HIGHLIGHTS 2018

Mon Grand Bazar d’initiatives, visions décalées, pépites et projets singuliers. De voix qui ouvrent de nouvelles voies. Sélection totalement subjective faite de découvertes souvent fortuites. Une condition : enrichir notre rapport aux Mobilités et ses dérivés. Si possible avec humour et poésie. Un mot d’ordre : éclectisme. Livres, expos, films, musique, sciences sociales, philosophie, société civile, etc. Une règle : pas de classement, pas de logique, pas de hiérarchie, pas de chronologie, pas de théorie. La quête : accent sur les métissages et les hybridités. La méthode : chiner, dénicher, compiler, partager. Encore et toujours s’étonner…

THE ROAD TO SOMEWHERE. Essai de David Goodhart, Grande-Bretagne, 2017

TRTS Hurst HBK.indd« Several decades of greater economic and cultural openness in the West have not benefited all our citizens. Among those who have been left behind, a populist politics of culture and identity has successfully challenged the traditional politics of Left and Right, creating a new division: between the mobile ‘achieved’ identity of the people from Anywhere, and the marginalised, roots-based identity of the people from Somewhere. This schism accounts for the Brexit vote, the election of Donald Trump, the decline of the centre-left, and the rise of populism across Europe.

David Goodhart’s compelling investigation of the new global politics reveals how the Somewhere backlash is a democratic response to the dominance of Anywhere interests, in everything from mass higher education to mass immigration. » Lien éditeur

LEURS ENFANTS APRES EUX. Roman de Nicolas Mathieu, Actes Sud. Prix Goncourt 2018

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« Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l’Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour tuer l’ennui, il décide de voler un canoë et d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.
Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence, le récit politique d’une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l’entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d’Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage. »  Lien Actes Sud

COLD WAR. Film de Paweł Pawlikowski. Prix de la mise en scène Cannes 2018

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« Pendant la guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 1950, un musicien épris de liberté et une jeune chanteuse passionnée vivent un amour impossible dans une époque impossible. »     Lien distributeur

CAPHARNAÜM. Film de Nadine Labaki, Grand Prix Cannes 2018

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À l’intérieur d’un tribunal, ZAIN, un garçon de 12 ans, est présenté devant LE JUGE.
LE JUGE : « Pourquoi attaquez-vous vos parents en justice ? »
ZAIN : « Pour m’avoir donné la vie » Lien distributeur

AVANT LA FIN DE L’ÉTÉ. Documentaire de Maryam Goormaghtigh, 2017, 80′

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« Si le farsi est l’une des plus belles langues du monde à parler et à écouter, elle est également l’une des plus belles à filmer. Maryam Goormaghtigh nous entraîne dans une errance hédoniste sur les routes de France à travers les yeux de trois Iraniens, qu’elle filme avec une grande tendresse et une intimité impressionnante. Des siestes, des repas et des bons mots : on se régale, on discute avec sagesse de photographie, de musique, ou d’interprétation des rêves… et surtout de nanas et de drague. La virilité de ces personnages d’ordinaire exploités dans les «buddy movies» en prend un coup, puisque c’est bien la féminité rafraîchissante de ces hommes qui se révèle peu à peu ici. Derrière cette virée débonnaire scintille, en creux, le sombre éclat de l’âme en exil. L’appel de l’enfance, de sa terre, de sa musique, de sa poésie, de sa langue. La réalisatrice parvient, sans dogmatisme, à construire un aller-retour incessant et fécond entre deux mondes que beaucoup de clichés opposent : la France et l’Iran. On a ainsi parfois l’impression de faire du tourisme en Iran, alors qu’on est au milieu de la France profonde. Les paysages français deviennent une extension du geist iranien, avec une finesse, une simplicité, un humour qui affleurent sans recherche d’effets, sans volontarisme narratif ou esthétique. Une image splendide et surtout une très belle bande son servent à merveille ce film qui fleure bon la liberté dans un écrin très oriental : anodin en façade, riche à l’intérieur. » Lien

NATCHAVE. Essai d’Alain Guyard, Le Dillettante, 2018, 192 pages

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« Jusqu’à il y a peu, en philosophie, antique patrie du concept poli à la main et de la dialectique fin moulue, Alain était synonyme de commerce pondéré, de sagesse en trois points et de radicalisme sur coussin d’air. Enfin Guyard vint. Guyard le goliard, le poissard, le soudard, nous rappelant que les Alains, long time ago, furent une tribu des plus barbares. Avec lui philo se fit folie, défroqua la toge, mit les doigts dans le nez et dans la prise, se risqua aux mauvais lieux et substitua au portique de Zénon ceux que Dame Sécurité impose à l’entrée des centrales.

En témoignent à la barre les trois titres qu’icelui publia au Dilettante, on l’y voit philosopher au coeur de la taule, frôler le ravin avec des Gitans et s’encanailler la sagesse avec tout ce que le monde compte de marginaux.

À lire Natchave, son quatrième titre, le dossier de l’auteur s’épaissit : natchave, en bel argot, signifiant « s’en aller, partir, se faire la belle ». S’y démontre en effet ce que le futur pensant retiendra comme « le théorème de Guyard ». Énonçons : « La profondeur de la pensée est fonction de l’usure des semelles. » À savoir que si, quelqu’un se dit penseur, matez-lui les tatanes : pures d’éraflures, vous avez affaire à un rentier du logos, un de ces fonctionnaires du cogito qui touillent la soupe conceptuelle dans un sens puis dans un autre ; mais, si elles sont usées jusqu’à la corde ou si le crèpe est fourbu, sans doute avez-vous touché un vrai, un tatoué du jus de crâne.

Car le philosophe va et sa pensée va de concert, marche, rôde, randonne, dort dehors et rentre tard, passe en fraude. Au fil de ce flamboyant et turgescent traité de philosophie à grandes foulées, Guyard nous modèle un Socrate SDF, lointain disciple des chamans thraces, nous cisèle un portait d’Antisthène l’anti-système, maître de Diogène, déroule l’histoire des goliards, escholiers en rupture de colliers académiques et de bancs de galère scolastique, entrelardant le tout de tranches de vie juteuses, guyanaises, camarguaises et surtout gitanes. Tous les chemins mènent aux Roms. » Lien éditeur

La dernière fois que j’ai rencontré Dieu. Franz-Olivier Giesbert, Collection blanche, Gallimard, octobre 2018

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«Autant vous prévenir tout de suite : ceci n’est pas un ouvrage de théologie. Si c’est ce que vous attendez, débarrassez-vous-en sans tarder. J’ai un grand respect pour elle mais, à haute dose, il me semble qu’elle peut tuer la foi.
Or, mon sujet, c’est précisément la foi. La foi du charbonnier, celle qui vous donne un sourire stupide du lever au coucher, celle qui vous porte vers les autres, les fleurs, les enfants, les bêtes, celle qui ne s’apprend pas dans les livres.
L’existence de Dieu ne se prouve pas, elle ne se prouvera jamais. Elle se sent. Dieu est une chose trop importante pour être confiée aux religions.
J’ai écrit ces pages pour vous raconter le roman vrai de mon Dieu tout en partageant avec vous les moments où je l’ai rencontré. J’ai aussi écrit ces pages pour vous convaincre des bienfaits de la réconciliation entre le cosmos et soi, qu’on appelle le panthéisme. Il est temps d’en mettre dans toutes les religions. Il les apaisera, les embellira.» Gallimard
LES ENFANTS DU VIDE. Essai de Raphaël Glucksmann, Allary Editions, 2018
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« Notre échec est grandiose.

Nous pensions que la démocratie allait s’étendre sur le globe, mais elle est en crise partout.

Nous chantions les bienfaits des échanges, mais la mixité sociale recule et de nouveaux murs s’érigent chaque jour.

Nous avions la religion du progrès, mais le réchauffement climatique prépare la pire des régressions.

L’insurrection populiste et le désastre écologique en cours montrent que le logiciel néolibéral nous mène dans l’abîme.

Pour ne pas tout perdre, nous devons sortir de l’individualisme et du nombrilisme.Si nos aînés ont vécu dans un monde saturé de dogmes et de mythes, nous sommes nés dans une société vide de sens. Leur mission était de briser des chaînes, la nôtre sera de retisser des liens et de réinventer du commun.

Des chemins existent pour sortir de l’impasse. Saurons-nous les emprunter ? »

Lien Allary Editions

33 Tours de David Chariandy, 2018, chez Zoé, 176 pages

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« À Scarborough, on boit des bières au bord de la Rouge, on rêve d’Aisha, la fille la plus intelligente du lycée, on se bat avec les gangs rivaux. Ou alors, on se retrouve chez Desirea’s, qui tient autant du salon de coiffure que du night club. Michael et Francis, deux frères adolescents, mènent dans cette banlieue de Toronto une existence rythmée par les descentes de flics et le racisme ambiant. Ils n’ont jamais connu leur père et leur mère, Ruth, travaille nuit et jour pour leur donner une chance. Mais les espoirs de ces trois-là volent en morceaux lorsqu’une fusillade éclate, un jour d’été 1991. 33 tours est une histoire à haute tension, un hommage à l’art métissé du hip hop et un hymne à l’amour fraternel. » Lien éditeur

Swing Time de Zadie Smith, 2018, chez Gallimard, 480 pages

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« Deux petites filles métisses d’un quartier populaire de Londres se rencontrent lors d’un cours de danse. Entre deux entrechats, une relation fusionnelle se noue entre elles. Devant les pas virtuoses de Fred Astaire et de Jeni LeGon sur leur magnétoscope, elles se rêvent danseuses. Tracey est la plus douée, la plus audacieuse mais aussi la plus excessive. Alors qu’elle intègre une école de danse, la narratrice, elle, poursuit une scolarité classique au lycée puis à l’université, et toutes deux se perdent de vue.
La plus sage devient l’assistante personnelle d’Aimee, une chanteuse mondialement célèbre. Elle parcourt le monde, passe une partie de l’année à New York et participe au projet philanthropique d’Aimee : la construction d’une école pour filles dans un village d’Afrique. Pendant ce temps, la carrière de Tracey démarre, puis stagne, tandis que progresse son instabilité psychologique. Après une série d’événements choquants, les deux amies se retrouveront pour un dernier pas de danse.
Roman d’apprentissage et de désillusion, le cinquième roman de Zadie Smith opère également une réflexion sur le racisme, l’identité, le genre et la célébrité, avec beaucoup de rythme, d’humour et d’émotion. » Lien éditeur

Au loin de Hernan Diaz, 2018, chez Delcourt, 334 pages

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« Jeune paysan suédois, Håkan débarque en Californie, seul et sans le sou. Il n’a qu’un but : retrouver son frère Linus à New York. Il va alors entreprendre la traversée du pays à pied, remontant à contre-courant le flux continu des pionniers qui se ruent vers l’Ouest. Les caravanes se succèdent et les embûches aussi. Trop souvent, la nature et les hommes essaieront de le tuer. Håkan croise ainsi la route de personnages truculents et souvent hostiles : une tenancière de saloon, un naturaliste original, des fanatiques religieux, des arnaqueurs, des criminels, des Indiens, des hommes de loi…

Et, tandis que s’écrivent à distance les mythes fondateurs de l’Amérique, il devient un héros malgré lui. Peu à peu, sa légende grandit. Håkan n’a plus d’autre choix que de se réfugier loin des hommes, au cœur du désert, pour ne plus être étranger à lui-même et aux autres. » Lien éditeur

 

Les billes du Pachinko de Elisa Shua Dusapin, 2018, chez Zoé, 144 pages

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« Claire va avoir trente ans et passe l’été chez ses grands-parents à Tokyo. Elle veut convaincre son grand-père de quitter le Pachinko qu’il gère pour l’emmener avec sa grand-mère revoir leur Corée natale, où ils ne sont pas retournés depuis la guerre. Le temps de les décider à faire ce voyage, Claire s’occupe de Mieko, une petite Japonaise à qui elle apprend le français. Elisa Shua Dusapin propose un roman de filiation, dans lequel elle excelle à décrire l’ambivalence propre aux relations familiales. Elle dépeint l’intériorité de ses personnages grâce une écriture dépouillée et plonge le lecteur dans une atmosphère empreinte d’une violence feutrée où l’Extrême-Orient joue son rôle. » Lien éditeur

Salina – Les trois exils de Laurent Gaudé, 2018, chez Actes Sud, 160 pages

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« Qui dira l’histoire de Salina, la mère aux trois fils, la femme aux trois exils, l’enfant abandonnée aux larmes de sel ? Elle fut recueillie par Mamambala et élevée comme sa fille dans un clan qui jamais ne la vit autrement qu’étrangère et qui voulut la soumettre. Au soir de son existence, c’est son dernier fils qui raconte ce qu’elle a été, afin que la mort lui offre le repos que la vie lui a défendu, afin que le récit devienne légende.
Renouant avec la veine mythique et archaïque de La Mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé écrit la geste douloureuse d’une héroïne lumineuse, puissante et sauvage, qui prit l’amour pour un dû et la vengeance pour une raison de vivre. »  Lien éditeur

Petite de Sarah Gysler, 2018, chez Equateurs, 180 pages

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« « Je suis née au milieu des années nonante dans une famille décomposée. On était de ces enfants qui grandissent avec une clef autour du cou, connaissent les numéros d’urgence par cœur et savent faire cuire des pâtes avant même d’être en mesure d’atteindre les casseroles. Petite, on a tenté de m’expliquer que j’avais des « origines » par ma mère et un père qui ne peut plus courir parce qu’il a trop travaillé. En classe, j’écoutais des professeurs désabusés me raconter comment réussir ma vie. Plus tard, on m’a dit que je travaillerai dans un bureau parce que c’est ce qu’il y avait de mieux pour moi, qu’assez vite j’aurai un mari, une maison, puis des enfants, qui verront le jour presque par nécessité. À vingt ans, j’ai arrêté d’écouter les gens et je suis partie. Seule, en stop et sans un sou en poche. J’ai traversé l’Europe jusqu’au Cap Nord, sans autre but que de ne pas pourrir chez moi. On peut dire que j’ai fui. C’était mon premier grand voyage. Dans ce livre, j’ai voulu raconter mes errances, mes chutes et comment la route m’a sauvée. »
S. G. Ce livre est un roman d’apprentissage foudroyant, celui d’une petite fille qui transforme sa colère en odyssée. Avec humour et tendresse, la jeune globe-trotteuse raconte les tourments de l’enfance, son dégoût d’une société uniformisée, mais aussi son irrésistible soif d’être libre qui la pousse à dépasser ses peurs. » Lien éditeur

La Maison Golden de Salman Rushdie, 2018, chez Actes Sud, 416 pages

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« Le jour de l’investiture de Barack Obama, un énigmatique millionnaire venu d’un lointain Orient prend ses quartiers dans le bijou architectural des “Jardins”, une communauté préservée nichée au cœur de Greenwich Village, à New York. Flanqué d’une jeune maîtresse russe, la sulfureuse Vasilisa, Néron Golden est accompagné de ses trois fils adultes, aussi brillants que névrosés : Petronius, dit Petya, l’agoraphobe génie de l’informatique, Lucius Apuleius, dit Apu, l’artiste mystique, et Dionysos, dit D., l’indéfini sexuel.
Parmi les demeures qui ceignent les Jardins se trouve celle de René Unterlinden, jeune cinéaste putatif, traumatisé par la récente disparition de ses parents dans un accident. Quand les Golden emménagent, René, comprenant que ces fascinants nouveaux voisins seront son remède et sa muse, fait leur connaissance, devient leur familier et calque l’écriture du scénario de son film sur les événements qui secouent cette maisonnée dont bien des secrets, passés, présents et futurs, lui échappent encore.
Le passé ? C’est l’Inde que Néron Golden a fuie mais qui va les rattraper, lui et les siens.
Le présent, ce sont les huit années du mandat Obama, l’Amé rique des grandes espérances de 2008 et leur progressive dégradation, tandis qu’en embuscade un Joker aux cheveux teints s’apprête à accéder au pouvoir…
L’avenir, c’est celui, obscur, d’un monde contemporain livré au doute, mais dont l’éblouissante imagination de Salman Rushdie transcende les peurs, les rêves et les égarements. » Lien éditeur

Les exilés meurent aussi d’amour de Abnoussse Shalmani, 2018, chez Grasset, 399 pages

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« « Ma mère était une créature féerique qui possédait le don de rendre beau le laid. Par la grâce de la langue française, je l’avais métamorphosée en alchimiste. C’était à ça que servaient les mots dans l’exil : combattre le réel et sauver ce qui restait de l’enchantement de l’enfance. »

Shirin a neuf ans quand elle s’installe à Paris avec ses parents, au lendemain de la révolution islamique en Iran, pour y retrouver sa famille maternelle. Dans cette tribu de réfugiés communistes, le quotidien n’a plus grand-chose à voir avec les fastes de Téhéran. Shirin découvre que les idéaux mentent et tuent ; elle tombe amoureuse d’un homme cynique ; s’inquiète de l’arrivée d’un petit frère œdipien et empoisonneur ; admire sa mère magicienne autant qu’elle la méprise de se laisser humilier par ses redoutables sœurs ; tente de comprendre l’effacement de son père… et se lie d’amitié avec une survivante de la Shoah pour qui seul le rire sauve de la folie des hommes.

Ce premier roman teinté de réalisme magique nous plonge au cœur d’une communauté fantasque, sous l’œil drôle, tendre, insolent et cocasse d’une Zazie persane qui, au lieu de céder aux passions nostalgiques, préfère suivre la voie que son désir lui dicte. L’exil oserait-il être heureux ? » Lien éditeur

AMIN, film de Philippe Faucon, 2018, 1h31

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« Amin est venu du Sénégal pour travailler en France, il y a neuf ans. Il a laissé au pays sa femme Aïcha et leurs trois enfants. En France, Amin n’a d’autre vie que son travail, d’autres amis que les hommes qui résident au foyer.
Aïcha ne voit son mari qu’une à deux fois par an, pour une ou deux semaines, parfois un mois. Elle accepte cette situation comme une nécessité de fait : l’argent qu’Amin envoie au Sénégal fait vivre plusieurs personnes.
Un jour, en France, Amin rencontre Gabrielle et une liaison se noue. Au début, Amin est très retenu. Il y a le problème de la langue, de la pudeur. Jusque-là, séparé de sa femme, il menait une vie consacrée au devoir et savait qu’il fallait rester vigilant. » Lien AlloCiné

 

DOUBLE NATIONALITÉ. Roman de Nina Yargekov, P.O.L, 2016, 688 pages

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« Vous vous réveillez dans un aéroport.

Vous ne savez pas qui vous êtes ni où vous allez.
Vous avez dans votre sac deux passeports et une lingette rince-doigts.

Vous portez un diadème scintillant et vous êtes maquillée comme une voiture volée.

Vous connaissez par coeur toutes les chansons d’Enrico Macias.

Vous êtes une fille rationnelle.

Que faites-vous ?

À partir de cette amnésie s’agit-il de s’inventer une vie ? de la reconstituer ? Et s’il s’agissait de deux vies, en fait ? Car c’est, comme son titre l’indique, cela le sujet de ce nouveau roman de Nina Yargekov : comment se débrouiller de deux cultures, deux langues, deux sensibilités, comment, de fait, mener une double vie alors qu’on voudrait beaucoup, même facétieuse et indisciplinée n’être qu’une ? Mais, à l’inverse, comment supporter que le pays dans lequel on semble vivre se prépare à l’adoption d’une loi interdisant la double nationalité ? » Lien vers site P.O.L

LITTLE MEN (BROOKLYN VILLAGE). Film d’Ira Sachs. USA, 2016, 85′

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« Une famille de Manhattan hérite d’une maison à Brooklyn, dont le rez-de-chaussée est occupé par la boutique de Leonor, une couturière latino-américaine. Les relations sont d’abord très cordiales, notamment grâce à l’insouciante amitié qui se noue entre Tony et Jake, les enfants des deux foyers. Mais le loyer de la boutique s’avère bien inférieur aux besoins des nouveaux arrivants. Les discussions d’adultes vont bientôt perturber la complicité entre voisins » Lien AlloCiné

ANOTHER COUNTRY. LES BRITANNIQUES EN FRANCE. Projet photographique de Rip Hopkins, 2010

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Sur les pas de Walker Evans, Rip Hopkins propose un travail personnel et documentaire sur la réalité et les fantasmes des Britanniques expatriés en France dans le Périgord. 68 portraits et mises en scène, des images originales, tantôt burlesques, tantôt poétiques,
troublantes ou oniriques, et toujours complices avec ses «modèles». Ayant lui-même «abandonné» le Royaume-Uni, Rip Hopkins parle ici de ses racines et de sa relation passionnelle avec la France. Antony Mair, un Britannique du Périgord nous dit ce que cette
expatriation signifie pour lui et les autres britanniques ; Pauline de La Boulaye est française et pose son regard sur les Britanniques, le photographe et l’époque. Tous ces témoignages parlent d’identité et d’appartenance à un pays, réel ou imaginaire, d’une société qui évolue dans un contexte de mondialisation et s’adapte. (lien)

Il en parle (ici)

Update : Dans le cadre d’un documentaire en collaboration notamment avec Arte et la RTBF sur le BREXIT à travers  les Britanniques de France, Rip Hopkins est retourné à leur rencontre, 10 ans après.

GRAND HOTEL COSMOPOLIS. Laboratoire social post-moderne au coeur d’Augsburg, Allemagne

« Il y a plus de 60 personnes vivant dans l’annexe qui seraient autrement appelées des réfugiés – ici aussi on les appelle des voyageurs. « Notre maison est un laboratoire pour une nouvelle société », explique Kfir » (article National Geographic)

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Bienvenue au Grand Hotel Cosmopolis

Une maison de retraite vacante dans la vieille ville d’Augsbourg devient un espace négocié pour la reconnaissance d’une réalité cosmopolite dans notre société. Ce qui était initialement une idée audacieuse grandit de jour en jour et fonctionne bien au-delà des murs de la maison.

Le plastique social crée des habitats: pas seulement pour 65 personnes qui sont désignées comme demandeurs d’asile et qui sont assignées au logement de réfugié intégré par le gouvernement d’état. Pour les clients dans 16 chambres d’hôtels et auberges conçues individuellement par des experts, pour la coopération dans des ateliers d’apprentissage ouvert et des studios interdisciplinaires. Comme une scène pour l’interaction de toutes les formes d’expression artistique. En tant que point de rencontre interculturel au café-bar, en tant que société de cuisine cosmopolite avec un catalogue croissant de formats et en tant que lobby pour les voyageurs de toutes sortes.

 

Une sculpture sociale dans le coeur d’Augsbourg

Le Grandhotel Cosmopolis est une œuvre d’art sociétale dans le quartier de la cathédrale d’Augsbourg. Il met l’accent sur une coexistence pacifique dans la société urbaine moderne.
La tâche urgente d’accueillir les demandeurs d’asile est liée à la diversité culturelle et, par-dessus tout, à la participation de tous. (Lien Grand Hotel Cosmopolis)

« Ever since the Swabian regional government approached us with the request to accommodate asylum seekers in the untenanted former Paul-Gerhardt-Haus at Springergässchen 5 in Augsburg, we have been thinking about how to integrate this
housing within the existing environment of social facili ties and the prosperous residential area in the heart of Augsburg, since we would like to respond to the administration’s request. Since the Diakonie Augsburg itself does comprehensive work in the field of refugee services, we are well aware of the striking scarcity of suitable spaces as well as of the hardships of asylum seekers. We would, therefore, like to help, and we
believe that the former Paul-Gerhardt-Haus is a comparatively well-suited building for this purpose. At the same time, we want to show the way toward a modern urban society in which extremely diverse groups can live together peacefully in a relatively densely populated space. For these reasons, the Diakonie Augsburg was im mediately open to discussion when a group of creative minds suggested combining their own ideas for living and working with the wishes of the Diakonie. The result of this project group’s
voluntary commitment is a concept that combines the social task of accommodating
asylum seekers with civil engagement, cultural diversity, and an artistic approach.
The Diakonie is willing to adopt this concept as its own, especially since it could serve as a role model. If we want to avoid living in a future society in which we reside in districts
that are ever more strictly separated, where we are surrounded only by people like ourselves, and instead create an open society that is open to dialogue beyond the borders of social, (…) » (lien)

SOS MÉDITERRANÉE. L’ODYSSÉE DE L’AQUARIUS. 2018, Museo, 192 pages

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Le livre qui raconte l’histoire de l’Aquarius à travers les yeux de ceux qui l’ont vécue – 

Depuis le 26 février 2016 l’Aquarius sillonne la Méditerranée pour sauver de la noyade les milliers de réfugiés. Une traversée périlleuse à bord de canots surchargés qui a conduit à la mort 50 000 migrants en une quinzaine d’années… En 24 mois l’équipage de l’Aquarius a porté secours à près de 28 000 personnes en multipliant les missions.

Cet ouvrage – qui sort le 8 juin – invite à partager leur voyage au bout de la solidarité. Un « arrêt sur images » impressionnant et bouleversant à la fois.

Les  images de cet ouvrage sont dues à la vingtaine de photographes passionnés qui se sont succédés au fil des missions sur l’Aquarius.
Quant aux témoignages et récits qui accompagnent les clichés ils sont extraits du journal de bord rédigés par de nombreux rédacteurs au soir des journées de sauvetages.
Que toutes et tous soient remerciés pour leur contributions et leur engagement.

Préfacé par Laurent Gaudé (lien préface) (Prix Goncourt 2004). Les photographes de l’Aquarius et autres :

Patrick Bar, Grazia Bucca, Narciso Contreras, Virginie De Galzain, Susanne Friedel, Anthony Jean, Hara Kaminara, Kenneth Karpov,  Kevin Mcelvaney, Fabian Mondl, Laurin Schmid, René Schulthoff, Isabelle Serro, Maud Veith. (Lien éditeur)

La Communauté. Enquête de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin. 2018, Albin Michel

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« En apparence, c’est une ville. Dans ses profondeurs, le monde d’aujourd’hui.
Elle sert de décor aux spectacles de Jamel Debbouze. Benoît Hamon croyait en faire son laboratoire présidentiel. De Los Angeles, Omar Sy ne la quitte pas des yeux. Le rappeur La Fouine fut l’un de ses dealers. Parfois, Nicolas Anelka revient y frimer en Ferrari.
On y croise aussi des profs héroïques, des imams, un prêtre, et des gamins à la tchatche d’enfer.
C’est contre la promesse d’une mosquée que son maire l’a conquise. Une nuit, la synagogue est partie en fumée.
Plus tard, de Syrie, certains de ses enfants ont posté des vidéos célébrant les attentats de l’Etat islamique.
Aujourd’hui, dans le grand café de la place du marché, les « sœurs », comme ils disent, n’osent plus entrer.
Y rester, c’est accepter ses codes, ses interdits. Pour briller, il faut en partir.
Plus qu’une ville, c’est une communauté. Attachante comme une famille. Redoutable comme un clan. »  (Lien Albin Michel)

Apatride. Dernier album Jazz d’André Manoukian, Enzo Productions, 2017

Apatride« L’Orient, mes grands-parents en furent chassés. Longtemps je fus allergique à ses excès, son sucre, sa passion.
Jusqu’aux retrouvailles, autour d’un piano : « – Pourriez vous me jouer quelque chose d’arménien ? « 
Une vague mélodie de ma grand mère égrenée d’un doigt hésitant…
« – On dirait du Satie… »
Et me voilà parcourant de nouveaux territoires sonores, armé de tambours sacrés Iraniens, d’un violoncelliste Turc, d’une chanteuse Syrienne, d’un duduk Arménien, de rythmes « Alaturka », repoussant les frontières mentales pour dessiner les contours d’un paradis perdu, entre Vienne et Samarkhande, à la recherche d’éclats de spleen, pour retrouver, le temps d’un concert, l’âme de mes ancêtres.«   (Lien)
Djam. Film de Tony Gatlif. FR/TUR/GR, 2017, 1h37
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« Djam, une jeune femme grecque, est envoyée à Istanbul par son oncle Kakourgos, un ancien marin passionné de Rébétiko, pour trouver la pièce rare qui réparera leur bateau. Elle y rencontre Avril, une française de dix-neuf ans, seule et sans argent, venue en Turquie pour être bénévole auprès des réfugiés. Djam, généreuse, insolente, imprévisible et libre la prend alors sous son aile sur le chemin vers Mytilène. Un voyage fait de rencontres, de musique, de partage et d’espoir. » (AlloCiné)

« Au fil des ans, la géographie musicale européenne de Tony Gatlif se rapproche de l’exhaustivité. Après le flamenco, les musiques roms, le raï, les musiques soufies, voici le rebetiko grec. Tourné entre l’île de Lesbos, Istanbul, la Turquie d’Europe et la Grèce continentale, Djam ne pouvait pas être seulement un documentaire musical. Il fallait que Tony Gatlif évoque les tragédies passées et présentes de ces territoires, les massacres et mouvements de population liés à la dissolution de l’empire ottoman, la dictature des colonels grecs et la grande migration contemporaine. » (Le Monde)

ANTIGEL FESTIVAL. Genève. Du 26 janvier au 17 février 2018
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ROYAUMES D’AVENTURE. De Bruno Fuligni, Editions Les Arènes, 2016, 315 pages

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« Les destins incroyables d’hommes qui voulurent être rois

Avez-vous déjà visité le royaume de Redonda, les principautés de Seborga, de Hutt River ou de Sealand, la république de Counani, le Liberland, le royaume de Bir Tawil ou encorel’État gay et lesbien de Cato ?

À côté des États universellement reconnus, un univers insoupçonné reste à explorer : le monde des micronations, avec leurs drapeaux, leurs monnaies, leurs gouvernements autoproclamés. Des royaumes pirates du XVIIIe siècle aux pays virtuels sur Internet, cet atlas vous invite à un fabuleux voyage dans l’espace et dans le temps, à la découverte de quatre cents pays mystérieux et secrets :

Des îles lointaines, où marins, flibustiers, naufragés sont devenus rois ; Des empires éphémères, constitués par des aventuriers en marge de la conquête de l’Ouest et de la colonisation ; Des enclaves oubliées, permettant à des intellectuels astucieux de proclamer l’indépendance de leur village, de leur quartier, de leur maison, voire d’un territoire artificiel ou immatériel. Autant d’histoires authentiques et foisonnantes, toutes orientées vers ce grand rêve de liberté qu’exprime aujourd’hui le phénomène micronational. »  (lien)

EXIT WEST. Roman de Mohsin Hamid, sortie française janvier 2018, Grasset, 208 p

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« Une grande ville au bord de la guerre civile, quelque part au Moyen-Orient. Saïd y rencontre Nadia, une jeune femme indépendante, sensuelle et déterminée. Jour après jour, les explosions, les échanges de tirs et les points de contrôle sauvages transforment un peu plus la vie des habitants en enfer. Nadia et Saïd doivent se cacher pour vivre leur passion naissante, mais l’escalade de la violence finit de les transformer en prisonniers et les pousse à tout tenter pour partir, jusqu’à emprunter l’une de ces portes mystérieuses dont on dit qu’elles ouvrent sur l’Occident…
Avec cette histoire d’amour poignante sur fond d’exil et de crise migratoire, Mohsin Hamid nous prouve par son inventivité de conteur qu’un sujet d’actualité n’exclut pas la poésie ni même la magie. Une fable contemporaine et intemporelle.
 
«  L’un des auteurs les plus talentueux et inventifs de sa génération.  » The New York Times » (lien Grasset)

 

LES TUCHE 3. Comédie française d’Olivier Baroux, 2018, avec JP Rouve, I. Nanty

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« Jeff Tuche, se réjouit de l’arrivée du TGV dans son cher village. Malheureusement, le train à grande vitesse ne fait que passer, sans s’arrêter à Bouzolles. Déçu, il tente de joindre le président de la République pour que son village ne reste pas isolé du reste du territoire. Sans réponse de l’Élysée, Jeff ne voit plus qu’une seule solution pour se faire entendre : se présenter à l’élection présidentielle… Profitant de circonstances politiques imprévisibles, Jeff Tuche et toute sa famille vont s’installer à l’Élysée pour une mission à haut risque : gouverner la France. » (Lien Allociné)

CONVERSATIONS AVEC MONSIEUR POUTINE. Documentaire d’Oliver Stone. 2017

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« Academy Award-winning filmmaker Oliver Stone interviews the Russian president Vladimir Putin about divisive issues related to the US-Russia relations. »

« Granted unprecedented access to both Putin’s professional and personal worlds, Oscar®-winning writer and director Oliver Stone (Platoon, JFK) with the help of his longtime documentary producer Fernando Sulichin, interviewed the Russian leader more than a dozen times over the course of two years, most recently in February following the U.S. presidential elections. Since first becoming the president of Russia in 2000, Putin has never before spoken at such length or in such detail to a Western interviewer, leaving no topic off limits. » (IMDB)

MILLÉNIUM BLUES. Roman de Faïza Guène, Fayard, 2018, 234 pages

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« Le monde a changé à partir du forfait Millénium. Désormais, on se parlerait sans limites. On pourrait se dire autre chose que l’essentiel. La jeunesse devenait Millénium, le monde, sous nos yeux, était en train de devenir Millénium. J’ai le Millénium Blues. Vous l’avez aussi ? Est-ce qu’on en guérira un jour ? »

De la fin des années 1990 à nos jours, Zouzou promène sur son époque son regard d’enfant, d’adolescente, puis de jeune femme, et enfin de mère, tout cela dans le désordre ou presque.
On suit par épisodes, par âges, le parcours tourmenté de ce personnage, reflet de sa génération, bousculée par l’arrivée du nouveau millénaire.
Chaque épisode fort de la vie intime de Zouzou est lié de près ou de loin à un événement de notre vie collective. La coupe du monde 1998, le 11 septembre 2001, le second tour de l’élection présidentielle de 2002 ou encore la Grippe A…
Mais si le monde change à un rythme de plus en plus rapide, une chose demeure : l’amitié qui lie Zouzou à Carmen, et qui va traverser le temps et les épreuves.
Tout commence à Paris, par un accident, en août 2003, en plein cœur de la canicule… (Fayard)

ATELIER DE CONVERSATION. Documentaire de Bernhard Braunstein. 2018. 1h10

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Dans la Bibliothèque publique d‘information, au Centre Pompidou à Paris, des personnes venant des quatre coins du monde se rencontrent chaque semaine, dans l‘Atelier de conversation pour parler français. Les réfugiés de guerre côtoient les hommes d‘affaire, les étudiants insouciants croisent les victimes de persécutions politiques. Malgré leurs différences, ils partagent des objectifs communs : apprendre la langue et trouver des allié(e)s et des ami(e)s pour pouvoir (sur) vivre à l‘étranger. C‘est dans ce lieu rempli d‘espoir où les frontières sociales et culturelles s‘effacent, que des individus, dont les routes ne se seraient jamais croisées, se rencontrent d‘égal à égal. (AlloCiné)

PEUPLE SOUVERAIN. DE LA RÉVOLUTION POPULAIRE A LA RADICALITÉ POPULISTE. Essai de Pascal Ory, 2017, Gallimard, 272 p.

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«Le populisme est une idéologie de synthèse qui permet à la droite de trouver le chemin des classes populaires en adoptant un style de gauche ; la radicalité est une mythologie qui rapproche les extrêmes dans un rejet commun de la réforme et du compromis et facilite, le cas échéant, la circulation de l’un à l’autre. Dans certaines conditions de température et de pression politiques la radicalité de gauche ou la radicalité populiste peuvent accéder au pouvoir. Elles en font alors – dans cet « alors » se niche l’Histoire – un usage qui satisfera, en proportions variées, le goût de l’absolu qui anime les radicaux et la servitude volontaire qui anime les populistes. On appelle ça une catastrophe.» Pascal Ory. (Gallimard)

LA CH’TITE FAMILLE. Film de Dany Boon, France, 2018, 1h47

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Valentin D. et Constance Brandt, un couple d’architectes designers en vogue préparent le vernissage de leur rétrospective au Palais de Tokyo. Mais ce que personne ne sait, c’est que pour s’intégrer au monde du design et du luxe parisien, Valentin a menti sur ses origines prolétaires et ch’tis. Alors, quand sa mère, son frère et sa belle-sœur débarquent par surprise au Palais de Tokyo, le jour du vernissage, la rencontre des deux mondes est fracassante. D’autant plus que Valentin, suite à un accident, va perdre la mémoire et se retrouver 20 ans en arrière, plus ch’ti que jamais ! (AlloCiné)

Comme la moitié de la Belgique. Nouvel Hymne International Belge ! De Raphy Rafaël, 2015

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J’suis à moitié Espagnol
Comme la moitié de la Belgique
Et à moitié Marocain
Comme la moitié de mes copains
J’suis à moitié des Marolles
Comme la moitié de la Belgique
Et à moitié Africain
Comme mon cousin Germain

Comme la moitié de la Belgique
De Bruxelles à Monaco
En passant par les Amériques
Et le Kilimandjaro
Comme la moitié de la Belgique
De Bruxelles à Tombouctou
En passant par les Amériques
Du Pôle Nord jusqu’au Pérou…

J’suis à moitié Hollandais
Comme la moitié de la Belgique
Et à moitié Irlandais
Comme la moitié des Anglais
J’suis à moitié Portugais
Comme la moitié de la Belgique
Et moitié Sénégalais
Comme la plupart des Français!

Comme la moitié de la Belgique
De Bruxelles à Monaco
En passant par les Amériques
Et aussi Sarajevo
Comme la moitié de la Belgique
De Bruxelles à Perpignan
En passant par les Amériques
Et le barrage d’Assouan…

Moi qui suis moitié Flamand
Comme la moitié de la Belgique
Et Wallon l’autre mi-temps
Comme la plupart des gens
Et Bruxellois entre-temps
Comme la moitié de la Belgique
Je trouve ça très amusant
Et je rigole à plein temps.

Comme la moitié de la Belgique
De Bruxelles à Monaco
En passant par les Amériques
Et aussi le Kosovo
Comme la moitié de la Belgique
De Bruxelles à Treblinka
En passant par les Amériques
Et le lac Tanganyika
Et les falaises d’Étretat
Et les chutes du Niagara
Et les bras de Natacha
Avec le Kama-Sutra…

Moi qui suis un chaud latin
Comme la moitié de la Belgique
Avec du sang argentin
Comme tous les Napolitains
Je viens d’un pays lointain
Comme la moitié de la Belgique
Le pays des vrais Humains
Qui se tiennent tous les mains.

Comme la moitié de la Belgique
De Bruxelles à Monaco
En passant par les Amériques
Et le lion de Waterloo
Comme la moitié de la Belgique
Qui n’a plus qu’un seul souhait
Une devise magnifique :
Avec tout votre respect…
“Foutez-nous un jour la Paix!” (Lien)

DÉSIR DE VILLES – PETIT PRÉCIS DE MONDIALISATION V. D’Erik Orsenna & Nicolas Gilsoul. Robert Laffont. 2018, 288 pages

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À ce jour, mars 2018, cinquante agglomérations dépassent, sur notre planète, les dix millions d’humains. Soixante-cinq millions à Hong Kong et dans les alentours de la rivière des Perles ; quarante-deux millions pour Tokyo et son proche voisinage ; trente-cinq millions pour Jakarta…
D’ores et déjà, la moitié de nos compatriotes vivent en ville. Bientôt, dans quinze ans, dans vingt ans, ce seront les deux tiers…
Et si la ville était le creuset de toutes les inventions, le plus formidable des réservoirs de la vie ? Voilà pourquoi, en pestant, en ronchonnant, en rêvant de campagne, on se précipite pour y vivre. Alors, bienvenue dans deux cents villes d’aujourd’hui, dont trente françaises, de Paris à Guéret, de Lyon à Montfermeil. Bienvenue dans la vie moderne. E. O.
(Lien)

LES ROUTES DE LA TRADUCTION. Babel à Genève  –  Du 11 novembre 2017 au 25 mars 2018

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Martin Bodmer a construit sa collection, l’une des bibliothèques privées les plus riches au monde, autour de l’idée de Welt-Literatur. La traduction est au fondement de cette idée même. Il construit sa collection autour de 5 piliers qui sont autant d’aventures de traduction : Homère, La Bible, Dante, Shakespeare et Goethe. Les traductions d’Homère par exemple incarnent toutes les étapes de l’histoire de la notion même de traduction. On s’étripe autour des traductions de la Bible, entre la vulgate de Saint Jérôme et la Réforme de Luther, et elles font exister les langues que nous parlons. Dante fait écho à Virgile, lui-même écho d’Homère : les routes de la traduction sont les routes de la culture. Des trésors de papyri, de manuscrits, d’incunables sont déployés, souvent pour la première fois.

Les routes de la traduction sont aussi les routes du pouvoir – grec, latin, arabe, vernaculaires. C’est de politique qu’il s’agit avec la pratique des traducteurs, un savoir-faire avec les différences qui accueille la langue de l’autre et se transforme en retour. La Suisse, Genève sont des Babel qui parlent quotidiennement plus d’une langue – à moins que ne triomphe une seule, plus pauvre, l’anglais mondialisé…

Cette exposition étonnante rend sensible la différence des langues comme autant de points de vue sur le monde. Elle en joue, avec Goethe et Diderot ou avec Tintin et Heidi, elle met en scène la diversité, celle des idiotismes ou celle des langues des signes.

Et si la traduction n’était pas tant une copie qu’une réinvention ?

Commissariat : Barbara Cassin et Nicolas Ducimetière
Partenariat scientifique : Faculté de traduction et interprétation de Genève

(Lien Fondation)

L’ARCHIPEL DU CHIEN. De Philippe Claudel, Stock, 2018, 288 pages

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« Le dimanche qui suivit, différents signes annoncèrent que quelque chose allait se produire.
Ce fut déjà et cela dès l’aube une chaleur oppressante, sans brise aucune. L’air semblait s’être solidifié autour de l’île, dans une transparence compacte et gélatineuse qui déformait ça et là l’horizon quand il ne l’effaçait pas : l’île flottait au milieu de nulle part. Le Brau luisait de reflets de meringue. Les laves noires à nu en haut des vignes et des vergers frémissaient comme si soudain elles redevenaient liquides. Les maisons très vite se trouvèrent gorgées d’une haleine éreintante qui épuisa les corps comme les esprits.
On ne pouvait y jouir d’aucune fraîcheur.
Puis il y eut une odeur, presque imperceptible au début, à propos de laquelle on aurait pu se dire qu’on l’avait rêvée, ou qu’elle émanait des êtres, de leur peau, de leur bouche, de leurs vêtements ou de leurs intérieurs. Mais d’heure en heure l’odeur s’affirma. Elle s’installa d’une façon discrète, pour tout dire clandestine. » (Lien)

FIFDH 2018 GENEVE – Festival du film et forum international sur les droits humains

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Le programme et toutes les infos ici     Petit florilège…

Les réfugiés de Saint-Jouin de Ariane Doublet. France, 2017, 57’, vf. Sous l’impulsion de leur maire, les habitants d’un petit village normand décident d’accueillir une famille de réfugiés syriens. Entre préparatifs, lenteurs administratives, espoirs et résistances, les villageois sont confrontés à une toute autre réalité lorsque ces réfugiés deviennent leurs voisins. Retour sur une guerre sans n à travers un bel exemple de projet citoyen et solidaire.

Débat « Migration : les compétences s’exilent aussi ! » Il n’y a pas de migrants ou de migrantes. Il y a des hommes, des femmes et des enfants, chacun avec une vie avant l’exil, une maison, une famille, avec une occupation, un métier, des ami.e.s d’école ou de jeu.

Le « Wir Schaffen Das » – « nous pouvons le faire » –  d’Angela Merkel a marqué l’histoire de la crise migratoire en Europe.  En trois mots, la Chancellière allemande exprimait à la fois ce qu’elle considérait comme la responsabilité des Européens face aux victimes de la guerre et le sentiment qu’une politique d’accueil généreuse était possible. Sa position a indéniablement contribué à durcir et à radicaliser les opinions publiques. Etait-ce donc une utopie ? Non, continuent aujourd’hui de dire certains. Exemples à l’appui, ils défendent l’idée que l’intégration économique des personnes migrantes par le travail reste une solution possible et incontournable. Pas de faux-semblants, de non-dits, ni de politiquement correct dans Strangers In Paradise, de Guido Hendrikx, qui aborde la question de la migration d’une manière extraordinairement originale.

Stranger in Paradise de Guido Hendrikx. Pays-Bas, 2016, 72’, vo ang/fr/nl, st ang/fr.Dans une salle de classe à Lampedusa, un enseignant pour le moins surprenant détricote les imaginaires des réfugié.e.s à travers trois visages de notre continent: l’Europe sévère, l’Europe bienveillante et l’Europe réelle. Ce docu-fiction profondément original est une critique cinglante, qui interpelle avec brio l’absurdité des politiques d’asile, mais aussi celle de nos propres représentations. 

Un jour ça ira. de Edouard Zambeaux & Stan Zambeaux. France, 2018, 72’, vo fr. «Je transporte ma vie en valise. Comme c’est lourd de déménager, j’ai appris à vivre léger. C’est ça, être un serial déménageur ». Lorsque Djibi et Ange arrivent au centre d’hébergement de l’Archipel, à Paris, ils découvrent un lieu hors du temps, où l’on apprend à chanter, à écrire des articles et à faire du théâtre. Un lieu magique où l’on offre à ceux qui n’ont plus rien un peu d’humanité… et des éclats de rire.
Evénement « Autour de « Human Flow » : this crisis is our crisis« . Quand l’un des plus grands artistes contemporains, Ai Weiwei, pose son regard sur le désastre humanitaire que représentent les 65 millions de migrants à travers le monde, il fait preuve d’une amplitude et d’un humanisme sans précédent. Human Flow est un cri d’alerte : nous ne pouvons pas détourner le regard, il faut une action immédiate de la part des citoyens et des gouvernements. Le film est actuellement présenté partout à travers le monde, avec un écho sans précédent. La première projection de cette œuvre essentielle à Genève, capitale des droits de l’homme et siège du Haut Commissariat des Nations Unies aux réfugiés, est un symbole important et l’occasion de faire résonner cet appel avec puissance. Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies aux Réfugiés, rejoindra Ai Weiwei pour une conversation de toute première importance.

Intégrations: Récits en Images (IRIS). Organisé en partenariat avec l’Hospice général, Point Prod et le FIFDH, Intégrations: Récits en Images (IRIS) porte un regard neuf sur l’intégration. En permettant aux exilé.e.s de se réapproprier leur parole, des résident.e.s de foyers d’accueil ont réalisé des courts-métrages sur leurs parcours d’intégration à Genève.

Les personnes migrantes vous accueillent. Trois centres d’hébergement collectif (CHC) pour personnes migrantes vous ouvrent leurs portes (Presinge, Anières, Tattes). Le Centre Frank-Thomas se joint à un événement à la Maison de Quartier des Eaux-Vives et le CHC de Saconnex investit l’Aula des Coudriers. Au programme: des projections de films du Festival, une performance de théâtre, des expositions, des courts métrages réalisés par les résidents des centres, de la cuisine en commun et des buffets érythréens, syriens, somaliens ou afghans, ainsi que des discussions entre des invité.e.s du festival, les résident.e.s des centres et le public. Ces événements participent à faire de ces centres des acteurs à part entière de la vie locale et favorisent les rencontres. Venez faire connaissance !

EXIL. RedCross Museum Genève. Du 14 mars au 25 novembre 2018

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Fuir un pays, quitter sa famille, ses amis, ses repères, traverser des frontières, des lignes de démarcation, à pied, en bateau, pour aller vers un ailleurs dont on ne connaît pas forcément la forme, ni les contours. C’est la réalité de l’exil.

Plus de 300 photographies saisies par les photojournalistes de Magnum racontent le voyage du migrant, la marche, l’attente, l’incertitude, la peur, mais aussi l’espoir. Le travail de figures historiques de l’agence tels que Robert Capa, Werner Bischof et Raymond Depardon vient côtoyer celui de photographes contemporains présents sur le terrain.

De la guerre d’Espagne à celle du Vietnam, du conflit des Balkans à celui qui a embrasé le Moyen-Orient en passant par l’arrivée de réfugiés aux portes de l’Europe, l’exposition offre une plongée documentaire passionnante dans l’histoire du monde et de l’humanité et questionne des notions aussi diverses que celles de territorialité, de géopolitique, de contextes économiques et de frontières mentales.

Pour illustrer ces mouvements, EXIL offre une scénographie audacieuse et rompt avec l’accrochage traditionnel. Les visiteurs sont invités à prendre en main les photographies ; se crée ainsi un rapport complètement différent avec l’image et le destin des personnes figurées.

Enfin, des œuvres d’art contemporain provenant du Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris viendront enrichir le propos et offrir des éclairages multiples sur les thématiques abordées. (lien)

BERLINALE 2018. Festival international de films

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Autour des routes de l’Exil… (toutes les infos ici)

AFTER/LIFE. De Puck Lo, USA, 2018. The American military has used the Arizona desert on the US border to Mexico for staging field manoeuvres since the end of World War Two. Abandoned relics strewn across the landscape bear witness to 60 years of developments in the machinery of war. Helicopters cruise above the vast area and pilots practice dropping bombs. Between these war games and the reality of surveillance cameras, border patrols and fences, migrants attempt to make their way across the desert to reach the United States. Cacti can be lifesavers, but sometimes it’s even too late for them to be of any aid. The desert claims its victims, those that manage to make it past the patrols. But there are also individuals here who help those adrift in a no man’s land between war games and reality. Those that recover the dead. Director Puck Lo accompanies the volunteers on their rescue patrols and discovers images far removed from speculation and voyeurism. Her film is characterised throughout by a great serenity.

ELDORADO. Documentaire de Markus Imhoof, CH/All, 2018

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When Markus Imhoof, born in 1941, was a little boy in Switzerland, his parents took in a young Italian refugee named Giovanna. But global politics tore apart the children’s friendship. The director’s memories of those events have prompted him to address Europe’s current refugee policy. An Italian naval ship off the coast of Libya takes on board 1,800 boat people, none of whom would have a chance to come to Europe legally. From the ship they are taken to a refugee camp where they spend between eight and fifteen months on average. ‘We don’t promise them paradise, but it gets better every day,’says one aid worker. For those who choose to leave the camp, often the only option is to work illegally: women are forced into prostitution and men hire themselves out to work on tomato plantations. As one of those affected concludes: ‘This isn’t life, it’s not even survival.’ And what about the few who are accepted by Switzerland? Imhoof’s film questions the system of organised aid, which delivers refugees into a vicious circle largely determined by economic interests. A quiet film which becomes a powerful reminder.

TRANSIT. De Christian Petzold. All/FR, 2018

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The German troops are just outside Paris. Georg escapes to Marseille at the last moment. His luggage contains the legacy of a writer named Weidel, who took his own life out of fear of persecution. This legacy comprises a manuscript, some letters and the Mexican Embassy’s assurance of a visa. Only those who can prove that they will leave are allowed in this port town, and this means you need an entry permit from a potential host country. Assuming the identity of Weidel, Georg tries to obtain one of the few scarce passages on a ship. Talks between refugees take place in the corridors of his small hotel, the waiting rooms of consulates, and the cafés and bars down at the harbour. Georg befriends Driss, the son of his late comrade Heinz, who died whilst trying to flee. But when he meets the mysterious Marie, his plans change. Transit is based on Anna Seghers’ eponymous novel which she wrote in exile. The film is set in contemporary Marseille where these characters from the past move around. And so, refugees from back then meet refugees from today, history meets the present, and all of their stories combine to create one eternal transit space.

FORTUNA. De Germinal Roaux. CH/BEL, 2018. ‘Please hear my prayer. You know that I need your help. You know that I am alone. In a country I don’t know. In a language I don’t speak. In a life I don’t understand.’  In a monastery at the heart of the snow-covered massif of the Swiss Simplon pass, 14-years-old Fortuna folds her hands in prayer, kneeling before a statue of the blessed mother. A photograph of her parents, not seen since the traumatic crossing of the Mediterranean, keeps their memory alive. Like many other refugees, the Ethiopian girl has found shelter with Catholic friars – for the interim, until her residency status is resolved. Lonely and filled with longing to be comforted, Fortuna bears a secret, one which she even keeps from the abbot. With a grand palette of images, from the violently churning sea to the sublimely menacing Alpine peaks, Germinal Roaux paints the portrait of a soul left stranded and attempts to fathom the limits of love.

ZENTRALFLUGHAFEN THF. Documentaire de Karim Aïnouz. 2018

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Tempelhof Airport in Berlin is Europe’s largest heritage building. It became a symbol of both National Socialist self-aggrandisement as well as of freedom during the airlift of 1948/49. Since autumn 2015 several hangars have been providing temporary shelter for refugees. Like the other 2,000 people here who have fled their homeland, Ibrahim from Syria and Qutaiba from Iraq dream of being able to make a new start. Full of hope, they work with translators, doctors, language teachers and job agents to prepare for life in their new German home. The lack of private space and communication and administrative barriers are some of the challenges they face while, on the nearby recreation area of Tempelhofer Feld, Berliners and tourists escape their daily routine. Chaos and harmony: two very different worlds in one place.
Karim Aïnouz spent a year following these men in search of a place they can call home. The film’s sensitive and well-composed images capture their lives that are shaped by uncertainty, stress and anguish, but also jollity and aspirations. The building’s architecture and the changing seasons add a surreal dimension. A portrait of a city within a city that is also a snapshot of Europe caught between utopia and crisis.

JUPITER’S MOON. Film de Kornél Mundruczó, 2017

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Un jeune migrant se fait tirer dessus alors qu’il traverse illégalement la frontière. Sous le coup de sa blessure, Aryan découvre qu’il a maintenant le pouvoir de léviter. Jeté dans un camp de réfugiés, il s’en échappe avec l’aide du Dr Stern qui nourrit le projet d’exploiter son extraordinaire secret. Les deux hommes prennent la fuite en quête d’argent et de sécurité, poursuivis par le directeur du camp. Fasciné par l’incroyable don d’Aryan, Stern décide de tout miser sur un monde où les miracles s’achètent. (AlloCiné)

MEKTOUB MY LOVE. Film d’Abdellatif Kechiche, FR, 2018, 2h55

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Sète, 1994. Amin, apprenti scénariste installé à Paris, retourne un été dans sa ville natale, pour retrouver famille et amis d’enfance. Accompagné de son cousin Tony et de sa meilleure amie Ophélie, Amin passe son temps entre le restaurant de spécialités tunisiennes tenu par ses parents, les bars de quartier, et la plage fréquentée par les filles en vacances. Fasciné par les nombreuses figures féminines qui l’entourent, Amin reste en retrait et contemple ces sirènes de l’été, contrairement à son cousin qui se jette dans l’ivresse des corps. Mais quand vient le temps d’aimer, seul le destin – le mektoub – peut décider.(AlloCiné)

PLUS JAMAIS SEUL. Polar de Caryl Férey, Gallimard, 2018, 320 pages

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Premières vacances pour Mc Cash et sa fille, Alice. L’ex-flic borgne à l’humour grinçant – personnage à la fois désenchanté et désinvolte mais consciencieusement autodestructeur – en profite pour faire l’apprentissage tardif de la paternité.
Malgré sa bonne volonté, force est de constater qu’il a une approche très personnelle de cette responsabilité.
Pour ne rien arranger, l’ancien limier apprend le décès de son vieux pote Marco, avocat déglingué et navigateur émérite, heurté par un cargo en pleine mer.
Pour Mc Cash, l’erreur de navigation est inconcevable. Mais comment concilier activités familiales et enquête à risque sur la mort brutale de son ami? (Gallimard)

CRÉPUSCULES. Roman de Joël Casseus, Le Tripode, 2018, 162 pages

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« Je lève le visage et je la regarde et elle observe les lacérations sur mes iris et me montre le ciel. J’entends le bruit des ailes des drones qui craquent dans les nuages. Ils sont une douzaine peut-être et se dirigent tous vers l’ouest en faisant le même bruit. C’est la première fois que je prends conscience qu’elle entend le bruit des drones, le bruit de la guerre et son regard doit probablement ressembler à celui que j’avais avant que mes yeux soient à jamais changés, avant que l’indifférence taise presque tous mes sentiments. »

Crépuscules narre le destin de huit personnages réfugiés dans une zone extra-légale, à la marge d’un pays sans nom hanté par la guerre. Il s’agit du premier roman de Joël Casseus publié par Le Tripode. (Lien éditeur)

DEHORS. Pamphlet de Yann Moix. Editions Grasset, juin 2018, 368 pages

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« DEHORS est une lettre ouverte au président de la République ; il s’agit d’un appel, d’un SOS : dire à quel point les jeunes exilés, à Calais et ailleurs, font les frais d’une politique absurde. Une politique « migratoire » qui les empêche de sortir de notre territoire, alors que, tous ou presque, veulent rallier l’Angleterre. Ces « migrants » sont des exilés : ils sont partis de chez eux parce qu’ils ne pouvaient y rester. La migration est une procédure, l’exil est une aventure. La migration est un déplacement, l’exil est un bannissement. Cette lettre ouverte veut dire une chose : l’honneur de la France serait d’aider ces enfants courageux, qui n’ont plus rien d’autre à sauver que leur vie. L’histoire nous regarde. Ne lui faisons pas honte. » (lien éditeur)

OSONS LA FRATERNITÉ. LES ÉCRIVAINS AUX CÔTÉS DES MIGRANTS. Editions Philippe Rey, 2018, 320 pages

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Tous, ensemble, nous sommes bien plus grands que nous. C’est ce « plus grand » qu’il nous faut deviner. Qu’il nous faut invoquer. Patrick Chamoiseau et Michel Le Bris

Trente écrivains et artistes racontent des histoires singulières de migrations. Ils parlent exils, exodes, familles brisées, espoirs trahis ou réalisés, surprenantes rencontres, expériences uniques : leurs paroles s’insurgent et appellent à une nouvelle fraternité. Des textes d’humour aussi lorsque, par exemple, tous les mots d’origine étrangère quittent le dictionnaire en protestation contre le sort fait aux migrants… Ou des récits d’anticipation figurant un choc de civilisations sur fond de flux migratoires.

D’autres textes dénoncent les violences et barbaries à l’oeuvre, ainsi que les guerres des identités, pour interroger : face à ces drames, que sommes-nous prêts à accomplir ou à refuser pour demeurer des êtres humains ?

Un ouvrage que l’on refermera sur une note d’espoir, avec une Déclaration des poètes et un Manifeste pour une mondialité apaisée, visant à transformer notre rapport à l’hospitalité.

En acceptant que la totalité de leurs droits soit reversée au Gisti (Groupe d’information et de soutien aux immigrés), ces auteurs accomplissent un acte artistique d’engagement, affirmant leur volonté de contribuer à un monde plus altruiste, animé par une éthique active de la relation. (lien éditeur)

BIENVENUE EN SUISSE. Documentaire de Sabine Gisiger, 2018, 1h33, Filmcoopi

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À l’été 2015, 1 million de personnes déplacées cherchent refuge en Europe. Parmi elles, 40’000 parviennent en Suisse. Andreas Glarner, maire de la riche commune d’Oberwil-Lieli dans le canton d’Argovie, veut frapper un grand coup et refuse d’héberger 10 réfugiés dans son village. Étudiante et fille d’un agriculteur-maraîcher local, Johanna Gündel organise avec le groupe IG Solidarität la résistance contre cette politique d’opposants. La conseillère d’Etat verte Susanne Hochuli, responsable de l’accueil des requérants d’asile dans le canton d’Argovie, craint que les peurs et les débats idéologiques empêchent de trouver des solutions intelligentes.

Basé sur les événements à Oberwil-Lieli, le documentaire « Bienvenue en Suisse » de la réalisatrice zurichoise Sabine Gisiger (« Yalom – La thérapie du bonheur ») raconte la Suisse en ces temps de grande crise migratoire – ce que ce pays au cœur de l’Europe a été, souhaite être ou pourrait devenir. (lien distributeur)

LA DANSE DU CHAGRIN. Documentaire de Bernie Bonvoisin, Don Quichotte, 2018

« Je suis venu au Liban, voir ce qu’il en était de ces hordes de crevards qui prenaient d’assaut nos frontières, pour nous voler nos emplois et cramer nos allocs. J’ai décollé mon cul de mon divan, éteint ma télé après 59 mois passés à regarder le peuple syrien se faire écraser dans un silence vertigineux. J’ai vu la lumière au milieu de cette misère… »

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Editions Don Quichotte, 2018, 240 pages

« Un jour d’été 2015, après le choc éprouvé à la diffusion d’un documentaire sur les enfants d’Alep assiégée, Bernie décide de se rendre au Liban, avec une équipe de tournage, et d’aller à la rencontre des jeunes Syriennes et Syriens réfugiés au pays du Cèdre.

Dans les camps et les squats de fortunes où les exilés forcés survivent dans un dénuement extrême, le long de la frontière, il veut recueillir les mots d’une enfance volée par la guerre et le terrorisme, dont l’innocence anéantit tous les discours politiques. Là, il rencontre une génération sacrifiée à la maturité spectaculaire, le futur de la Syrie.

Marwan, 13 ans, réfugié dans un camp, ramasse des pommes de terre pour deux euros par jour, et nourrit sa famille dans un pays qui interdit aux adultes étrangers de travailler.

Sally, 12 ans, est sûre qu’une fois la guerre finie, elle deviendra la prochaine Rihanna ; ses pas de danse, d’une grâce irréelle, émeuvent Bernie aux larmes.

Chayma, du haut de ses 11 ans, écrit au secrétaire général de l’ONU : dans sa lettre, elle raconte comment on a détruit sa maison, tué ses amis, brûlé son école. Qu’elle a dû s’enfuir et tout laisser, comme tant d’autres êtres de chair, de sang, et non de simples chiffres au bas des rapports des puissances occidentales. Si on lui rend sa terre, assure-t-elle, elle nous laissera nos chiffres… »

Lien Editeur

LA VILLE-MONDE. Documentaire de Antarès Bassis, Les Films du Balibari (FR), Stenola Production

« Depuis la fin 2015, l’afflux de migrants s’est considérablement accru dans le nord de la France. Le maire de Grande-Synthe, soutenu par Médecins Sans Frontières et contre l’avis de l’État, a ouvert au lieu-dit La Linière, un camp « humanitaire et provisoire » pour 2 500 réfugiés.

 

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Documentaire d’Antarès Bassis, diffusé sur France 3 21/7/2018

Mais selon Cyrille Hanappe, architecte utopiste, le provisoire devient parfois définitif. Il faut, selon lui, envisager cette construction éphémère comme un nouveau quartier de la ville, qui ouvrirait un champ des possibles tant pour les réfugiés qui s’y installent, que pour les habitants qui accueillent.

Quelle inspiration peut naître d’une volonté de changer le monde, quand l’urgence emporte toutes les énergies ? » (stenola)

Liens productions : stenola / balibari

 

A LAND IMAGINED. Fiction de Yeo Siew Hua, 2018, 95′

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« Singapour gagne chaque année plusieurs mètres sur l’océan en important des tonnes de sable des pays voisins – ainsi que de la main d’œuvre bon marché.
Dans un chantier d’aménagement du littoral, l’inspecteur de police LOK enquête sur la disparition d’un ouvrier chinois, WANG, jusqu’alors chargé de transporter des ouvriers. C’est ainsi qu’il est devenu ami avec AJIT, ouvrier bangladais.
Insomniaque, Wang fréquentait la nuit un cybercafé, nouant une étrange relation virtuelle avec un gamer qui semble le manipuler. Quand Ajit disparaît sans prévenir, Wang soupçonne une machination et fait sa propre enquête… avant de s’évaporer à son tour.
Lok finira par retrouver la trace de ces personnages déboussolés dans un pays où aucun repère n’est stable, pas même ses limites géographiques. » Lien distributeur
Léopard d’or Festival de Locarno 2018 Lien Festival de Locarno
LA FRANCE QUI ACCUEILLE. Jean-François Corty, Dominique Chivot, Les Editions de l’Atelier, 2018, 160 pages
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« Impossible, dit-on, de faire plus de place aux réfugiés dans notre pays. Parce qu’ils sont trop nombreux, parce qu’on manque de moyens… Pourtant, envers et contre tout, il existe une France qui accueille. Quelle est-elle ?
Ce sont ces gens qui croisent une fois, deux fois, des réfugiés, et qui, la troisième fois, se disent qu’ils ne peuvent plus passer devant eux sans rien faire. Ce sont ces maires qui pensent que leur commune a les moyens d’accueillir des familles et que la population locale n’a rien à y perdre, et peut-être même tout à y gagner. Ce sont ces associations
qui s’engagent pour organiser un accueil large et digne, où la solidarité l’emporte sur le contrôle et la répression.
Cet ouvrage propose un tour de France de l’hospitalité : il raconte des histoires d’accueil, sans complaisance mais avec le souci de sortir du pur débat d’idées et de mettre un pied dans la réalité de ces expériences.
Car il existe indéniablement en France un vivier de solidarités, mais trop souvent contrecarré par le manque de volonté politique des pouvoirs publics et par un climat d’inquiétude et de méfiance. En réponse aux discours de peur et de repli, ce livre met en lumière la France qui accueille pour donner envie à chacun de la rejoindre. »
QUATRE VILLAGES – UN PAYS. Série diffusée sur RTS, été 2018, 7 épisodes
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« Le quotidien de quatre villages situés dans nos diverses régions linguistiques sera mis en lumière à travers plusieurs villageois emblématiques. De l’enseignant au syndic, comment se déroulent les journées à Onnens (Vaud), Luthern (Lucerne), Vira Gambarogno (Tessin) et Salouf (Grisons)? Quelles similitudes, quelles différences? Un programme en sept épisodes pour découvrir la vie parfois contrastée de ces villages qui composent notre pays. »
« A travers les portraits croisés de ses habitants, découvrez la vie de quatre villages dans les quatre régions linguistiques de Suisse. Onnens pour la Suisse romande, Luthern pour la Suisse alémanique, Vira Gambarogno au Tessin et Salouf dans les Grisons. Une émission nationale où l’on compare la vie des protagonistes qui ont un point commun au-delà des frontières linguistiques. » Lien RTS
EXIL & ODYSSÉE. Créations de Sonia Wieder-Atherton
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“De tous temps, en tous lieux, des peuples oppressés ont fui.
Poussés par la guerre, par la famine, par l’extrémisme, par la folie meurtrière des hommes.
Qu’ils soient chassés, déplacés, emmenés, arrachés à leurs vies.
Qu’ils viennent d’Asie, d’Afrique, d’Europe ou des Amériques.
Qu’ils semblent rescapés de l’Histoire ou écorchés vifs par notre actualité.
Ils sont revenus, ils ont dit, ils ont écrit,
Ces mots nous parviennent, ces langues ont survécu au temps et à l’oubli.
Exil est né parce que j’ai ressenti l’envie, peut-être même le besoin de me trouver face à ces mots si rarement prononcés.
Le besoin de les entendre et de les faire entendre.
De découvrir comment dans certaines forêts, des communautés de migrants s’organisent en un peuple prêt à recevoir la loi.
D’entendre le récit de Cassius, 12 ans, rescapé du génocide rwandais.
Celui de Rithy Pahn à la recherche de l’image manquante, disparue au Cambodge.
Le cri lancé par Charlotte Delbo, Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que tout ceci est inexplicable.
Et quelques années après celui de Maya Angelou, Antigone des temps modernes.
J’ai eu besoin d’entendre la langue extraordinaire du récit de la Dame de Qin, un poème disant l’histoire d’une femme victime d’une révolte sanglante dans la Chine du Ve siècle. Et enfin, écouter le récit que fait la Bible de l’errance de ceux qui partirent de Succoth et campèrent à Etham, à l’extrémité du désert…
Donnant ainsi la main à ceux qui aujourd’hui traversent les déserts.
Puis, j’ai imaginé le grand duo de Galina Ustvolskaya pour violoncelle et piano dont les cinq mouvements, comme des flèches de feu, marqueraient l’espace et le temps.
C’est alors que m’est revenue l’émotion que j’ai ressentie quand j’ai pour la première fois vu le travail des jeunes acteurs chanteurs de la Compagnie Sans Père et de Sarah Koné.
Ainsi, c’est à eux, à leurs voix, à leurs présences, à leurs regards, si différents et si intenses que j’ai eu envie de confier ces textes. Eux qui jamais ne prétendraient faire croire qu’ils pourraient être ces personnes, et en même temps pourraient être chacune d’elles.
J’ai voulu que la voix de mon violoncelle joigne leurs huit voix.
Créant un chœur de voix parlées, chantées.
Comme pour se soutenir. Comme pour continuer.”
Retrouvez sa Masterclass sur France Culture
UNE CONSTITUANTE MIGRANTE. Symposium-Performance. Centre Pompidou 
28 & 29 janvier 2017. Dans le cadre du Festival Hors Pistes 2017Me-grant-Babi2

« L’assemblée constituante migrante est une communauté négative, qui ne peut, par définition, se constituer, en tant que nation. Elle est l’assemblée de ce peuple qui manque, de ce peuple mineur, éternellement mineur. A partir de cet énoncé paradoxal, « Une Constituante Migrante », que pourrait être une constitution dont le sujet politique migre.

Une Constituante dont la mer en serait la terre manquante et dont l’assemblée serait ordonnée par la communauté des disparus, la communauté des vies migrantes et perdues, aujourd’hui en Méditerranée – route la plus mortelle du 21ème siècle – , hier durant la Traite. Sa langue serait la traduction comme nous le soufflent Camille de Toledo et Barbara Cassin. Son histoire serait celle du silence de la mer. Le sujet politique de notre Constituante se définirait à partir des migrances, de nos identités spirales et multi-scalaires, dont le centre de gravité serait celles et ceux qui subissent aujourd’hui le plus cruellement les politiques migratoires.

Ce n’est pas la mer ou la frontière que nous avons traversées, c’est les mers et les frontières qui nous ont traversées. Cette assemblée en exil, « qui n’appartient pas », au sens où Derrida dit qu’« une langue, ça n’appartient pas », est appelée à s’infinir, défaisant le lieu de séparation entre son dedans et son dehors. Notre Constituante migrante est en cela l’a-réalisation d’une communauté migrante, son incompossibilité même. Elle cherche, pour autant, délibérément une forme instituante. Si celle-ci s’ouvre, d’abord, par un espace de déposition, de procès-verbal et de jugement, rendre compte de, témoigner de – nous cherchons ici à documenter, à qualifier les responsabilités des vies perdues, s’il s’agit d’ouvrir un débat public et une controverse politique, cette assemblée est aussi une expérience de pensée, une simulation. Chacun des membres de cette assemblée est amené à proposer un article, article qui sera négocié, amendé avant d’être adopté ou rejeté à l’issue de ces deux jours. Trois scribes ressaisiront en direct les propositions d’articles et discussions collectives pour aboutir à un brouillon de la Constitution. Le texte final, ne s’interdit aucun possible linguistique, aucun écart, il est le lieu de nos langues – poétiques, philosophiques, techniques, politiques – et traversé par de multiples migrances linguistiques, par toutes nos langues exilées, superposées en nous-mêmes. »

Avec Michel Agier / Mehdi Alioua / Nisrine Al Zahre / Kader Attia / Babi Badalov / Marie-Laure Basilien Gainche / Etienne Balibar / Tania Bruguera / Yves Citton / Catherine Coquio / Mahmoud El Hajj / Sylvain George / Charles Heller & Lorenzo Pezzani (Forensic Oceanography) / Marielle Macé / Mathieu Larnaudie / Carpanin Marimoutou / James Noël / Philippe Rekacewicz / Emmanuel Ruben / Dorcy Rugamba / Camille de Toledo / Samy Tchak / Sébastien Thiéry – le P.E.R.O.U. / Camille Louis & Etienne Tassin & Léa Drouet / Laurent de Sutter / Françoise Vergès / Abdourahman Waberi / la coordination des sans papiers du 93 / la coordination des sans papiers du 75 – CISPM / Migreurop / RESOME (Réseau Etudes Supérieures et Orientation des Migrant.e.s et Exilé.e.s) / Paris d’Exil – collectif parisien de soutien aux exilés / Réfugiés Bienvenue / et avec le public.

Une proposition de Aliocha Imhoff & Kantuta Quirós / le peuple qui manque
Scénographie : Adel Cersaque

Retrouvez toutes les infos sur le site Le peuple qui manque

NUL HOMME N’EST UNE ÎLE. Documentaire de Dominique Marchais, France, 2017, 96′

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« Nul Homme n’est une île est un voyage en Europe, de la Méditerranée aux Alpes, où l’on découvre des hommes et des femmes qui travaillent à faire vivre localement l’esprit de la démocratie et à produire le paysage du bon gouvernement. Le local serait-il le dernier territoire de l’utopie ?

Des agriculteurs de la coopérative le Galline Felici en Sicile aux architectes, artisans et élus des Alpes suisses et du Voralberg en Autriche – tous font de la politique à partir de leur travail, plutôt de la politique leur travail – se pensent un destin commun.

«  Il fallait faire encore un pas et aller voir ce que pourrait être des gens qui s’émancipent. J’avais besoin de m’inspirer d’autres cultures politiques. Pour moi, mes deux premier films déconstruisent l’identité française. Le troisième, c’est comment on reconstruit une identité à un autre échelon, européen si on veut, ou même une identité sans territoire. Pas du tout l’idée d’un localisme enraciné.

Montrer, avec un peu d’ironie mais pas trop, que des suisses et des autrichiens opulents et des siciliens dans la mouise ont beaucoup plus en commun que ce qu’on pourrait croire. »

Dominique Marchais  Lien site distributeur

 

FRENCH IN THE CITY. Série de reportages diffusés par M6, chaque samedi 18h40

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« Qui n’a pas rêvé, un jour, de visiter des villes mythiques à travers le monde ? Chaque semaine, « French in the city » vous présente une de ces villes à travers les yeux de Français qui y vivent depuis un, cinq, dix ans ou plus, certains par envie et choix de vie, d’autres par nécessité.

Système éducatif, gastronomie, loisirs mais aussi business, ces Français sont souvent confrontés à un véritable choc culturel. S’adapter à ce nouvel environnement, un pari pour les parents, mais aussi pour les enfants. Mais quand le charme opère, nombreux sont ceux qui y restent. Ces Français aux parcours divers nous guident dans les secrets de leur ville adoptive et nous racontent ce qui la rend magique et unique à leurs yeux. » 6play.fr

VAS, VIS ET DEVIENS. Film de Radu Mihaileanu, 2005, 2h20

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En 1984, des milliers d’Africains de 26 pays frappés par la famine se retrouvent dans des camps au Soudan. A l’initiative d’Israël et des Etats-Unis, une vaste action est menée pour emmener des milliers de Juifs éthiopiens vers Israël.
Une mère chrétienne pousse son fils de neuf ans à se déclarer juif pour le sauver de la famine et de la mort. L’enfant arrive en Terre Sainte. Déclaré orphelin, il est adopté par une famille française sépharade vivant à Tel-Aviv. Il grandit avec la peur que l’on découvre son double-secret et mensonge : ni juif, ni orphelin, seulement noir. Il découvrira l’amour, la culture occidentale, la judaïté mais également le racisme et la guerre dans les territoires occupés.  Lien AlloCiné

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