans ce documentaire qui suit leur participation au clip « Solidarité ». Lien plateforme

« C’est un acte de résistance, ce film, estime Stéphane de Freitas. On a tendance à mettre sur le devant de la scène ce qui s’érode, s’effondre, ce qui fait peur, et c’est normal. Nous, on va à contre-courant en mettant sur le devant de la scène ceux qui construisent, réparent. C’est un film qui parle de lien, du rapport aux autres, poursuit-il. Nos vies sont plus que jamais liées les unes aux autres, et il nous incombe d’en prendre conscience et de construire un monde collectif ». Le Parisien

SOLEIL KRÉYOL, album de David Walters, 2020

Un hommage rythmé à ses racines afro – caraibes , ses grands-parents & sa tendre Maman Stella Walters ! Lien artiste

ZOOM sur : Le Biorégionalisme

« Imaginons un monde structuré par la diversité écologique et culturelle, plutôt que par des paramètres économiques et nationaux. Le biorégionalisme est un mode d’organisation alternatif de la société, à des échelles de territoires écologiquement salubres (celles des bassins-versants), avec des communautés attentives aux modes d’habitat et des systèmes économiques renouvelables. Cet ouvrage invite au développement réaliste de ces communautés biorégionales et des lieux où elles sont établies, afin de mettre en place une société qui cesse de détruire la vie. Publié en 1985, L’Art d’habiter la terre est unanimement considéré comme l’ouvrage de référence du mouvement biorégionaliste – dont d’autres figures sont Peter Berg et Gary Snyder. Le contexte de cette traduction française tardive est celui d’un regain d’intérêt actuel de nombreux chercheurs pour le mouvement biorégionaliste. Un texte abordable, destiné au grand public« . Lien Éditions Wildproject

LES TERRITOIRES DU VIVANT. Manifeste biorégionaliste de Mathias Rollet, Éditions Françoise Bourin, 2018, 256 pages

« Comment continuer d’habiter ce monde étrange, accéléré, qui préfère le jetable au durable, le virtuel au réel, la nouveauté à la pérennité ? L’architecture peut-elle encore faire sens, à l’heure où se multiplient les villes aseptisées, et où nous vivons toujours plus déconnectés des milieux qui nous accueillent ? Dans ce contexte, envisager une « réhabitation biorégionale » de la Terre se veut un geste critique et salvateur à la fois. Il y a urgence à penser une architecture et des sociétés capables de travailler avec les spécificités des environnements qui sont les leurs : en suivant par exemple la chaleur où elle se trouve et en utilisant les pièces différemment selon la saison, en envisageant une place particulière pour la technologie et les écrans afin de garder des espaces ouverts sur le milieu ambiant, en trouvant des alliances nouvelles entre végétal, ensoleillement et ventilation, en ouvrant la possibilité de partager certains lieux avec des insectes, dans le cadre de composts ou potagers domestiques… L’éthique biorégionaliste développée dans ce manifeste engagé déplace nos manières de voir le monde et ouvre des pistes radicales, pour remettre l’architecture au service du vivant et de ses territoires, et d’une société plus juste et équitable. » Lien éditrice

A écouter sur France Inter « Le biorégionalisme ou repenser les territoires avec Mathias Rollot« , 7 juillet 2020, Élodie Font

LES ROMS – UNE NATION EN DEVENIR ? Essai de Morgane Garo, Éditions Syllepse, 2008

« Minorité transnationale dispersée sur le territoire de plusieurs États européens, les Rroms font régulièrement la une de l’actualité en raison de la stigmatisation dont ils sont victimes. Cependant, au-delà de l’apport culturel tsigane (musique ou films), ils sont mal connus. Cet ouvrage permet de découvrir l’histoire de ce peuple sans Etat qui revendique une existence et des droits. Après avoir abordé la situation et l’histoire de cette communauté en Roumanie, République tchèque et France, l’auteur décrit la viede cette communauté à travers ses associations et mouvementsqui se sont structurés à l’échelle européenne. Si l’histoire de la nation rrom n’a pas été à ce jour écrite, cet ouvrage est un des premiers à synthétiser le parcours ce peupleparti d’Inde au 11e siècle, qui a tout d’abord connu l’esclavage, puis au 20e siècle une tentative d’extermination par les nazis (Samudaripen, la Shoah rrom). Enfin, l’ouvrage interroge, à l’heure du danger d’ethnicisation des sociétés européennes, une autre conception du vivre-ensemble des peuples qui ne soit pas fondée sur les liens du sang mais sur des communautés de destin, respectueuses de ses minorités. » Lien éditeur

HISTOIRES DE FRONTIERES. Série produite par la RTS en cinq épisodes, 2020

« Un refuge disputé entre la Suisse et l’Italie. Un sous-marin intercepté près de Lugano avec du salami de contrebande à bord. Des familles suisses accusées de collaboration par la Résistance française. Renaud Malik vous emmène aux confins de la Suisse pour raconter 5 histoires liées à la frontière. Une série à découvrir dans « Forum », réalisée en collaboration avec Julie Kummer, Hervé Mermillod et Yannis Bordas. » Lien RTS

NÉCRO. Disparition d’un poète de l’ouverture, le musicien IDIR

« Idir, de son vrai nom Hamid Cheriet, né en 1949 à Aït Lahcène, à 35 km de Tizi-Ouzou, capitale de la Grande-Kabylie, rend hommage à son enfance. Avec le temps vient ce moment important où l’on sent confusément qu’il faut faire le chemin à l’envers pour se sentir totalement rassemblé, unifié, pacifié. Les chansons populaires sont ainsi toutes les routes qui le ramènent à son berceau de paix et d’identité. Grâce à ce disque, Idir opère donc un pèlerinage musical, il nous donne une leçon et un bel exemple de ce que peut être l’ouverture dans un monde où tout semble être déterminé par le désir du repli. Deux mots qui ne vont pas bien ensemble…. » Lien site officiel

L’ÉNERGIE VAGABONDE. Concentré des récits de Sylvain Tessont, 2020, Robert Laffont, 1472 pages

Après les Chemins noirs, Sylvain Tesson a retrouvé l’énergie vagabonde et son pendant psychiatrique : la dromomanie. On s’en réjouit !

« En voyage, je vis, je respire, je cherche l’aventure. Je rencontre des êtres qui savent tenir une conversation, je croise quelques ennuis, je cueille une vision, je pousse une porte, je me sors d’un pas désagréable. Je traverse une forêt, je parle à un homme que je ne connais pas et lui confie davantage de choses que s’il était mon frère, parce que je suis sûr de ne pas le revoir.
L’énergie vagabonde, c’est la traversée de l’éphémère, perpétuellement renouvelé. L’énergie vagabonde consiste à faire moisson d’idées dans les collines inspirées. Un jour, les notes deviennent un livre. Aujourd’hui, ces livres sont rassemblés dans ce recueil.
Il contient les récits de mes voyages à pied, à cheval, à bicyclette, dans les piémonts du Caucase, les steppes de l’Asie centrale, les taïgas de Sibérie, les plaines de Mongolie et de Russie, et sur le plateau du Tibet. Cette géographie a aimanté mon corps. Là-bas, les ciels aspirent le regard, les horizons reculent : on n’a pas de scrupules à tirer des bords en pareils parages ! Je joins à ces textes le souvenir de mes virées à moto sur les routes du Nouveau et de l’Ancien Monde, de mes bivouacs et de mes ascensions. À ces récits de promenades plus ou moins contrôlées, j’ai ajouté des reportages en des contrées lointaines où les hommes vivent des existences plus dangereuses que la mienne ainsi que certaines pages de mes journaux, tenus dans l’espoir de donner un ordre à ces agitations. Je crois aux vertus de la tangente et de l’échappée. Puisse l’énergie vagabonde ne jamais se tarir !« 
Lien éditeur

LA FABRIQUE DES SUISSES. Série documentaire, RTS, 2020

Un seul passeport. 2000 façons de l’obtenir. Bienvenue dans la Fabrique des Suisses ! Lien RTS

DES ÉTRANGERS A NOS PORTES – POUVOIR ET EXPLOITATION DE LA PANIQUE MORALE. Essai de Zygmunt Bauman, Éditions Premier Parallèle, 2020

« Depuis toujours, des hommes et des femmes toquent à la porte de mieux lotis qu’eux. Depuis toujours, ils sont d’abord perçus comme des étrangers, porteurs de peur et d’angoisse. Nous sommes, depuis 2015, confrontés à une forme extrême de ce motif historique. Alors que la sphère publique est saturée de références à une crise migratoire qui menacerait notre mode de vie, on voit naître une véritable panique morale. C’est cette panique que dissèque ici Zygmunt Bauman. Si elle se montre aussi tenace, affirme-t-il, c’est que ces migrants nous rappellent notre propre précarité, d’autant plus humiliante qu’elle va à l’encontre de notre impératif de performance. À l’heure du déréglement climatique, nul doute que les migrations de masse se poursuivront et qu’aucun mur ne les arrêtera, nous alerte Bauman, qui en appelle dans ce texte puissant, le dernier publié de son vivant, à un sursaut moral : contre tous les appels à plus de sécurité, il nous faut prendre acte de notre destin commun. » Lien éditeur

LES PARIS DU GLOBE-COOKER. Émission de Fred Chesneau, Canal +, 2020

« Après le succès de la première saison, Fred Chesneau replonge dans un Paris multiculturel et insolite à travers les traditions culinaires de douze communautés étrangères installées dans la capitale. Encore une fois, il démontre à quel point la gastronomie est un formidable moyen de connexion, de transmission de coutumes mais aussi d’intégration sociale. » Lien Canal

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