Highlight : Communauté minimale d’élection

« Une affaire de famille » fait parti de ces films qui continuent d’infuser lentement après la séance et distillent pour longtemps leurs effets. Sur le moment je me suis laissée porter par un moment de cinéma, une histoire, une mise en scène, une poésie mais ensuite…

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Palme d’Or 2018 de Hirokazu Kore-eda, JAP

« Au retour d’une nouvelle expédition de vol à l’étalage, Osamu et son fils recueillent dans la rue une petite fille qui semble livrée à elle-même. D’abord réticente à l’idée d’abriter l’enfant pour la nuit, la femme d’Osamu accepte de s’occuper d’elle lorsqu’elle comprend que ses parents la maltraitent. En dépit de leur pauvreté, survivant de petites rapines qui complètent leurs maigres salaires, les membres de cette famille semblent vivre heureux – jusqu’à ce qu’un incident révèle brutalement leurs plus terribles secrets… » Site Le Pacte

… ces questions ont commencé à m’obséder :

C’est quoi une famille ? Est-on libres de la choisir ?

Liberté, communauté, société, règles, lois, ordre, déterminisme…

Pouvons-nous être contraints d’appartenir à une famille ? Assignés à une communauté ? Et si l’assignation identitaire commençait avec la plus basique des communautés ?

Dans son récit, Hirokazu Kore-eda livre une piste en deux actes : Acte I – La Joie / Acte II – La Loi.

 

 

 

Highlight : AS-SYRIA-TION

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Film de Philippe Van Leeuw
2017

« Dans la Syrie en guerre, d’innombrables familles sont restées piégées par les bombardements. Parmi elles, une mère et ses enfants tiennent bon, cachés dans leur appartement. Courageusement, ils s’organisent au jour le jour pour continuer à vivre malgré les pénuries et le danger, et par solidarité, recueillent un couple de voisins et son nouveau-né. Tiraillés entre fuir et rester, ils font chaque jour face en gardant espoir. » Lien

Erasme. Trois moments d’Europe

Chapitre I. 1936. Rêve d’Europe

« L’Europe est coincée entre fascistes et démocrates, comme jadis entre catholiques et protestants. Erasme s’est posté entre les fronts. Pour rassembler. Nous, qui croyons en l’Europe, rappelons-nous ce premier Européen, ce pacifiste enthousiaste. Même s’il a échoué.« 

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« Je crois en une Europe libre. Je crois que frontières et passeports appartiendront un jour au passé. Mais je doute que nous puissions le voir. Mon pessimisme sur l’avenir proche, hélas, a toujours été justifié. Mon seul espoir repose sur ces grands mouvements qui traversent les siècles. Pour moi et aussi, hélas, pour vous, ils viendront trop tard. »

Stefan Zweig – Buenos Aires, septembre 1936

Adieu à l’Europe et… à la vie

« Avant de quitter la vie de mon propre gré et l’esprit clair, je me sens tenu de remplir un dernier devoir : remercier sincèrement le Brésil, ce merveilleux pays qui a offert une halte si hospitalière à mon travail et à ma personne. Chaque jour, j’ai appris à aimer un peu plus ce pays, que j’aurais préféré à tout autre pour reconstruire une nouvelle vie après que j’aie vu disparaître le monde de ma propre langue et ma patrie spirituelle, l’Europe, se détruire elle-même. Mais passé soixante ans, il eut fallut des forces exceptionnelles pour tout recommencer et les miennes, après ces longues années d’errance apatride, sont épuisées. Je crois donc qu’il vaut mieux, pendant qu’il est temps, et la tête haute, mettre un terme à une vie où le travail de l’esprit fut la plus grande joie et la liberté personnelle la plus haute valeur en ce monde. Je salue tous mes amis ! Puissent-ils voir l’aurore après la longue nuit ! Trop impatient que je suis, je les devance. »

Stefan Zweig – Petropolis, 22 février 1942

Chapitre II. 2002. Hymne à l’Europe

Rappelez-vous, en 2002 sortait L’Auberge espagnole de Cédric Klapisch, l’hymne de la Génération Erasmus. Ere de la mobilité triomphante et de la foi en une Europe multiculturelle. affiche

«Les inscriptions en Erasmus ont doublé après L’Auberge espagnole»

Depuis sa création, 5 millions de jeunes Européens ont bénéficié du programme. Et ils ont donné naissance à plein de bébés Erasmus ;-).

Chapitre III. 2016. Europe malade

L’Europe au seuil de changements sociaux et économiques. Gros plan sur les opinions et le désenchantement de quatre couples, sur leurs luttes quotidiennes, leurs combats, les enfants, le sexe et la passion. Un film sur la politique de l’amour. Séville, Tallinn, Dublin, Thessalonique: Europe, she loves. Lien distributeur

MV5BMTU1Nzk2Nzg1NF5BMl5BanBnXkFtZTgwMjI3NjIwODE@._V1_Et demain ?

Crise idéologique, tendance localiste et ancrage des nationalismes… Une Europe à réinventer !

Les autres, que sont-ils devenus ? Ont-ils toujours foi en cette Europe qui a scellé notre amitié ou sont-ils sensibles au climat de repli ?

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Le programme Erasmus a 30 ans. Les premiers étudiants à en avoir bénéficié ont autour de 50 ans. Hier, ils étaient cette nouvelle jeunesse européenne, unifiée par le programme d’échanges. Que sont-ils devenus ? Qu’ont-ils gardé de l’esprit d’Erasmus ? Pour Sébastien Legay, l’immersion a eu lieu à Amsterdam, en 1992. Il vivait dans un appartement avec 17 colocataires, qu’il a entrepris de retrouver. (Infrarouge – France 2 – 2017 – 52′)

On ne tombe pas amoureux d’un marché unique. Il faut avoir un aspect qui permette aux citoyens et aux citoyennes de s’identifier beaucoup plus avec l’Europe.

Alain Smith – Premier directeur du bureau Erasmus

On voulait inventer cette Europe qui fait que les gens se connaissent, que les gens puissent communiquer entre eux, et puissent à partir de là concevoir une Europe qui leur appartienne.

Albert Prévos – Fondateur de l’agence Erasmus France

Dans le joyeux documentaire de Sébastien Legay, on croise aussi un jeune anglais qui a voté en faveur du Brexit sans y voir de contradiction avec son échange imminent. Il a voté pour que change cet « énorme corps inconnu« , cette « union très économique » et ne voit pas d’incompatibilité entre Brexit et Erasmus, convaincu que le programme d’échanges restera toujours ouvert aux Britanniques. Quentin, jeune français qui bien qu’il respecte ces arguments regrette « de remettre des barrières alors qu’on a réussi à créer quelque chose de grand » et redoute que les prochaines générations ne puissent être aussi ouvertes, « Et ça, ça fait peur« .

Il y est aussi question du caractère élitiste du programme, argument défendu par le Secrétaire général du parti Podemos Espagne, qui a en son temps bénéficié pour compléter les aides publiques et la bourse Erasmus, du soutien financier d’un père inspecteur du travail et d’une mère avocate. Une vision loin de l’expérience du réalisateur, qui donnait des cours de français pour compléter sa bourse et n’a lui pas connu cette soi-disant bulle élitiste.

A lire ou à relire Le Projet Cosmopolis – La Génération Erasmus et la crise

L’Europe de NOS Voi(es)x…

Dans quelques mois l’Europe se mobilisera pour sa grande échéance. Déjà des campagnes venues d’ailleurs se partagent la vedette avec des programmes disons plus gourmands…

Leurs Mots…

« Ca va être une véritable bataille radicale très claire entre deux visions assez polarisées d’ailleurs de ce qu’est l’avenir de l’Europe et je pense que c’est aussi au-delà de ça une véritable bataille qui est menée pour l’âme de ce qu’est l’Occident. Je crois que il y a une rupture par rapport à la vision progressiste des trente ou quarante dernières années, au multiculturalisme et que l’instant le mouvement est vraiment populiste, il est en rupture par rapport à ça. Et le mouvement populiste c’est le cri du peuple qui ne veut pas mourir. Et notre mission à nous, nous pensons être vraiment le porte-parole de l’homme de la rue. Je veux dire de l’homme ordinaire qui a été alors beaucoup de décisions ont été prises sans tenir compte de lui sans prendre en compte ses intérêts, par des élites un peu hors-sol je les connais bien j’en ai fait partie. » (…)

« Je vois et je comprends combien l’homme ordinaire a été le grand oublié et le grand méprisé de ces élites qu’on connaît très bien on les a fréquentées, on en a fait partie. Quand vous faites partie des élites vous êtes dans le monde du haut, vous êtes dans les avions, vous êtes dans les hôtels, je veux dire vous êtes dans les quartiers sécurisés, votre expérience du multiculturalisme elle est impeccable.

Mais quand vous êtes l’homme ordinaire ben vous vous coltez si je puis dire les gens nettement moins éduqués ou qui ont des visions totalement différentes et ça si vous faites partie des élites vous pouvez pas le capter. Croyez-moi vous ne pouvez pas le capter. C’est le peuple qui est en train de se réveiller et qui a dit vous avez pris des positions des attitudes des politiques contraires à mes intérêts; vous m’avez forcé à vivre avec des gens avec qui je ne voulais pas vivre, faut être très clair hein; vous m’avez mis en concurrence pour parler d’économie vous avez laisser venir faire des produits de Chine hein euh et faire en sorte que quand je vois dans les villes de France souvent y’a la petite industrie souvent qui structurait la moindre commune etc. et je vois et souvent la plupart quand on passe en France profonde elles sont abandonnées souvent et avec des commerces fermés etc. donc vous avez abandonné cette France profonde voire vous avez pris des décisions à Bruxelles qui font que tout d’un coup pour prendre un exemple le camionneur belge ou français qui fait du transport international se retrouve tout d’un coup en concurrence avec le Roumain ou le Bulgare qui travaille pour le quart du prix.

Vous avez pris ces décisions contraires à tous mes intérêts en projetant au chômage des millions de personnes et bien cette démocratie ce peuple il est en train de réagir de reprendre les choses en main. C’est ça l’instant populiste. Et il est partout dans le monde, les peuples n’acceptent plus ce diktat du politiquement correct de certaines élites d’une partie des médias tout ça est en train d’exploser. C’est l’ancien monde cet ordre libéral-progressiste, libre-échangiste, politiquement correct qui est en train d’être remis en cause et c’est un point de rupture je pense dans l’histoire de l’Occident ce qui est en train de se passer. »

Mischaël Modrikamen, Parti populaire belge… et « parti » d’une grande bourgeoisie politique. Donc lui c’est le peuple, et me je suis quoi ??? Exclue de cette belle « communauté » parce que j’aime les gens et que je crois en NOUS ? Pourquoi récupère-t-il NOTRE cri ? Pourquoi parle-t-il pour NOUS ? Pourquoi devrait-il y avoir deux NOUS,  définis par notre rapport à la Mobilité ? Le peuple c’est quoi c’est qui ?

« Steve Bannon : l’Europe dans le viseur »

Steve Bannon & Friends, du hauts de leurs perchoirs, inventent un monde où populaire ne rime qu’avec colère(s)…

(Extraits : France Culture – Grand Reportage, Vendredi 19 octobre 2018 Lien)

Même échéance, autre projet, avec Bons baisers d’Europe, une émission de Stéphane Bern qui joue la carte de la gaie mobilité…

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Ou avec Metropolis (Arte) et ses portraits de métropoles européennes face à leur destin. Exemple avec la progressiste Varsovie qui lutte dans une Pologne en repli.

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Dossiers, rencontres et entretiens, Metropolis explore l’actualité artistique et intellectuelle en Europe.

Nos Vies, nos voies

Bastion libéral et métropole dynamique, Varsovie, capitale économique mais aussi  capitale politique entre les mains du gouvernement national-populiste et du parti ultraconservateur au pouvoir. Metropolis est allé à la rencontre d’artistes installés dans la capitale polonaise pour deviner, entre ouverture et traditionalisme, quelle voie pourrait prendre ce bastion de la liberté.
Parmi eux, Karolina Czarnecka , comédienne, femme et progressiste, venue de l’est du pays il y a six ans. Une région d’origine où beaucoup de gens sont favorables au gouvernement, notamment grâce aux aides financières qui encouragent la natalité et le confinement des femmes au foyer.
« Je viens moi-même d’une région très conservatrice de la Pologne. Mais ma conviction c’est qu’il y a des droits et des libertés qui doivent s’appliquer à tous. Peu importe leur couleur de peau, leur origine ethnique, leur orientation sexuelle ou le lieu d’où ils viennent. »
Karolina assiste avec tristesse à la croissante division de sa société. Une division qui la déchire entre ses racines et ses ailes.
« Je souhaite que les vieux modèles conventionnels disparaissent et que quelque chose de nouveau se crée. Moi-même, je suis arrivée ici pour réaliser mes rêves. Dans ce magnifique monde de Varsovie où tant de choses se passent. Et pas seulement du point de vue culturel. Je suis sûre que la liberté à laquelle j’aspire comptera toujours pour moi. Et je la défendrai toujours. »
Karolina veut continuer à rêver. Et pour l’instant Varsovie le lui rend bien, la résistante ayant majoritairement opté pour la route de l’ouverture et de la communauté européenne aux dernières élections communales.
(Extrait : WESTEND FILM & TV PRODUKTION GmbH / ZDF, Michael Ames /Allemagne/2018 A voir sur Arte)

Fruit d’une Mobilité infra- ou trans-nationale, Karolina c’est Nous. Une génération dont le seul crime est d’avoir suivi le Mouvement, d’avoir voulu rendre fiers nos parents en se bougeant. Alors n’allez pas croire, surtout à l’heure où la mini-communauté redevient super trendy, qu’il y ait division entre eux et nous, pas plus qu’une rupture consommée avec notre enfance, nos régions ou pays d’origine, avec l’autre moitié de nous.

IL N’Y A PAS DE DIVISION. Que de la FABRICATION, de nous, de la division… Alors arrêtons de gaspiller toute cette énergie à crier un monde fantasmé et employons-nous plutôt à améliorer celui qu’on a. Puisqu’il n’est d’AUTHENTICITÉ que dans le présent, ça va de soi.

Le Mot d’ordre : Réconciliation. Période de transition. Monde et époques mélangés. Bazar. Degré maximum de complexité. Le programme : stop au chagrin, on se met en marche et on milite sans relâche pour les Deux Maisons. On FABRIQUE un monde qui métisse c(s)es deux moitiés !

En attendant, les fêtes arrivent à point nommé. Il est temps de retrouver nos foyers, nos familles, nos racines, il est temps de célébrer.

Et Monsieur Bannon, vous feriez bien d’en faire autant au lieu de vous incruster chez nous, de nous imposer, d’importer votre modèle. Vous qui criez tant le chacun chez lui et n’hésitez pas à fustiger l’importation des cultures d’autrui… Un peu de cohérence merci ;-).

 

 

 

Glocalisation. Variation sur un thème

Et si les variations (g)locales de la mondialisation n’étaient pas tangibles ? une substance, la poésie, certains diraient l’âme particulière du lieu, de la langue, de la culture qu’impregnent et dont sont imprégnés les habitants, de passage ou ancrés. Une âme qui dans les Villes-Monde résulte du mixage de tous les lieux que tous les ajoutés ont emporté et fait circuler.

L’uniformisation est un mythe. L’uniformisation est utilitaire, juste une passerelle aux codes partagés : une langue, quelques gratte-ciels, quelques enseignes en commun pour se tendre la main.

A côté des possibilités infinies, à côté se recréé toujours quelque chose de singulier. Pour autant qu’on accepte l’authenticité du moment, qu’on ne s’acharne pas à figer, à entraver le mouvement organique de la vie, le flux de l’Histoire qui s’écoule et s’écrit… la constante recomposition du même chant.

A lire ou à relire Le Projet Cosmopolis – Babel Éloge à la Ville-Monde

 

Nation & Division. Mythe romanesque à échelle multiple

Le démantèlement d’une fédération de nations qui a donné son nom à un processus de division –> un « choc des civilisations » érigé dans ce contexte de balkanisation —> une lente macération —> un processus de démondialisation idéologico-identitaire dans le vent… Et si tout ceci s’était un peu joué aussi à l’Hotel Jugoslavija ?

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Un documentaire de Nicolas Wagnières, 2017

« L’Hotel Jugoslavija, bâtiment mythique construit au début des années 70 à Novi Belgrade en Yougoslavie, a été un symbole et un témoin des différents moments qui ont façonné l’ex-Yougoslavie : de Tito à Milosevic ; du socialisme au nationalisme, des bombardements de l’OTAN au libéralisme corrompu. Aujourd’hui il hante toujours le paysage belgradois comme un miroir tendu à une Serbie en quête de nouveaux repères.
En proposant un voyage à travers les époques et les espaces de ce bâtiment, le réalisateur – d’origine yougoslave par sa mère mais né et ayant vécu en Suisse – crée un espace-temps singulier d’où émergent une forme d’inconscient collectif ainsi qu’une part de sa propre identité. »  Lien

Effondrement d’une nation, nouveaux mythes et mondialisation de la nostalgie

La Yougoslavie, littéralement pays des Slaves du Sud, indifféremment de leur ethnie ou de leur religion. Fédération de nationS. Pays qui a choisi d’élever son mythe à cette échelle-là.

Balkanisation, Huntington et… aujourd’hui. La démulticulturalisation ambiante, résultat d’un mythe (choc des civilisations) qui s’appuie sur un mythe qui se fonde sur un mythe (nation). Le monde n’est que construction. Mythologie, récit, idéologies… Tout s’invente et tout s’écrit.

Et le lieu dans tout ça ? le contenant, la page où peut s’ancrer, s’incarner le mythe.

La Yougoslavie n’est plus mais l’Hôtel Jugolavija est toujours là

« J’ai eu enfant le passeport yougoslave. Je porte l’étrange nostalgie d’un pays où je n’ai jamais vécu. Comme le lieu mythologique d’une origine, d’un royaume perdu. Quelque chose qu’on ne retrouvera jamais, et qui pourtant nous constitue. »

« Ce pays n’a-t-il existé que de manière artificielle ? N’a-t-il existé que parce qu’il est sorti du bloc soviétique ? N’a-t-il existé que par l’autoritarisme et l’opportunisme de son président ? Son art de s’adapter aux circonstances ? N’a-t-il existé que parce que le monde se divisait en deux ? N’y avait-il vraiment rien de bon à hériter de cette Yougoslavie ? »

Comment croire ? Et en quoi croire aujourd’hui ?

Si le réalisateur voudrait encore croire à un idéal socialiste, au-delà des puissants qui l’ont porté, un de ses interlocuteurs, lui, n’y a guère jamais cru …

« Même avant, je ne croyais pas au communisme. (…) il y avait toujours la notion de propriété étatique, nous l’appelions « sociale » et de propriété individuelle. Et dans ce conflit, l’intérêt personnel l’emportait toujours. Si on pouvait profiter du système, comme on dit, on le faisait volontiers. Personne n’est parfait, il n’existe pas de système idéal. Et…

… cette société autogestionnaire était conçue sur un idéal, comme si propriété privée et sociale pouvaient être mises au même niveau. Mais c’est impossible, le « moi » passera toujours avant le reste. Et c’est pour ça que ça n’a pas marché. »

A méditer…