2019. Shanghai – Tokyo. Histoires de Faces à Faces

Shanghai – Tokyo. Deux escales en mode « faces à faces ». Face à face Pudong – Puxi. Face à face des colonisations. Face à face des mondialisations. Face à face Chine – Japon. Deux géants de la glo(c)balisation, deux façons de la (re)composer. En mode décomplexé ou à pas feutrés. Arrogante vigueur contre arrogante pudeur. Deux manière de cohabiter avec l’ouverture. Entre fermeture historique et ouverture(s) forcée(s), insularité et centralité. Ouverture(s) protégée(s) ? Shanghai – Tokyo, deux Global Metropolis, deux Cosmopolis empêchées ? Deux vitrines… d’homogénéité ? Let’s feel the pavé…

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Escale Nr 1 – Shanghai. Tourner en Rond

Shanghai, ma première rencontre avec la (Ville-Monde) Chine ! Pas Hong Kong l’enfant en exil ou les Chinatowns, morceaux de transnations dispersés mais la « vraie », la vitrine mandarine d’un État centralisateur homogénéisateur mondialisé. Une escale tout en « rondeurs ». Histoire cyclique, pensée taoïste, architecture Feng Shui, gastronomie, bocal connecté, connexion encerclée. Des courbes, des cycles, de la circularité !

En Live de Shanghai (ou presque ;-))

Ptit update en transit à l’aéroport avant de m’envoler pour Tokyo, deuxième étape de ces avant-dernières escales en Villes-Monde. Alors ok on est encore loin de la story Instagram, même si je fais des efforts pour « m’instantanéniser ». En même temps j’ai des circonstances atténuantes, pas d’accès aux moteurs de recherche, pas de courriels, pas de messagerie instantanée, pas de réseaux sociaux. Je viens de passer six jours en mode résidence virtuelle surveillée.

Je suis donc l’heureuse bénéficiaire de l’ouverture du pays qui m’a offert une escale sans visa de 144 heures pour la capitale mondiale du Starbucks, sans la moindre minute de dépassement autorisé. Alors à ce tarif là, y’a fallu faire des choix, comme celui de renoncer à visiter The biggest Starbucks of the World forcément ;-)…

Menu Mandarin

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  • Pas une minute à perdre, je m’envole en Maglevpour rejoindre la cité
  • Je visite la Grande Muraille (verticale) de Chine
  • Je renoue avec ma passion pour les cantines et boulangeries chinoises…
  • … et jmange plein de trucs ronds
  • Je fais du bateau et assiste à un face à face historique
  • Suis en mode déconnexion forcée au pays de la connexion centralisée
  • Je traque les traces de néo-colonisation, celle des malls, MacDos et autres Uniqlo
  • Je poursuis ma traque de la gentrification dans l’ancienne French Concession
  • Je cherche l’harmonie dans l’invasion
  • Je rêve de jardin et de Tai-Chi
  • J’explore Nanjing et Pudong… les Shanghais authentiques d’aujourd’hui
  • Je visite celle d’hier (au musée d’histoire) et de demain (au musée d’urbanisme)
  • Je bénis ce presque paradis pour randonneurs urbains
  • Je cherche le dao et me reconnecte avec mon chi
  • En mouvement parmi la foule je revis

Feel the Map

Shanghai est partagée en deux par la rivière Huangpu. A l’ouest Puxi, rive du Bund, des anciennes concessions et du Vieux Shanghai. A l’Est Pudong, la ville nouvelle, coeur battant de la super puissance capitaliste étatique chinoise. Dans le club des Global Cities, Shanghai s’est révélée un presque paradis pour randonneurs urbains. Centre relativement circonscrit et facilement parcourable à pied. Course quasi pas stoppée par l’invasion autoroutière. Basée stratégiquement à deux pas de Nanjing Road, follow me du Bund à Pudong, de la concession française au Vieux Shanghai, de la Place du Peuple à Xintiandi.

Ouverture forcée – Une Histoire d’invasions

Avant de vous emmener assister au face-à-face entre les deux Histoires, les deux rives, la coloniale skyline du Bund et la post-moderne skyline de Pudong, petit détour par les Shanghai History Museum et Shanghai Urban Exhibition Hall pour comprendre comment cette Histoire a été vécue de ce côté-ci. On connaît déjà la version occidentale, celle de la mythique Shanghai cosmopolite et de la fantasmagorie exotique coloniale… stoppée par une invasion… japonaise.

Et ce n’est certainement pas le fruit du hasard si c’est au milieu de la jungle futuriste de Pudong qu’on raconte l’histoire coloniale de Shanghai la surpuissante Megalopolis. 

« Shanghai was a primitive village 6000 years ago. It is a piece of fertile coastal land where our ancestors were born, toiled and thrived. (…) After the Kangxi period of the Qing Dynasty (1644-1911), the ban of sea trade was gradually broken and Shanghai was developed into a prosperous town known as a « metropolis in southeast » consequently.

After modern times, the forces of foreign powers forced Shanghai to open up to the outside world and its development was marked with the stigma of semi-colony status. Shanghainese endured all the humiliations for the goal of development. With a broad mind as vast sea, they promoted the development of modern industry and commerce. The expansion of urban construction and the introduction of modern civilization made Shanghai leap into the economic, financial and cultural center of modern China and a famous international metropolis.

Pudong – Puxi. Face à face historique

Pudong – Puxi. Deux rives qui se font face

A Shanghai cette Histoire se raconte visuellement surtout. Pour cela, il suffit de prendre la navette qui relie les deux rives du Huangpu. Le Bund côté ouest, Pudong côté est. Deux rives qui se font face. Deux rives qui se défient. Deux rives comme un symbole de deux chapitres de la Mondialisation.

The Vicissitudes of the Bund. (Musée d’urbanisme)

The Bund at the beginning of the 20th Century. « With a half-century of development, the Bund’s former rural nature was completely changed. A group of bank buildings in Western European cast in classical style began to express the Bund’s new personality as a financial street. » (Musée d’histoire)

The Bund in the 1930’s. « In the past 100 years, building upon building representing different architecture styles have been constructed on the Hangpu River’s shore at the Bund, producing a brilliant skyline for Shanghai as an international metropolis.  However, the bronze statues bearing the tinge of colonialism also reflect the history of humiliation suffered by Shanghai in modern times. The buildings at the Bund portray the city’s vicissitudes over 100 years, speaking like a history book written in stones. » (Musée d’Histoire)

 

Deux Rives, Une Histoire. Deux HSBC…

HSBC means… Hong Kong and Shanghai Bank. Tout un symbole pour la Chine. Tout un symbole pour notre Histoire commune aussi. Cette banque symbole de la colonisation globale ou pour le dire autrement de la globalisation anglo-saxonne, de Hong Kong à Dubaï en passant par Kuala Lumpur et Singapour, je l’ai traquée dans toutes les Villes-Monde traversées…et repérée partout.

« At one time Shanghai was the financial center of China and the Far East. In 1865, the Shanghai Branch of the Hong Kong and Shanghai Bank Corporation was established and gradually became Britain’s largest financial institution in the Far East, with international money exchange as its main business. It controlled China’s finance through loans. Its building at the Bund was completed in 1923. » (Texte : musée Histoire Photo : musée urbanisme)

La Grande Muraille de l’ouverture

Avant de retourner au Musée d’urbanisme pour un saut dans le futur cette fois-ci, procédons différemment et faisons-le en live pour commencer.

Pudong – La Grande Muraille verticale de Chine

Du Bund, symbole de l’ancien monde, celui de la puissance occidentale, anglo-saxonne, on traverse le fleuve-temps pour atterrir sur Pudong, symbole du nouveau monde, celui de la superpuissance chinoise. Le Manhattan de Shanghai n’était encore qu’un champ dans les années 1990.

Whouhou is there anybody in these buildings ? Y’a-t-il une vie entre ces buildings ?

Whaou, à côté Dubaï is a bustling city ! A Pudong, on chemine sur des ponts, au-dessus des autoroutes. Entre les tours nobody. Une expérience qui s’étale sur les cinq kilomètres de L’Avenue du Siècle ou Century Avenue, vitrine ostentatoire de la Chine capitaliste du 21ème siècle.

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Quant à moi, je ressens une sorte de fascination angoissée. Littéralement hébétée au pied de ces géantes glacées. Vue de l’autre « côté » ça brille, ça fait rêver. Vue d’en-bas ça fait un peu flipper. Nobody, no signe de vie, no vitalité. Aseptisation.

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La Glocalisation. Une Histoire de Concessions…

Son succès, la Chine le doit peut-être surtout à la façon qu’elle a eu de « glocaliser » l’Histoire. En faire une force. L’intégrer au présent pour retourner le futur. Illustration avec le néo-classico-européen Bund, dont les bâtiments, loin d’avoir été détruits, ont droit la nuit tombée à la même lumière éclatante que leur rivale d’en-face et sont désormais classés en tant que « national historic heritage. » Illustration avec le Starbucks Café, import du grand rival américain, qui a trouvé ici son plus grand terrain de prospérité.  Un état d’esprit que résume très bien la conclusion du Musée d’Histoire. Quel terme pour signifier « glocaliser l’Histoire » ? Le mot Concession(s) semble ici plus approprié que le très en vogue Résilience.

Face-à-face spatial, face-à-face géopolitique. 2019, année prolifique pour la guerre commerciale sino-américaine, relayée aussi de ce côté-ci. L’Histoire tourne en boucle comme les médias en continue, elle ne dit jamais son dernier mot…

« In 1842, foreign powers opened the door to China by force. In 1845, foreign powers set up concessions in Shanghai and gradually pushed Western urban facilities and management model. Hence, concessions became « a state within a state » established by foreign powers in China and Shanghai was on the road to semi-colonization. Shanghai became China’s biggest city of migrants where Shanghainese, people from other parts of China and foreigners lived together. The all –embracing custom and tradition of Chinese and Western, new and old was gradually formed in Shanghai. » (Musée d’Histoire)

A partir de la seconde moitié du 19ème siècle, Shanghai va être divisée en concessions étrangères et partagée entre vieille ville chinoise, concession internationale (GB/USA/JAP) et concession française. Une histoire racontée aux Musées d’histoire et d’urbanisme.

« Britain was the first to set up its concession in Shanghai in 1845, the United States and France followed suit in Hongkou in 1848 and in the south of Yan’an Road in 1849 respectively, which were extended later. The concessions were recovered after the triumph of the War Resistance Against Japan in 1945. » (Musée d’urbanisme)

Aux Américains et Britanniques le Bund et la puissance financière, aux Français les sulfureuses légendes. Plus ouverte que ses homologues anglo-saxonnes, avant tout pour remplir les caisses, la concession française fut certes le théâtre d’un certain mélange mais surtout le centre de toutes les débauches.

La Glocalisation. Une Histoire de… café(s) mélangé(s)

Shanghai, la ville des Coffee Houses importés est aujourd’hui dans le monde la cité qui compte le plus de  Starbucks Cafés. Encore une colonisation qu’elle a su fondre dans son style de vie et en faire une vitrine de son modernisme. Encore une histoire qu’elle a su s’approprier et retourner. La Shanghai vision, une simple histoire de café…

Son credo ? Mélanger. Melting cultures, melting histories, melting people… Shanghai est une cité d’ouverture, une cité d’immigration. « Paradise of foreign adventurers » hier, refuge des expatriés occidentalisés aujourd’hui.

Bustling scene of old Shanghai, paradise of foreign adventurers. « With the spreading of Western politics, economics, culture and ideology, modern Shanghai became the gateway for the introduction of modern Western culture and education to China. Shanghai’s position as a distribution center of domestic and foreign goods and the increase of residents’ consumption boosted the city’s business and trade rapidly. Consequently, its financial industry was flourishing. In the 1920s and 30s, Shanghai had become the biggest business, financial and cultural center of modern China and an important city in the Far East. Because the architecture and lifestyle in the concessions in Shanghai bore features of some Western countries, Shanghai was widely called « a market with foreign adventurers », which revealed the lopsided prosperity of the city. »

Litterature and arts in modern Shanghai. « In the modern era, Shanghai’s immigrants came from many parts of China. To meet the demand of people from all walks of life, literature, arts and operas all thrived. As a result, Shanghai became a city with the largest concentration of stages for literature and arts in modern China. »

A Glimpse of the Realm of Art. « The merge of Chinese and western cultures promoted commercialization, marketization and popularization of art in modern Shanghai. » (Extraits : Musée d’Histoire)

Concessions d’hier, Gentrification d’aujourd’hui

Quartier pauvre et sulfureux d’hier, l’ancienne French Conssession est aujourd’hui la meilleure candidate à la gentrification : colonisation des promoteurs et des hipsters, arrivée des condos et des complexes de luxe, réhabilitation, patrimonialisation… le quartier réunit tous les ingrédients de la parfaite mutation. Les prix explosent, économie et politique exilent de concert la Shanghai populaire de la Shanghai-Monde. Entre condos chics, chantiers omniprésents et ruelles populaires transformées en marché touristique « pittoresque », le Free Walking Tour de la French Concession prend des allures de tour de la gentrification, de plaidoyer…

Tout le programme du Free Walking Tour ici. 

Highlights of the Tour: Middle Huaihai Road / The Former French Club / Old Stone gate building / Shanghai Culture Square / Zhou Enlai’s Former Residence & Museum / Sinan Mansions / St. Peter’s Church / Former International Courthouse / Tianzifang / Garden Hotel.

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La Shikumen House, symbole de la gentrification

« Shi-ku-men Houses (Stone-framed-door houses) were the most typical architectural style in the downtown. Immigrants from all walks of life filled these homes with folk stories. » (Musée d’histoire)

« Shikumen » House is one a the symbols of Shanghai’s modern civilization. It reminds people of this familiar way of life which is gradually passing away, and the expectation of protecting and inheriting this unique city culture of Shanghai.«  (Musée d’urbanisme)

Concilier mouvement & nostalgie. Futur & passé. Développer et préserver. Un enjeu global(isé) lui aussi. Loin du cliché qui focus sur sa course en avant, la Chine n’est pas épargnée par ce mouvement. Illustration avec Xintiandi, quartier huppé et branché, site de la première réunion du Parti communiste chinois et des Shikumen réhabilitées en Starbucks, boutiques et restos branchés.

« The traditional Shikumen residential architecture records the memory of Shanghai. Integrating the old Chinese architecture with modern western features, « Shanghai Xintiandi » is an area where many old Shikumen architectures can be found. The Shikumen architectures there are restored to their « old » look. The private living space is turned into the public commercial area, the international leisure tourist site, combining food and beverages, commerce, culture and entairtainment. The old Shikumen architecture shows new vitality and Shanghai Xintiandi is now a fashion landmark with historical culture in Shanghai. » (Musée d’urbanisme).

Du Cercle sportif français devenu japonais devenu hôtel devenu Uniqlo, magasin japonais lui aussi, qui a colonisé l’autre côté du jardin… Entre ouverture(s) et fermeture(s), l’Histoire ne s’arrête jamais, les invasions à défaut de n’être plus barbares, sont sans fin. Un cycle sans fin que la French Concession d’aujourd’hui illustre bien.

L’effet papillon

20190505_112518 (2)Et ce qu’illustre de surcroît le quartier c’est notre globale interconnexion. En ce mois de mai l’incendie de Notre Dame à Paris fait les gros titres de l’actualité aux côtés de la guerre commerciale sino-américaine ça va de soi. Voilà qu’à peine meurtrie à Paris, au coeur de l’ancienne French Concession sa célèbre comédie musicale était programmée…

 

Nouvelle(s) colonisation(s)

Une autre portion emblématique de Shanghai illustre parfaitement bien ce cycle d’invasions sans fin. Nanjing Donglu, « China’s no 1 Street ». Du Bund à la place du Peuple, cette artère commerçante et piétonne de 1500 mètres, invasions de malls et de « foreign firms », est le coeur de la vitrine chinoise mondialisée.

« After 1843 when Shanghai became a treaty port, foreign adventurers landed here in increasing numbers. In 1854, there were more than 120 foreign firms in Shanghai. In the late 19th century, a large number of comprehensive and specialized foreign firms controlled a huge amount of Shanghai’s imports and exports. » At the beginning of the 20th Century. « With over 50 years’ development, the commerce along Nanjing Road became quite thriving. » « After 1917, Chinese merchants set up four major department stores in succession, Shanghai Sincere Company, Wing On Company, Sin Sin Company and the Sun Company. Along with numerous specialized shops, Nanjing Road eventuall established itself as the No 1 Shopping street in China. » (Musée d’Histoire)

Ils revieeeeeennnnnent !!! Mais sur Nanjing Road, et c’est sans doute fort de l’état d’esprit décrit plus haut associé à l’esprit du rond, tout le monde s’affaire, (tout) le monde s’en fout. Colonisation de malls et d’enseignes occidentales. Les nouveaux colons se nomment Starbucks et MacDo. Ici on a la mondialisation flamboyante. On a la mondialisation insouciante. De Pudong à Nanjing Road, à Shanghai on regarde vers l’avant, on regarde vers le haut.

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Finalement, aujourd’hui, il suffit de remplacer le mot mouvement par colonisation et globalisation. Une colonisation généralisée et multipolaire. Starbucks vs « Made in China ». Connexion et interdépendance globalisées.

En connexion surveillée

Mais n’oublions pas que ce paradis de la conso-lisation, derrière les sourires de ces citoyens légers et connectés, se veut la vitrine d’un capitalisme d’État ultra encadrant. Un temple de la consommation aux airs de bocal ultra-connecté sous contrôle, encerclé. Un paradis en connexion surveillée. Voilà l’impression que me donne cette cité. Une impression bientôt  validée par la réalité.

« Welcome to our lifes »

Une fois n’est pas coutume, en immersion, ces États-Nations qu’on ne connaît qu’à travers les vicissitudes géopolitiques et leurs guerriers, s’incarnent en citoyens avec qui on a beaucoup en commun. Ainsi de Shanghai où j’ai découvert une jeunesse ouverte et engagée. Une jeunesse engagée dans l’ouverture. Illustration avec deux générations de femmes. S., initiatrice du first Free Tour of China, la Millenial « nostalgique » et J. membre du Global Greeters Network, la Génération Z consentante. La première dénonce, la seconde renonce.

Critique à l’égard de la colonisation, du communisme, de la société traditionnelle et de la mutation de sa cité, la première, la mi-trentaine, a quitté une multinationale américaine pour traverser l’Australie où elle a eu une révélation. Partager sa cité avec le monde, coulisses compris. Interroger un mode de vie, où le droit à la ville se résumera bientôt à commuter pour un droit à la consommation dans des chaînes mondialisées.

Se raccrocher aux « bonnes » figures du passé, re-découvrir son patrimoine, regretter l’éviction de sa cité

Après avoir fui son hometown pour rejoindre la communauté de la jeunesse globalisée, la seconde, la mi-vingtaine, n’aspire qu’à « embrace » le monde et/dans sa cité, « networker » et goûter à toutes les opportunités. Y compris les Starbucks cafés. Y compris commuter pour rejoindre son international French company qui emploie des citoyens du monde entier. Indépendante, elle résiste à la pression au retour et au « settle down ». Son projet, c’est l’émancipation. Habiter cette nouvelle génération. Et quand elle doute c’est au Bund qu’elle trouve son inspiration. Ici que les lumières de la ville lui donne le sentiment qu' »everything is possible« . Les pieds dans le passé, le regard tourné vers le futur, sans contradiction.

Connexion et complicité immédiate. Même langue, même engagement, même communauté. Mais pas tout à fait même réalité. A mi-visite du tour de la première, une « amie » pourtant Shanghai native, rejoint le groupe, manifestant une curiosité très appuyée pour chacun de nous, la raison de notre visite, notre impression sur la Chine… Visite sous surveillance, visite encadrée… Quant à la totalement a-politisée seconde, elle a préféré Shanghai, la « Young & Global City », à Pékin, more « Historic & Politic ».

Malgré ce sentiment d’appartenance à une même communauté milléniale mondialisée, je ne peux m’empêcher d’être consciente de ce qui nous sépare. La liberté. Et d’avoir de la peine pour mes deux « soeurs », pour cette jeunesse avide du monde mais sous ouverture surveillée.

Un projet pour Shanghai. A « Socialist Global City »

A l’ère du « neo-middle-ages », où localisme et nationalisme dament de plus en plus volontiers le pion au globalisme, où les urnes font souvent le choix de l’autorité. A l’ère de l’éclatante réussite économique chinoise, on peut légitimement oser poser cette question : le capitalisme d’État, best way nowadays ? En contrôlant des citoyens dans ses vitrines mondialisées, le gouvernement communiste chinois ne semble pas prêt de laisser tomber ce filon…

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Pour nous en convaincre, faisons une dernière escale incoutournable au « Urban Planning Exhibition Center » qui fait le lien entre passé et présent de la cité et expose son futur. Follow Old Traditions – Create a New World – Serve the Nation. Tout un programme. Décliné en autant d’injonctions.

« Followed Old Traditions », rappel des fondamentaux. Après un rappel de l’Histoire dans la première partie du musée, une exposition est dédiée à la culture ancestrale chinoise, offrant un pilier d’action pour le citoyen amené à « Face the world and serve the country« .

« As Kang Youwei mentioned inThe Note of Rite, the original is the foundation of everythings. In China, the classics of original included The Book of Changes, The Book of Ancient Poems, The Book of Ancient History, The Book of Rites, The History of the Lu State. When people return to the original, they will find the root of Chinese Classics and search the original of national culture. Also people will gain inspiration from the original and get the courage of making process. »

Participation citoyenne. Le présent est quant à lui axé sur la participation. Ainsi le citoyen est invité à émettre des voeux pour sa future cité idéale. Une cité qu’on lui promet comme aurant de « Fairy tales in the magic world« .

Une Shanghai futuriste, une « Beautiful Eco-City« .

Quant au futur, la vision est claire

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Shanghai will be an excellent global city and a modern socialist international metropolis with world influence.

Shanghai la Vitrine. Lieu « hors-sol » to « Serve the Nation ». En errant dans la cité, je suis tombée sur une perspective qui pourrait résumer le programme bien mieux que ne le feraient tous les mots…

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Marchandise en Vogue libre Envolée de la finance Citoyens sous surveillance… Le futur de la Cosmopolis ? Ce qui reste(ra) de la globalisation ?

Échappée zen

« Je sais pas si j’ai trouvé l’harmonie intérieure dans ce jardin-invasion, mais au fond c’est peut-être cela l’harmonie du monde. Le mouvement perpétuel. L’équilibre entre la roche à priori immobile et le fleuve qui coule lui inexorablement. Pourquoi les hommes seraient-ils les seuls à devoir s’immobiliser ? / …Rond comme cette porte, rond comme les pensées de l’homme immobile qui… tourne en rond /

Poissons, brochettes, dim sums, dumplings, balls, buns, bols, pâtisseries, perles de thé, pains au sésames ou pains fourrés aux haricots… Manger rond. Histoire-Pensée-Architecture-Encadrement. Tout est rond.

… A un moment on atteint la capacité à faire abstraction de la foule et à rentrer à l’intérieur de soi, la capacité à être en harmonie AVEC les autres, parmi eux, malgré eux / … « Government this, Government that », écho à « État doit ceci, État devrait faire cela », et si c’était « ça » dont l’Homme avait besoin ? / … Rond comme les boules de riz gluant, rond comme les perles vendues au marché d’à côté / Rond comme le Vieux Shanghai encerclé / Rond comme les lignes des malls / Encerclés par les gouvernements protecteurs que les citoyens appellent de leurs vœux / Rond comme la pratique « paradoxale » du Tao, … » Pensée en vrac, prise au vol

… Encerclé comme le Vieux Shanghai (like Butik Bitang  in Kl) par la course à la post-modernité. Face aux nouveaux complexes ultra fringants, Old Shanghai has definitely no chance.

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Mais à-côté de l’hyper touristique-patrimonialisé-en danger Vieux Shanghai ou l’hyper aseptisée-économique-show-off Pudong subsiste encore une Shanghai populaire. Avec ses cantines, ses scènes de rue, sa spontanéité, sa bouillonante vitalité. Parce qu’ils auront beau faire. C’est TOUJOURS la VIE qui gagne à la fin…

En Transit(ion)

Escale Nr 2 – Tokyo. Lost in the Map

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Instantément, je vais passer de « Qu’est-ce qui peut bien fasciner mon entourage dans cet îlot homogène » à « Mais comment ai-je pu attendre cet âge avancé pour découvrir cette cité ? » Cette question je vais souvent me la poser, perdue dans cette ville monde complètement hors normes, singulière, ambivalente, insaisissable… capitale de la glocalité ?

J’avoue, j’ai délibérément boudé Tokyo pour le Projet Cosmopolis. Mea culpa. M’enfin, la capitale d’un des pays les plus ethniquement homogènes du globe, civilisation en déclin, urgence aux mélanges, qui intègre plus volontiers des robots qu’elle ne s’ouvre au Monde pour sa survie, avait peu de chance de se révéler la Cosmopolis !

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Avec le Projet Glocal, ma quête de la Cosmopolis a évolué en une en quête des lieux susceptibles de jouer leur va-tout dans notre monde à la croisée des chemins. Et Tokyo est devenue une évidence. Boudée par le PC. Totalement dans l’air du PG. Coeur battant de ce Japon qui, dit-on, allie subtilement authentiques traditions et hyper modernité (bla bla banalités). Qui manie fermeture et ouverture avec habileté. Des voies portées aux nues dans cette ère de néo-post-modernité. Coeur battant d’une île qui a su glocaliser la mondialisation. Et pour la première fois, rencontre avec une île géolocalisée de l’autre côté de la ligne de front. Celle de la Deuxième guerre mondiale. Celle de la colonisation de mes « deuxièmes maisons ».

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Le Japon, une culture « trop » préservée ? Nô, sumos, cosplay, cérémonie du thé, mangas, culture électronique ou origami… à priori pas grand chose qui me parle. Une attirance toutefois pour son art du bonzai, sa littérature, son cinéma et sa gastronomie. Ou pour ces traits qu’on lui prête volontiers : pudeur, modestie, zen, délicatesse, politesse, subtilité, sobriété. Folie contenue ?

A priori mon appétence pour le chaos méditerranéen et la spontanéité a de quoi éprouver « Stupeur et tremblements » devant sa propreté, sa discipline morale affichée, sa hiérarchie ritualisée, sa société ultra codifiée. Pourtant son côté « calviniste » devrait rassurer la genevoise adict que je suis. Par ailleurs mes amis japonais ont jusqu’ici contredit tous ces clichés. Des clichés et une in-appétence qui rendent ce voyage d’autant plus excitant. J’ai hâte de me laisser surprendre… Reste à savoir comment le raconter. En mode instagram ou en mode Nicolas Bouvier ?

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Bref, beaucoup d’a-prioris et une seule certitude avant de débarquer. Je ne sortirai pas de la cité. Besoin de m’épuiser et d’épuiser la ville. De m’épuiser dans la ville. Alors accros à la rentabilité géographique zappez si vous craignez l’ennui, car je m’apprête à vous faire le récit de 8 plain days in Tokyo Only ;-).

En Live de Tokyo (à 8 mois près ;-))

6 (2)Au Menu. Spectacle de rue, poésie urbaine, feel the map à l’observatoire, feel the story au musée, meet the hot spots dans ses quartiers traditionnels ou décalés, feel the pulse dans ses marchés, feel the connexion everywhere.

Au Menu. Shibuya / Sanctuaire Meiji-Jingu / Harajuku / Jimbocho / Akihabara / Sumida River / Asakusa / Shinjuku / Golden Gai / Kabukicho / Sendagi / Yamanote Line / Sugamo / Tsukiji / Ginza / Roppongi, …

 

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  • Je me perds littéralement à Shibuya et saisis le sens du mot « culture insulaire »
  • Je cherche une way out et finis par prendre racine dans le métro
  • J’arpente la cité avec mon ami M. qui m’ouvre les portes pour un menu tradi-cosmo… mystérieux « 1f 2f 3f », petites gargotes réservées aux initiés,  restos traditionnels avec chaussures à l’entrée, best sushis bars de la cité, English pub ou Belgium Brewery dans la volée
  • Après Shanghai, je renforce mon aversion pour la connexion et m’affirme en militante du droit à la déconnexion
  • Je reste hantée par l’image de Tokyo post DGM découverte au musée. Et scotchée à la vitre de l’observatoire, je comprends mieux l’architecture un peu chaotiquement bricolée de cette tentaculaire cité
  • Entre galeries du métro, galeries marchandes et galeries de bureau, je « goûte » la everygrey life du « Salary Man »
  • J’explore les quartiers animés de Harajuku et Akihabara, avec leur foule d’adolescents excentriques et me demande comment on passe du Cosplay au Salary Man
  • Y’a tellement de Japonais au Japon que je réalise une fois n’est pas coutume la richesse et la vitalité de nos sociétés européennes mélangées
  •  Je découvre les nouvelles utopies urbaines fermées à Roppongi
  • Je traque les centralités ethno-commerciales coréennes, françaises et musulmanes
  • A défaut de street food, je me mêle aux salary men dans les chaînes fermées, car ici c’est à l’intérieur qu’on mange à la volée
  • Je tente de comprendre la logique nippone en adhérant pas tout à fait à l’argumentaire local sur la fumée
  • Après Pudong et les foules ultra-connectées de Shanghai, je contemple l’ultra bondée et policée Tokyo, et entre dictature politique et dictature sociale, je me demande si c’est ça notre avenir, la solution face à la surpopulation, et convoque l’idéologie de décroissance et de retour à la simplicité de ceux qu’on appelle communément les bobos
  • Je tente de m’orienter sur la carte, y parviens rarement… atterris régulièrement dans les rues souterraines, où les stations sont traduites et les directions indiquées… frustration pour la randonneuse urbaine que je suis
  • Je passe totalement inaperçue, me heurte à une distante indifférence à peu près généralisée
  • Je me sens finalement trop mal à l’aise pour rentrer dans un bar à chats… Autre expérience locale avortée avec le bar à chiens, à lapins, ou à …. hiboux !
  • Je retrouve mon amour d’enfance, Mario, à Akihabara….20190511_135619 (2)
  • Je me laisse surprendre par le coût de la vie
  • Je prends un bun à l’anko pour un pain au chocolat 😦
  • Je retrouve l’odeur de la forêt au coeur de la cité
  • Je tombe en amour devant la poésie des jardins

L’Art de se perdre

Lost in Shibuya. Lost in Ashihabashi. Lost in Tokyo Station. Lost in writing. Lost with the rules. Lost in the wcs…

20190511_132628 (2)Me suis bien perdue today. Au sens propre comme au figuré. Vivement que mon ami traduise pour moi cette cité. Codée. Codifiée. Pas les clés. Dépaysée. Global city certes mais totale singularité. Transportée. Maybe I should have watched Lost in Translation before coming ;-.

Orientation, culture, codes, règles sociales. Quand je suis accompagnée tout me paraît simple, évident, accessible, familier. Dès que j’erre de mon côté, je ne comprends plus, je suis perdue, décontenancée. Besoin d’être indroduits in this city. J’imagine que c’est ce qu’on entend par « culture insulaire ». Tokyo, first impression

Spécificité locale : fumée à l’intérieur de minuscules gargottes confinées ok, fumer à l’extérieur interdit…

Si Shanghai est une ville facile, lisible, à Tokyo on a besoin d’une traduction, d’une « introduction », et peut-être d’un gps aussi… mais suis une ouf moi, jveux mla jouer aventurier. C’est map en papier only.

Shibuya – Première journée. J’ai pourtant choisi un quartier « facile » pour commencer. Même avec l’aide de bienveillantes guides locales, je n’arrive déjà pas à sortir du métro. Épique. D’ailleurs parlons-en du métro de Tokyo,… j’en avais fait des grandes villes, jsuis pas une néophyte en global cities, mais alors ça j’avais jamais vu. Bref, à chaque percée, je sais pas de quel côté aller. Ni où je suis. Map et caligraphie illisibles for me. Enfin libérée j’ai eu faim. Mais là encore compliqué. Jvoudrais simplement me contenter de pousser la porte d’un rez-de-chaussée. Mais rien n’est simple ici. Suis encerclée de panneaux 1F-2F-3F, etc. devant autant d’ascenseurs qui conduisent je n’en sais fichtre rien. Un air de « Ce rêve bleu » en japonais résonne dans la rue. J’ai pris aucune photo, jsavais pas ce que je voyais.

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Why so many stuffs ? É-pu-ré elle a dit Marie K., from Tokyo !

Îlot d’expériences

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En fait Tokyo est si singulière que c’est un véritable supermarché à expériences

qu’on ne peut faire qu’ici. Ville électronique d’Akihabara, royaume du Kawaii Harajuki, bar à filles, bars à bêtes, bars à robots, love hotels, hotels capsules, quartiers surannés, parc-forêt ou jardin-poème.

J’avais oublié the smell of the forest avant de venir à Tokyo…

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Rikugi-en, la magie d’un jardin conçu comme un poème…

Un dimanche de marchés. Des hipsters Sendagi, des ancêtres, Sugamo, des poissons Tsukiji

20190511_152854 (2)Un rallye de Mario Kart dans la rue (Akihabara), rien de plus banal jvous dis

Tracking Openness

D’Edo à Tokyo. De l’ouverture « à la civilisation » à la Global City

Tout aussi incontournable que la visite sociologique au supermarché, chacune de mes errances en Ville-Monde prévoit un détour par son musée d’histoire. Au Edo-Tokyo Museum, je cherche à comprendre si cette réputation historico-actuelle d’un îlot au fort goût pour l’isolement n’a pas été exagérée. Je cherche à saisir le rapport du Japon à l’ouverture et aux mondialisations.

Au Edo-Tokyo Museum je découvre une sorte de super-héroïne rompue à l’éphémère et anéantie maintes fois, par le feu, par les séismes, par la guerre. Et qui à chaque fois renaît plus forte et plus folle de ses cendres.

On va pas refaire l’Histoire ici, mais pour résumer très grossièrement, après deux siècles d’isolement, le Japon s’ouvre au monde sous l’ère Meiji. Edo, la Warriors Capital devient Tokyo, la capitale de l’Est et le pays se lance dans une course à la modernisation et à l’expansionnisme qui le conduira jusqu’en 1945…  Fermeture, ouverture sous l’ère Meiji, colonisation, Deuxième Guerre mondiale, mondialisation libérale…

« Japan in the Edo period is often viewed as having been isolated from the international world. However, in reality, interactions with Holland, China and Korea continued throughout the period, and people’s Curiosity toward foreign countries and cultures were constantly stimulated. » (Edo-Tokyo Museum)

20190514_123601 (2)Bon ok pour la Cosmopolis on repassera….

Même si Edo avait déjà un petit penchant cosmopolite. « Living in the machi of Edo were people from the provinces who spoke different dialects and kept various customs. They came from diverse places of origin, occupations, and backgrounds. » (Edo-Tokyo Museum) qui encouragea son développement. « Edo, the Shogun’s castle town, had flourished as a metropolis with a population of more than one million » (Edo-Tokyo Museum)

Et today alors, qui a le droit d’entrée ? La majorité des étrangers de Tokyo viennent de  Chine, Corée, Thailande, Turquie, Middle East, Australie, USA, Germany, France. Le visa pour étudiants est assez aisé. Le must c’est d’obtenir son diplôme ici, because then « they trust you » et t’as des chances de rester. Droit de passage accordé aussi si tu as des « special skills ». Sinon ben il faut te marier.

Ambivalence du rapport à l’Autre

Qui a lu Stupeur et tremblements aura été marqué par l’expérience traumatisante de cette petite fille qui se rêvait japonaise et finit dame-pipi à Tokyo. Y’a aussi les chiffres sur l’immigration et autres échos de leur fermeture qui font penser que les Japonais manquent de curiosité pour l’étranger… Les Japonais seraient-ils les Bernois du far-east ? Le Japon est le royaume des Otakus. Otaku qui signifie maison. D’où peut-être cette appétence pour l’enfermement…

D’une manière générale, j’ai le sentiment que les Japonais entretiennent un rapport ambivalent à l’Autre. Entre inclusion/ouverture et mise à distance/fermeture. A l’image de leur culte pour l’ère Meiji, ère de l’ouverture, en dissonance avec un des taux de laisser-passer les plus bas du monde. A l’image de mon ami M., Couch surfer aguerri, marié un temps à une Italienne, logeant depuis plusieurs mois gratuitement une photographe américaine, qui cultive savamment grande disponibilité et amitié à bonne distance. A l’image de cette metropolis qui réserve nombre de ses lieux aux initiés, aux locaux, imposant de surcroît ci-et-là une « charge for tourists » only.

Cette distance est certes l’héritière d’une Histoire d’isolement, mais d’histoires de colonisations aussi. Une histoire compliquée avec la Chine et la Corée particulièrement. Une Histoire à digérer. Et une jeunesse mondialisée qui aujourd’hui aspire à côtoyer ses pairs sans méfiance. Ne plus traîner ce lourd passé. Passer à autre chose. Sans tabous. Ensemble.

Fermeture aux clichés

7 (3)Quoi qu’il en soit, quand on décide de faire des milliers de kilomètres pour battre les pavés d’une cité, c’est que ce qu’on veut avant tout mettre à distance, ce sont les clichés. Et mettre en lumière l’ouverture. Celle de cette jeunesse voyageuse et ultra-connectée. De ces amis japonais rencontrés à l’occasion d’un séjour linguistique. De ces rencontres inopinées que t’offre la cité, comme ce promeneur qui te propose spontanément de te guider, tout navré de ne parvenir à échanger… barrière linguistique only. Celle affichée de mon lieu d’élection aussi. Au Sakura Hotel, c’est drapeaux partout, inside the lobby et on The Menu. Taiwanese Chicken Rice, Taco Rice (JAP), Loco Moco Hawaiian Rice, Seafood Paella, Nasi Goreng (MAL), Sheperd’s Pie (UK), Borscht (HONG), Spaghetti (IT), Teriyaki Pizza Halal (JAP), Chicharron (US), Sausages (GER), Nachos (MEX), Poutine (CAN), etc, etc., etc. Y’en a pour tous les palais globalisés !

Enfin, les artistes ne furent pas en reste lors de cette traque à l’ouverture en m’offrant de déambuler dans les dédales d’une exposition très… connectée (Musée Mori).

maxresdefault« Life today seems freer and more convenient than ever before, as we embrace multiculturalism and diversity, and reap the benefits of rapid technical advances, particularly in information technology. On the other hand, « divisions » of various sorts are also becoming increasingly apparent – as seen in the problem of the internet – which by rights ought to foster openness conversely reinforcing opinions and perception of a similar nature, poverty and discrimination sparked by growing economic disparity, and the migrant crisis, to name just a few. Roppongi Crossing 2019 will focus on the « connexions » highlighted by myriad forms of creative expression from contemporary art to fashion, AI, and Artificial Life. The various types of connection presented by the 25 participating artists and groups – joining polar opposites, fusing the heterogenous, giving visual expression to existing ties, etc. – will encourage us to look more critically at the world, taking conventional ideas and inverting them, perhaps offering some clues for addressing the divisions in society today. This exhibition will hopefully help us find new connections with the artwork and provide meaningful opportunities to engage with present realities. »

Diversity in Tokyo – The City of « Enlightement » on the map

Alors oui, je persiste, Tokyo est une metropolis qui s’intéresse à l’Autre. Et qui laisse de la place aux centralités culturelles d’Ailleurs aussi. Une place qui elle aussi cultive l’ambivalence avec la mise à distance…

Enclaves d’hier…

« Le gouvernement Meiji promut activement sa politique d’Enlightement dans la capitale, construisant de nombreux symboles de cette ouverture. Parmi eux the Rokumeikan, construit « as a place for international goodwil and an opportunity to demonstrate Japan’s achievement of modernization »; « Quasi-Western-style architecture » comme « the brick town » de Ginza, la gare de Shinbashi, le S Theater ou encore la Holy Resurrection Cathedral. Une enclave étrangère, Tsukiji fut construite pour commercer avec les pays étrangers. Les étrangers y étaient installés avec l’établissement de résidences et d’hôtels « only for foreigners« . » (Tokyo-Edo Museum)

Depuis l’ère Meiji déjà, l’Autre eut ses espaces réservés dans la cité. D’abord le quartier de Tsukiji. Plus tard et dans une moindre mesure celui de Roppongi, labellisé « quartier des Occidentaux » et mecque de la vie nocturne contemporaine.

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« Dès son origine, Edo, une cité de diversité avec des « people from different provinces who spoke different dialects and kept various customs. They came from diverse places of origin, occupations, and backgrounds. » « The common people of Edo integrated various customs and seasonal events that were introduced from the provinces, and lived their lives rigorously while facing disasters and epidemics. » Une vie frugale et simple « but the wisdom of urban lifestyle that was fostered through the life in the row houses created a unique lifestyle. »

Centralités culturelles d’aujourd’hui

Si le musée d’histoire de la ville met en avant le multiculturalisme d’hier, la cité n’est aujourd’hui pas exempte de diversité culturelle. Comme à Okubu, Shinjuku, qui abrite Shin-Okubo, le plus grand quartier coréen du Japon. Royaume du trio K-pop, karaoké, kimchi. Dans son prolongement se trouve Islam Yokocho, le quartier musulman où notamment les population du Sud-Est asiatique mais aussi du Moyen-Orient viennent transférer leurs devises, s’approvisionner en épices et produits hallal. Ikabari quant à lui, un peu le pendant de la rue Saint-Anne à Paris, te propose de voyager de Lyon à la Bourgogne, de Bretagne à… Picard 😉 en passant par Barcelone. En revanche on ne trouve pas de major Chinatown à Tokyo, l’Histoire aura voulu qu’il s’ancre à Yokohama.

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Quartier d’Okubo, Shinjuku

Okubo, Islam Yokocho, Ikabari. Centralités coréennes, musulmanes et frenchy

Quant au rapport à la religion, il est assez ouvert. Une tolérance distante, ma foi assez logique de la part d’un peuple qui « Don’t have the concept« . Au Japon you just « Could be shinto and bouddhist and whatever else« . Si à Singapour on trouve temple et mosquée side by side, à Tokyo c’est plutôt temple et sanctuaire qui se côtoient. Une diversité tournée vers l' »interne ».  En fait à Tokyo on voue surtout un culte aux Ramen 😉 !

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Meiji Glocalization

Et si le rapport du Japon à l’ouverture et au monde avait toujours porté la marque de la glocalisation ? Une hypothèse développée en flânant au Sanctuaire Meiji-Jingu.

Saké & Bourgogne… ou la « Japanese Glocalisation »

Finalement, c’est en l’abordant sous l’angle de la glocalisation, promue on le voit dès la période Meiji, que je commencerai à mieux saisir la culture japonaise. Adopter des richesses chez l’Autre et les adapter à chez soi. Le concept pourrait carrément avoir été inventé ici. De l’ouverture du pays à l’occupation post DGM puis l’arrivée de la mondialisation, la nation a su réinterpréter sa culture insulaire pour créer sa propre mondialisation. Une modernité « glocale » rendue possible parce qu’intégrée non pas progressivement, mais greffée sur une fermeture, un isolement.

Biblio : Dictionnaire des migrations internationales - Approche géohistorique - Sous la direction de Gildas Simon - Armand Colin - 2015 / La réticence historique japonaise vis-à-vis des populations allogènes, Marc Humbert, UMIFRE 19, 2010 / Introduction. Changement et diversité au Japon. Vincent Mirza et Catherine Laurent Sédillot, in Diversité urbaine, 13, (1), 2013 / Le Japon, pays d'immigration, Abdelhafid Hammouche, Hommes et migrations, 2015 /Les "Hafus" mettent le Japon au défi de la diversité. Le Temps, 04.08.2015, https://www.letemps.ch/culture/hafus-mettent-japon-defi-diversite

Life of a Salary man

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From 8 am to 9 pm. From Tokyo Station to quick early dinner among men in shokudo or izakaya….

…  The Salary Man Schedule

The sinistre life of a Salary man…. I can help but wonder… How can you live like this ? Mon ami M. qui bosse pour une organisation scientifique internationale, se demande bien après quoi courent tous ces hommes en gris… lui qui apprécie l’esprit de quartier, roule à vélo, fuit Roppongi et Ginza.

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Mais où sont les femmes ?

Zen ?

Haaa le zen japonais. Le monde entier l’envie. Moi-même j’admire ici la capacité des Tokyoites à rentrer à l’intérieur d’eux-mêmes et se recueillir malgré tout ce monde. Pour tordre ce qu’il considère comme un autre cliché, mon ami M. m’invite à apprécier le so famous zen japonais à l’heure de pointe du matin, où les « agressive » Tokyotes se comportent « like animals« … Parole de Japonais, they’re « not « japanese » anymore » between 7 and 9am. J’ai suivi son conseil 😉

Le conformisme, une idéologie ?

De l’excentrique Harakuju au grey suit… Comment passe-t-on de ça… à ça ???

Parcours balisé(s). Oppression contenue, oppression à pas feutrés

Comment se conduire aux WCs, dans quel sens marcher, où fumer, … Omniprésence des textes injonctifs. Poésie post-moderne incontournable pour conduire une cité de 23 millions d’habitants ? La masse, une limite à la liberté individuelle ? Ou un manque de confiance dans la responsabilité individuelle ? Quoi qu’il en soit, les Japonais n’étouffent pas que sous leurs masques, ils étouffent sous leurs propres règles aussi. Si à Shanghai tout est rond, à Tokyo tout est carré. Encadré et encadrant. Urbanisme, métro, parcs, jardins, jusqu’aux nouveaux projets urbains.

Masque sur la bouche portable greffé dans la main, guidé par des flèches dans le métro et dans la rue… le parcours urbain comme métaphore de l’existence sociale du Japonais. Ville basse, ville de câbles, ville multi-centrique, ville…compl(iquée)exe. L’architecture même de la cité poliss(c)e le citoyen. Métros-maisons, centres urbains fermés, parcs forteresses, jardins sanctuarisés, caméras omniprésentes. Parcours encadré, balisé. Interdits ajoutés à structure sociale entravante… Véritable épreuve pour esprit latin ! Asako, cette tragédie visionnée dans l’avion, métaphore de la société japonaise ? Folie convenue, folie contenue. Prête à exploser ? Jeunesse décalée, salary men ennivrés. Ils s’épuisent au boulot, ils se contraignent pour faire tout comme il faut. Et dire qu’ils vont être les premiers à se faire remplacer par des robots….

Mais le conformisme japonais, la figure du carré, de l’ordre, se doit elle aussi d’être nuancée. Tokyo, son architecture un peu chaotique, son esthétique un peu anarchique. Entrelacs de câbles. Compliquée. Résultat d’une Histoire mouvementée. Une société rompue aux ruptures, à l’incertitude, à l’éphémère, aux relèvements, moins aux soulèvements. Une société loin d’être lisse. Complexe. Une cité dont la beauté et la folie se révèlent surtout la nuit.

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« A Mature Civilization »

Mais ce que contraint surtout ce cadre social japonais qui peine à évoluer c’est la natalité. D’ailleurs à Tokyo, s’il est un cliché qui n’est pas balayé par le pavé, c’est tout ce qu’on a pu entendre sur la démographie japonaise en déclin et le vieillissement de la population. Et pourtant elle choisit le robot à l’étranger. Tokyo, ville d’aînés où l’on croise ici un restaurant tenu par des robots, là un espace où des hommes paient pour carresser une femme sous un voile ou pour un simple contact avec le féminin. Partout des restos fréquentés par des salary men only, qui pour combler l’absence peuvent toujours enchaîner avec un Maid Café. Sans parler du phénomène Otaku, … Tout ceci conjugué, fatalement, une chute de la natalité. La fin annoncée d’une civilisation ?

C’est un ami japonais qui me donnera s(l)a/une clé de cette interrogation. Le Japon = une Mature Civilization. Vs le reste du monde, des « Pre-mature Civilizations ». Une question de stade de développement tout bêtement. Bon pour l’Europe ils hésitent. La Suisse, éventuellement. Pas une théorie. Juste un constat. Partagé sans condescendance aucune. Pas raciste, juste réaliste. Le Japon traîne derrière lui ses ancêtres, est conscient de sa finitude. Une mature civilization, avec ce que ça implique de déclin. Un peu comme le cycle de vie d’un produit. Conscience d’être une civilisation. Conscience de ce que ça implique de responsabilité aussi. Conserver le passé. Du coup peur du métissage = peur de la dissolution de la civilisation. Une société mature qui se dirigerait donc consciemment vers sa fin ?

Quoi qu’il en soit, this year is a very special one for grandeur et openness. A New emperor et a New Era qu’il est prévu de célébrer comme il se doit durant toute l’année ! On célèbre aussi l’ouverture avec les Jeux Olympiques 2020 en préparation et l’accueil imminent de la  Japan 2019 Rugby World Cup. Des événements qui donnent lieu à un sensible effort de « traduction » d’une cité jamais figée. Qui poursuit sa mutation.

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20190515_190028 (2)Une mutation qu’on célèbre à notre façon en cette dernière soirée avec mon ami M. Dernière soirée pour moi, dernière soirée pour cette gargotte où l’on aura goûté au fameux oden (pot-au-feu japonais) pour seulement… 3 francs ! Fou rire nostalgique au fond d’une ruelle au coeur d’un quartier en pleine gentrification.

Shanghai. Tokyo. Face à face

Shanghai contrôle politique +++. Tokyo contrôle social +++. Shanghai bulle déconnectée ultra connectée. Rue chinoise vivante et bruyante. Tokyo île masquée ultra préservée. Rue japonaise écrasante et encadrée. Tokyo ville de codes. Shanghai ville de de symboles. Autoritarisme social vs autoritarisme politique. Fascination pour la singularité culturelle japonaise. Tokyo une expérience totale. Emportée par l’énergie et la confiance chinoise. La course vers le ciel de Shanghai.

Chine-Japon. Deux voisins. Deux grands rivaux. Histoire à trainer. Respectueuse méfiance. Deux voies géopolitiques à suivre. Nouvelles Routes de la Soie et conquête du monde côté chinois. Insularité conquérante et rapprochement avec les USA de Mr T. pour le Japon.

Shanghai-Tokyo. Diversité métropolistique vs monopoles ethniques. Des métropoles en mutation aussi. Gentrification éclatante à Shanghai, transformation pour l’ouverture à Tokyo.

LA grande force de ces deux géants de la globalisation ? la glocalisation. Glocalisation version japonaise, qui a su préserver sa culture insulaire et inventer sa propre modernité. Glocalisation version chinoise, qui a su intégrer le full package de l’Histoire, le retourner pour l’exploiter à son profit.

En route vers la déshumanisation ?

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En transit enfermée encerclée de caméras dans un temple de la consommation encadré. L’aéroport, le rêve des dictateurs. Des citoyens repus et distraits alignés comme des bêtes contemplant le mouvement du monde derrière des grillages… L’aéroport, métaphore et futur de la Metropolis ? Leurs voies, notre avenir commun global(isé) ?

Shanghai et Tokyo, mes Global Cities les + policées. Je rentre avec une faim de Méditerranée et totalement disgusted with connexion.

Aseptisation – Connexion – Sécurisation – Digitalisation – Clôturisation … Dystopie de la future Global City ?

Insularisme et autoritarisme. Leurs voies pour glocaliser la mondialisation ? Le Royaume ultra-connecté, notre avenir commun ? Le maillage qui nous piège allié à l’Anneau qui nous enferme ? Le futur de la globalisation, alliance du Réseau ultra et du Territoire ultra saupoudré d’une pincé de localisme ? Welcome Les Furtifs, welcome to Game of Thrones, welcome to Neo-Middle-Ages ? Notre salut ? Militer pour le droit à la déconnexion, militer pour le droit à la liberté. Re-Glocaliser ces voies. Résister au contrôle total(itaire). CQFQ.

Épilogue. Pékin Express

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Mon sésame de sortie…

Après Lost in Translation… Pekin Express et Le Terminal ;-). Avion retardé par des intempéries. Correspondance manquée. Douze heures pour obtenir un sésame de sortie. Dehors que du gris. Prisonniers dans cette immense ruche verrière flottante encerclée de smog, enveloppée, opaque, étouffante. Dedans le chaos.  Des milliers de voyageurs perdus et à bout qui crient, pleurent, s’endorment. Scènes de chaos, craquages mentaux, perte de civilité, exaspération face à des fonctionnaires dépassés, privés de technologie, privés de connexion, privés d’initiatives… Lieu d’un autre temps. Contraste brutal avec l’aéroport-vitrine de Shanghai. Kafkaïenne bureaucratie. Science fiction moyen-âgeuse. Coeur du régime et fonctionaires à l’avenant. Peu avenants. L’individu n’est rien parmi la multitude, écrasé, effacé.

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Mes sésames d’entrées. Ironie du sort, je m’e(n) sors de Chine avec deux entrées sans visas, j’en demandais pas tant…

Une nuit-journée sans fin, où on apprend le « xéxé so much », mais je m’embrouille aligato nihau je dis quoi je suis où je mélange tout je suis perdue je suis crevée… et près l’Art de se perdre, on s’initie à l’Art de perdre aussi. Je finirai par rentrer. Le bagage (a)léger…

20190520_184501 (2)Expérience riche d’enseignements. Remise en cause de ce mode de vie, ce mode de voyager. Aucune marge. Temps milimétré. Escale prolongée à oublier. Monde ultra-sécuritaire qui joue à être ouvert. Aéroports devenus décidément des lieux traumatisants. Torture du retour. Besoin de voyage facile. Dans ces moments on se jure que c’est terminé qu’on ne voyagera plus jamais ainsi… mais après une longue nuit de 4 heures plus tard 😉 on reste convaincu que le voyage est juste un mal nécessaire pour qui se passionne de comprendre le monde. Et pis il me reste encore un dernier PG duo à arpenter… Dans le mood de la Ville-Monde, en mode Maglev comme il se doit…

Compagnons de route

Le voyage continue. Shanghai – Tokyo en mode glocal

  • Fondation Baur, Musée des Arts d’Extrême-Orient, « L’Asie à Genève » & Exposition temporaire « Asia Chic – L’influence des textiles chinois et japonais sur la mode des Années folles » 2019
  • Le Thé, Dim Sum, rue des Bains 65
  • Yakitori, rue de Monthoux 15
  • Kampai, rue de Monthoux 25
  • Centre de médecine chinoise Bejing Tong Ren Tang Swiss, rue Abraham-Gevray 1
  • Quartier des Pâquis. Épiceries asiatiques (Thu Hang, rue de Monthoux 52/Asia Store, rue Pradier 8) et supermarché japonais (Uchitomi, rue Ferrier 13)
  • Exposition « Nicolas Bouvier – Déambulations japonaises » 2019, Centre culturel du Manoir, Cologny
Warning : cet article a été écrit avant le Covid 19 ... new world ?

 

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