Ici Genève, 2020. POST TENEBRAS LUX !

2020 promettait d’être un grand cru pour Genève. Ma Cité s’apprêtait à célébrer sa mobilité, ses échappées, son humanité. Centenaire du multilatéralisme, Centenaire de l’aéroport, inauguration de sa Nouvelle Comédie… Oui mais voilà qu’un certain C s’improvisa unique hôte des festivités… Et à peine deux mois après avoir célébré le passage de son train transfrontalier, ma cité monde ne pouvait plus s’échapper. Avions cloués au sol, blocs de béton qui nous empêchent de communier. Des deux côtés de la frontière, une sidération partagée.

Actes manqués

Event no 1, les 100 ans de la Société des Nations

Centenary programme and COVID-19

Due to the measures related to COVID-19, some Centenary activities will be adapted to the changing circumstances. All updates will be posted on this website and through social media using the hashtag #Multilateralism100. https://multilateralisme100.onug.ch/

… Ok ok alors on se rabattra sur l’ouvrage dédié…

https://multilateralisme100.onug.ch/

Event no 2 – Les 100 ans de Genève Aéroport

« 2020 devait être une année particulièrement festive dédiée au centenaire de Genève Aéroport. Malheureusement, l’épidémie de la Covid-19 a joué les troubles fêtes et de nombreux événements ont dû être annulés. Pour autant, l’aéroport parvient à maintenir plusieurs manifestations phares d’ici la fin de l’année! Cette dernière ligne droite a démarré le 14 septembre avec la mise en place de drapeaux aux couleurs du centenaire. Ils flotteront durant toute la semaine sur le pont du Mont-Blanc. » Site

… Ok ok alors on se contentera du livre et du documentaire dédiés

Une Cité-Monde assignée

Plus de touristes, plus de visiteurs, plus de passagers… Nos activités de Greeters arrêtées…

« In accordance with the statement of the CoViD-19 pandemic and the recommendation of the World Health Organization, (…) Worldwide we strongly recommend to temporarily suspend Greets and to avoid calls encouraging people to leave their homes and going out. » International Greeters Association, 18 mars 2020.

…. Ok ok alors on se consolera en enrichissant sa culture urbaine pour encore mieux régaler nos futur-es visiteurs-ses…

Parades d’inventivité…

Genève version 2020 a su un peu se réinventer et sauver quelques événements où nous nous sommes précipités entre deux lock-downs. Nous avons notamment pu goûter à…

  • Des Festivals qui se réinventent en ligne : GIFF, FILMAR, les Créatives, etc.
  • Un Escape Game pour célébrer notre chère Escalade
  • Devenez acteurs de votre territoire ! L’événement EXPLORE, qui s’est digitalisé « pour questionner la ville, réfléchir ensemble et expérimenter autour des enjeux urbains. » Lien
  • Le Salon du Livre en ville, qui privé de la grand messe sous halle, a investi des lieux culturels disséminés dans toute la cité, pour plus d’intimité, pour plus de poésie… On s’en réjouit.
  • Une infiltration virtuelle dans la Nouvelle Comédie, en attendant une inauguration sans cesse repoussée…
  • Le SAMADHI PROJECT qui nous a proposé de profiter de ce temps suspendu pour réfléchir à des pistes pour faire de Genève une capitale mondiale pour la paix 🙂

Allons-y ! Faisons ensemble que cela advienne ! Que Genève rayonne comme un phare, par nos flammes conjuguées, nous, artistes, femmes et hommes, citoyen·ne·s de tous âges. Que notre ville soit un exemple en matière de réflexion, d’inventivité et de coopération pour faire du monde un lieu où il fait bon vivre. Au cœur du Samadhi Project, la pièce de théâtre L’invisible Chemin, jouée du mercredi au dimanche pendant un mois, aborde avec jubilation les différentes thématiques en lien avec la paix, développées lors des quatre week-ends de conférences et ateliers. Par le théâtre et par la connaissance, pour ouvrir les cœurs et les esprits, posons un nouveau regard sur le monde. Libre, bienveillant, créatif. Lien vers le projet

  • Le projet VOUS ÊTES ICI qui a tenté de se frayer un passage à travers la ville…

Dans cette série près de chez vous, avec des acteureuses en chair et en os, nous expérimentons une situation unique : déployer un récit sur toutes les scènes de Genève, le temps d’une saison, pour inventer des situations, des métaphores, des poétiques qui multiplient les points de vue, non seulement humains mais aussi non-humains, pour nous aider toutes à habiter demain. On y découvre l’histoire d’une poignée d’habitantes d’un immeuble qui s’effondre parce que la planète commence littéralement à craquer. En neuf épisodes et une intégrale, mois après mois, ce feuilleton cherche à construire un monde renouvelé : si possible durable, féministe, équitable, pluriel. Lien projet

  • Sinon on est restés figés devant les clichés d’Hervé Stalder qui a capté Geneva au temps du corona. On s’est aussi remémoré l’effroi, alors que le joli mois de mai s’était détendu, devant le documentaire Carouge au temps du corona, sur le silence pandémique carougeois.
Hervé Stalder nous « emmène en voyage au gré des rues désertes d’une ville assoupie » Lien Staprod

On est surtout restés beaucoup confinés dans notre bulle d’extra-territorialité carougeoise, où les nouveaux commerces de bouche 100% Terroir d’ici et d’ailleurs ont proliféré pour répondre à la gourmandise d’une cité enfermée… On s’est rassemblés sur ses places pour oublier que de l’autre côté du pont la crise est déjà bien entamée… Vitrines baissées à durée indéterminée, fermeture de fleurons hôteliers, réorganisation prématurée (?) de multinationales trop « Agile », désoeuvrement des départements RH consacrés aux expatriés, licenciements dans les secteurs vivant du mouvement… Simple parenthèse ou mue entamée pour ma cité ?

  • Sinon, dès qu’une permission se profilait, on tentait des échappées : tours de Léman Express, Croisière sur le Rhône, escales aux bords de nos eaux…

… & Réseau de résistance

Enfin, on a milité pour offrir une échelle de gouvernance glocale aux Villes-Monde qui en ces temps d’État d’urgence sanitaire ont perdu leur droit de Cité…

« Geneva Cities Hub (GCH), une association de droit suisse qui vise à jouer un rôle de facilitateur entre les villes du monde entier, les réseaux de villes et les entités de la gouvernance mondiale présentes à Genève. L’objectif est de renforcer – au sein de la Genève internationale – la place des villes qui ont un rôle essentiel à jouer dans la gestion des défis globaux. » Lien Genève Internationale

Un droit de cité déjà bien entamé par un contexte idéologique de démondialisation, de montée des nationalismes et du protectionnisme, d’apologie du localisme, de crise du multilatéralisme, de révolte des périphéries, d’une transition écologique à inventer. Dans ce contexte, quel avenir pour les Villes-Monde ? Un Futur Archipel de cités déconnectées des contextes nationaux ou une reprise en main par des « États d’urgence » ? Quoi qu’il en sera, les villes doivent résister, se réinventer, s’organiser en réseau, relever ensemble les défis communs.

Lien vers Geneva Cities Hub

ALLEZ, RENDEZ-VOUS EN 2021 ET N’OUBLIEZ PAS : POST TENEBRAS LUX !!!!

« Aussi miniature soit-elle, Genève est un hub international » (11) Préface, par Malika Gouzer et Laurent Keller

« Genève internationale aux silhouettes de Paix. De la place pour chacun, pour toi, pour moi » (28) Genève, par Carmen Campo Real

« Des migrations déterminantes. Un dernier élément va contribuer à lui donner une aura internationale : les vagues successives de réfugiés. » (33) Un sucre ou pas du tout ? Par Isabelle Graesselé

« Avec la tendance de repli sur soi de certains grands États, le rôle diplomatique de la Genève internationale sera par conséquent, à l’avenir, plus important que jamais. » (42) Post Tenebras Lux, par Dominique Louis

« Belle jeunesse, tes origines si diverses sont précisément le ferment même de la richesse de notre Ville qui permet à plus de 48,7% d’étrangers de partager leur quotidien avec nous dans le respect et la tolérance réciproque : c’est bien cela l’Esprit de Genève« . (42) Post Tenebras Lux, par Dominique Louis

« Genève pourrait parfaitement être définie comme une ville mobile et immobile. Mobile par son flux de voitures, de pendulaires, d’expatriés et de touristes. Et immobile : elle semble figée dans son architecture, tant par la faute des « Genevois » qui se plaignent des changements (c’était mieux avant) (…) » (71) (Im)Mobilité, par Marcel Mühlestein

« Le « Genevois » ne peut pas être défini au singulier, il doit être mis au pluriel. (…) Quant aux « Genevois » qui résident hors de la ville, ils se répartissent entre des communes en périphérie dans lesquelles sont représentées toutes les communautés du monde. (…) A ces « Genevois » s’ajoute le Genevois, à savoir la région française frontalière dans laquelle résident les « vrais » Genevois, ceux qui votent contre les étrangers en tous genres, et les expatriés effrayés par le coût de la vie en Suisse. Oui, on l’oublie trop souvent, Genève est en Suisse ». (72) (Im)Mobilité, par Marcel Mühlestein

« Genève est une ville de passages, les cours d’eau et les véhicules la traversent et seule la durée de résidence semble définir et distinguer les « Genevois » : les vieilles familles et les bourgeois, les secundos (de deuxième génération), les expatriés, les migrants, les touristes, les colporteurs de valises à billets, par le passé les ouvriers « saisonniers » et à l’époque, un certain Jean Calvin. » (74) (Im)Mobilité, par Marcel Mühlestein

« En bonne Genevoise, la tension essentielle au coeur du rapport à ma ville c’est la possibilité de m’en éloigner. Partir de Genève pour qu’elle me manque, mieux y revenir pour m’en lasser, comparer le reste du monde à celle-ci, toujours à son honneur, et pourtant, fébrilement, trouver tous les prétextes possibles pour être toujours en vadrouille. C’est d’après moi une ville qui se dessine le mieux en négatif. Par ses immigrés d’une part, qui font la majorité de sa démographie. Ils la voient tantôt en refuge après avoir vécu ailleurs la précarité, la guerre ou les terreurs d’une fiscalité confiscatoire, tantôt en parenthèse tiède qu’ils doivent endurer pour des raisons professionnelles, mais qui ne saurait soutenir la comparaison devant la chaleur de leur terre natale. Par ses natifs d’autre part qui, malgré le fait d’y être nés et d’y avoir vécu toute leur vie, revendiquent bruyamment « des origines ». A l’inverse de la longeole ou des cardons, beaucoup prennent plaisir à ne pas se réclamer 100% du coin. Comme si vivre ici avec un reste d’ailleurs en soi faisait par définition de nous des gens terriblement intéressants. En réalité, ça fait surtout de nous des Genevois assez typiques. » (160) Cornavin, par Marina Rollman

Extraits de Uncommon Geneva, 2019

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