Ancrage (?) à Bio Land

Carouge, un an déjà… Après quatre saisons en « mode local », je m’apprête à m’envoler pour de nouvelles errances globales ! L’occasion de faire un ptit bilan… Alors, la be(u)lle carougeoise, escale ou ancrage ? Nouveau terrain de jeu ou nouveau mode de vie ?

 

  • Chapitre I. Printemps. Jet Lag
  • Chapitre II. Été. Goût du Local
  • Chapitre II. Automne-Hiver. Assignation
  • Chapitre III. Printemps. Renaissance
  • Épilogue. Été. La Conversion (?).

Atterrissage

Avant de trancher, petit portrait de cette cité pleine de charme à l’âme artisanale et à l’esprit bohème, festif, bourgeois. Qui cultive l’esprit communautaire local et la douceur de vivre sur ses terrasses, ses places piétonnes, ses marchés, dans ses bistrots, ses galeries, les commerces indépendants (only !) qui jalonnent ses rues à angles droits.

 

Bienvenue dans le refuge des familles de la génération Y, locavores au mode de vie bio. Bienvenue dans le Vieux Carouge, où se croisent aristocratie locale et jeunesse branchée. Bienvenue dans une cité « Zéro Déchet » pilotée par de vert-ueux et fringants politiciens.

 

Histoire d’ouverture. Ancienne cité sarde inventée à la fin du 18ème pour concurrencer Genève, Carouge a été pensée et conçue comme une ville ouverte, une ville d’ouverture. Ville à peupler pour désengorger une grande soeur (déjà !) en proie à la crise du logement. Ville où le calviniste venait s’encanailler. Refuge pour adeptes de toutes les religions. Ville d’aubergistes et d’artisans. Ville horizontale au petit air de Méditerranée.

 

Une ambition affichée

Une promenade dans ses vitrines donne le ton de la cité. Dans le Vieux Carouge, on trouve en vrac des épiceries « bio + locale », des vêtements « bio, naturels et écologiques », des bars à vin bio, un cinéma Bio, des boutiques « éthiques, responsables et solidaires », des boutiques de seconde main, des boutiques remerciant leur « aimable clientèle qui privilégie les commerces locaux« , des commerçants qui indiquent la provenance géographique de leur personnel…

 

Le Vieux Carouge commerçant en vrac

… de poétiques artisans (polisseurs de meubles, restaurateurs de bouquins usés, maroquiniers, canneurs-rempailleurs, verriers, bijoutiers, cartonniers, marbriers, menuisiers, chapeliers…) qui vous ouvrent leurs portes à l’occasion de visites guidées….

 

… des galeries, chocolateries, brasseries, fines épiceries, glaciers en série, librairies,  bouquineries, antiquaires, marchands de vélos, barbiers, vieux cafés, cafés branchés,  cafés vélos, tea-rooms rétros…

Pour adhérer à la communauté, rien de plus aisé, choisissez votre maraîcher, votre boulanger, votre boucher et sortez votre caddie ! La ville ouverte se referme sur vous ? Traversez le pont-frontière et n’écoutez pas les quelques figures historiques pour qui  l’autre côté de la rivière est déjà un ptit peu étranger…

Cité en mouvement

Carouge n’est pas une be(u)lle endormie. Entre ambition écologique, création de jardins urbains participatifs, projets de piétonisation, transition climatique, passage du LémanExpress, revitalisation, la cité connaît une véritable dynamique.

 

Une évolution qui rime aussi avec destructions de quartiers populaires remplacés ci et là par des containers aseptisés… 

 

Carouge côté face : tout doit disparaître ?

Une évolution qui n’a pas échappée à la gourmandise des bailleurs, si on en croit ce que murmure  le trop dynamique turn-over des petits commerçants du coeur de la cité…

 

Ville ouverte ?

L’atmosphère de la cité charme les visiteurs de passage. Mais au-delà de cette identité-vitrine bohème un brin marketée, la cité sans fortifications n’aurait-elle pas un petit côté forteresse pour qui voudrait faire plus qu’y passer ? Carouge, ville d’ouverture ou citadelle imprenable ?

Carouge. Entre goût du localisme…

 

… et secrets bien gardés.

 

Entre portes des petits artisans intimidantes à pousser, jardins dont on peine à trouver le code d’entrée et étendue de la cité fermée intérieure, Carouge réserve son intimité et demande du temps pour l’apprivoiser. Des secrets et une pudeur qui ajoutent au charme de la cité ?

Jardins collectifs ou jardins intérieurs qui se révèlent lors des visites guidées, la cité oscille entre ouvert et fermé.

Jardin des Moraines, Friche Cardinal-Mermillod : la rhétorique poétique qui entoure ces espaces collectifs et participatifs se veut inclusive, mais qu’en est-il sur le jardin ? faut-il montrer patte verte pour entrer dans la coopérative communauté ?

Conçue à l’origine comme une ville d’ouverture, Carouge doit aujourd’hui relever le défi de la post-gentrification. Veiller à ce que son localisme ne dérive pas à l’idéologisme, à ne pas se replier à l’intérieur, à ne pas se montrer excluante…

Chapitre I. Printemps. Jet Lag

Quant à moi, est-ce que je vais m’ancrer dans cette bulle qui jusqu’ici se résumait à mon lieu de socialité, lieu-parenthèse entre deux refuges dans mon antre a-identitaire transfrontalier, où je n’avais même pas envisagé de leurrer sur un grenier ?

 

A priori de passage… dans cette nouvelle vie. Moi qui suis plus adepte de la tiny house, du cocon horizontal, me voilà la châtelaine d’un attique flambant neuf surplombant la Place Royale où je marche sur la pointe des pieds. Pour la bohème on repassera ! Pour la légitimité aussi puisque mon élection est un don du Réseau. Orgueil, compromis, compromissions ? La question ne s’est même pas posée, après dix ans d’errance immobilière dans la capitale mondiale de la crise du logement, on ne refuse pas une telle opportunité. Et la mi-trentaine bien entamée, on feint d’être ravie sans réserve face à ces amis trooop happy for me d’enfiiiin avancer, quand eux ont déjà signé plusieurs papiers.

Hé oui, à se laisser porter par les opportunités, à jouer la carte de la spontanéité, à assouvir une insatiable curiosité, on se réveille un matin avec un CDI de fonctionnaire, à promener son caddie de légumes du marché dans The commune « Zéro Déchet ». Et on se demande éventuellement « je suis où moi dans cette vie » ? Alors que j’assiste perplexe à l’entreprise de marquage territorial, à l’ancrage conquérant de mes voisins qui agitent la perceuse pour se sentir chez eux, après tout nous ne sommes que des locataires dans ce pays… Mon âme à moi n’a point encore investi les lieux. Pour l’instant elle reste hors-sol. Elle se réfugie ici, dans ce blog flottant.

Alors pourquoi pas oui. Sauf que moi qui so far ai toujours mis un grand soin à rester une outsider, à n’appartenir à rien, I don’t (want to?) fit in. Outsider de valeurs dans « the place to be », nouvelle élue dans la communauté trendy des bio-tiful people, injonction à jouir et à souscrire.

Alors parenthèse, expérience-laboratoire pour le PG, chapitre géographique à ajouter, nouveau lieu à épuiser ? A voir… Sauf qu’en attendant de me déterminer j’ai troqué mon rôle d’outsider passive contre un rôle d’actrice active… de la gentrification. Il faut assumer. Je me persuade que ça ne (me) change (en) rien, que je ne suis à priori pas si loin de moi, que la centralité sert aussi à rassembler, à accueillir quelques âmes de passage. Du coup je me languis d’accueillir le fameux sofa. En attendant, j’entame mon initiation au marché local. Révélation du menu saturnal du microcosme carougeois. Marelle, terrasse, glace et apéro. Petits et grands jouissent de la vie sur la place royale, dans une bulle extra-territoriale, épargnée par les affres du monde et du temps. Lumineux étonnement sociologique.

Peut-on passer d’un profil glocal à un profil local ? Ce qui est certain c’est qu’on est pas seulement déterminés par son lieu d’élection mais aussi par son logement apparemment. Mon emménagement ici est synonyme de localisme et d’embourgeoisement. D’une certaine assignation. Car plus de moyens alloués à l’ancrage signifie fatalement moins de moyens disponibles pour l’errance… Et par conséquent plus de poids à la vie locale. On dirait bien que la bohème s’embourgeoise à Bobo-Land…

Chapitre II. Été. Goût du Local

Influencés par l’environnement, façonnés par le lieu, déterminés par le logement… Reste maintenant à bricoler une vie au diapason… Augmenter son taux d’activité pour assumer son loyer, consommer local à l’occasion et siroter du vin bio en terrasse… Et quand on a la fugue en passion, travailler à ne renoncer ni aux errances ni à la caravane sous les pins.

Alors en attendant de travailler plus pour gagner plus, je vais passer mon été dans ma nouvelle cité. Ici no nuisance sonore durant la Coupe du Monde de football, les sonnettes de vélo ne portent pas assez loin 😉 Dans ma bulle, j’entends malgré tout les échos d’une Coupe d’un Monde mobile, un monde au climax de la ré-ethnicisation. Il est question d’immigration, de héros (bi)-nationaux, d’appartenance, d’allégeance, de géopolitique, de racisme, de Nation…

La France, à défaut de se contenter de célébrer, s’interroge sur l’évolution sociologique de ces vingt dernières années. Quant à Barack Obama, il tente de mettre tout le monde d’accord sur la définition de la nation. « (…) On se voit dans l’autre, on partage des espoirs et des rêves communs. C’est une vérité incompatible avec toute forme de discrimination basée sur la race, la religion ou le sexe. Et c’est une vérité qui porte ses fruits de façon très pratique puisqu’elle permet à une société de profiter de l’énergie et des qualités de tous ces gens-là. Regardez l’équipe de France qui vient de remporter la Coupe du Monde. Tous ces mecs ne ressemblent pas, selon moi, à des Gaulois. Ils sont Français, ils sont Français ! » (Barack Obama, 17/07/2018, Johannesburg).

Voyage(s) immobile(s)

Pas de moyens pour l’errance ? Soit, je me concocte un stimulant voyage glocal qui ne rime pas seulement avec énième été à la piscine municipale ;-). Au programme ? Explorations urbaines dans mon inépuisable cité, voyages littéraires « lacustres », voyages par procuration. Moments de plénitude les pieds dans l’eau locale, dans la hiérarchie de mes passions il y a l’eau, tout en haut… d’où je m’évade dans la chaotique Beyrouth, les embruns normands, le soleil poussiéreux et mordant du Sud de l’Italie, au Burundi, à Paris, dans la poésie… Agrémentés de ptites virées Shengen, en bus, en train ou en avion. Occasions de prendre conscience de la nouvelle obsession européenne pour la sécurité…

Mon été est aussi consacré à promener les touristes de passage. A accueillir sur mon canapé. A butiner, collectionner des personnages. Comme G. qui oeuvre pour AirBnb entre Paris et sa Normandie natale où il projette d’acquérir un vieux moulin pour y créer une communauté. Comme N. de Melbourne qui a découvert le Vietnam d’origine de son père à 29 ans après la mort de ce dernier et dont le mot préféré est Nostalgie. Ou R., Brésilien adepte de bon vin qui butine l’Europe entre Belgique, France et Italie au gré des opportunités…

 

Je ne manque pas non plus une occasion de peaufiner mon intégration en participant à toutes les fêtes communales, Vogue, Fête de la Tomate, Vide-grenier… où je déambule sous les yeux médusés d’A., jeune « mineur non accompagné » guinéen avec lequel je partage un moment de temps à autre et qui a le plus grand mal à saisir l’appétence locale pour les vieilleries. Adolescent en transit, en attente d’une probable décision d’expulsion. Adolescent comme les autres, transcendant sa traversée du désert, qui rêve de grosses cylindrées, de voyages autorisés et d’une vie de banquier. Qui ne veut pas retourner dans un « chez lui » assigné où rien ni personne ne l’attend. Où les voitures, il n’avait vocation qu’à les retaper… Étudiant qui ne demande avant de « rentrer » qu’à obtenir son baccalauréat dans le lycée privé où son statut ne diffère pas de celui de camarades pour la plupart enfants de fonctionnaires internationaux.

Un adolescent en décalage avec ceux du cru qui font leurs emplettes en seconde-main et somment leurs parents de ne voyager qu’en train. Un jeune homme ambitieux qui a du mal à comprendre la doctrine « l’argent ne fait pas le bonheur » en vogue sous nos cieux. Un adolescent qui fait partie de la dernière (?) vague de rêveurs européens. Si on en croit les récents sondages indiquant que la politique de la forteresse aurait gagné…

Mon « voyage » rime enfin avec l’appli Genève en Eté. Car Genève est une ville qui se déguste sans modération à cette saison. Et it’s not all about the lake ! Les événements « terroir » occupent désormais une bonne place dans la grille. Fête de la nature, Festival du Terroir, Festival de la Nature et du Terroir, Fête de l’Abeille et du Terroir, Chouette Nature, Alternatiba, Fête de la Ferme de Budé, etc. Une Genève au diapason avec le trend écolo reflété dans les films de ce début d’été, entre rêve d’éolienne et exil en forêt.

Quant à ma nouvelle cité elle se révèle « the place to be » pour les citoyens en quête d’authenticité. Sur les terrasses les échanges tournent souvent au partage de trucs et astuces pour sauver l’environnement. Les embouteillages de poussettes ont remplacé ceux des voitures. Les jardins partagés commencent à porter leurs légumes. Quant au « big deal » de l’été, il grille autour de cette question cruciale :  le barbec’, végan, végé ou carné ?

 

Les lieux nous façonnent, alors pour éviter de trop appartenir, l’essentiel est de (se) diversifier. Rien ne sert de s’évader. Sortir de sa bulle, aller au centre, ailleurs, tout le temps. Quitter mon microcosme et ce village plein de charme pour une rue bourrée de style, la Rue de Carouge, rue trait d’union qui regorge de trésors cachés. Rue qui Mix & Mash. Harmonie du dépareillé, du mélange des genres. Dernier bastion populaire à l’injuste réputation où se déroulent  une grande partie de mes activités : café-librairie qui sert le meilleur gâteau au chocolat de la ville, café à 3 francs, école pour adultes, lieux culturels, tea-room où la foule se presse le dimanche, école de swing, petits restos ethniques, Taverne à concerts, bars à boire, bars à Jazz, bar à jeux, bars à disques, bars popus, bars alternos, boutiques de 1ère et seconde mains, etc. Une rue foisonnante qui se révèle au quotidien.

Ou faire escale dans le quartier des origines, qui mute à la vitesse d’un changement de vitrine every day. S’arrêter au numéro 5 de la Rue de la Scie, où ma famille loua durant presque cent ans un appartement pour une broutille. Un bâtiment aujourd’hui vidé pour rénovation et désormais encerclé à gauche par un bar vegan, à droite par un barbier. Quant à ma gargote portugaise préférée, elle n’a pas résisté… 

 

Enfin, s’évader pour écrire à l’hôtel Ibis du « coin », seule chaîne qui a obtenu son laisser-passer dans la cité, après avoir été « glocalisée » par des artistes locaux.

Chapitre III. Automne-Hiver. Assignation

 

L’été genevois s’achève avec un festival de swing et une Journée du Patrimoine. Nostalgie. Définitivement Le Mot de l’été. Nostalgie d’un patrimoine à préserver, d’une ouverture en exil, d’un mode de vie à réhabiliter.

Du Musée d’ethnographie à la Brocante locale… Ville-Monde oblige, Genève a concocté une Journée du Patrimoine… « sans frontières » qui propose notamment la visite d’un Musée d’ethnographie qui doit se réinventer (que faire de toute cette Histoire ? Comment penser l’Altérité ? Comment repenser les échanges ?). Une ballade terminée en apothéose à la… Brocante dominicale locale.

 

Patrimoine d’ici qu’on s’arrache à la brocante locale, patrimoine de là-bas à restituer. Époque du « retour », les hommes comme les oeuvres ont vocation à rentrer. Nostalgie, LE mot de l’ère néo-post-moderne. La mode est à la nostalgie ? Qu’à cela ne tienne, mélangeons les époques, mélangeons les styles, mélangeons les idéologies. Swinguons, chinons, bri-co-lons !

Voyage au Japon en mode local

La fin de l’été devait aussi être marquée par un voyage long courrier. Mais, assignée par les « circonstances de la vie » comme on dit, au revoir Shanghai-Tokyo, bonjour Festival du Japon sur la place municipale… Ha, localisme quand tu nous tiens…

rhdr

Suivront deux saisons à se contenter d’allers-retours vers une image d’enfance. Les histoires d’économie, d’écologie ou de Territoire ne détiennent apparemment pas le monopole de l’assignation…

 

Chapitre III. Printemps. Renaissance.

 

Voir intro et la collection d’articles du printemps.

Épilogue. Été. La Conversion (?)

C’est déjà à nouveau l’été ! Et me voici de retour de mes errances des Villes-Monde du futur et from Paris, où il a été question un temps de rejoindre jules à… Eurodisney. Carouge c’est ptetre un peu Disneyland vous me direz, mais Eurodisney c’est quand même un peu too much pour moi, faut pas déconner. Des errances qui furent en tout cas l‘occasion d’une prise de conscience reconnaissante de ma « captivante » qualité de vie, et à défaut d’une totale adhésion aux valeurs marchandées ici, d’une contamination bien entamée. Ah quand on a goûté à la centralité… Pis vous en connaissez beaucoup vous des lieux où en 2 foulées ou 1 Bus no11 on se retrouve au Bout du Monde ? Sérieusement ? Alors le temps serait-il venu de finalement se poser ? … let’s see. D’arrêter d’analyser et de se contenter de jouir ? mmmhh… no sé.

On me demande souvent à moi qui suis libre pourquoi je ne pars pas ? Peut-être que je pourrais tout à fait vivre ailleurs… ou pas. Je suis connectée à Genève. A ses vibrations. J’aime ma ville, sa pudeur et son chaotique ennui. J’aime cette Genève en mouvement(s), cette Genève complexe, qui continue à me stimuler. Quand on a la chance d’avoir trouvé son lieu-diapason, pourquoi songer à se déterritorialiser ? Peut-être que lorsque je l’aurai épuisée je pourrai éventuellement envisager de me reterritorialiser. Mais comment quitter une cité où à peine débarqués on devient Genevois d’adoption ? Ca se résume peut-être à ça une Ville-Monde finalement. Un lieu où la citoyenneté prime sur la nationalité. Un lieu où l’appartenance est déterminée par l’envie.

 

 

 

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