HIGHLIGHTS 2019

Welcome 2019 ! De retour avec encore plus de contes, voix nomades ou enracinées, tentatives de traductions d’une époque mouvementée, quelques cris, un tsunami de poésie, d’échappées et autres gourmandises à déguster sans modération…

MA COLOMBINE. Pièce d’Omar Porras, sur un texte de Fabrice Melquiot, 2019, Production Théâtre Am Stram Gram Genève & Théâtre Kléber-Méleau Renens

colombine-3-236x300

« En scène, Omar Porras, seul avec ses fantômes. Ça fait du monde. C’est un homme et son monde. Un voyage en Colombie, sur les terrains de vie de l’enfance, quand on n’était pas encore l’un des plus grands metteurs en scène de ce pays. Une rencontre avec le petit Omar, celui que contient encore le grand Omar. Un conte d’aujourd’hui, un conte du 21ème siècle. Une histoire pour petits et grands. L’histoire d’un exil, d’une inspiration, d’un espoir ; un fil d’or tendu de l’Amérique latine et sa jungle à l’Europe des lumières de théâtre, un saut à la perche du grand soleil aux projecteurs.

Porras à nu, Porras à cru, Porras régénéré par un Porras de fiction, vraisemblable et peut-être véridique. Venez découvrir cette histoire peu commune d’un homme qui croyait aux miracles et à la fragilité, à la voix dans les choses et à l’âme dans les cintres. Un monologue de Fabrice Melquiot, écrit pour Omar Porras, à partir de sa propre biographie. Une déclaration d’amour au théâtre et à la vie. » Dossier de presse Amstramgram

BERLIN TRAVEL FESTIVAL. Une envie d’évasion ? Rdv à Berlin du 8 au 10 mars

berlin traval.jpg

From March 8–10, 2019, the Berlin Travel Festival ventures into new territories, bringing together new ways of traveling with the new traveler. It is a combination of conference, exhibition, networking event, workshops, entertainment, and master classes. Toutes les infos Ici

CHERS FANATIQUES. Réflexions d’Amoz Oz, Gallimard, 2018, 128 pages

oz

«Combattre les extrémistes ne veut pas dire les anéantir tous, mais plutôt contrôler le petit fanatique qui se cache en nous.»

«Ces trois articles n’ont pas été rédigés par un expert ni un spécialiste, mais par un auteur dont l’engagement s’accompagne de sentiments mitigés» : c’est ainsi que le grand romancier israélien Amos Oz présente ce recueil d’essais, nés à l’occasion de conférences données depuis 2002. Il y propose une réflexion géopolitique qui se nourrit aussi bien d’analyses historiques, d’interprétations bibliques que d’anecdotes personnelles, afin d’exposer sa lecture du fanatisme, dans toutes ses acceptions possibles, et ses éventuels recours. Car Amos Oz, fervent défenseur de la paix et de la solution à deux États au Moyen-Orient, se refuse aux simplifications.
Dans ce recueil qui peut se lire comme un prolongement de Aidez-nous à divorcer (2004), Comment guérir un fanatique (2006), et Juifs par les mots (2014), l’écrivain se saisit de l’actualité de son pays pour esquisser des pistes prudentes, et désormais teintées d’un certain pessimisme. Conscience intellectuelle et porte-voix du mouvement «La paix maintenant» depuis 1978, Amos Oz ne dissimule pas ses réserves sur les choix récents faits par le gouvernement de son pays, ni sa crainte de leurs conséquences dans les années à venir. Soixante-dix ans après la proclamation de l’État d’Israël, ces trois textes nous interrogent sur les racines humaines du fanatisme et nous invitent à considérer, malgré tout, ce que des peuples qui se déchirent peuvent avoir en commun. » Lien Gallimard

CHAQUE JOUR APPARTIENT AU VOLEUR. Roman de Teju Cole, Zoé, 2018,  trad. de l’anglais (Nigeria) par Serge Chauvin 192 pages

cole

« Fin 2005, Teju Cole est retourné à Lagos, la ville de son enfance, pour la première fois après treize ans d’absence. Rentré à New York, il entreprend de relater ce voyage sur son blog en publiant un article quotidien pendant un mois.  Mélange de souvenirs, de reportage et de fiction, Chaque jour appartient au voleur devient ainsi son premier roman, initialement édité au Nigeria en 2007 et republié sous une forme révisée en 2014 aux États-Unis et au Royaume-Uni.

En vingt-sept chapitres, Teju Cole relate ce retour au pays difficile et émouvant, au cours duquel le narrateur tâche de renouer avec l’univers étourdissant de la mégapole africaine aux douze millions d’habitants. Il capte les scènes qui ponctuent le séjour de son personnage et les traduit avec justesse : les pots-de-vin exigés par l’employé du consulat à New York, les périples en danfos, ces minibus jaunes décrépis et bondés qui fusent dans les rues de Lagos, ou le châtiment cruel des voleurs à la tir au marché. Des photographies prises par Teju Cole lors de son séjour amplifient l’expressivité du texte, servi par une langue précise et mélancolique.

« Lagos prend réellement vie dans ce roman, il constitue l’une des représentations les plus percutantes qu’ait livré de cette ville un auteur contemporain. » NoViolet Bulawayo Lien Editions Zoé

INSYRIATED. Film de Philippe Van Leeuw, 2017, 1h26

Insyriated

Dans la Syrie en guerre, d’innombrables familles sont restées piégées par les bombardements. Parmi elles, une mère et ses enfants tiennent bon, cachés dans leur appartement. Courageusement, ils s’organisent au jour le jour pour continuer à vivre malgré les pénuries et le danger, et par solidarité, recueillent un couple de voisins et son nouveau-né. Tiraillés entre fuir et rester, ils font chaque jour face en gardant espoir. Lien AlloCine

UNE AFFAIRE DE FAMILLE Communauté minimale d’élection. Film de Hirokazu Kore-eda, 2018, 2h01. Palme d’Or 2018

affairefamille

Au retour d’une nouvelle expédition de vol à l’étalage, Osamu et son fils recueillent dans la rue une petite fille qui semble livrée à elle-même. D’abord réticente à l’idée d’abriter l’enfant pour la nuit, la femme d’Osamu accepte de s’occuper d’elle lorsqu‘elle comprend que ses parents la maltraitent. En dépit de leur pauvreté, survivant de petites rapines qui complètent leurs maigres salaires, les membres de cette famille semblent vivre heureux – jusqu’à ce qu’un incident révèle brutalement leurs plus terribles secrets… Lien AlloCine

L’ARABE DU FUTURPlanches d’un Breto-Syrien. Récits dessinés de Riad Sattouf

Ce livre raconte l’histoire vraie d’un enfant blond et de sa famille dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez Al-Assad. « Né d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile. En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins (il est blond, cela n’aide pas…), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle. Son père, lui, n’a qu’une idée en tête : que son fils Riad aille à l’école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur. » 2014, 160 pages

« L’Arabe du futur raconte la jeunesse de Riad Sattouf au Moyen-Orient. (…) Dans ce troisième tome (1985-1987), après avoir suivi son mari en Libye puis en Syrie, la mère de Riad ne supporte plus la vie au village de Ter Maaleh. Elle veut rentrer en France. L’enfant voit son père déchiré entre les aspirations de sa femme et le poids des traditions familiales… » 2016, 160 pages.

Ce quatrième tome du succès mondial L’ Arabe du futur couvre les années 1987-1992. 2018, 288 pages. « Âgé de neuf ans au début de ce volume, le petit Riad devient adolescent. Une adolescence d’autant plus compliquée qu’il est tiraillé entre ses deux cultures – française et syrienne – et que ses parents ne s’entendent plus. Son père est parti seul travailler en Arabie saoudite et se tourne de plus en plus vers la religion… Sa mère est rentrée en Bretagne avec les enfants, elle ne supporte plus le virage religieux de son mari. C’est alors que la famille au complet doit retourner en Syrie… Dans le premier tome (1978-1984), le petit Riad était ballotté, de sa naissance à ses six ans, entre la Libye de Kadhafi, la Bretagne de ses grands-parents et la Syrie de Hafez Al-Assad. Le deuxième tome (1984-1985) racontait sa première année d’école en Syrie. Le troisième tome (1985-1987) était celui de sa circoncision. Ce quatrième tome, exceptionnel par son format (288 pages) et par ce qu’il révèle (le coup d’État de son père), est le point d’orgue de la série.

La série L’Arabe du futur est traduite dans 22 langues. » Lien Allary Editions

HEUREUX COMME LAZZARO Dans les marges de la mondialisation. Fable d’Alice Rohrwacher, 2018, 2h07

lazzaro

Lazzaro, un jeune paysan d’une bonté exceptionnelle vit à l’Inviolata, un hameau resté à l’écart du monde sur lequel règne la marquise Alfonsina de Luna. La vie des paysans est inchangée depuis toujours, ils sont exploités, et à leur tour, ils abusent de la bonté de Lazzaro. Un été, il se lie d’amitié avec Tancredi, le fils de la marquise. Une amitié si précieuse qu’elle lui fera traverser le temps et mènera Lazzaro au monde moderne. Lien AlloCine

L’ASIE RÊVÉ D’YVES SAINT LAURENT. Exposition au Musée YSL Paris

YSL

Première exposition temporaire thématique du Musée Yves Saint Laurent Paris depuis son ouverture en octobre 2017, « L’Asie rêvée d’Yves Saint Laurent » rassemblera une cinquantaine de modèles haute couture inspirés de l’Inde, de la Chine et du Japon. 

Les voyages imaginaires. « Il me suffit d’un livre d’images pour que mon esprit se fonde dans un lieu, ou un paysage […] Je n’éprouve aucun besoin de m’y rendre. J’en ai tellement rêvé… » Yves Saint Laurent

Grâce à ses « voyages imaginaires » ou « immobiles », Yves Saint Laurent a livré, au fil de ses collections, une vision rêvée de contrées lointaines, teintée de connaissances puisées à la fois dans ses lectures et dans une approche directe des objets d’art. Le couturier a plongé immanquablement au coeur des coutumes locales, exploré le folklore, détourné les clichés afin de proposer une représentation sublimée de traditions vestimentaires. Parmi ses «exotismes », l’Asie occupe une place particulière qui ponctue toute son oeuvre.

L’Inde, la Chine, le Japon. Yves Saint Laurent propose une vision à la fois littérale et imaginaire de l’Asie. Tout au long de sa carrière, il a regardé les costumes traditionnels indiens, chinois et japonais, pour donner vie à des créations haute couture. Dès ses premières collections, il réinterprète les somptueux manteaux des souverains de l’Inde. 

Ensuite, la Chine impériale lui inspire la collection de l’automne-hiver 1977, pour laquelle il donne une image théâtrale et transformée du pays. Cette même année, le créateur met en exergue ces influences asiatiques à travers une nouvelle fragrance. La « sulfureuse » Opium suscite un vent de scandale qui lui confère un succès mondial. Fasciné par le Japon, et en particulier le théâtre Kabuki, il revisite plus tard le kimono. 

« L’Asie a depuis fort longtemps exercé une fascination sur les artistes européens. Dans ses collections, Yves Saint Laurent en livre une vision très personnelle fondée sur une connaissance approfondie de son histoire, de sa culture et de ses arts. » Aurélie Samuel Conservatrice du patrimoine Directrice des collections du Musée Yves Saint Laurent Paris et commissaire de l’exposition. Lien Musée YSL Paris

VILNIUS, PARIS, LONDRES. Roman d’Andreï Kourkov, Liana Levi, 2018, 640 pages

Wet Eye Glasses

C’est la fin des gardes-frontière et des contrôles de passeports, un immense espoir pour un pays minuscule: le 21 décembre 2007, à minuit, la Lituanie intègre enfin l’espace Schengen. Comme beaucoup de leurs compatriotes, trois couples se lancent dans la grande aventure européenne. Ingrida et Klaudijus tenteront leur chance à Londres. Barbora et Andrius à Paris. Et si Renata et Vitas restent dans leur petite ferme à Anykšciai, eux aussi espèrent voir souffler jusqu’à l’Est le vent du changement. Mais l’Europe peut-elle tenir ses promesses de liberté et d’union? Estampillés étrangers, bousculés par des habitudes et des langues nouvelles, ces jeunes Lituaniens verront l’eldorado s’éloigner de jour en jour. Kukutis, un vieux sage qui traverse l’Europe à pied, le sait bien, lui: «Peu importe la ville où l’on veut atterrir, c’est le voyage lui-même qui est la vie.»

Dans ce roman tour à tour drôle, tendre et mélancolique, Kourkov donne un visage à tous les désenchantés du rêve européen. Lien éditions Liana Levi

IN JACKSON HEIGHTS. Documentaire de Frederick Wiseman, 2015, 3h10

241071

Jackson Heights est l’un des quartiers les plus cosmopolites de New York. Ses habitants viennent du monde entier et on y parle 167 langues. Ce quartier incarne à lui seul la nouvelle vague d’immigration aux États-Unis et concentre les problématiques communes aux grandes villes occidentales comme l’immigration, l’intégration et le multiculturalisme.
Wiseman s’invite dans le quotidien des communautés du quartier new-yorkais, filmant leurs pratiques religieuses, politiques, sociales et culturelles, mais aussi leurs commerces et leurs lieux de réunion. Il met également en lumière l’antagonisme qui se joue au sein de ces communautés, prises entre la volonté de préserver les traditions de leur pays d’origine et la nécessité de s’adapter au mode de vie et aux valeurs des États-Unis. Lien 

BLACK MOVIE 2019. Festival international de films indépendants, Genève

55908_default_landscape

Engagé dans la défense des productions asiatiques, africaines, orientales et sud-américaines, le Festival Black Movie a permis au public genevois et suisse romand de découvrir pour la première fois des films de Apichatpong Weerasethakul, Jia Zhangke, Carlos Reygadas, Wang Bing, Hong Sangsoo, Takashi Miike, Tsai Ming-liang et Joāo Pedro Rodrigues. Aujourd’hui primés et reconnus dans les festivals les plus prestigieux du monde (Cannes, Berlin, Venise, Busan, Toronto, Rotterdam…), ces cinéastes étaient pour la plupart présents au moment des projections de leurs films.
Regroupés en sections thématiques (société, politique, nouvelles cultures urbaines, genres…), les films montrés chaque année pendant 10 jours témoignent de la vivacité d’une cinématographie internationale passée sous le radar des circuits de distribution et majoritairement inédite en Suisse. Le public y trouve des réalisations sous toutes formes : fiction, documentaire, expérimental, animation, longs et courts métrages. La programmation audacieuse et pointue du festival favorise les voix minoritaires, la liberté de ton, la qualité cinématographique, l’impertinence. Sur le plan compétitif, un jury de critiques internationaux remet le Prix de la Ville de Genève à la meilleure œuvre.
Le Festival Black Movie peut se réclamer d’un rayonnement global, confirmé par la venue annuelle d’une vingtaine de cinéastes en provenance de tous les continents et par la présence et la reconnaissance de nombreux journalistes étrangers. Lien Black Movie

QU’EST-CE QU’ON A ENCORE FAIT AU BON DIEU ? Déclaration d’humour à la France, de Philippe de Chauveron, 2019, 1h39

index

Le retour des familles Verneuil et Koffi au grand complet ! Claude et Marie Verneuil font face à une nouvelle crise. Leurs quatre gendres, Rachid, David, Chao et Charles sont décidés à quitter la France avec femmes et enfants pour tenter leur chance à l’étranger. Incapables d’imaginer leur famille loin d’eux, Claude et Marie sont prêts à tout pour les retenir. De leur côté, les Koffi débarquent en France pour le mariage de leur fille. Eux non plus ne sont pas au bout de leurs surprises… Lien AlloCine

UN AILLEURS A SOI. Roman d’Emmelie Prophète, 2018, Mémoire d’encrier, 120 p

Couv_Un-ailleurs-à-soi_emmelie-prophete_72DPI_RGB-191x300

Tout un peuple se prépare à fuir, s’inventant un ailleurs à défaut d’un avenir. Partir est un mythe auquel personne n’échappe. Au Ayizan, chic restaurant de Pétion-Ville, se font et se défont les voyages. Lucie sert les clients le jour et vend son corps la nuit. Maritou fuit la haine de Jeannette et la pitié de Clémence ses demi-sœurs. Elle vomit son angoisse et sa solitude jusqu’à sa rencontre avec Lucie. Elles s’apprivoisent jusqu’à s’aimer. Un ailleurs à soi, miroir où se tissent illusions et vœux de départ. Extrait « Lucie était la nuit, elle était la lune. Elle était persuadée que personne ne la verrait quand elle aura finalement pris la fuite pour se diriger vers cet horizon qui l’appelait depuis tellement de temps. Elle dormirait dans la rue, elle mangerait n’importe quoi, mais elle serait libre, se disait-elle. Elle perdrait la pesanteur du corps, cet objet de désir insensé, toute cette féminité qui la forçait à des combats pour lesquels elle ne se sentait pas prête. » Lien éditeur

LA VACHE & JUSQU’ICI TOUT VA BIEN. Feel Good Cohabitation. Diptyque souriant de Mohamed Hamidi

La Vache, 2016, 1h30. Fatah, petit paysan Algérien n’a d’yeux que pour sa vache Jacqueline, qu’il rêve d’emmener à Paris, au salon de l’Agriculture. Lorsqu’il reçoit la précieuse invitation devant tout son village ébahi, lui qui n’a jamais quitté sa campagne, prend le bateau direction Marseille pour traverser toute la France à pied, direction Porte de Versailles. L’occasion pour Fatah et Jacqueline d’aller de rencontres en surprises et de vivre une aventure humaine faite de grands moments d’entraide et de fous rires. Un voyage inattendu et plein de tendresse dans la France d’aujourd’hui.

Jusqu’ici tout va bien, 2019, 1h30. Fred Bartel est le charismatique patron d’une agence de communication parisienne branchée, Happy Few. Après un contrôle fiscal houleux, il est contraint par l’administration de délocaliser du jour au lendemain son entreprise à La Courneuve. Fred et son équipe y font la rencontre de Samy, un jeune de banlieue qui va vite se proposer pour leur apprendre les règles et usages à adopter dans ce nouvel environnement. Pour l’équipe d’Happy Few comme pour les habitants, ce choc des cultures sera le début d’une grande histoire où tout le monde devra essayer de cohabiter et mettre fin aux idées préconçues. Lien AlloCine

ALTO BRACO. Retour aux sources de Vanessa Bamberger, Liana Levi, 2019, 240 p

Wet Eye Glasses

Alto braco, «haut lieu» en occitan, l’ancien nom du plateau de l’Aubrac. Un nom mystérieux et âpre, à l’image des paysages que Brune traverse en venant y enterrer Douce, sa grand-mère. Du berceau familial, un petit village de l’Aveyron battu par les vents, elle ne reconnaît rien, ou a tout oublié. Après la mort de sa mère, elle a grandi à Paris, au-dessus du Catulle, le bistrot tenu par Douce et sa sœur Granita. Dures à la tâche, aimantes, fantasques, les deux femmes lui ont transmis le sens de l’humour et l’art d’esquiver le passé. Mais à mesure que Brune découvre ce pays d’élevage, à la fois ancestral et ultra-moderne, la vérité des origines affleure, et avec elle un sentiment qui ressemble à l’envie d’appartenance.
Vanessa Bamberger signe ici un roman sensible sur le lien à la terre, la transmission et les secrets à l’œuvre dans nos vies. Lien Liana Levi

AU-DELA DES FRONTIERES. Roman d’Andreï Makine, Grasset, 2019, 270 pages

images

Quelles blessures ont inspiré au  jeune Vivien de Lynden, nouvel enfant  du siècle obsédé par la décadence  de l’Occident, son apocalyptique manuscrit Le Grand  Déplacement ?
Pour faire publier ce brûlot, la mère du jeune auteur s’adresse à  un écrivain, ami de Gabriel Osmonde. Ce dernier, que Vivien s’était  choisi pour maître à penser, porte sur le monde un regard plus profondément  désenchanté que le jeune néo-hussard brûlé au feu de  son idéalisme.
Et voilà que cette femme, revenue de toutes les utopies humanitaires  les plus valorisantes, guettée par un vide existentiel dont le  suicide lui semble l’unique issue, comprend qu’il faut sortir du jeu,  quitter la scène où tout le monde joue faux, tiraillé par la peur de  manquer et la panique de la mort.
Une autre voie est possible. Une autre vie aussi. Chacun n’a-t-il  pas droit à sa « troisième naissance », au-delà des frontières que l’on assigne à l’humaine condition ? Lien Grasset

LOST. Projet musical hybride de Camélia Jordana, 2018

camelia_jordana_revient_avec_lalbum_lost
Site officiel

Camélia Jordana a choisi le nom générique de “Lost” pour être dans la vérité de son nouveau projet. “Lost” pour être aussi au plus proche de la vie intime de ses trois dernières années.

Celle, dit-elle : « d’une jeune femme entre 23 et 26 ans d’origine algérienne avec une gueule d’arabe à Paris… » Qui donc a aussi connu le fracas du monde, des attentats à la montée des populismes, jusqu’au racisme particulièrement féroce sur les réseaux sociaux. La genèse de ce projet se situe donc dans ce sentiment de perte totale. Perte des repères qui furent celles des générations précédentes. Perte de confiance aussi pour prendre la parole, afin d’être juste dans un contexte où toutes les cartes sont brouillées. La perte, selon Camélia Jordana, c’est aussi l’oubli de soi qui conduit à l’abandon et à la transe. 

Ce disque illustre un couloir labyrinthique, évidemment sombre, mais qui a donné vie à la quête nécessaire de lumière. La perte pour s’identifier. Et pour se retrouver. C’est de fait un album politique, une fusion de sentiments contradictoires, un mélange de sons, de langues et d’esthétiques musicales. Une diversité artistique qui commande à ne surtout pas choisir. (…) » Présentation Playlist France Inter

RETOUR A REIMS. Essai de Didier Eribon, Fayard, 2009, 252 pages

untitled

Après la mort de son père, Didier Eribon retourne à Reims, sa ville natale, et retrouve son milieu d’origine, avec lequel il avait plus ou moins rompu trente ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé et de retracer l’histoire de sa famille. Evoquant le monde ouvrier de son enfance, restituant son ascension sociale, il mêle à chaque étape de ce récit intime et bouleversant les éléments d’une réflexion sur les classes, le système scolaire, la fabrication des identités, la sexualité, la politique, le vote, la démocratie…
Réinscrivant ainsi les trajectoires individuelles dans les déterminismes collectifs, Didier Eribon s’interroge sur la multiplicité des formes de la domination et donc de la résistance. Un grand livre de sociologie et de théorie critique. Lien éditeur

RETOUR A FORBACH. Documentaire de Régis Sauder, FR, 2017, 78′

588769

Régis Sauder revient dans le pavillon de son enfance à Forbach. Il y a 30 ans, il a fui cette ville pour se construire contre la violence et dans la honte de son milieu. Entre démons de l’extrémisme et déterminisme social, comment vivent ceux qui sont restés ? Ensemble, ils tissent mémoires individuelles et collectives pour interroger l’avenir à l’heure où la peur semble plus forte que jamais. Lien distributeur

 

NOMADLAND. Enquête nomade de Jessica Bruder, Editions Globe, 2019, 320 pages, traduit de l’américain par Nathalie Peronny

nomadland
Site de l’auteur

Les mensonges et la folle cupidité des banquiers (autrement nommée « crise des subprimes ») les ont jetés à la rue. En 2008, ils ont perdu leur travail, leur maison, tout l’argent patiemment mis de côté pour leur retraite.
Ils auraient pu rester sur place, à tourner en rond, en attendant des jours meilleurs. Ils ont préféré investir leurs derniers dollars et toute leur énergie dans l’aménagement d’un van, et les voilà partis. Ils sont devenus des migrants en étrange pays, dans leur pays lui-même, l’Amérique dont le rêve a tourné au cauchemar. Parfois, ils se reposent dans un paysage sublime ou se rassemblent pour un vide-greniers géant ou une nuit de fête dans le désert. Mais le plus souvent, ­ils foncent là où l’on embauche les seniors compétents et dociles : entrepôts Amazon, parcs d’attractions, campings… Parfois, ils s’y épuisent et s’y brisent. Lien Globe

A écouter à La Grande Table de France Culture du 14 février 2019

FRONTIERES EN TOUS GENRES. Exposition du Département de Géographie de l’Université de Genève, Genève, 2019

tempslibre-235x335-frontieres-2019

Frontières en tous genres porte sur la construction des identités par les frontières et montre comment celles-ci, en cloisonnant l’espace, différencient et souvent opposent les groupes concernés. L’exposition présente les dimensions performatives des frontières qui, en fait, participent à la création des groupes sociaux et politiques qu’elles séparent. Frontières en tous genres met en scène, au travers d’une grande variété de documents visuels, deux grands types de frontières: celles qui séparent le public du privé — les frontières du genre — et celles qui organisent le monde en nations — les frontières interétatiques. L’exposition donne à voir des formes diverses de cloisonnement social et spatial qui, dans un même mouvement, unissent et séparent des individus. Elle témoigne aussi des formes de décloisonnement et de recomposition qui passent souvent par la transgression des frontières. Lien Université de Genève

PRENDRE REFUGE. Poème dessiné de Zeina Abirached et Mathias Enard, Casterman, 2018, 344 pages

9782203148611

Entre Bâmyân et Berlin, hier et aujourd’hui, l’amour comme la plus belle des aventures.
1939, Afghanistan. Autour d’un feu de camp, aux pieds des Bouddhas de Bâmiyân, une voyageuse européenne, Anne-Marie Schwarzenbach, tombe amoureuse d’une archéologue. Cette nuit-là, les deux femmes l’apprennent par la radio, la Seconde Guerre mondiale éclate.
2016, Berlin. Karsten, jeune Allemand qui se passionne pour l’Orient rencontre Nayla, une réfugiée syrienne, dont il s’éprend, malgré leurs différences.
A travers ces deux récits entremêlés, deux histoires d’amour atypiques, comme un écho à deux époques complexes, se tissent au fil des pages. Alliant les contraires, rapprochant des êtres qui n’auraient jamais dû se croiser, l’album propose une réflexion sur la difficulté d’aimer aujourd’hui comme hier. Lien Casterman

SYNONYMES. Film de Nadav Lapid, ISR, 2019, Ours d’Or Berlinale

poster_big

Yoav, un jeune Israélien, atterrit à Paris, avec l’espoir que la France et le français le sauveront de la folie de son pays.

La 69e édition du Festival de Berlin (7-17 février) s’est achevée sur une cérémonie où le cinéma européen a brillé, y compris à travers ses belles collaborations avec des talents d’autres régions du monde, comme celle qui a permis de voir le jour au grand gagnat de l’Ours d’or : le formidable et totalement singulier Synonymes[+] de Nadav Lapid. À la fin de son discours de remerciements, le réalisateur a précisé que le film, s’il pourrait scandaliser des gens dans son pays d’origine, Israël, comme en France, où il se situe, est à entendre comme une célébration, notamment du cinéma. Lien Cineuropa

RETOUR AUX SOURCES. Série documentaire en six épisodes, RTS, 2019

Voyages en Angola, en Inde, au Panama, en Roumanie, au Pérou et au Sri Lanka. Des Suissesses et des Suisses partent dans leur pays d’origine sur les traces de leur passé.Lien RTS.ch

FIFDH 2019. 17ème Festival du film et forum international sur les droits humains, Genève, 8-17 mars

affiche_news_test5Le FIFDH est l’évènement le plus important dédié au cinéma et aux droits humains à travers le monde. Depuis 16 ans, il se tient chaque année au cœur de Genève, la capitale internationale des droits humains, en parallèle avec la session principale du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.Lien FIFDH

EN CAMPING-CAR. Essai d’Ivan Jablonka, Seuil, 2018, 192 p

136161_couverture_Hres_0

Le camping-car nous a emmenés au Portugal, en Grèce, au Maroc, à Tolède, à Venise. Il était pratique, génialement conçu. Il m’a appris à être libre, tout en restant fidèle aux chemins de l’exil. Par la suite, j’ai toujours gardé une tendresse pour les voyages de mon enfance, pour cette vie bringuebalante et émerveillée, sans horaires ni impératifs. La vie en camping-car. I. J.

Ivan Jablonka est historien et écrivain. Il a publié au Seuil, dans « La Librairie du XXIe siècle », Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus prix du Sénat du livre d’histoire 2012) et Laëtitia ou la fin des hommes (prix Médicis 2016).

Dans ce livre, Ivan Jablonka esquisse une socio-histoire de son enfance, transformant l’autobiographie en récit collectif, portrait d’une époque.Lien Seuil

L’ERRANCE ET LE DIVERS. Le Bateau-atelier de Titouan Lamazou, Gallimard, 2018, 272 p

product_9782742455928_195x320

«J’imaginai une exposition sous forme d’installation, un cabinet de curiosités situé dans les îles de l’océan Pacifique. Elle invoquerait mes inspirations de jeunesse, les écrits de Victor Segalen et Édouard Glissant, de Robert Louis Stevenson et Jack London, la peinture de Paul Gauguin… qui tous ont sillonné ces lointains en leur temps. Elle inviterait des écrivains et artistes d’aujourd’hui dont l’œuvre fait écho en moi, tels que Patrick Chamoiseau, Chantal Spitz, Romuald Hazoumé, Peter Doig… des philosophes, des chercheurs, qui ont pensé l’histoire et le présent de ces ailleurs, l’anthropologue Epeli Hau’ofa, l’historienne Marie-Noëlle Ottino-Garanger et l’archéologue Pierre Ottino-Garanger… Enfin, placée sous le signe des étoiles, cette exposition chanterait la Nature et la biodiversité à laquelle l’être humain appartient.»

Titouan Lamazou propose une navigation imaginaire de son Bateau-atelier dans l’archipel des Marquises, à travers les témoignages de grands écrivains et artistes d’hier et d’aujourd’hui, ainsi que de longs entretiens et de magnifiques portraits, fruits de ses rencontres avec des Océaniens contemporains qui témoignent de leur quotidien et de leur culture millénaire. Cet album, qui rassemble plus d’une centaine d’œuvres inédites de l’artiste, accompagne et prolonge l’exposition qu’il présente au musée du quai Branly.Lien Gallimard

ÉLOGE DE L’IMMOBILITÉ. Essai de Jérôme Lèbre, Editions Desclée De Brouwer, 2018, 384 p

FIC139176HAB40

Dans ce monde qui semble soumis à une accélération constante, où l’on ne cesse de louer la marche ou la course, nous souhaitons et craignons à la fois que tout ralentisse ou même que tout s’arrête. L’ambivalence de ce désir reste à étudier, comme ce que signifie aujourd’hui le fait de ne pas bouger.
La privation de mouvement est une peine ; le droit pénal, les disciplines scolaires ou militaires immobilisent ; les accidents et les maladies paralysent ; l’accélération technique se paye en inertie dans les embouteillages ou les bureaux. Les éloges de la mobilité comme la critique de l’accélération sont passés à côté de ces situations où l’immobilité s’impose, non sans violence.
Il faut redonner son sens à l’immobilisation. Car cette peine est aussi une étape, une station, impliquant le corps et la pensée. Tenir, debout, assis, dans la position du lotus ou même couché, c’est exercer sur soi une contrainte signifiante. Les « mouvements » d’occupation des places nous le rappellent, l’art également. Savoir faire halte, c’est savoir résister. Lien éditeur

LA SOCIÉTÉ SANS RÉPIT – La mobilité comme injonction. Essai de Christophe Mincke et Bertrand Montulet, Editions de la Sorbonne, 2019, 180 pages

27000100535470L

Pourquoi sommes-nous si avides de mobilité et de changement ? Pourquoi le repos est-il perçu comme illégitime et la surcharge de travail, la norme ? Pourquoi nous appelle-t-on constamment à être autonomes et proactifs ? Pourquoi la politique, la pédagogie, la justice ou le management se trouvent-ils valorisés par l’ajout du terme « participatif » ? Pourquoi la flexibilité et l’adaptabilité sont-elles érigées en vertus cardinales ? Pourquoi les frontières font-elles partout l’objet de luttes, que l’on veuille les abattre ou les fortifier ? Cet ouvrage sonde nos représentations de l’espace, du temps et de la mobilité, pour révéler l’ampleur du bouleversement de notre rapport au monde qu’elles produisent. Il en résulte l’émergence d’un « idéal mobilitaire », fondé sur une valorisation de la mobilité pour elle-même, et articulé en quatre impératifs : activité, activation, participation et adaptation. Bien au-delà du domaine des déplacements physiques, cette injonction à la mobilité étend son emprise sur la famille, le travail, les territoires nationaux, les genres, les sexes ou encore la prison, les redéfinissant profondément. Ce volume propose non seulement des clés pour mieux comprendre les représentations de la mobilité et les normes sociales qui en découlent, mais également une grille d’analyse élargissant considérablement le champ des études de la mobilité.Lien éditeur

IDENTITY. Essai de Francis Fukuyama, chez Allen&Unwin, 2018, 256 p

fukuyama

The bestselling author of The Origins of Political Order and The End of History offers a provocative examination of modern identity politics and their effect on domestic and international affairs of state.

In 2014, Francis Fukuyama wrote that American and global institutions were in a state of decay, as the state was captured by powerful interest groups. Two years later, his predictions were borne out by the rise to power of a series of political outsiders whose economic nationalism and authoritarian tendencies threatens to destabilise the entire international order. These populist nationalists seek direct charismatic connection to ‘the people’, who are usually defined in narrow identity terms that offer an irresistible call to an in-group and exclude large parts of the population as a whole.

The demands of identity direct much of what is going on in world politics today. The universal recognition on which liberal democracy is based has been increasingly challenged by restrictive forms of recognition based on nation, religion, sect, race, ethnicity, or gender, which have resulted in anti-immigrant populism, the upsurge of politicised Islam, the fractious environment of many college campuses, and the hideous emergence of white nationalism.

Identity is an urgent and necessary book: a sharp warning that unless we forge a universal understanding of human dignity, we will doom ourselves to continual conflict.

LA DICTATURE DES IDENTITÉS. Essai de Laurent Dubreuil, Gallimard, 2019, 128 p
G02896
Bienvenue dans le monde de la politique d’identité, qui, d’Amérique jusqu’ici, est en passe de devenir notre horizon commun. Selon la bonne nouvelle identitaire répandue chaque seconde par le brouhaha de la communication et le babil des «réseaux sociaux», nous agissons, vivons et pensons en tant que catégories, au besoin croisées (par exemple homme blanc juif, LGTBQIA) et volontiers blessées.
Comme le révèle son expérience américaine et préfiguratrice, qui diffuse à partir du foyer des universités, la politique d’identité conforte l’avènement d’un despotisme démocratisé, où le pouvoir autoritaire n’est plus entre les seules mains du tyran, du parti ou de l’État, mais à la portée d’êtres manufacturés et interconnectés que traversent des types de désirs totalitaires. Cet ordre mondialisé est une dictature moralisatrice qui distribue les prébendes en fonction du même, qui remplace le dialogue par le soliloque plaintif et la vocifération, qui interdit, qui censure l’inattendu – dont les arts – au nom du déjà-dit et des comme-nous.
Malgré son succès grandissant, une telle entreprise peut encore être défaite, à condition, du moins, d’en vouloir comprendre les manifestations contemporaines.
LA VIE LENTE. Roman d’Abdellah Taïa, Seuil, 2019, 272 pages
ATAIA

« Dans la France d’après les attentats de 2015, Mounir, parisien homosexuel de 40 ans d’origine marocaine, vit dans une situation précaire. Il vient d’emménager dans un appartement rue de Turenne. Madame Marty, une vieille dame de 80 ans, survit difficilement au-dessus de chez lui dans un minuscule studio. L’amitié entre ces deux exclus de la République s’intensifie jusqu’au jour où elle vire au cauchemar. Les affrontements et les déchirements s’enchaînent. Excédée, madame Marty appelle la police pour arrêter Mounir. Antoine, le commissaire qui interroge le jeune homme, le soupçonne de liens avec les djihadistes. Mais Antoine existe-t-il vraiment? Où passe la frontière entre le vrai et l’imaginaire ? Un roman de rupture. » Lien éditeur

FESTIVAL DU FILM ORIENTAL DE GENEVE. Un Tour d’Orient en 80 films du 29 avril au 5 mai 2019

AFFICHE_OFFICIELLE_FIFOG_2019

« Placée sous le signe de « l’éloge de la différence », cette nouvelle édition va montrer une centaine de films, tous genres confondus, accompagnée par des auteurs ou des spécialistes.

Les derniers chamboulements socio-politiques survenus dans les pays d’Orient ont mis fin aux visions monolithiques, regards uniques et aux choix exclusifs. Cela a ouvert la voie à la reconnaissance de la diversité et le début de l’acceptation de la différence. Ainsi l’Autre se retrouve au centre des discussions, des débats et des polémiques. C’est de la démocratisation dont il s’agit. Pendant ce temps, la mondialisation impose son diktat qui se manifeste par la standardisation des modes de vie, des schémas de pensée et du recul des libertés. Il va de soi que ce processus qui redéfinit l’individu dans la société, les relations des pays entre eux et surtout avec l’Occident, est déterminant pour l’avenir de tout l’Orient. Une phase cruciale dont la réussite est déterminée par les dynamiques culturelles qui l’accompagnent. Cette démocratisation a libéré les forces artistiques et créatrices qui se retrouvent à la fois actrices et témoins. Ainsi, le cinéma, un des arts les plus populaires et les plus accessibles aux populations souvent maintenues dans l’analphabétisme, devient un enjeu majeur et un espace de jeux des forces antagonistes et d’affirmation de la diversité et de la différence.

L’édition 2019 du FIFOG, cherche à mettre en évidence ce nouveau cinéma qui résulte de la reconnaissance de l’Autre nié pendant très longtemps. Elle montera des films qui plaident pour le droit à la différence et la promotion de la diversité. » Tout le programme ici

LES AVENTURIERS DU TRAVAIL NOMADE. Documentaire de Delphine Prunault, Hugues Demeude, France, 2018, 65′

D5Y_eemWsAAKBFk

« Salariés sans bureau fixe, télétravailleurs, auto-entrepreneurs, freelance… ils incarnent les visages d’une mutation profonde du monde du travail, d’un phénomène en plein essor. Celui du travail à distance, hors les murs de l’entreprise. Une révolution du travail qui fait rêver certains, en effraie d’autres. Les premiers y voient la nouvelle clef du bonheur au travail…débarrassés du poids de la hiérarchie, libres d’être plus autonomes. Les seconds y perçoivent une nouvelle forme d’aliénation et de souffrance au travail où la séparation entre vie professionnelle et personnelle n’existe plus, où les cadences et la pression s’accélèrent, où les rémunérations sont aléatoires, et où l’isolement peut être lourd de conséquences. À travers le parcours de ces hommes et femmes, filmé sur plusieurs mois, le film raconte la vie de « ces aventuriers du travail nomade » avec ses surprises, ses embûches et ses déconvenues. » Film-documentaire.fr

« Le travail nomade, ou travail à distance, se généralise depuis plusieurs années sous l’effet de la révolution numérique. De nombreux salariés et indépendants voient cette nouvelle mobilité comme la clé du bonheur au travail lorsque d’autres y perçoivent une déshumanisation croissante. Serge, cadre chez PSA, Magali, responsable marketing, Jérôme, charpentier, et Aurélie, graphiste, ont chacun à leur manière réinventé leur travail afin d’obtenir plus d’autonomie et d’épanouissement. Le bureau de ces nomades du travail est devenu un espace virtuel qu’ils transportent chacun avec eux. » FranceTV

EDEN. Série en six épisodes réalisée par Dominik Moll. France/Allemagne, 2018, diffusée sur ARTE

serie-eden-mspass-proximus_20190403050250

« Quand la crise des migrants bouleverse les destins d’une galerie de personnages, entre la Grèce, l’Allemagne et la France. Réalisé par Dominik Moll, une fresque lucide et humaniste en six épisodes, ancrée dans la réalité, avec notamment Sylvie Testud.

Une frêle embarcation de migrants accoste sur une plage grecque. C’est le point de départ de plusieurs histoires qui s’entremêlent à travers l’Europe : à Athènes, Amare et son frère Daniel sont accueillis dans un camp dirigé par Hélène, une femme d’affaires qui défend un projet de gestion privée des flux de réfugiés ; à Mannheim, en Allemagne, Silke et Jürgen décident d’héberger un jeune Syrien, Bassam, ce qui contrarie leur fils Florian ; à Paris, Hamid et Maryam demandent l’asile politique, aidés par un journaliste qui enquête sur les exactions du régime de Bachar el-Assad. Bientôt, Daniel et Amare tentent de s’évader pour gagner l’Angleterre…

Exigence de véracité. Fruit d’une collaboration entre les pôles français et allemand d’ARTE et le groupe ARD, Eden aborde la problématique de l’accueil des réfugiés à travers cinq histoires et une douzaine de protagonistes répartis dans trois pays d’Europe. Cette diversité d’ambiances et de situations donne à la série une ampleur à la hauteur de son sujet. Comment accueillir ? Comment s’intégrer ? La fluidité du récit, soutenue par un intérêt égal pour tous les personnages, permet d’appréhender ces questions dans toute leur complexité. Dominik Moll, habitué des histoires inquiétantes à la limite du fantastique (Harry, un ami qui vous veut du bien, Lemming…), change de registre pour composer une fresque ancrée dans la réalité, qui s’autorise des envolées romanesques et quelques pointes d’humour grinçant. Le choix des comédiens, des décors, et la diversité des langues parlées témoignent d’une exigence de véracité exempte de tout moralisme, dans le sillage de personnages fragiles, courageux, émouvants, qui donnent vie à un constat lucide et plein d’humanité. » Lien Arte

ROADS. Film de Sébastien Schipper, FR/ALL, 2019, 1h39

ob_4133ce_sans-titre

« Gyllen, un jeune garçon de 18 ans originaire de Londres, fuit les vacances familiales au Maroc à bord du camping-car volé à son beau-père. Sur sa route, il rencontre William, un jeune congolais de son âge qui souhaite rejoindre l’Europe à la recherche de son frère disparu. Complètement livrés à eux-mêmes, ils décident d’unir leurs forces. Ce duo improbable se fraye un chemin à travers le Maroc, l’Espagne et la France jusqu’à Calais, poussé par la soif d’aventure. Au fil de leur voyage, l’amitié et la confiance s’installent entre les deux adolescents. Mais certaines décisions difficiles vont changer leur vie à tout jamais. » Lien AlloCiné

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s