Ici Genève. « Nous saisonniers, saisonnières… »

Du 30 octobre au 24 novembre « Nous, saisonniers, saisonnières… Genève 1931-2019 » rend hommage aux travailleuses et travailleurs qui l’ont construite et ont façonné son identité, à travers une exposition mais aussi des débats, échanges d’expériences, conférences ou films. Un travail de mémoire initié par la ville pour donner la parole et mettre en lumière les travailleurs italiens, espagnols, portugais, yougoslaves, albanais ou kosovars qui ont contribué à faire de Genève ce qu’elle est aujourd’hui.

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Nous, saisonniers, saisonnières… Genève 1931 — 2019
Nosotros, temporeros, temporeras… Ginebra 1931 — 2019
Nós, trabalhadores temporários e temporárias… Genebra 1931 — 2019
Noi, lavoratori e lavoratrici stagionali… Ginevra 1931 — 2019
Ne, punëtoret dhe punëtorët sezonalë… Gjenevë 1931 — 2019
Mi, sezonski radnici, sezonske radnice… Ženeva 1931 — 2019

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Une nouvelle carte de Genève pour mettre en lumière la contribution des saisonniers à sa construction

« « Qui a construit Thèbes aux sept portes ? Dans les livres, on donne les noms des Rois. Les Rois ont-ils traîné les blocs de pierre ? » Dans le poème intitulé Questions que se pose un ouvrier qui lit, Brecht évoque ainsi l’absence d’actrices et d’acteurs clés dans les récits historiques.

S’agissant de l’essor de Genève et de la Suisse dans la seconde moitié du 20e siècle, le rôle joué par les travailleurs et les travailleuses immigrées n’est-il pas lui aussi occulté ? Or des dizaines de milliers de saisonniers et de saisonnières ont contribué à construire plusieurs « cités-satellites », de grandes infrastructures du canton, d’imposants bâtiments de la Genève internationale et participé à l’expansion de l’hôtellerie-restauration et de l’agriculture genevoises.

Fruit d’une motion du Conseil Municipal de la Ville de Genève, l’exposition Nous, saisonniers, saisonnières… Genève 1931-2019 leur rend hommage.

Associant des approches historique, mémorielle et artistique, l’exposition témoigne des dures conditions de vie et de travail que la Suisse a réservées aux personnes détentrices d’un permis A. Elle ravive les enjeux d’un épisode controversé de l’histoire de ce pays.

Afin de reconfigurer les modes de partage de la mémoire, l’exposition recourt à plusieurs formes de narration construites au travers de documents historiques, d’archives personnelles, d’interventions artistiques et de récits filmés produits pour l’occasion. Elle donne voix aux saisonniers et saisonnières, ainsi qu’aux travailleurs et travailleuses migrantes d’aujourd’hui.

Le retour opéré sur l’ensemble de ces histoires est d’autant plus important que leurs enjeux sont plus que jamais d’actualité. En témoignent les conflits entre l’Union européenne et la Suisse sur les conditions de travail dans ce pays, de même que la fragilité des conditions d’existence des sans-papiers, entre autres personnes en situation précaire. Évoquer ce passé et les situations qui lui font écho, c’est aussi tenter de développer un autre regard sur les migrations d’hier et d’aujourd’hui. » Lien

Visite guidée

Ce dimanche matin, la foule réunie au Commun – espace d’exposition d’une ancienne usine dans laquelle ont travaillé des saisonniers – pour participer aux visites guidées a surpris les organisateurs…

 

… qui n’ont pas ménagé leurs connaissances pour nous présenter l’exposition, divisée en deux parties.

Une première partie « politique » qui revient sur  l’histoire du permis A, son évolution, les débats et les campagnes qui l’ont entouré, les tentatives de division des ouvriers autochtones et immigrés, la convergence des luttes ouvrière, féministe et immigrée, une certaine solidarité genevoise, les positions des différents acteurs ou encore la dynamique politique-économique-syndicats. Autant d’infos qui offrent un troublant écho aux actualités et permettent de mettre en perspective les enjeux politiques contemporains et de questionner notre attitude face à l’Europe, la libre circulation et la future votation initiée par l’UDC.

 

Une deuxième partie qui revient sur le parcours du saisonnier, depuis la rédaction de la lettre de motivation, au départ du village d’origine, en passant par le système des passeurs, la visite médicale à l’arrivée, les rudimentaires conditions d’habitation (avec des photographies de Carouge ou du Foyer des Tattes), les allers-retours au pays, la solitude du déraciné, les enfants cachés, enfin le paradoxe entre la Suisse affichée et les conditions de vie et de travail des ouvriers qui ne touchent pas aux fruits de la croissance spectaculaire qu’ils contribuent à créer.

 

bsh

 

 

 

 

 

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