HIGHLIGHTS 2020

 

L’EXIL DE LA BEAUTÉ. Essai de Rudy Ricciotti. Editions Textuel, 2019, 96 pages

ExilBeauté

 » Rudy Ricciotti, fidèle à sa réputation de pamphlétaire, livre dans cet entretien une dénonciation de la culture officielle de la beauté. De la célébration de l’art contemporain à l’esthétique de supermarché en passant par le culte obligatoire de la nature, cette doxa est pour Rudy Ricciotti un étouffoir de la pensée critique et un masque pour toutes les beautés singulières qu’il entend défendre. Car Rudy Ricciotti veut croire à la beauté comme une présence capable d’intensifier nos désirs. Devant l’échec du projet d’émancipation de la culture au profit des loisirs et de la consommation, Rudy Ricciotti revendique une beauté « non conforme ».
« Ce n’est pas du tout à l’ordre du jour de parler de beauté. L’époque est plutôt aux ordres de la terreur et de ses promesses. Ce sont les anathèmes qui tiennent en haleine les affaires du monde et coupent la chique aux débats. Les faits sont là, alimentant quotidiennement nos craintes, nous préparant insidieusement à courber l’échine. La beauté ne s’exile pas volontairement. Son départ est conditionné par une fatigue généralisée des curiosités. Invisible à force d’être ignorée, nos comportements la chassent. Et nous seuls portons la responsabilité de sa disparition.
J’ai pris goût à rechercher avec persévérance la beauté qui émancipe, à prendre le risque de me fourvoyer. C’est une démarche individuelle. Elle récuse la désillusion esthétique totale en cours dans les milieux culturels.
Sans effort, rien ne vient, sinon l’impérialisme obscène de valeurs omniprésentes imposant aux consommateurs de manger des yaourts en regardant le packaging d’une esthétique de pacotille. Se soustraire au matraquage des codes de la consommation réveille en douceur le désir. Mais la quête de la beauté ne délivre pas un certificat d’impunité. Il y a des coups à prendre… » Editeur

 

REFUGE – DANS L’INTIMITÉ DE L’EXIL. Projet photographique de Bruno Fert. 2019, Autrement

refuge

« Habiter est ce que nous avons tous en commun. Que nous soyons nomades ou sédentaires, nous habitons tous. Les abris temporaires des populations migrantes reflètent leur personnalité, tout comme nos appartements et nos maisons parlent de nous. C’est à partir de ce point commun que je veux amener le public à s’identifier, à se mettre à la place de l’autre en observant son lieu de vie. » Bruno Fert

Depuis 2016, Bruno Fert parcourt les camps de réfugiés de Grèce, d’Italie, de France, pour y photographier l’habitat provisoire – abris de fortune, chambres, appartements – où ceux qui ont fui leur pays recréent une intimité, une attache, une identité. Un travail documentaire exceptionnel, témoignage de ce moment charnière de l’exil, où la reconstruction de soi passe par l’appropriation de son propre intérieur. Lien éditeur

MIROIR DE NOS PEINES. Roman de Pierre Lemaître. Albin Michel, 2020, 544 p. La France sur la route

lemaitre

Avril 1940. Louise, trente ans, court, nue, sur le boulevard du Montparnasse. Pour comprendre la scène tragique qu’elle vient de vivre, elle devra plonger dans la folie d’une période sans équivalent dans l’histoire où la France toute entière, saisie par la panique, sombre dans le chaos, faisant émerger les héros et les salauds, les menteurs et les lâches… Et quelques hommes de bonne volonté.
Il fallait toute la verve et la générosité d’un chroniqueur hors pair des passions françaises pour saisir la grandeur et la décadence d’un peuple broyé par les circonstances.
Secret de famille, grands personnages, puissance du récit, rebondissements, burlesque et tragique… Le talent de Pierre Lemaitre, prix Goncourt pour Au revoir là-haut, est ici à son sommet. Lien éditeur

PAVILLON SUISSE 17E BIENNALE VENISE 2020. Exploration de la frontière par les architectes et artistes M. Ayoub, V. Lacaille, F. Aragno, P. Szczepski

FRONTIERE

Projet sélectionné par Pro Helvetia pour réaliser le Pavillon suisse de la 17e Biennale internationale de Venise 2020.

Avec son projet, l’équipe romande (Mounir Ayoub et Vanessa Lacaille, du Laboratoire d’architecture de Genève, ainsi que le cinéaste Fabrice Aragno et l’artiste Pierre Szczepski) explore la frontière comme phénomène spatial. L’originalité de sa proposition ? Aller à la rencontre des habitants aux confins des frontières du territoire suisse, pour mieux recueillir et souligner la dimension subjective du concept. Une étude préliminaire avait mis en évidence 29 lieux dont la topographie, l’histoire, la loi ou les infrastructures confèrent à leurs usagers une lecture singulière du territoire. Après avoir sillonné les quatre régions linguistiques de la Suisse, l’équipe du Pavillon suisse a mené des entretiens avec les usagers de ces frontières et les a accompagnés dans l’élaboration d’une maquette mentale de leur représentation du territoire. À partir de ces représentations, l’équipe a fabriqué des croquis 3D à base de mousse polystyrène. Actuellement, elle démarre la seconde phase du projet: des entretiens avec une dizaine d’experts, dont le préposé à la frontière nationale. Lien Espazium

L’équipe gagnante se penche sur la «frontière» en tant que phénomène spatial, un thème des plus présents dans le contexte politique actuel. Elle pose la question de la perception concrète de la frontière suisse par les personnes qui vivent à sa proximité. Quelles sont les dimensions spatiales et physiques d’une frontière? À quel point la percevons-nous de manière différente? Quelle est notre relation avec elle? Afin de trouver des réponses à ces questions, les habitantes et habitants du territoire du côté suisse de la frontière seront associés au projet de manière participative. Sur la base de ces recherches, l’équipe développera une exposition pour le Pavillon suisse à Venise qui racontera des histoires concrètes provenant de la frontière suisse, mais ouvrira également la discussion autour du thème de la «frontière» dans son caractère universel. Lien ProHelvetia

L’ADIEU – THE FAREWELL. Film de Lulu Wang, 2020, 1h40

L'ADIEU

Lorsqu’ils apprennent que Nai Nai, leur grand-mère et mère tant aimée, est atteinte d’une maladie incurable, ses proches, selon la tradition chinoise, décident de lui cacher la vérité. Ils utilisent alors le mariage de son petit-fils comme prétexte à une réunion de famille pour partager tous ensemble ses derniers instants de bonheur. Pour sa petite fille, Billi, née en Chine mais élevée aux Etats-Unis, le mensonge est plus dur à respecter. Mais c’est aussi pour elle une chance de redécouvrir ses origines, et l’intensité des liens qui l’unissent à sa grand-mère. Lien Allo Ciné

MANIFESTO(NS) ! TROIS FORMES ENGAGÉES. Théâtre de Poche, Genève, 02.2020

manifestons

Texte_Fouza Al-Youssef, Judy Brady, Pauline Boudry, Nicoleta Esinencu, Julie Gilbert, Jean-Luc Lagarce, Bruno Latour, Renate Lorenz, Alexandre Ostrovski, Paul B. Preciado, Marguerite Yourcenar
mise en scène_Sarah Calcine & Joséphine de Weck

L’envie de vivre à tout prix, secouer tout ça, toute cette peur qui craque dans nos gorges, tout ce malaise qui colonise nos poumons, nos histoires d’amour, nos rêves, crier, perdre la voix, occuper des ronds-points, ne rien lâcher et puis aussi s’arrêter pour rassembler nos esprits.

Notre dernière arme : penser. Ensemble.

Sarah Calcine & Joséphine de Weck s’emparent d’une sélection de textes-manifestes, de cris, de réflexions d’auteures mortes et vivantes. Le manifeste devient manifestation, devient réunion, devient rituel.Deux propositions qui se font écho, que l’on pourra parfois entendre le même soir, qui s’emparent de nous et de nos questions.

Les deux metteures en scène proposent chacune leur montage, version (J. de Weck / S. Calcine), portées par les trois comédiennes comme on livre une pensée en mouvement. C’est sur la brèche, doux-amer, et parfois drôle. Lien Théâtre de Poche

 

IT MUST BE HEAVEN. Film de Elia Suleiman, 2019. 1h42. Mention spéciale du jury Festival Cannes 2019 – Comique de Fuite

heaven

« Elia Suleiman vit à Nazareth, seul dans une grande maison. Son voisin s’occupe avec dévotion de son citronnier. Même s’il le fait sans qu’on le lui ait demandé, et qu’en plus il empoche les citrons. Mais le réalisateur va de toute façon partir à l’étranger pour la promotion de son nouveau projet de film… que nous sommes justement en train de regarder. Il va à Paris et New York, visite ces mégapoles étrangères et observe avec attention ce qui s’y passe. Mais le fait est là: son origine le suit comme une ombre à chaque pas qu’il fait.

Dix ans après son dernier film, le réalisateur palestinien Elia Suleiman a présenté son nouvel opus en compétition du Festival de Cannes où il a reçu une Mention spéciale. Cette fois, il dirige son regard politique par-delà les frontières de son pays d’origine – pour comprendre, comme il le dit dans ses interviews, que le monde est en fait un «microcosme de la Palestine». Partout l’État policier gagne du terrain, partout l’absurde gagne en force. Ainsi, Suleiman se transforme en observateur muet et étonné. La force comique de ce film émane de cette source. Ce n’est pas pour rien que le réalisateur palestinien est souvent comparé à Buster Keaton et Jacques Tati. Une comédie politique sur l’identité, la nationalité et la patrie qui combine divertissement, intelligence et poésie. » Lien

 

LE PARLEMENT DES ÉCRIVAINES FRANCOPHONES. Écrivaines sans frontières. Pour un « écrire-ensemble » transnationalécrivaines francophones

« Une littérature réinventée au féminin, qui entend être au rendez-vous de l’Histoire. le Parlement des écrivaines francophones a pour objectif de faire entendre la voix des écrivaines sur le monde. »

Les objectifs qu’il se fixe :

  • rendre distincte la voix des femmes écrivaines,
  • affirmer qu’il existe un « écrire-ensemble » capable de renforcer les liens des écrivaines où qu’elles se trouvent,
  • travailler à faire reconnaître la place de l’écrivaine dans son pays et réaffirmer son rôle dans le dialogue civilisationnel,
  • constituer un trait d’union entre le Nord et le Sud et faire circuler les idées et les auteures,
  • s’exprimer sur ce qui porte atteinte à l’intégrité morale ou physique des écrivains contre les menaces,
  • défendre la liberté et le droit des hommes et des femmes partout où ils se trouvent attaqués,
  • offrir un espace de prise parole destiné à donner le point de vue des femmes sur les débats ou les crises de nos sociétés.

Lien

MERVEILLES A MONTFERMEIL. Film de Jeanne Balibar. 2020. 1h49

merveillesamontfermeil_doc120-def-519x705

Joëlle et Kamel font tous deux partie de l’équipe municipale de la nouvelle Maire de Montfermeil, Emmanuelle Joly, mais ils sont en instance de divorce. Toute l’équipe travaille à la mise en œuvre d’une nouvelle et très surprenante politique, dont la pierre angulaire est la création de la « Montfermeil Intensive School of Languages ». Tandis que la ville change et prospère, Joëlle et Kamel se chamaillent…. Mais à l’occasion de la Fête de la Brioche, leur amour peut-il renaître ? Lien

TERRA MIGRA. PEF – Marc-Olivier Dupin. Gallimard-Jeunesse, 2020

terramigra

« Je suis Terra Migra, mes sourires sont faits de fleurs, de chants d’oiseaux. Mes larmes sont de sel dans des rives lointaines. » Ainsi s’adresse notre planète à deux personnages que le hasard a fait se rencontrer. L’un est fataliste, l’autre ouvert au monde. Ce monde-là est celui des migrants vivants ou en grand danger d’oubli. De quelle Histoire présente ou disparue viennent-ils ? Superbement mis en musique par Marc-Olivier Dupin, le texte et les illustrations de Pef évoquent de manière extrêmement sensible et juste la peur de l’autre, le racisme, les guerres, les migrations, la Terre-Mère. Lien éditeur

 

LESBOS, LA HONTE DE L’EUROPE. Essai de Jean Ziegler. 2020, Seuil, 144 p

ziegler

 » En mission pour l’ONU, Jean Ziegler s’est rendu en mai dernier à Lesbos, cette île grecque qui abrite le plus grand des cinq centres d’accueil de réfugiés en mer Égée. Sous la haute autorité de l’Union européenne, plus de 18 000 personnes y sont entassées dans des conditions inhumaines, en violation des principes les plus élémentaires des droits
de l’homme. Le droit d’asile y est nié par l’impossibilité même dans laquelle se trouvent la plupart des réfugiés de déposer leur demande ; le droit à l’alimentation, quand la nourriture distribuée est notoirement avariée ; le droit à la dignité, quand les rats colonisent les montagnes d’immondices qui entourent le camp officiel, quand les poux infestent les containers dans lesquels les familles doivent s’entasser ; les droits de
l’enfant, quand la promiscuité livre les plus vulnérables aux violences sexuelles et les prive, bien sûr, de tout accès à l’éducation. La honte de l’Europe.

Pour la plupart, ces réfugiés sont venus d’Irak, de Syrie, d’Afghanistan, d’Iran. Ils évoquent ici leur long calvaire : la torture, l’extorsion, le pillage, les passeurs infâmes, les naufrages, les familles décimées, les tentatives de refoulement de Frontex et des garde-côtes grecs et turcs. Les responsables du camp disent leur point de vue, les militants des organisations humanitaires expliquent les obstacles qu’il leur faut lever au quotidien pour sauver des vies. Le dossier est accablant. Jean Ziegler s’indigne, alerte et exige.

Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation entre 2000 et 2008, vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme jusqu’en 2019, Jean Ziegler est aujourd’hui conseiller du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Il a publié de nombreux essais à succès, traduits en plusieurs langues, et notamment, au Seuil en 2018, Le Capitalisme expliqué à ma petite-fille (en espérant qu’elle en verra la fin). »

Lien éditeur

 

BERLIN ALEXANDERPLATZ. Film de Burhan Qurbani. 2020, 183′

Berlin_Alexanderplatz

Francis has survived his escape from West Africa. When he wakes up on a beach in the south of Europe, he is determined to live a regular, decent life from now on. But he winds up in present-day Berlin where a stateless person without a work permit is treated just as mercilessly as the labourer Franz Biberkopf in Döblin’s classic novel of German modernism. Francis initially resists an offer to deal drugs in Hasenheide park, but then comes under the influence of Reinhold, his neurotic, sex-addicted pal who takes him in. When Francis meets club owner Eva and, after several dramatic experiences, the escort girl Mieze, he feels he’s found something for the first time, something he’s never known before: a little bit of happiness – which is precisely what Reinhold begrudges him. Like the literary source material, this contemporary version of Berlin Alexanderplatz is also about society and outsiders, desire and travesty. Not unlike Fassbinder’s version, Qurbani’s epic is a gloomy journey through the “dark night of the soul” – not least on account of its authentic, atmospheric images of Francis’ city of exile: Berlin. Lien Berlinale

BAGHDAD IN MY SHADOW. Fiction de Samir, 2019, 105′

bagdad

Un auteur échoué, une femme cachée et un gay travailleur-IT illégale se rencontrent au Café Abu Nawas, un lieu de rencontre populaire pour les Irakiens en exil à Londres. Incité par l’Imam d’une mosquée salafiste, le neveu de l’auteur, un jeune fanatiquement religieux, attaque son oncle et bouleverse la vie de tout le monde. Lien Swiss Films

404. Roman de Sabri Louatah. Flammarion, 2020, 368 pages

404

« »Rentre dans ton pays. Entendre ça alors que ça fait soixante-dix ans qu’on vit en France ! Mon petit Rayanne c’est la quatrième génération, il va falloir combien de générations pour que vous nous foutiez la paix ? Combien ? « , s’emporte un des personnages de mon roman. Avec 404, j’ai voulu regarder la brèche, sans ciller, et raconter cette tragédie française de la partition et de la séparation ethnique à travers le destin d’une poignée de personnages réunis dans une petite commune de l’Allier. Pile au centre de la France et de toutes les tensions qui la traversent… »

Sabri Louatah signe un puissant thriller politique et rural. En explorant ce que l’on décide collectivement de ne pas voir, il raconte un pays qui se creuse dans le pays et ajoute à notre roman national un chapitre plein de bruit et de fureur. Lien éditeur

OSKAR & LILY. Film de Arash T. Riahi. 2020, 1h42,

OSKARLILY

Oskar et Lily, deux enfants tchétchènes sont sur le point d’être expulsés d’Autriche avec leur mère. Suite à une tentative désespérée de leur maman pour les protéger, l’expulsion est suspendue mais Oskar et Lily sont séparés et chacun placés dans une famille d’accueil. L’espoir des enfants de retrouver leur mère se nourrit de leur amour réciproque et met au défi tous les obstacles de la bureaucratie avec passion et poésie... Lien Allo Ciné

LE PAYS DES AUTRES. Roman de Leila Slimani. Gallimard, 2020, 367 p.

slimani

L’EXIL VAUT LE VOYAGE. Roman dessiné par Dany Laferrière. Grasset, mars 2020, 408 p.

LAFERRIERE

 » Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l’âge de 23 ans sous les aboiements d’une meute de chiens, il entame une vie d’exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir ajamis vraiment quitté Montréal.
Après l’Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L’Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l’exil : est-ce une expérience aussi terrible qu’on le dit ? En revenant sur ce qu’on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l’esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! Le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : « Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage ».
Si les exils ont leur part d’arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. De Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l’Amérique à l’Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d’autres. » Lien éditeur

CHINESE DREAM. Web serie d’ARTE en 7 épisodes

CHINESEDREAM

« L’Afrique est en plein « rêve chinois ». Depuis plusieurs années, des entreprises chinoises sont présentes dans pratiquement tous les pays d’Afrique. Aujourd’hui, de nombreux migrants africains tentent leur chance en Chine. Certains quartiers de la ville de Canton sont d’ores et déjà majoritairement habités par des Africains. Quelles sont les conséquences de ce phénomène sur la société chinoise ? Comment les Chinois accueillent-ils ces étrangers à la culture si différente de la leur ? Notre web-série « Chinese Dream » observe le ressenti et les réactions des Chinois face aux immigrants africains. » Lien ARTE

FORTUNA. Fiction de Germinal Roaux. CH/BEL, 2018, 106′

FORTUNA

« Fortuna, jeune Éthiopienne de 14 ans, est accueillie en Suisse avec d’autres réfugiés dans un hospice à plus de 2000 m d’altitude pour passer l’hiver. Une communauté de religieux catholiques les héberge en attendant que leur sort soit régularisé par les institutions. C’est là que Fortuna rencontre Kabir, un jeune Africain, dont elle tombe éperdument amoureuse. Leur relation se construit à l’abri des regards jusqu’au jour où Kabir disparaît. » Lien Swiss Films

Grande Librairie autour du nomade J.M.G. LE CLÉZIO. France 5, 11.03.2020

leclezio

UTOPIES RÉALISTES. Essai de Rutger Bregman. Seuil, 2017, 256 p
utopies

« Ouvrir grand les frontières, une semaine de travail de quinze heures, le revenu de base universel… Des idées naïves et dépassées ou bien la force de l’utopie renouvelée ? Résolument anti-décliniste, Utopies réalistes tombe à pic et nous explique comment construire un monde idéal aujourd’hui et ne pas désespérer ! D’une ville canadienne qui a totalement éradiqué la pauvreté à l’histoire d’un revenu de base pour des millions d’Américains sous Richard Nixon, Rutger Bregman nous emmène dans un voyage à travers l’histoire et, au-delà des divisions traditionnelles gauche-droite, défend des idées qui s’imposent par la force même de l’exemple et le sérieux de la démarche historique. Tout progrès de la civilisation – des débuts de la démocratie à la fin de l’esclavage – fut d’abord considéré comme un fantasme de doux rêveurs.

À la fois stimulant et passionnant, appuyé sur les travaux d’Esther Duflo, Thomas Piketty, David Graeber, etc., cet essai vif, pédagogique et amusant rouvre plusieurs perspectives : la réduction du temps de travail, le revenu universel, plus largement la lutte contre la pauvreté et la réduction des inégalités, la taxation des flux financiers, et enfin l’ouverture des frontières. Alors laissons l’enthousiasme de l’auteur, à contre-courant du pessimisme ambiant, nous convaincre que de nouvelles propositions utopiques peuvent être envisageables à court terme.

Historien, journaliste pour le magazine en ligne De Correspondent, Rutger Bregman a publié quatre livres sur l’histoire, la philosophie et l’économie. Formidable succès aux Pays-Bas, Utopies réalistes est en cours de traduction dans 17 pays et depuis sa sortie au Royaume-Uni est dans la liste des meilleures ventes.

« SI VOUS NE SUPPORTEZ PLUS LES PROPHÈTES DU MALHEUR, VOUS DEVEZ LIRE CE LIVRE ! » Evening Standard » Lien Éditeur

BREXIT et LA MIGRATION DES MURS. De James Noël. Au Diable Vauvert. 2020

brexit« En pleine actualité de la sortie possible du Royaume-Uni de l’Union européenne, James Noël nous livre une véritable ballade anglaise sur le Brexit. « Le Brexit m’excite c’est incroyable c’est la première fois qu’une nation se jette par la fenêtre en plein orgasme ». Cette chronique puissante du Brexit est suivi de La Migration des murs, un pamphlet poétique et philosophique, texte d’intervention et d’engagement, que James Noël a commencé à rédiger en mémoire des ravages provoqués par le séisme de 2010, est très vite devenu une invitation universelle à faire table rase de tous les murs qui font ruines du monde. » Lien éditeur

CE QUI NOUS LIE. Fiction de Cédric Klapisch, 2017, 1h53
cequinouslie
« Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces 3 jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent. » Lien Allo Ciné
ET AU MILIEU COULE LE DOUBS. Documentaire de Claude Schauli. 2013, 87′
etaumilieucouleledoubs-affiche

« Ce road movie au fil de l’eau nous emmène à la découverte d’une des plus mystérieuses rivières d’Europe: le Doubs. Tour à tour sauvage, secrète, poétique, elle marque profondément le caractère de ses habitants. Jurassiens, Neuchâtelois ou Français semblent façonnés par «leur rivière» qui les rend tout à la fois rudes, inventifs, imprévisibles et mystiques. Le film va à la rencontre de personnages charismatiques qui se racontent avec pudeur et fierté. Le Doubs les incite à la confidence, parfois même à la confession. » Lien Swiss Films

LES LUMIERES DE TEL AVIV. Roman de Alexandra Schwartzbrod. Rivages Noir. Mars 2020, 300 pages

telaviv

« Les ultrareligieux ont pris le pouvoir à Jérusalem pour former le Grand Israël. Les Résistants, composés de laïcs juifs et arabes, se sont regroupés à Tel-Aviv pour vivre selon les préceptes des premiers kibboutzim. Signe de la division, un nouveau mur a fait son apparition, entre Jérusalem et Tel-Aviv cette fois. Un mur surveillé par des robots tueurs fournis par la Russie, le parrain du Grand Israël. Ils sont six à devoir franchir cette frontière au péril de leur vie : Haïm, un ultra-orthodoxe en cavale ; Moussa et Malika, deux jeunes Palestiniens en exil ; Ana, la femme d’un religieux éprise de liberté ; Isaac, un conseiller du Premier ministre en proie au doute ; et Eli Bishara, un ex-commissaire de police à la recherche de son amour perdu. Tous n’y parviendront pas.
Alexandra Schwartzbrod est romancière, essayiste, spécialiste du Moyen Orient et directrice adjointe de la rédaction de Libération. Elle a reçu le Prix SNCF du polar en 2003 pour Balagan et le Grand prix de littérature policière en 2010 pour Adieu Jérusalem, deux romans qui composent, avec Les Lumières de Tel-Aviv, un cycle consacré à Israël. » Lien éditeur

EN TRANSIT. Projet photographique de Lluc Queralt 

index
L’oeuvre de Lluc Queralt évoque les voyages, la photographie et une manière particulière de voir le monde. A la façon d’un documentaire, il nous dévoile le quotidien à travers des images à la composition classique et avec une grande maîtrise de la lumière et du noir et blanc. Mais on y trouve également une forte composante expressive, avec un langage intimiste et une poésie très particulière. Les images expriment une sérénité et une implication personnelle, une proximité et une grande sensibilité. Dans son travail, ce sont les mêmes thèmes qui reviennent, comme des obsessions : des portraits, des routes et des reflets. L’auteur trouve dans les routes et les reflets le plaisir de regarder d’une autre façon, comme si des réalités parallèles émergeaient de l’eau ou de la noirceur de l’asphalte. Instituto Cervantes

Page de l’artiste

 

2019. Shanghai – Tokyo. Histoires de Faces à Faces

Shanghai – Tokyo. Deux escales en mode « faces à faces ». Face à face Pudong – Puxi. Face à face des colonisations. Face à face des mondialisations. Face à face Chine – Japon. Deux géants de la glo(c)balisation, deux façons de la (re)composer. En mode décomplexé ou à pas feutrés. Arrogante vigueur contre arrogante pudeur. Deux manière de cohabiter avec l’ouverture. Entre fermeture historique et ouverture(s) forcée(s), insularité et centralité. Ouverture(s) protégée(s) ? Shanghai – Tokyo, deux Global Metropolis, deux Cosmopolis empêchées ? Deux vitrines… d’homogénéité ? Let’s feel the pavé…

20190517_135250 (4)

Escale Nr 1 – Shanghai. Tourner en Rond

Shanghai, ma première rencontre avec la (Ville-Monde) Chine ! Pas Hong Kong l’enfant en exil ou les Chinatowns, morceaux de transnations dispersés mais la « vraie », la vitrine mandarine d’un État centralisateur homogénéisateur mondialisé. Une escale tout en « rondeurs ». Histoire cyclique, pensée taoïste, architecture Feng Shui, gastronomie, bocal connecté, connexion encerclée. Des courbes, des cycles, de la circularité !

En Live de Shanghai (ou presque ;-))

Ptit update en transit à l’aéroport avant de m’envoler pour Tokyo, deuxième étape de ces avant-dernières escales en Villes-Monde. Alors ok on est encore loin de la story Instagram, même si je fais des efforts pour « m’instantanéniser ». En même temps j’ai des circonstances atténuantes, pas d’accès aux moteurs de recherche, pas de courriels, pas de messagerie instantanée, pas de réseaux sociaux. Je viens de passer six jours en mode résidence virtuelle surveillée.

Je suis donc l’heureuse bénéficiaire de l’ouverture du pays qui m’a offert une escale sans visa de 144 heures pour la capitale mondiale du Starbucks, sans la moindre minute de dépassement autorisé. Alors à ce tarif là, y’a fallu faire des choix, comme celui de renoncer à visiter The biggest Starbucks of the World forcément ;-)…

Menu Mandarin

20190505_221423

  • Pas une minute à perdre, je m’envole en Maglevpour rejoindre la cité
  • Je visite la Grande Muraille (verticale) de Chine
  • Je renoue avec ma passion pour les cantines et boulangeries chinoises…
  • … et jmange plein de trucs ronds
  • Je fais du bateau et assiste à un face à face historique
  • Suis en mode déconnexion forcée au pays de la connexion centralisée
  • Je traque les traces de néo-colonisation, celle des malls, MacDos et autres Uniqlo
  • Je poursuis ma traque de la gentrification dans l’ancienne French Concession
  • Je cherche l’harmonie dans l’invasion
  • Je rêve de jardin et de Tai-Chi
  • J’explore Nanjing et Pudong… les Shanghais authentiques d’aujourd’hui
  • Je visite celle d’hier (au musée d’histoire) et de demain (au musée d’urbanisme)
  • Je bénis ce presque paradis pour randonneurs urbains
  • Je cherche le dao et me reconnecte avec mon chi
  • En mouvement parmi la foule je revis

Feel the Map

Shanghai est partagée en deux par la rivière Huangpu. A l’ouest Puxi, rive du Bund, des anciennes concessions et du Vieux Shanghai. A l’Est Pudong, la ville nouvelle, coeur battant de la super puissance capitaliste étatique chinoise. Dans le club des Global Cities, Shanghai s’est révélée un presque paradis pour randonneurs urbains. Centre relativement circonscrit et facilement parcourable à pied. Course quasi pas stoppée par l’invasion autoroutière. Basée stratégiquement à deux pas de Nanjing Road, follow me du Bund à Pudong, de la concession française au Vieux Shanghai, de la Place du Peuple à Xintiandi.

Ouverture forcée – Une Histoire d’invasions

Avant de vous emmener assister au face-à-face entre les deux Histoires, les deux rives, la coloniale skyline du Bund et la post-moderne skyline de Pudong, petit détour par les Shanghai History Museum et Shanghai Urban Exhibition Hall pour comprendre comment cette Histoire a été vécue de ce côté-ci. On connaît déjà la version occidentale, celle de la mythique Shanghai cosmopolite et de la fantasmagorie exotique coloniale… stoppée par une invasion… japonaise.

Et ce n’est certainement pas le fruit du hasard si c’est au milieu de la jungle futuriste de Pudong qu’on raconte l’histoire coloniale de Shanghai la surpuissante Megalopolis. 

« Shanghai was a primitive village 6000 years ago. It is a piece of fertile coastal land where our ancestors were born, toiled and thrived. (…) After the Kangxi period of the Qing Dynasty (1644-1911), the ban of sea trade was gradually broken and Shanghai was developed into a prosperous town known as a « metropolis in southeast » consequently.

After modern times, the forces of foreign powers forced Shanghai to open up to the outside world and its development was marked with the stigma of semi-colony status. Shanghainese endured all the humiliations for the goal of development. With a broad mind as vast sea, they promoted the development of modern industry and commerce. The expansion of urban construction and the introduction of modern civilization made Shanghai leap into the economic, financial and cultural center of modern China and a famous international metropolis.

Pudong – Puxi. Face à face historique

Pudong – Puxi. Deux rives qui se font face

A Shanghai cette Histoire se raconte visuellement surtout. Pour cela, il suffit de prendre la navette qui relie les deux rives du Huangpu. Le Bund côté ouest, Pudong côté est. Deux rives qui se font face. Deux rives qui se défient. Deux rives comme un symbole de deux chapitres de la Mondialisation.

The Vicissitudes of the Bund. (Musée d’urbanisme)

The Bund at the beginning of the 20th Century. « With a half-century of development, the Bund’s former rural nature was completely changed. A group of bank buildings in Western European cast in classical style began to express the Bund’s new personality as a financial street. » (Musée d’histoire)

The Bund in the 1930’s. « In the past 100 years, building upon building representing different architecture styles have been constructed on the Hangpu River’s shore at the Bund, producing a brilliant skyline for Shanghai as an international metropolis.  However, the bronze statues bearing the tinge of colonialism also reflect the history of humiliation suffered by Shanghai in modern times. The buildings at the Bund portray the city’s vicissitudes over 100 years, speaking like a history book written in stones. » (Musée d’Histoire)

 

Deux Rives, Une Histoire. Deux HSBC…

HSBC means… Hong Kong and Shanghai Bank. Tout un symbole pour la Chine. Tout un symbole pour notre Histoire commune aussi. Cette banque symbole de la colonisation globale ou pour le dire autrement de la globalisation anglo-saxonne, de Hong Kong à Dubaï en passant par Kuala Lumpur et Singapour, je l’ai traquée dans toutes les Villes-Monde traversées…et repérée partout.

« At one time Shanghai was the financial center of China and the Far East. In 1865, the Shanghai Branch of the Hong Kong and Shanghai Bank Corporation was established and gradually became Britain’s largest financial institution in the Far East, with international money exchange as its main business. It controlled China’s finance through loans. Its building at the Bund was completed in 1923. » (Texte : musée Histoire Photo : musée urbanisme)

La Grande Muraille de l’ouverture

Avant de retourner au Musée d’urbanisme pour un saut dans le futur cette fois-ci, procédons différemment et faisons-le en live pour commencer.

Pudong – La Grande Muraille verticale de Chine

Du Bund, symbole de l’ancien monde, celui de la puissance occidentale, anglo-saxonne, on traverse le fleuve-temps pour atterrir sur Pudong, symbole du nouveau monde, celui de la superpuissance chinoise. Le Manhattan de Shanghai n’était encore qu’un champ dans les années 1990.

Whouhou is there anybody in these buildings ? Y’a-t-il une vie entre ces buildings ?

Whaou, à côté Dubaï is a bustling city ! A Pudong, on chemine sur des ponts, au-dessus des autoroutes. Entre les tours nobody. Une expérience qui s’étale sur les cinq kilomètres de L’Avenue du Siècle ou Century Avenue, vitrine ostentatoire de la Chine capitaliste du 21ème siècle.

20190506_160709 (2)

Quant à moi, je ressens une sorte de fascination angoissée. Littéralement hébétée au pied de ces géantes glacées. Vue de l’autre « côté » ça brille, ça fait rêver. Vue d’en-bas ça fait un peu flipper. Nobody, no signe de vie, no vitalité. Aseptisation.

20190506_163533

La Glocalisation. Une Histoire de Concessions…

Son succès, la Chine le doit peut-être surtout à la façon qu’elle a eu de « glocaliser » l’Histoire. En faire une force. L’intégrer au présent pour retourner le futur. Illustration avec le néo-classico-européen Bund, dont les bâtiments, loin d’avoir été détruits, ont droit la nuit tombée à la même lumière éclatante que leur rivale d’en-face et sont désormais classés en tant que « national historic heritage. » Illustration avec le Starbucks Café, import du grand rival américain, qui a trouvé ici son plus grand terrain de prospérité.  Un état d’esprit que résume très bien la conclusion du Musée d’Histoire. Quel terme pour signifier « glocaliser l’Histoire » ? Le mot Concession(s) semble ici plus approprié que le très en vogue Résilience.

Face-à-face spatial, face-à-face géopolitique. 2019, année prolifique pour la guerre commerciale sino-américaine, relayée aussi de ce côté-ci. L’Histoire tourne en boucle comme les médias en continue, elle ne dit jamais son dernier mot…

« In 1842, foreign powers opened the door to China by force. In 1845, foreign powers set up concessions in Shanghai and gradually pushed Western urban facilities and management model. Hence, concessions became « a state within a state » established by foreign powers in China and Shanghai was on the road to semi-colonization. Shanghai became China’s biggest city of migrants where Shanghainese, people from other parts of China and foreigners lived together. The all –embracing custom and tradition of Chinese and Western, new and old was gradually formed in Shanghai. » (Musée d’Histoire)

A partir de la seconde moitié du 19ème siècle, Shanghai va être divisée en concessions étrangères et partagée entre vieille ville chinoise, concession internationale (GB/USA/JAP) et concession française. Une histoire racontée aux Musées d’histoire et d’urbanisme.

« Britain was the first to set up its concession in Shanghai in 1845, the United States and France followed suit in Hongkou in 1848 and in the south of Yan’an Road in 1849 respectively, which were extended later. The concessions were recovered after the triumph of the War Resistance Against Japan in 1945. » (Musée d’urbanisme)

Aux Américains et Britanniques le Bund et la puissance financière, aux Français les sulfureuses légendes. Plus ouverte que ses homologues anglo-saxonnes, avant tout pour remplir les caisses, la concession française fut certes le théâtre d’un certain mélange mais surtout le centre de toutes les débauches.

La Glocalisation. Une Histoire de… café(s) mélangé(s)

Shanghai, la ville des Coffee Houses importés est aujourd’hui dans le monde la cité qui compte le plus de  Starbucks Cafés. Encore une colonisation qu’elle a su fondre dans son style de vie et en faire une vitrine de son modernisme. Encore une histoire qu’elle a su s’approprier et retourner. La Shanghai vision, une simple histoire de café…

Son credo ? Mélanger. Melting cultures, melting histories, melting people… Shanghai est une cité d’ouverture, une cité d’immigration. « Paradise of foreign adventurers » hier, refuge des expatriés occidentalisés aujourd’hui.

Bustling scene of old Shanghai, paradise of foreign adventurers. « With the spreading of Western politics, economics, culture and ideology, modern Shanghai became the gateway for the introduction of modern Western culture and education to China. Shanghai’s position as a distribution center of domestic and foreign goods and the increase of residents’ consumption boosted the city’s business and trade rapidly. Consequently, its financial industry was flourishing. In the 1920s and 30s, Shanghai had become the biggest business, financial and cultural center of modern China and an important city in the Far East. Because the architecture and lifestyle in the concessions in Shanghai bore features of some Western countries, Shanghai was widely called « a market with foreign adventurers », which revealed the lopsided prosperity of the city. »

Litterature and arts in modern Shanghai. « In the modern era, Shanghai’s immigrants came from many parts of China. To meet the demand of people from all walks of life, literature, arts and operas all thrived. As a result, Shanghai became a city with the largest concentration of stages for literature and arts in modern China. »

A Glimpse of the Realm of Art. « The merge of Chinese and western cultures promoted commercialization, marketization and popularization of art in modern Shanghai. » (Extraits : Musée d’Histoire)

Concessions d’hier, Gentrification d’aujourd’hui

Quartier pauvre et sulfureux d’hier, l’ancienne French Conssession est aujourd’hui la meilleure candidate à la gentrification : colonisation des promoteurs et des hipsters, arrivée des condos et des complexes de luxe, réhabilitation, patrimonialisation… le quartier réunit tous les ingrédients de la parfaite mutation. Les prix explosent, économie et politique exilent de concert la Shanghai populaire de la Shanghai-Monde. Entre condos chics, chantiers omniprésents et ruelles populaires transformées en marché touristique « pittoresque », le Free Walking Tour de la French Concession prend des allures de tour de la gentrification, de plaidoyer…

Tout le programme du Free Walking Tour ici. 

Highlights of the Tour: Middle Huaihai Road / The Former French Club / Old Stone gate building / Shanghai Culture Square / Zhou Enlai’s Former Residence & Museum / Sinan Mansions / St. Peter’s Church / Former International Courthouse / Tianzifang / Garden Hotel.

20190505_110420

La Shikumen House, symbole de la gentrification

« Shi-ku-men Houses (Stone-framed-door houses) were the most typical architectural style in the downtown. Immigrants from all walks of life filled these homes with folk stories. » (Musée d’histoire)

« Shikumen » House is one a the symbols of Shanghai’s modern civilization. It reminds people of this familiar way of life which is gradually passing away, and the expectation of protecting and inheriting this unique city culture of Shanghai.«  (Musée d’urbanisme)

Concilier mouvement & nostalgie. Futur & passé. Développer et préserver. Un enjeu global(isé) lui aussi. Loin du cliché qui focus sur sa course en avant, la Chine n’est pas épargnée par ce mouvement. Illustration avec Xintiandi, quartier huppé et branché, site de la première réunion du Parti communiste chinois et des Shikumen réhabilitées en Starbucks, boutiques et restos branchés.

« The traditional Shikumen residential architecture records the memory of Shanghai. Integrating the old Chinese architecture with modern western features, « Shanghai Xintiandi » is an area where many old Shikumen architectures can be found. The Shikumen architectures there are restored to their « old » look. The private living space is turned into the public commercial area, the international leisure tourist site, combining food and beverages, commerce, culture and entairtainment. The old Shikumen architecture shows new vitality and Shanghai Xintiandi is now a fashion landmark with historical culture in Shanghai. » (Musée d’urbanisme).

Du Cercle sportif français devenu japonais devenu hôtel devenu Uniqlo, magasin japonais lui aussi, qui a colonisé l’autre côté du jardin… Entre ouverture(s) et fermeture(s), l’Histoire ne s’arrête jamais, les invasions à défaut de n’être plus barbares, sont sans fin. Un cycle sans fin que la French Concession d’aujourd’hui illustre bien.

L’effet papillon

20190505_112518 (2)Et ce qu’illustre de surcroît le quartier c’est notre globale interconnexion. En ce mois de mai l’incendie de Notre Dame à Paris fait les gros titres de l’actualité aux côtés de la guerre commerciale sino-américaine ça va de soi. Voilà qu’à peine meurtrie à Paris, au coeur de l’ancienne French Concession sa célèbre comédie musicale était programmée…

 

Nouvelle(s) colonisation(s)

Une autre portion emblématique de Shanghai illustre parfaitement bien ce cycle d’invasions sans fin. Nanjing Donglu, « China’s no 1 Street ». Du Bund à la place du Peuple, cette artère commerçante et piétonne de 1500 mètres, invasions de malls et de « foreign firms », est le coeur de la vitrine chinoise mondialisée.

« After 1843 when Shanghai became a treaty port, foreign adventurers landed here in increasing numbers. In 1854, there were more than 120 foreign firms in Shanghai. In the late 19th century, a large number of comprehensive and specialized foreign firms controlled a huge amount of Shanghai’s imports and exports. » At the beginning of the 20th Century. « With over 50 years’ development, the commerce along Nanjing Road became quite thriving. » « After 1917, Chinese merchants set up four major department stores in succession, Shanghai Sincere Company, Wing On Company, Sin Sin Company and the Sun Company. Along with numerous specialized shops, Nanjing Road eventuall established itself as the No 1 Shopping street in China. » (Musée d’Histoire)

Ils revieeeeeennnnnent !!! Mais sur Nanjing Road, et c’est sans doute fort de l’état d’esprit décrit plus haut associé à l’esprit du rond, tout le monde s’affaire, (tout) le monde s’en fout. Colonisation de malls et d’enseignes occidentales. Les nouveaux colons se nomment Starbucks et MacDo. Ici on a la mondialisation flamboyante. On a la mondialisation insouciante. De Pudong à Nanjing Road, à Shanghai on regarde vers l’avant, on regarde vers le haut.

20190505_231118 (2)

Finalement, aujourd’hui, il suffit de remplacer le mot mouvement par colonisation et globalisation. Une colonisation généralisée et multipolaire. Starbucks vs « Made in China ». Connexion et interdépendance globalisées.

En connexion surveillée

Mais n’oublions pas que ce paradis de la conso-lisation, derrière les sourires de ces citoyens légers et connectés, se veut la vitrine d’un capitalisme d’État ultra encadrant. Un temple de la consommation aux airs de bocal ultra-connecté sous contrôle, encerclé. Un paradis en connexion surveillée. Voilà l’impression que me donne cette cité. Une impression bientôt  validée par la réalité.

« Welcome to our lifes »

Une fois n’est pas coutume, en immersion, ces États-Nations qu’on ne connaît qu’à travers les vicissitudes géopolitiques et leurs guerriers, s’incarnent en citoyens avec qui on a beaucoup en commun. Ainsi de Shanghai où j’ai découvert une jeunesse ouverte et engagée. Une jeunesse engagée dans l’ouverture. Illustration avec deux générations de femmes. S., initiatrice du first Free Tour of China, la Millenial « nostalgique » et J. membre du Global Greeters Network, la Génération Z consentante. La première dénonce, la seconde renonce.

Critique à l’égard de la colonisation, du communisme, de la société traditionnelle et de la mutation de sa cité, la première, la mi-trentaine, a quitté une multinationale américaine pour traverser l’Australie où elle a eu une révélation. Partager sa cité avec le monde, coulisses compris. Interroger un mode de vie, où le droit à la ville se résumera bientôt à commuter pour un droit à la consommation dans des chaînes mondialisées.

Se raccrocher aux « bonnes » figures du passé, re-découvrir son patrimoine, regretter l’éviction de sa cité

Après avoir fui son hometown pour rejoindre la communauté de la jeunesse globalisée, la seconde, la mi-vingtaine, n’aspire qu’à « embrace » le monde et/dans sa cité, « networker » et goûter à toutes les opportunités. Y compris les Starbucks cafés. Y compris commuter pour rejoindre son international French company qui emploie des citoyens du monde entier. Indépendante, elle résiste à la pression au retour et au « settle down ». Son projet, c’est l’émancipation. Habiter cette nouvelle génération. Et quand elle doute c’est au Bund qu’elle trouve son inspiration. Ici que les lumières de la ville lui donne le sentiment qu' »everything is possible« . Les pieds dans le passé, le regard tourné vers le futur, sans contradiction.

Connexion et complicité immédiate. Même langue, même engagement, même communauté. Mais pas tout à fait même réalité. A mi-visite du tour de la première, une « amie » pourtant Shanghai native, rejoint le groupe, manifestant une curiosité très appuyée pour chacun de nous, la raison de notre visite, notre impression sur la Chine… Visite sous surveillance, visite encadrée… Quant à la totalement a-politisée seconde, elle a préféré Shanghai, la « Young & Global City », à Pékin, more « Historic & Politic ».

Malgré ce sentiment d’appartenance à une même communauté milléniale mondialisée, je ne peux m’empêcher d’être consciente de ce qui nous sépare. La liberté. Et d’avoir de la peine pour mes deux « soeurs », pour cette jeunesse avide du monde mais sous ouverture surveillée.

Un projet pour Shanghai. A « Socialist Global City »

A l’ère du « neo-middle-ages », où localisme et nationalisme dament de plus en plus volontiers le pion au globalisme, où les urnes font souvent le choix de l’autorité. A l’ère de l’éclatante réussite économique chinoise, on peut légitimement oser poser cette question : le capitalisme d’État, best way nowadays ? En contrôlant des citoyens dans ses vitrines mondialisées, le gouvernement communiste chinois ne semble pas prêt de laisser tomber ce filon…

20190508_123932 (2)

Pour nous en convaincre, faisons une dernière escale incoutournable au « Urban Planning Exhibition Center » qui fait le lien entre passé et présent de la cité et expose son futur. Follow Old Traditions – Create a New World – Serve the Nation. Tout un programme. Décliné en autant d’injonctions.

« Followed Old Traditions », rappel des fondamentaux. Après un rappel de l’Histoire dans la première partie du musée, une exposition est dédiée à la culture ancestrale chinoise, offrant un pilier d’action pour le citoyen amené à « Face the world and serve the country« .

« As Kang Youwei mentioned inThe Note of Rite, the original is the foundation of everythings. In China, the classics of original included The Book of Changes, The Book of Ancient Poems, The Book of Ancient History, The Book of Rites, The History of the Lu State. When people return to the original, they will find the root of Chinese Classics and search the original of national culture. Also people will gain inspiration from the original and get the courage of making process. »

Participation citoyenne. Le présent est quant à lui axé sur la participation. Ainsi le citoyen est invité à émettre des voeux pour sa future cité idéale. Une cité qu’on lui promet comme aurant de « Fairy tales in the magic world« .

Une Shanghai futuriste, une « Beautiful Eco-City« .

Quant au futur, la vision est claire

20190508_115731

Shanghai will be an excellent global city and a modern socialist international metropolis with world influence.

Shanghai la Vitrine. Lieu « hors-sol » to « Serve the Nation ». En errant dans la cité, je suis tombée sur une perspective qui pourrait résumer le programme bien mieux que ne le feraient tous les mots…

20190507_143355 (2)

Marchandise en Vogue libre Envolée de la finance Citoyens sous surveillance… Le futur de la Cosmopolis ? Ce qui reste(ra) de la globalisation ?

Échappée zen

« Je sais pas si j’ai trouvé l’harmonie intérieure dans ce jardin-invasion, mais au fond c’est peut-être cela l’harmonie du monde. Le mouvement perpétuel. L’équilibre entre la roche à priori immobile et le fleuve qui coule lui inexorablement. Pourquoi les hommes seraient-ils les seuls à devoir s’immobiliser ? / …Rond comme cette porte, rond comme les pensées de l’homme immobile qui… tourne en rond /

Poissons, brochettes, dim sums, dumplings, balls, buns, bols, pâtisseries, perles de thé, pains au sésames ou pains fourrés aux haricots… Manger rond. Histoire-Pensée-Architecture-Encadrement. Tout est rond.

… A un moment on atteint la capacité à faire abstraction de la foule et à rentrer à l’intérieur de soi, la capacité à être en harmonie AVEC les autres, parmi eux, malgré eux / … « Government this, Government that », écho à « État doit ceci, État devrait faire cela », et si c’était « ça » dont l’Homme avait besoin ? / … Rond comme les boules de riz gluant, rond comme les perles vendues au marché d’à côté / Rond comme le Vieux Shanghai encerclé / Rond comme les lignes des malls / Encerclés par les gouvernements protecteurs que les citoyens appellent de leurs vœux / Rond comme la pratique « paradoxale » du Tao, … » Pensée en vrac, prise au vol

… Encerclé comme le Vieux Shanghai (like Butik Bitang  in Kl) par la course à la post-modernité. Face aux nouveaux complexes ultra fringants, Old Shanghai has definitely no chance.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Mais à-côté de l’hyper touristique-patrimonialisé-en danger Vieux Shanghai ou l’hyper aseptisée-économique-show-off Pudong subsiste encore une Shanghai populaire. Avec ses cantines, ses scènes de rue, sa spontanéité, sa bouillonante vitalité. Parce qu’ils auront beau faire. C’est TOUJOURS la VIE qui gagne à la fin…

En Transit(ion)

Escale Nr 2 – Tokyo. Lost in the Map

20190510_134629 (2)

Instantément, je vais passer de « Qu’est-ce qui peut bien fasciner mon entourage dans cet îlot homogène » à « Mais comment ai-je pu attendre cet âge avancé pour découvrir cette cité ? » Cette question je vais souvent me la poser, perdue dans cette ville monde complètement hors normes, singulière, ambivalente, insaisissable… capitale de la glocalité ?

J’avoue, j’ai délibérément boudé Tokyo pour le Projet Cosmopolis. Mea culpa. M’enfin, la capitale d’un des pays les plus ethniquement homogènes du globe, civilisation en déclin, urgence aux mélanges, qui intègre plus volontiers des robots qu’elle ne s’ouvre au Monde pour sa survie, avait peu de chance de se révéler la Cosmopolis !

20190510_161739 (2)

Avec le Projet Glocal, ma quête de la Cosmopolis a évolué en une en quête des lieux susceptibles de jouer leur va-tout dans notre monde à la croisée des chemins. Et Tokyo est devenue une évidence. Boudée par le PC. Totalement dans l’air du PG. Coeur battant de ce Japon qui, dit-on, allie subtilement authentiques traditions et hyper modernité (bla bla banalités). Qui manie fermeture et ouverture avec habileté. Des voies portées aux nues dans cette ère de néo-post-modernité. Coeur battant d’une île qui a su glocaliser la mondialisation. Et pour la première fois, rencontre avec une île géolocalisée de l’autre côté de la ligne de front. Celle de la Deuxième guerre mondiale. Celle de la colonisation de mes « deuxièmes maisons ».

20190511_192010 (2)

Le Japon, une culture « trop » préservée ? Nô, sumos, cosplay, cérémonie du thé, mangas, culture électronique ou origami… à priori pas grand chose qui me parle. Une attirance toutefois pour son art du bonzai, sa littérature, son cinéma et sa gastronomie. Ou pour ces traits qu’on lui prête volontiers : pudeur, modestie, zen, délicatesse, politesse, subtilité, sobriété. Folie contenue ?

A priori mon appétence pour le chaos méditerranéen et la spontanéité a de quoi éprouver « Stupeur et tremblements » devant sa propreté, sa discipline morale affichée, sa hiérarchie ritualisée, sa société ultra codifiée. Pourtant son côté « calviniste » devrait rassurer la genevoise adict que je suis. Par ailleurs mes amis japonais ont jusqu’ici contredit tous ces clichés. Des clichés et une in-appétence qui rendent ce voyage d’autant plus excitant. J’ai hâte de me laisser surprendre… Reste à savoir comment le raconter. En mode instagram ou en mode Nicolas Bouvier ?

20190512_131722 (2)

Bref, beaucoup d’a-prioris et une seule certitude avant de débarquer. Je ne sortirai pas de la cité. Besoin de m’épuiser et d’épuiser la ville. De m’épuiser dans la ville. Alors accros à la rentabilité géographique zappez si vous craignez l’ennui, car je m’apprête à vous faire le récit de 8 plain days in Tokyo Only ;-).

En Live de Tokyo (à 8 mois près ;-))

6 (2)Au Menu. Spectacle de rue, poésie urbaine, feel the map à l’observatoire, feel the story au musée, meet the hot spots dans ses quartiers traditionnels ou décalés, feel the pulse dans ses marchés, feel the connexion everywhere.

Au Menu. Shibuya / Sanctuaire Meiji-Jingu / Harajuku / Jimbocho / Akihabara / Sumida River / Asakusa / Shinjuku / Golden Gai / Kabukicho / Sendagi / Yamanote Line / Sugamo / Tsukiji / Ginza / Roppongi, …

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

  • Je me perds littéralement à Shibuya et saisis le sens du mot « culture insulaire »
  • Je cherche une way out et finis par prendre racine dans le métro
  • J’arpente la cité avec mon ami M. qui m’ouvre les portes pour un menu tradi-cosmo… mystérieux « 1f 2f 3f », petites gargotes réservées aux initiés,  restos traditionnels avec chaussures à l’entrée, best sushis bars de la cité, English pub ou Belgium Brewery dans la volée
  • Après Shanghai, je renforce mon aversion pour la connexion et m’affirme en militante du droit à la déconnexion
  • Je reste hantée par l’image de Tokyo post DGM découverte au musée. Et scotchée à la vitre de l’observatoire, je comprends mieux l’architecture un peu chaotiquement bricolée de cette tentaculaire cité
  • Entre galeries du métro, galeries marchandes et galeries de bureau, je « goûte » la everygrey life du « Salary Man »
  • J’explore les quartiers animés de Harajuku et Akihabara, avec leur foule d’adolescents excentriques et me demande comment on passe du Cosplay au Salary Man
  • Y’a tellement de Japonais au Japon que je réalise une fois n’est pas coutume la richesse et la vitalité de nos sociétés européennes mélangées
  •  Je découvre les nouvelles utopies urbaines fermées à Roppongi
  • Je traque les centralités ethno-commerciales coréennes, françaises et musulmanes
  • A défaut de street food, je me mêle aux salary men dans les chaînes fermées, car ici c’est à l’intérieur qu’on mange à la volée
  • Je tente de comprendre la logique nippone en adhérant pas tout à fait à l’argumentaire local sur la fumée
  • Après Pudong et les foules ultra-connectées de Shanghai, je contemple l’ultra bondée et policée Tokyo, et entre dictature politique et dictature sociale, je me demande si c’est ça notre avenir, la solution face à la surpopulation, et convoque l’idéologie de décroissance et de retour à la simplicité de ceux qu’on appelle communément les bobos
  • Je tente de m’orienter sur la carte, y parviens rarement… atterris régulièrement dans les rues souterraines, où les stations sont traduites et les directions indiquées… frustration pour la randonneuse urbaine que je suis
  • Je passe totalement inaperçue, me heurte à une distante indifférence à peu près généralisée
  • Je me sens finalement trop mal à l’aise pour rentrer dans un bar à chats… Autre expérience locale avortée avec le bar à chiens, à lapins, ou à …. hiboux !
  • Je retrouve mon amour d’enfance, Mario, à Akihabara….20190511_135619 (2)
  • Je me laisse surprendre par le coût de la vie
  • Je prends un bun à l’anko pour un pain au chocolat 😦
  • Je retrouve l’odeur de la forêt au coeur de la cité
  • Je tombe en amour devant la poésie des jardins

L’Art de se perdre

Lost in Shibuya. Lost in Ashihabashi. Lost in Tokyo Station. Lost in writing. Lost with the rules. Lost in the wcs…

20190511_132628 (2)Me suis bien perdue today. Au sens propre comme au figuré. Vivement que mon ami traduise pour moi cette cité. Codée. Codifiée. Pas les clés. Dépaysée. Global city certes mais totale singularité. Transportée. Maybe I should have watched Lost in Translation before coming ;-.

Orientation, culture, codes, règles sociales. Quand je suis accompagnée tout me paraît simple, évident, accessible, familier. Dès que j’erre de mon côté, je ne comprends plus, je suis perdue, décontenancée. Besoin d’être indroduits in this city. J’imagine que c’est ce qu’on entend par « culture insulaire ». Tokyo, first impression

Spécificité locale : fumée à l’intérieur de minuscules gargottes confinées ok, fumer à l’extérieur interdit…

Si Shanghai est une ville facile, lisible, à Tokyo on a besoin d’une traduction, d’une « introduction », et peut-être d’un gps aussi… mais suis une ouf moi, jveux mla jouer aventurier. C’est map en papier only.

Shibuya – Première journée. J’ai pourtant choisi un quartier « facile » pour commencer. Même avec l’aide de bienveillantes guides locales, je n’arrive déjà pas à sortir du métro. Épique. D’ailleurs parlons-en du métro de Tokyo,… j’en avais fait des grandes villes, jsuis pas une néophyte en global cities, mais alors ça j’avais jamais vu. Bref, à chaque percée, je sais pas de quel côté aller. Ni où je suis. Map et caligraphie illisibles for me. Enfin libérée j’ai eu faim. Mais là encore compliqué. Jvoudrais simplement me contenter de pousser la porte d’un rez-de-chaussée. Mais rien n’est simple ici. Suis encerclée de panneaux 1F-2F-3F, etc. devant autant d’ascenseurs qui conduisent je n’en sais fichtre rien. Un air de « Ce rêve bleu » en japonais résonne dans la rue. J’ai pris aucune photo, jsavais pas ce que je voyais.

20190515_142741
Why so many stuffs ? É-pu-ré elle a dit Marie K., from Tokyo !

Îlot d’expériences

1

En fait Tokyo est si singulière que c’est un véritable supermarché à expériences

qu’on ne peut faire qu’ici. Ville électronique d’Akihabara, royaume du Kawaii Harajuki, bar à filles, bars à bêtes, bars à robots, love hotels, hotels capsules, quartiers surannés, parc-forêt ou jardin-poème.

J’avais oublié the smell of the forest avant de venir à Tokyo…

20190512_162630 (3)

Rikugi-en, la magie d’un jardin conçu comme un poème…

Un dimanche de marchés. Des hipsters Sendagi, des ancêtres, Sugamo, des poissons Tsukiji

20190511_152854 (2)Un rallye de Mario Kart dans la rue (Akihabara), rien de plus banal jvous dis

Tracking Openness

D’Edo à Tokyo. De l’ouverture « à la civilisation » à la Global City

Tout aussi incontournable que la visite sociologique au supermarché, chacune de mes errances en Ville-Monde prévoit un détour par son musée d’histoire. Au Edo-Tokyo Museum, je cherche à comprendre si cette réputation historico-actuelle d’un îlot au fort goût pour l’isolement n’a pas été exagérée. Je cherche à saisir le rapport du Japon à l’ouverture et aux mondialisations.

Au Edo-Tokyo Museum je découvre une sorte de super-héroïne rompue à l’éphémère et anéantie maintes fois, par le feu, par les séismes, par la guerre. Et qui à chaque fois renaît plus forte et plus folle de ses cendres.

On va pas refaire l’Histoire ici, mais pour résumer très grossièrement, après deux siècles d’isolement, le Japon s’ouvre au monde sous l’ère Meiji. Edo, la Warriors Capital devient Tokyo, la capitale de l’Est et le pays se lance dans une course à la modernisation et à l’expansionnisme qui le conduira jusqu’en 1945…  Fermeture, ouverture sous l’ère Meiji, colonisation, Deuxième Guerre mondiale, mondialisation libérale…

« Japan in the Edo period is often viewed as having been isolated from the international world. However, in reality, interactions with Holland, China and Korea continued throughout the period, and people’s Curiosity toward foreign countries and cultures were constantly stimulated. » (Edo-Tokyo Museum)

20190514_123601 (2)Bon ok pour la Cosmopolis on repassera….

Même si Edo avait déjà un petit penchant cosmopolite. « Living in the machi of Edo were people from the provinces who spoke different dialects and kept various customs. They came from diverse places of origin, occupations, and backgrounds. » (Edo-Tokyo Museum) qui encouragea son développement. « Edo, the Shogun’s castle town, had flourished as a metropolis with a population of more than one million » (Edo-Tokyo Museum)

Et today alors, qui a le droit d’entrée ? La majorité des étrangers de Tokyo viennent de  Chine, Corée, Thailande, Turquie, Middle East, Australie, USA, Germany, France. Le visa pour étudiants est assez aisé. Le must c’est d’obtenir son diplôme ici, because then « they trust you » et t’as des chances de rester. Droit de passage accordé aussi si tu as des « special skills ». Sinon ben il faut te marier.

Ambivalence du rapport à l’Autre

Qui a lu Stupeur et tremblements aura été marqué par l’expérience traumatisante de cette petite fille qui se rêvait japonaise et finit dame-pipi à Tokyo. Y’a aussi les chiffres sur l’immigration et autres échos de leur fermeture qui font penser que les Japonais manquent de curiosité pour l’étranger… Les Japonais seraient-ils les Bernois du far-east ? Le Japon est le royaume des Otakus. Otaku qui signifie maison. D’où peut-être cette appétence pour l’enfermement…

D’une manière générale, j’ai le sentiment que les Japonais entretiennent un rapport ambivalent à l’Autre. Entre inclusion/ouverture et mise à distance/fermeture. A l’image de leur culte pour l’ère Meiji, ère de l’ouverture, en dissonance avec un des taux de laisser-passer les plus bas du monde. A l’image de mon ami M., Couch surfer aguerri, marié un temps à une Italienne, logeant depuis plusieurs mois gratuitement une photographe américaine, qui cultive savamment grande disponibilité et amitié à bonne distance. A l’image de cette metropolis qui réserve nombre de ses lieux aux initiés, aux locaux, imposant de surcroît ci-et-là une « charge for tourists » only.

Cette distance est certes l’héritière d’une Histoire d’isolement, mais d’histoires de colonisations aussi. Une histoire compliquée avec la Chine et la Corée particulièrement. Une Histoire à digérer. Et une jeunesse mondialisée qui aujourd’hui aspire à côtoyer ses pairs sans méfiance. Ne plus traîner ce lourd passé. Passer à autre chose. Sans tabous. Ensemble.

Fermeture aux clichés

7 (3)Quoi qu’il en soit, quand on décide de faire des milliers de kilomètres pour battre les pavés d’une cité, c’est que ce qu’on veut avant tout mettre à distance, ce sont les clichés. Et mettre en lumière l’ouverture. Celle de cette jeunesse voyageuse et ultra-connectée. De ces amis japonais rencontrés à l’occasion d’un séjour linguistique. De ces rencontres inopinées que t’offre la cité, comme ce promeneur qui te propose spontanément de te guider, tout navré de ne parvenir à échanger… barrière linguistique only. Celle affichée de mon lieu d’élection aussi. Au Sakura Hotel, c’est drapeaux partout, inside the lobby et on The Menu. Taiwanese Chicken Rice, Taco Rice (JAP), Loco Moco Hawaiian Rice, Seafood Paella, Nasi Goreng (MAL), Sheperd’s Pie (UK), Borscht (HONG), Spaghetti (IT), Teriyaki Pizza Halal (JAP), Chicharron (US), Sausages (GER), Nachos (MEX), Poutine (CAN), etc, etc., etc. Y’en a pour tous les palais globalisés !

Enfin, les artistes ne furent pas en reste lors de cette traque à l’ouverture en m’offrant de déambuler dans les dédales d’une exposition très… connectée (Musée Mori).

maxresdefault« Life today seems freer and more convenient than ever before, as we embrace multiculturalism and diversity, and reap the benefits of rapid technical advances, particularly in information technology. On the other hand, « divisions » of various sorts are also becoming increasingly apparent – as seen in the problem of the internet – which by rights ought to foster openness conversely reinforcing opinions and perception of a similar nature, poverty and discrimination sparked by growing economic disparity, and the migrant crisis, to name just a few. Roppongi Crossing 2019 will focus on the « connexions » highlighted by myriad forms of creative expression from contemporary art to fashion, AI, and Artificial Life. The various types of connection presented by the 25 participating artists and groups – joining polar opposites, fusing the heterogenous, giving visual expression to existing ties, etc. – will encourage us to look more critically at the world, taking conventional ideas and inverting them, perhaps offering some clues for addressing the divisions in society today. This exhibition will hopefully help us find new connections with the artwork and provide meaningful opportunities to engage with present realities. »

Diversity in Tokyo – The City of « Enlightement » on the map

Alors oui, je persiste, Tokyo est une metropolis qui s’intéresse à l’Autre. Et qui laisse de la place aux centralités culturelles d’Ailleurs aussi. Une place qui elle aussi cultive l’ambivalence avec la mise à distance…

Enclaves d’hier…

« Le gouvernement Meiji promut activement sa politique d’Enlightement dans la capitale, construisant de nombreux symboles de cette ouverture. Parmi eux the Rokumeikan, construit « as a place for international goodwil and an opportunity to demonstrate Japan’s achievement of modernization »; « Quasi-Western-style architecture » comme « the brick town » de Ginza, la gare de Shinbashi, le S Theater ou encore la Holy Resurrection Cathedral. Une enclave étrangère, Tsukiji fut construite pour commercer avec les pays étrangers. Les étrangers y étaient installés avec l’établissement de résidences et d’hôtels « only for foreigners« . » (Tokyo-Edo Museum)

Depuis l’ère Meiji déjà, l’Autre eut ses espaces réservés dans la cité. D’abord le quartier de Tsukiji. Plus tard et dans une moindre mesure celui de Roppongi, labellisé « quartier des Occidentaux » et mecque de la vie nocturne contemporaine.

20190513_153525 (2)

« Dès son origine, Edo, une cité de diversité avec des « people from different provinces who spoke different dialects and kept various customs. They came from diverse places of origin, occupations, and backgrounds. » « The common people of Edo integrated various customs and seasonal events that were introduced from the provinces, and lived their lives rigorously while facing disasters and epidemics. » Une vie frugale et simple « but the wisdom of urban lifestyle that was fostered through the life in the row houses created a unique lifestyle. »

Centralités culturelles d’aujourd’hui

Si le musée d’histoire de la ville met en avant le multiculturalisme d’hier, la cité n’est aujourd’hui pas exempte de diversité culturelle. Comme à Okubu, Shinjuku, qui abrite Shin-Okubo, le plus grand quartier coréen du Japon. Royaume du trio K-pop, karaoké, kimchi. Dans son prolongement se trouve Islam Yokocho, le quartier musulman où notamment les population du Sud-Est asiatique mais aussi du Moyen-Orient viennent transférer leurs devises, s’approvisionner en épices et produits hallal. Ikabari quant à lui, un peu le pendant de la rue Saint-Anne à Paris, te propose de voyager de Lyon à la Bourgogne, de Bretagne à… Picard 😉 en passant par Barcelone. En revanche on ne trouve pas de major Chinatown à Tokyo, l’Histoire aura voulu qu’il s’ancre à Yokohama.

20190515_131319 (2)

Quartier d’Okubo, Shinjuku

Okubo, Islam Yokocho, Ikabari. Centralités coréennes, musulmanes et frenchy

Quant au rapport à la religion, il est assez ouvert. Une tolérance distante, ma foi assez logique de la part d’un peuple qui « Don’t have the concept« . Au Japon you just « Could be shinto and bouddhist and whatever else« . Si à Singapour on trouve temple et mosquée side by side, à Tokyo c’est plutôt temple et sanctuaire qui se côtoient. Une diversité tournée vers l' »interne ».  En fait à Tokyo on voue surtout un culte aux Ramen 😉 !

20190513_192729 (2)

Meiji Glocalization

Et si le rapport du Japon à l’ouverture et au monde avait toujours porté la marque de la glocalisation ? Une hypothèse développée en flânant au Sanctuaire Meiji-Jingu.

Saké & Bourgogne… ou la « Japanese Glocalisation »

Finalement, c’est en l’abordant sous l’angle de la glocalisation, promue on le voit dès la période Meiji, que je commencerai à mieux saisir la culture japonaise. Adopter des richesses chez l’Autre et les adapter à chez soi. Le concept pourrait carrément avoir été inventé ici. De l’ouverture du pays à l’occupation post DGM puis l’arrivée de la mondialisation, la nation a su réinterpréter sa culture insulaire pour créer sa propre mondialisation. Une modernité « glocale » rendue possible parce qu’intégrée non pas progressivement, mais greffée sur une fermeture, un isolement.

Biblio : Dictionnaire des migrations internationales - Approche géohistorique - Sous la direction de Gildas Simon - Armand Colin - 2015 / La réticence historique japonaise vis-à-vis des populations allogènes, Marc Humbert, UMIFRE 19, 2010 / Introduction. Changement et diversité au Japon. Vincent Mirza et Catherine Laurent Sédillot, in Diversité urbaine, 13, (1), 2013 / Le Japon, pays d'immigration, Abdelhafid Hammouche, Hommes et migrations, 2015 /Les "Hafus" mettent le Japon au défi de la diversité. Le Temps, 04.08.2015, https://www.letemps.ch/culture/hafus-mettent-japon-defi-diversite

Life of a Salary man

20190514_141520 (2)

From 8 am to 9 pm. From Tokyo Station to quick early dinner among men in shokudo or izakaya….

…  The Salary Man Schedule

The sinistre life of a Salary man…. I can help but wonder… How can you live like this ? Mon ami M. qui bosse pour une organisation scientifique internationale, se demande bien après quoi courent tous ces hommes en gris… lui qui apprécie l’esprit de quartier, roule à vélo, fuit Roppongi et Ginza.

20190510_200442 (2)
Mais où sont les femmes ?

Zen ?

Haaa le zen japonais. Le monde entier l’envie. Moi-même j’admire ici la capacité des Tokyoites à rentrer à l’intérieur d’eux-mêmes et se recueillir malgré tout ce monde. Pour tordre ce qu’il considère comme un autre cliché, mon ami M. m’invite à apprécier le so famous zen japonais à l’heure de pointe du matin, où les « agressive » Tokyotes se comportent « like animals« … Parole de Japonais, they’re « not « japanese » anymore » between 7 and 9am. J’ai suivi son conseil 😉

Le conformisme, une idéologie ?

De l’excentrique Harakuju au grey suit… Comment passe-t-on de ça… à ça ???

Parcours balisé(s). Oppression contenue, oppression à pas feutrés

Comment se conduire aux WCs, dans quel sens marcher, où fumer, … Omniprésence des textes injonctifs. Poésie post-moderne incontournable pour conduire une cité de 23 millions d’habitants ? La masse, une limite à la liberté individuelle ? Ou un manque de confiance dans la responsabilité individuelle ? Quoi qu’il en soit, les Japonais n’étouffent pas que sous leurs masques, ils étouffent sous leurs propres règles aussi. Si à Shanghai tout est rond, à Tokyo tout est carré. Encadré et encadrant. Urbanisme, métro, parcs, jardins, jusqu’aux nouveaux projets urbains.

Masque sur la bouche portable greffé dans la main, guidé par des flèches dans le métro et dans la rue… le parcours urbain comme métaphore de l’existence sociale du Japonais. Ville basse, ville de câbles, ville multi-centrique, ville…compl(iquée)exe. L’architecture même de la cité poliss(c)e le citoyen. Métros-maisons, centres urbains fermés, parcs forteresses, jardins sanctuarisés, caméras omniprésentes. Parcours encadré, balisé. Interdits ajoutés à structure sociale entravante… Véritable épreuve pour esprit latin ! Asako, cette tragédie visionnée dans l’avion, métaphore de la société japonaise ? Folie convenue, folie contenue. Prête à exploser ? Jeunesse décalée, salary men ennivrés. Ils s’épuisent au boulot, ils se contraignent pour faire tout comme il faut. Et dire qu’ils vont être les premiers à se faire remplacer par des robots….

Mais le conformisme japonais, la figure du carré, de l’ordre, se doit elle aussi d’être nuancée. Tokyo, son architecture un peu chaotique, son esthétique un peu anarchique. Entrelacs de câbles. Compliquée. Résultat d’une Histoire mouvementée. Une société rompue aux ruptures, à l’incertitude, à l’éphémère, aux relèvements, moins aux soulèvements. Une société loin d’être lisse. Complexe. Une cité dont la beauté et la folie se révèlent surtout la nuit.

20190511_193347 (2)

« A Mature Civilization »

Mais ce que contraint surtout ce cadre social japonais qui peine à évoluer c’est la natalité. D’ailleurs à Tokyo, s’il est un cliché qui n’est pas balayé par le pavé, c’est tout ce qu’on a pu entendre sur la démographie japonaise en déclin et le vieillissement de la population. Et pourtant elle choisit le robot à l’étranger. Tokyo, ville d’aînés où l’on croise ici un restaurant tenu par des robots, là un espace où des hommes paient pour carresser une femme sous un voile ou pour un simple contact avec le féminin. Partout des restos fréquentés par des salary men only, qui pour combler l’absence peuvent toujours enchaîner avec un Maid Café. Sans parler du phénomène Otaku, … Tout ceci conjugué, fatalement, une chute de la natalité. La fin annoncée d’une civilisation ?

C’est un ami japonais qui me donnera s(l)a/une clé de cette interrogation. Le Japon = une Mature Civilization. Vs le reste du monde, des « Pre-mature Civilizations ». Une question de stade de développement tout bêtement. Bon pour l’Europe ils hésitent. La Suisse, éventuellement. Pas une théorie. Juste un constat. Partagé sans condescendance aucune. Pas raciste, juste réaliste. Le Japon traîne derrière lui ses ancêtres, est conscient de sa finitude. Une mature civilization, avec ce que ça implique de déclin. Un peu comme le cycle de vie d’un produit. Conscience d’être une civilisation. Conscience de ce que ça implique de responsabilité aussi. Conserver le passé. Du coup peur du métissage = peur de la dissolution de la civilisation. Une société mature qui se dirigerait donc consciemment vers sa fin ?

Quoi qu’il en soit, this year is a very special one for grandeur et openness. A New emperor et a New Era qu’il est prévu de célébrer comme il se doit durant toute l’année ! On célèbre aussi l’ouverture avec les Jeux Olympiques 2020 en préparation et l’accueil imminent de la  Japan 2019 Rugby World Cup. Des événements qui donnent lieu à un sensible effort de « traduction » d’une cité jamais figée. Qui poursuit sa mutation.

20190511_133422

20190515_190028 (2)Une mutation qu’on célèbre à notre façon en cette dernière soirée avec mon ami M. Dernière soirée pour moi, dernière soirée pour cette gargotte où l’on aura goûté au fameux oden (pot-au-feu japonais) pour seulement… 3 francs ! Fou rire nostalgique au fond d’une ruelle au coeur d’un quartier en pleine gentrification.

Shanghai. Tokyo. Face à face

Shanghai contrôle politique +++. Tokyo contrôle social +++. Shanghai bulle déconnectée ultra connectée. Rue chinoise vivante et bruyante. Tokyo île masquée ultra préservée. Rue japonaise écrasante et encadrée. Tokyo ville de codes. Shanghai ville de de symboles. Autoritarisme social vs autoritarisme politique. Fascination pour la singularité culturelle japonaise. Tokyo une expérience totale. Emportée par l’énergie et la confiance chinoise. La course vers le ciel de Shanghai.

Chine-Japon. Deux voisins. Deux grands rivaux. Histoire à trainer. Respectueuse méfiance. Deux voies géopolitiques à suivre. Nouvelles Routes de la Soie et conquête du monde côté chinois. Insularité conquérante et rapprochement avec les USA de Mr T. pour le Japon.

Shanghai-Tokyo. Diversité métropolistique vs monopoles ethniques. Des métropoles en mutation aussi. Gentrification éclatante à Shanghai, transformation pour l’ouverture à Tokyo.

LA grande force de ces deux géants de la globalisation ? la glocalisation. Glocalisation version japonaise, qui a su préserver sa culture insulaire et inventer sa propre modernité. Glocalisation version chinoise, qui a su intégrer le full package de l’Histoire, le retourner pour l’exploiter à son profit.

En route vers la déshumanisation ?

20190517_134943 (2)

En transit enfermée encerclée de caméras dans un temple de la consommation encadré. L’aéroport, le rêve des dictateurs. Des citoyens repus et distraits alignés comme des bêtes contemplant le mouvement du monde derrière des grillages… L’aéroport, métaphore et futur de la Metropolis ? Leurs voies, notre avenir commun global(isé) ?

Shanghai et Tokyo, mes Global Cities les + policées. Je rentre avec une faim de Méditerranée et totalement disgusted with connexion.

Aseptisation – Connexion – Sécurisation – Digitalisation – Clôturisation … Dystopie de la future Global City ?

Insularisme et autoritarisme. Leurs voies pour glocaliser la mondialisation ? Le Royaume ultra-connecté, notre avenir commun ? Le maillage qui nous piège allié à l’Anneau qui nous enferme ? Le futur de la globalisation, alliance du Réseau ultra et du Territoire ultra saupoudré d’une pincé de localisme ? Welcome Les Furtifs, welcome to Game of Thrones, welcome to Neo-Middle-Ages ? Notre salut ? Militer pour le droit à la déconnexion, militer pour le droit à la liberté. Re-Glocaliser ces voies. Résister au contrôle total(itaire). CQFQ.

Épilogue. Pékin Express

20190520_195745 (2)
Mon sésame de sortie…

Après Lost in Translation… Pekin Express et Le Terminal ;-). Avion retardé par des intempéries. Correspondance manquée. Douze heures pour obtenir un sésame de sortie. Dehors que du gris. Prisonniers dans cette immense ruche verrière flottante encerclée de smog, enveloppée, opaque, étouffante. Dedans le chaos.  Des milliers de voyageurs perdus et à bout qui crient, pleurent, s’endorment. Scènes de chaos, craquages mentaux, perte de civilité, exaspération face à des fonctionnaires dépassés, privés de technologie, privés de connexion, privés d’initiatives… Lieu d’un autre temps. Contraste brutal avec l’aéroport-vitrine de Shanghai. Kafkaïenne bureaucratie. Science fiction moyen-âgeuse. Coeur du régime et fonctionaires à l’avenant. Peu avenants. L’individu n’est rien parmi la multitude, écrasé, effacé.

20190520_195700 (2)
Mes sésames d’entrées. Ironie du sort, je m’e(n) sors de Chine avec deux entrées sans visas, j’en demandais pas tant…

Une nuit-journée sans fin, où on apprend le « xéxé so much », mais je m’embrouille aligato nihau je dis quoi je suis où je mélange tout je suis perdue je suis crevée… et près l’Art de se perdre, on s’initie à l’Art de perdre aussi. Je finirai par rentrer. Le bagage (a)léger…

20190520_184501 (2)Expérience riche d’enseignements. Remise en cause de ce mode de vie, ce mode de voyager. Aucune marge. Temps milimétré. Escale prolongée à oublier. Monde ultra-sécuritaire qui joue à être ouvert. Aéroports devenus décidément des lieux traumatisants. Torture du retour. Besoin de voyage facile. Dans ces moments on se jure que c’est terminé qu’on ne voyagera plus jamais ainsi… mais après une longue nuit de 4 heures plus tard 😉 on reste convaincu que le voyage est juste un mal nécessaire pour qui se passionne de comprendre le monde. Et pis il me reste encore un dernier PG duo à arpenter… Dans le mood de la Ville-Monde, en mode Maglev comme il se doit…

Compagnons de route

Le voyage continue. Shanghai – Tokyo en mode glocal

  • Fondation Baur, Musée des Arts d’Extrême-Orient, « L’Asie à Genève » & Exposition temporaire « Asia Chic – L’influence des textiles chinois et japonais sur la mode des Années folles » 2019
  • Le Thé, Dim Sum, rue des Bains 65
  • Yakitori, rue de Monthoux 15
  • Kampai, rue de Monthoux 25
  • Centre de médecine chinoise Bejing Tong Ren Tang Swiss, rue Abraham-Gevray 1
  • Quartier des Pâquis. Épiceries asiatiques (Thu Hang, rue de Monthoux 52/Asia Store, rue Pradier 8) et supermarché japonais (Uchitomi, rue Ferrier 13)
  • Exposition « Nicolas Bouvier – Déambulations japonaises » 2019, Centre culturel du Manoir, Cologny
Warning : cet article a été écrit avant le Covid 19 ... new world ?

 

Ici Genève. Portes Ouvertes

La Nuit de l’Hôtellerie. Une initiative 100% glocale. L’occasion d’ouvrir les frontières de la Genève globale à la Genève locale. L’occasion de pousser les portes de légendaires institutions. L’occasion de mettre en lumière l’âme et le patrimoine de la cité. L’occasion de vivre une expérience singulière. De découvrir des mondes en soi, rencontrer les passionnés qui les « habitent » et assister à leur chorégraphie savamment rythmée. La Nuit de l’Hôtellerie. Une initiative 100% connexion.

cof

Pudiques ouvertures

Pudique Genève. Qui s’apprivoise, se mérite, se devine, se laisse désirer, se déguste sur la durée… Pudique elle laisse à chacun l’espace pour être ce qu’il est. Pudique, elle offre de la place aux mondes pour cohabiter. Pudique ses mondes s’y croisent souvent sans s’entrecroiser. Ballet de flux. Locaux, internationaux, touristes, pendulaires, transnationaux co-habitent en s’ignorant. Pudique elle regorge d’univers à découvrir, de secrets bien gardés. Pudique elle abrite des lieux mythiques aussi…

 

Armures, Fairmont, Intercontinental, Metropole, Mövenpick, Président Wilson, Richemond, Bristol, Mandarin Oriental, Ritz-Carlton, Hôtel d’Angleterre... Chacune de ces portes évoque des tranches d’Histoire locale et globale. Abrite un Monde en soi. Lieux mythiques qui ont connu plusieurs vies et accueilli d’illustres personnages. Lieux mythiques qui ont tant d’h(H)istoires à raconter. Des histoires de familles, des histoires de citoyens, des histoires du Monde. Lieux mythiques qui sont les gardiens d’un bout de l’âme de notre cité.

Amateurs de fables de contes et de légendes, saisissez l’occasion ! Ce week-end leurs gardiens vous accueillent pour les partager. Davantage que du tombé impeccable d’un rideau, de la vue imprenable sur le Jet d’Eau, du luxe insolent et de la gastronomie raffinée, mes papilles sont d’abord friandes de l’histoire des lieux.

cof

C’est une authentique Genève de saison qui nous donnait rendez-vous ce week-end là, enveloppée de son mythique manteau hivernal. Les établissements affichaient avec beaucoup d’entrain leur volonté commune d’ouvrir leurs portes internationales à la Genève locale. Nous avons été reçus comme dans un cocon au Richemond, comme à la maison au Métropole, comme des VIP au Kempinsky.

Escale no 1 – Le Richemond, une saga familiale

rhdr

Le Richemond, fleuron genevois et « pension de famille » internationale tenue par les Armleder durant plusieurs générations. Découvrez la romanesque histoire du Richemond ici.

La visite.« Dans la légende du Richemond ». Après avoir jouer les gouvernants en chef dans une suite, nous avons été accueillis par le maître des lieux dans le Ballroom, où l’équipe nous avait concocté une dégustation de vins 100% locale, un massage des mains et un atelier floral .rpt

Escale no 2 – Le Métropole, un patrimoine local

rptSaviez-vous que Le Métropole fut un temps le siège de la Croix-Rouge ? Saviez-vous que le Métropole a failli être détruit avant d’être classé bâtiment historique et racheté par les citoyens ? Saviez-vous que le Métropole, en tant que patrimoine de la Ville de Genève nous appartient ? Et qu’en tant que propriétaires, il nous appartient aussi de le révéler. En s’inspirant par exemple du fringant duo qui nous a accueillis avec beaucoup de chaleur et de simplicité, et le souci de briser les barrières en invitant les Genevois à ne pas se laisser intimider et à pousser la porte de « leur » hôtel. A noter que l’unique palace de la Rive gauche travaille actuellement sur un projet de communication ayant pour objectif de mettre en avant l’histoire du lieu. Quant à moi, après un tour sur le rooftop, je sais déjà où je vais regarder le prochain Grand Feu !rpt

 

cof

Escale no 3. le Fairmont, patrimoine global

bsh

Noga Hilton, Kempinski, Fairmont… Parce qu’on ne sait plus comment il s’appelle ni à qui il appartient (Nessim Gaon, fond souverain, financiers, cheikh, groupes hôteliers,…), on l’appellera désormais le Grand Hôtel de Genève. On retiendra surtout la passion transmise par son virevoltant gastronome poète, ancien maître d’hôtel, aujourd’hui intarissable responsable de la formation. Qui n’a pas ménagé sa passion pour…

rpt

Nous faire découvrir chaque recoin de cette Ville dans la Ville (palette de restaurants, « forêt », lounge, bar, club, théâtre, spa, piscine, salles de réunion, commerces, agences, etc.). … Des « clés d’or » au boucher maison, mettre en lumière le ballet de ses 400 collaborateurs. … Nous faire plonger dans les baies vitrées des plus fastueuses suites de ce Business Palace qui a su conserver son identité au gré de ses changements de propriétaires. … Nous perdre dans le dédale des couloirs un brin désuets dont le célèbre architecte Jean Nouvel assurera la mue dès l’année prochaine. Pour que le Grand Hotel of Geneva reste l’emblème de sa rade.

… Nous donner envie de prolonger l’expérience avec son mythique chocolat chaud :-)…

rpt

Pour en savoir +

« La Nuit de l’hôtellerie est destinée à faire découvrir AUX RÉSIDENTS les hôtels de leur ville, à travers un week-end portes ouvertes. ​

rhdr

Pousser la porte d’un hôtel devant lequel on passe tous les jours. Démystifier les coulisses des palaces, rencontrer des professionnels en exercice, susciter des carrières auprès d’un jeune public, participer à des ateliers, assister à des animations originales.

Les habitants d’une ville sont souvent les personnes connaissant le moins leur parc hôtelier, or ils sont fréquemment amenés à conseiller des clients potentiels, lors de leur déplacement à l’étranger, ou en cas de visite de proches.​

Un tarif unique et préférentiel leur est proposé, sur justification de leur domicile.

​Présentation des métiers de l’hôtellerie, en collaboration avec les écoles hôtelières, afin que le jeune public puisse les découvrir, et poser des questions aux professionnels les exerçant.

​Cuisine, conciergerie, service en salle, etc., tous les intervenants du secteur répondront aux interrogations des visiteurs, et les aiguilleront vers des écoles ou des filières existantes, parfois représentées sur place. » Site Internet Nuit de l’hôtellerie

 

Atelier pâtisserie à l’Hôtel d’Angleterre, visites des coulisses du Fairmont, de l’Intercontinental, du Ramada, du Richemond, Atelier mixologie au Jiva Hill, Atelier cocktails au Mandarin Oriental, Atelier housekeeping au Métropole, Atelier sushis au Mövenpick, dégustation de vins genevois à l’Hôtel Royal et chez le Président Wilson, dans la peau d’une gouvernante en chef au Richemond, coktails masterclass à l’Hôtel de la Paix, etc., etc., etc. Programme Nuit de l’hôtellerie 2020

cof

 

 

Zoom sur le Grand Genève

Voyager à bord du Léman Express vous a donné envie de faire plus ample connaissance avec le Grand Genève ? Glossaire, chaîne dédiée, émission connectée ou Forum citoyen, voici quelques pistes pour explorer le projet transfrontalier.

IMG_20191226_210119 (2).jpg

GENius Loci

L’association GENius Loci a pour but d« Accompagner l’émergence de projets favorisant la coopération transfrontalière, ainsi qu’une citoyenneté inclusive sur le territoire du Grand Genève. » Lien

Glossaire SENSible

Outil de décryptage et d’appropriation du territoire pour faciliter la compréhension mutuelle transfrontalière autour de Mots comme Identité, Territoire, Bien commun, …

« Le Glossaire SENSible. Porté par l’association GENius Loci, le Glossaire SENSible est un outil d’appropriation et de décryptage qui a pour objectif de faciliter l’intercompréhension et l’ajustement mutuel. Des personnes ressources dans différentes disciplines et des habitants sont mis à contribution pour apporter leur propre définition, vision, éclairage, perception sur une même notion clef. Les contributions sont singulières et prennent différentes formes au choix des contributeurs (rédactionnelles, visuelles, sonores…). » Lien

Grand Genève TV

grandgenevetv

Forum d’agglomération

« Le Forum d’agglomération est l’instance de concertation de la société civile transfrontalière à l’échelle du Grand Genève. Confronter les points de vue, échanger des idées, effectuer des propositions, nourrir les réflexions sur le devenir du Grand Genève, tels sont les objectifs du principe de participation au sein de l’agglomération. Les forces vives du territoire et les élus s’associent afin de créer la première instance de concertation pérenne à l’échelle du Grand Genève. » Toutes les infos ici

Émission transfrontalière

ensembe

« Chaque mois, Céline Argento s’intéresse à notre région frontalière autour des grandes thématiques qui l’agitent. On pense évidemment à l’emploi, la consommation, les transports, tous éminemment imbriqués entre les différentes zones du Grand Genève. Mais cette région, c’est aussi des femmes et des hommes qui coopèrent sur ces sujets et bien d’autres comme l’économie, la faune, l’enseignement, le développement durable.
C’est dans cet esprit d’effacement de la frontière que le magazine est abordé avec chaque mois, une thématique différente. Des invités représentant Nyon, Genève et la France voisine (Ain et Haute-Savoie) sont conviés à discuter sur le plateau de Léman Bleu ou en extérieur en cas d’événements notables.

L’émission fait également un point sur l’actualité transfrontalière, et met en avant un gros chantier en cours dans le Grand Genève.
La dernière partie de l’émission est consacrée à la découverte de bons plans et activités à faire dans la région. Ski raquette, confection du reblochon, visite de chocolaterie, tout est fait autour d’un credo : pas besoin d’aller très loin pour s’amuser !

Une émission rassembleuse, abordée avec bonne humeur, qui colle ainsi à son nom : ENSEMBLE. » Lien Léman Bleu

En direct du Grand Genève. Léman Express, Jour J

15 décembre 2019, 5h du matin, le trait d’union prend ENFIIIIIN son service !!! Alors on saute le brunch, on se précipite sur le quai d’une des gares ultra-modernes construites pour l’occasion et on se laisse voyager au gré des nombreuses animations organisées le long du réseau !

Le__man_Express___CEVAcsm_le_man_express_informations_publiques_22be7be47f_4

Léman Express Vivons plus grand

« Un million de personnes reliées entre elles »

  • Le plus grand réseau ferroviaire transfrontalier d’Europe
  • La concrétisation du Grand Genève
  • Un projet de plus d’un siècle
  • « Historique »
  • Une « Révolution »
  • « L’entrée de Genève dans le 21ème siècle »
  • Une nouvelle façon de penser la mobilité
  • La construction d’une agglomération transfrontalière de près d’un million d’habitants
  • 6 lignes réparties sur 230 kilomètres, 45 gares, 2 cantons, 2 pays
  • Une amélioration de la qualité de vie avec un désengorgement sensible du trafic routier
  • L’émergence de nouveaux quartiers
  • Un nouveau dynamisme pour Genève
  • La création d’une communauté identitaire… régionale ?

Léman Express en fête

Le 12 décembre, jour de l’Escalade (!) les autorités suisse et française inauguraient officiellement le rapprochement entre les deux pays. Clin d’oeil à l’Histoire…

Trois jours plus tard, les Genevois s’étaient déplacés nombreux pour découvrir les impressionnantes nouvelles gares. L’occasion de prendre conscience de la mesure du chantier et de se presque réconcilier avec la décennie de travaux. 

Des quartiers redynamisés

ptrCe jour-là, « en raison d’un mouvement social en France« , le train dans lequel j’étais monté ne traversera pas la frontière. Transit via Chêne-Bourg donc et escale parmi la joyeuse foule rassemblée aux festivités des Eaux-Vives.

Le Réseau du Léman Express

A utiliser sans modération ! Pour le quotidien ou pour des virées à Annecy, Évian ou St-Gervais-les-Bains… CONNECTÉS !

Depuis ma gare, il me faut seulement 6 minutes pour rejoindres les aux Eaux-Vives, 58 minutes pour Evian et à peine 45 minutes jusqu’à La Roche-sur-Foron.

réseau léman express

A suivre : une journée à bord du Léman Express…

Ici Genève. Pont en danger

En octobre 2019, importante mobilisation pour sauver le FIFOG – Festival international du Film oriental de Genève – à la suite d’un désengagement financier de la Ville qui mettait en danger un Festival qui « mélange les arts, fait rêver, pose des questions pertinentes et promeut la liberté. Espace d’affirmations et de célébration des différences et des droits sociaux et culturels, le festival honore l’image d’une Genève solidaire, havre idéal à de si précieuses rencontres artistiques et humaines. » La mobilisation a porté ses fruits, mais le FIFOG reste en sursis. Affaire à suivre donc et en attendant rendez-vous  pour la 15ème édition !

fifog

Octobre 2019 – ACTE I. Le FIFOG en danger !

Pétition – Extraits

« AU NOM DE LA DIVERSITÉ CULTURELLE DÉFENDONS LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM ORIENTAL DE GENEVE !

Malgré le franc succès de sa 14e édition, placée sous l’égide de la Commission suisse pour l’UNESCO, le festival voit son avenir menacé par le désengagement brutal des autorités culturelles de la Ville de Genève, dans le soutien à l’événement. (…) Elles nient brutalement le festival comme symbole de diversité, espace de dialogue et de découvertes, vecteur d’intégration et de promotion de la Genève internationale, fenêtre sur l’Orient à feu et à sang, vitrine pour les cinéastes en difficultés.

Retrouvez toutes les informations ICI

15 Décembre 2019. ACTE II. LE FIFOG SAUVE SA PEAU…

… « MAIS LE PLUS DURE RESTE A FAIRE !

Hier soir, le budget de la Ville de Genève a été adopté à une large majorité. Le FIFOG a réussi à sauvegarder la moitié de sa subvention (80’000 CHF au lieu des 160’000 CHF) allouée par la ville. Merci à vous, et à celles et ceux qui ont travaillé avec conviction pour rendre cela possible.

Ainsi le FIFOG sauve sa peau, mais le plus dure reste à faire : voler (organiser sa 15ème édition) avec des ailes blessées ! Pour cela, il a fortement besoin de votre soutien !

Vive la Démocratie ! Vive la Diversité ! Vive le FIFOG ! »

Retrouvez toutes les informations ICI